UA-74655322-1

02/11/2016

Bientôt une ligne aérienne entre Cointrin et Annemasse ?

Aujourd'hui, pour la première fois, un avion de ligne a effectué la liaison entre Altenrhein (Saint-Gall) et Friedrichshafen (Allemagne), deux bourgades distantes d'une vingtaine de kilomètres.

Cette ligne paraît au premier abord complètement absurde. En effet, compte tenu du temps nécessaire pour les formalités aéroportuaire, il est bien plus rapide de parcourir le trajet en voiture ou en train.

Cette nouvelle est en fait assez révélaCapture du 2016-11-02 14-01-41.pngtrice de l'écart gigantesque entre les intentions affichées par les autorités et leurs décisions effectives :

- La compagnie en question semble trouver terriblement fun de communiquer sur sa nouvelle ligne, la plus courte du monde et compte bien engranger des clients sur cet absurde argument. La plupart des politiciens agissant exactement de la même manière, ils ne sauraient lui en tenir grief.

- L'Office fédéral de l'aviation civile n'a aucune compétence de décision, lorsqu'il s'agit de déterminer l'utilité sociale, économique et écologique d'une ligne aérienne. Il doit juste s'assurer que les conditions de sécurité sont remplies. De fait, aucun organisme ne semble pouvoir empêcher une compagnie de proposer des prestations dépourvues de sens...

- Les aéroports, loin de remplir leur mission de service public sont devenus des acteurs économiques dont le seul but est de faire augmenter le trafic et les recettes. Il est piquant de constater que la compagnie en question, toute autrichienne qu'elle soit, est un fait une création de l'aéroport d'Altenrhein, dans son rêve dément de tailler des croupières à Kloten. Il est en ce sens important de signer l'initiative en faveur d'un pilotage démocratique de Cointrin.

- Les efforts de diminution des émissions de CO2 sont sabrés en permanence par les compagnies aériennes qui, en tant qu'acteurs internationaux, ne sont pas soumises aux quotas... mais dont la pollution affecte pourtant bien le climat. Rappelons au passage que, sur les vols internationaux, le kérosène n'est pas taxé, ce qui constitue une scandaleuse distorsion de concurrence avec les autres moyens de transport. Rappelons également que c'est surtout le décollage qui consomme énormément de kérosène et que, dans le cas de notre vol, chaque passager gaspille entre 10 et 20 litres de kérosène... pour parcourir 20 kilomètres !

Alors que faire ? On entrevoit deux solutions:

- Proposer le lancement d'une ligne Annemasse-Cointrin, qui permettrait aux pendulaires fortunés d'éviter les embouteillages et de devancer le CEVA. Vu l'ambiance générale, il y a fort à parier que ce serait un succès commercial !

- Exiger de nos autorités qu'elles accordent enfin leur discours et leurs actes. Pour ce faire, on peut commencer par signer l'initiative sur le pilotage de Cointrin et voter OUI à l'initiative sur la sortie programmée du nucléaire.

17/10/2016

TPG et Champagne: la douche froide

bus TPG, Avusy, Champagne, brouillard, TPG

AVANT DE LIRE CE TEXTE: Aux dernières nouvelles, le problème semble réglé. Il s'agit apparemment d'une erreur de communication des TPG. Cela étant, Luc Barthassat lui-même a confirmé vendredi qu'il ne valait pas la peine d'améliorer la desserte de la Champagne, vu la faible demande. Il m'est donc impossible de savoir ce qu'il s'est passé entre vendredi matin et lundi après-midi.

La Champagne, quart sud-ouest du canton, avait de bonnes raisons de se réjouir des futures améliorations du réseau TPG. En effet, vivant dans une sorte de trou noir des transports publics, les usagers du bus, la plupart étudiants ou retraités, pouvaient raisonnablement penser qu'un jour, la gare Cornavin, distante de moins de 15 kilomètres, pourrait peut-être être atteinte en moins d'une heure.

Une nouvelle ligne devait voir le jour, qui permettrait de raccourcir - un peu - le trajet des 3'500 habitants de Chancy, Avully et Avusy. Les autorités communales assuraient que tout était réglé, y compris les derniers détails techniques (notamment la boucle permettant à la nouvelle ligne L de rebrousser chemin à Athenaz).

Dans le même temps, le DETA annonçait vouloir fermer les douanes entre la Champagne et la Haute-Savoie, aux heures de pointe. La mesure semblait excessive, mais pouvait au moins être interprétée comme un accompagnement de l'amélioration de l'offre des TPG, dans le but de limiter réellement le trafic automobile.

Dans le même temps, la population votait une limitation des déductions fiscales pour déplacements professionnels, à hauteur de l'abonnement TPG. Et on se disait que, en bonne logique, l'Etat allait proposer à ses contribuables des solutions de transports publics efficaces, même pour les résidents du Far West genevois.

Vendredi dernier, jour de publication du nouveau réseau, aurait dû être un jour de fête en Champagne. Las, les usagers des TPG (et ceux qui envisagent depuis longtemps de le devenir quand l'offre sera améliorée) sont tombés des nues. Sur les 19 pages présentant les nombreuses nouveautés du réseau, aucune ne concerne la Champagne, alors que dans le même temps, la rive gauche, tout aussi périurbaine et à l'habitat nettement moins dense, se voit gratifiée de 3 lignes express...

Contactées, les autorités d'Avusy semblent ne pas même avoir été mises au courant par les TPG et le DETA du renoncement à la nouvelle ligne Avusy-Cartigny-Bernex.

Que s'est-il passé? Le lobbyisme n'a-t-il pas été assez intensif ? Les communes de Chancy et Avully votent-elles trop à gauche (ce qui n'est d'ailleurs pas le cas d'Avusy) pour mériter que l'on s'intéresse à elle ? Faut-il avoir des députés PLR résidents sur sa commune pour que les TPG s'intéressent à elle ?

En attendant des explications, il serait bon que la société civile des communes concernées réagisse rapidement. Je collabore volontiers sur un projet de pétition (ou d'autre action). Les intéressé-e-s peuvent me contacter dès maintenant.

21/09/2016

Fermer des routes pour limiter le trafic pendulaire ? Chiche ?

Enfin... enfin voilà le DETA qui, au lieu de prétendre "fluidifier le trafic" par des mesures démagogiques, semble comprendre que ce n'est pas en facilitant le transit qu'on obtiendra du report modal. Enfin, on parle de limiter le trafic, on imagine même fermer des routes aux heures de pointe...

Sauf que, les seuls axes visés sont des routes transfrontalières et que, en l'absence de lignes de transports publics fiables et de mesures d'accompagnement, la mesure dévoilée hier par la Tribune ressemble plus à un outil de vexation des frontaliers ou de captage des voix MCG que de gestion cohérente du trafic.

Oui, les communes de Soral et de Chancy souffrent du trafic de transit. Mais leur plainte serait sans doute plus cohérente et audible si la majorité de leurs habitants - qui, eux, disposent de transports publics satisfaisants - n'allaient pas quotidiennement s'engluer dans les bouchons, sous les fenêtres des habitants de Lully, Plan-les-Ouates ou Bernex.

Il faut donc sans doute oser fermer des petites routes de campagne pour réorienter les flux sur les axes principaux, mais il ne faut pas le faire qu'à la frontière et, surtout, il faut proposer une alternative crédible de transport à ceux qui, pour leur travail ou la scolarisation de leurs enfants, passent quotidiennement de Valleiry à Chancy ou de Viry à Avusy.

On trouvera ci-dessous un carte où figurent, dans le secteur sud-ouest du canton, une dizaine de barrières qu'il serait opportun de fermer aux heures de pointe pour éviter que des flux de pendulaires ne nuisent à la qualité de vie des villageois. Toutes occasionneraient bien moins de difficultés que les quatre fermetures douanières proposées par le DETA, car toutes permettent d'être facilement contournées par un itinéraire de longueur comparable sur le réseau principal et, surtout, toutes relient des lieux déjà accessibles en transports publics.

Evidemment, du point de vue des villages genevois, elles sont nettement moins populaires car, comme je l'ai expérimenté lors de mon court passage au conseil municipal d'Avusy, ce sont les mêmes qui hurlent contre les frontaliers envahissant Sézegnin et qui refusent de limiter le trafic sur des petites routes rurales (en l'occurrence celle de Forestal) situées en aval de la commune...

Si le DETA veut rapidement faire la démonstration de sa bonne volonté (et de son absence d'électoralisme anti-frontaliers) dans la gestion du trafic pendulaire, je lui suggère de "tester" (puisque c'est l'argument en vogue pour expliquer la mise en application de projets bâclés) l'une ou l'autre de ces limitations...

 

 

11/09/2016

Ne supprimez pas l'élection de nos maires !

Au menu des votations du 25 septembre, perdu au milieu d'objets bien plus importants et médiatisés, une modification de la Constitution mérite de retenir notre attention. Il ne s'agit ni plus ni moins que d'introduire la possibilité de supprimer de l'élection des maires et de leurs adjoints.

Champignay.pngBien évidemment, il n'est pas question de renoncer aux élections des communes-villes, où la concurrence entre partis fait rage et les candidatures sont nombreuses. Non, la mesure ne concerne que les quelques communes rurales où les candidatures correspondent au nombre de sièges à pourvoir. Dans ce cas, la technocratie cantonale estime superflu de procéder à l'élection.

Par conséquent, il serait désormais possible d'avoir des maires qui, de législatures en législatures seraient reconduits sans aucun scrutin pendant 15, 20 ou 30 ans...

L'élection, même lorsque les candidats sont autant que les sièges, n'est pas un moment à prendre à la légère. A cette occasion, la population transmet une part de pouvoir et de responsabilité aux élus... ou non, quel que soit le nombre de candidats. Ainsi, un maire élu à 90% des voix aura plus de légitimité et de marge de manœuvre que son collègue élu à 60%... sans compter les malheureux qui ne parviennent pas à réunir une majorité absolue sur leur nom, quand bien même il n'y a pas d'adversaires, cas qui s'est tout de même présenté dans quatre communes en 2015 !

On est plutôt consterné du manque de considération du Conseil d'État pour la vie politique communale et de son manque de connaissance des réalités du terrain.Dans combien de villages, le candidat de traverse - qui doit déjà, aujourd'hui s'armer de courage pour affronter les notables en place - sera accusé de dilapider l'argent public en contraignant l'État à une élection supplémentaire ? (Argument soit dit en passant peu convaincant, l'élection du conseil municipal ayant lieu le même jour, l'organisation de celle de l'exécutif ne génère presque aucun coût ! )

L'élection, c'est aussi pour les communiers, l'occasion de découvrir le nom de leurs autorités et d'établir un contact avec elles. Cela paraît anodin, c'est en fait très important, car, si l'on peut regretter le manque de vigueur de la vie politique locale, on ne la vivifiera pas en supprimant les occasions de contact entre la population et ses élus (terme qu'il faudra d'ailleurs modifier ?)

Solon, lorsqu'il eut posé les bases de la démocratie athénienne décida de quitter la ville pour au moins 10 ans, pour que le système puisse être éprouvé avant de songer à le modifier. Nous aimerions que François Longchamp, certes un peu désoeuvré, ait la même sagesse et ne propose pas des mesures à l'emporte-pièce, à peine 3 ans après son entrée en vigueur !

Votons donc, sans hésiter NON à la loi 11757 qui rend possible la suppression de l'élection de nos maires !

12:14 Publié dans Votations | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

21/06/2016

Les cyclistes, les piétons et les amendes

Imaginez une rue, belle, large, fréquentée. Empruntée chaque jour par des milliers d'automobilistes, de cyclistes et de piétons. Sans compter les transports publics...

Imaginez maintenant que, conséquence heureuse d'une politique visant à limiter la voiture dans l'environnement urbain, le nombre de piétons et de cyclistes soit en constante augmentation, au point de se mettre en danger mutuellement...

Ailleurs, on aurait tracé une piste ou une bande cyclable, quitte à empiétPiste cyclable, Gérone, Girona, bicier légèrement sur l'immense royaume bitumé des bagnoles. On aurait même envisagé d'instaurer des sens uniques pour gagner de l'espace de voirie pour la mobilité douce, comme on le voit désormais partout, de l'Espagne à l'Estonie.

A Genève, on a inventé la "zone mixte". En profitant d'une modification de 1998 de l'Ordonnance sur la Signalisation Routière qui rendait possible la circulation des cycles sur les "trottoirs peu fréquentés" (sic !), on a parsemé la ville de ces autorisations, partout où la peur de rétrécir l'espace dévolu aux voitures rendait paresseux.

Depuis, sur des axes aussi fréquentés que la route de Chancy à Onex, les Grandes-Communes à Lancy, mais également entre Uni-Mail et le pont des Acacias* ou devant l'hôpital (quand les travaux ne repoussent pas simplement les cyclistes sur la route), les milliers de cyclistes et de piétons quotidiens se partagent une très étroite bande commune.

Jusqu'à présent, cette politique se ne faisait que générer conflits et malentendus entre usagers qui, prompts à s'ériger les uns contre les autres, ne percevaient pas que, s'il devaient se partager une si petite portion d'espace, c'était dû à la gourmandises des motorisés.

Désormais, soutenues par une certaine vox populi avide d'inflexibilité envers les plus fragiles, les autorités semblent distribuer des amendes extravagantes à ceux qui pâtissent de ces aberrations d'aménagement. L'autre jour, on apprenait qu'un respectable pendulaire à pédales était invité à payer plus de 1000.- d'amende pour avoir tenté de s'extirper du bouchon automobile du quai du Mont-Blanc. Aujourd'hui, c'est une retraitée qui, non contente d'avoir fini à l'hôpital, victime de ces fameuses "zones mixtes", se voit infliger plus de 2500.- d'amende, sans n'avoir blessé personne d'autre qu'elle même !

Cette application ridicule du droit à des situation où l'aménagement est complètement défaillant devrait nous faire sourire. C'est omettre, qu'en plus des montants réclamés, elle révèle que l'incurie des autorités en matière d'aménagements cyclables et piétons, met en danger quotidiennement l'intégrité de centaines d'usagers respectueux...

---

* La situation à Uni-Mail, bien que très insatisfaisante compte tenu de l'étroitesse du trottoir à se partager n'est toutefois pas celle d'une "zone mixte", puisqu'une bande cyclable y est tracée. Cependant, vu la fréquentation de ce trottoir et l'étroitesse de l'espace dévolu aux piétons, en particulier ceux qui sortent des commerces, la situation est de facto la même.

10:10 Publié dans Transports | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | |

03/03/2016

Amis vaudois, soutenez vos PME et votez NON à la RIE III !

Il arrive parfois que le résultat d'un scrutin ait des conséquences bien au-delà des frontières du territoire considéré. Sans atteindre l'importance de l'élection présidentielle américaine, le vote vaudois sur la RIE III aura des répercussions sur toute la Romandie... puisque le taux vaudois servira de référence aux débats qui s'amorcent dans les autres cantons, en particulier à Genève.

Car il ne s'agit ni plus ni moins de diminuer la facture fiscale des entreprises les plus florissantes de plusieurs centaines de millions de francs, et donc d'assécher d'autant les finances publiques... sans pour autant donner le moindre coup de pouce aux entreprises qui en auraient besoin, bien au contraire.

Et là, on est frappé par le double discours des milieux patronaux qui, tout en pleurnichant sur les difficultés à maintenir les PME à flot, luttent avec acharnement pour une baisse des impôts sur le bénéfice. Or, du bénéfice, une entreprise en difficulté n'en fait aucun, ou si peu que le taux d'impôt lui importe peu. On peut d'ailleurs remarquer que le mot "bénéfice" n'apparaît qu'une fois dans les explications officielles de l'Etat, qui préfère un prude "taux d'imposition des entreprises" particulièrement dissimulateur.

Car, en bonne logique économique, on doit demander que le bénéfice d'une entreprise - qui n'est en fait rien d'autre qu'une ponction sur ses employés ou sur ses clients - soit taxé à une hauteur élevée, bien plus que le revenu des personnes physiques.

Le plus étonnant, c'est que la contrepartie à ces cadeaux faits aux entreprises largement bénéficiaires sont compensés par quelques mesures sociales, certes intéressantes, mais surtout financées par les cotisations sociales des entreprises.

Autrement dit, du point de vue d'un entrepreneur, plus vous avez de personnel et mieux vous le payez, plus la réforme vous coûtera cher. En revanche si vous voulez bénéficier de la réforme, baissez vos charges de personnel (licenciements, baisses salariales ?) et gonflez vos factures !

Amis vaudois, aidez vos PME, soutenez vos familles, augmentez les allocations familiales, mais, surtout, NE VOTEZ PAS LA RIE III !

 

Dessin-credit-impots-ensemble-decembre-2012.jpg

26/01/2016

Comment assurer (vraiment) la sécurité au Gothard ?

Le 24 octobre 2001, à l'intérieur du tunnel du Gothard, un camion transportant des pneus d'Allemagne en Italie entre en collision avec un poids-lourd chargé de matériaux d'isolation à destination de la Belgique. Les pneus s'embrase et leurs émanations tueront 11 personnes. C'est le chauffeur du deuxième camion, passablement alcoolisé et dépourvu de permis de travail, qui a causé l'accident.

Cette tragédie sert de prétexte sécuritaire aux tenants d'un projet insensé: gaspiller des milliards pour construire un deuxième tunnel complètement inutile à côté du premier.

Vous voulez un transit plus sûr ? Soit. Voici quelques pistes d'idées bien plus efficaces et meilleures marché.

Pourquoi transporter des pneus à travers les Alpes ?

Comme dit plus haut, les poids-lourds transportaient des marchandises que l'on peut aisément produire des deux côtés des Alpes (des pneus et des isolants, auxquels on peut ajouter la margarine belge qui a embrasé le tunnel du Mont-Blanc). Ne serait-il pas plus sage de trouver des moyens, fiscaux par exemple, de limiter ou d'interdire le passage absurdes de pareilles marchandises (d'autant plus quand elles sont inflammables) ? Si on limitait le passage aux poids-lourds chargés de produits impossibles à concevoir de l'autre côté des Alpes, sans doute gagnerait-on bien plus en sécurité...

Pourquoi faire conduire des chauffeurs sans permis de travail ?

C'est un secret de polichinelle, le monde du transport routier est extrêmement déréglementé. Son atomisation et la faible protection sociale des chauffeurs, ajouté à la capacité des entreprises de se jouer des législations nationales sont une des causes majeures d'accidents. L'immense majorité des drames impliquant des poids-lourds sont liés à la fatigue, au mauvais entretien des véhicules et à la mauvaise formation des chauffeurs. Imposer des normes plus contraignantes aurait le triple avantage d'améliorer la sécurité de tous, la qualité de vie des chauffeurs et de limiter les trajets inutiles, devenus trop onéreux. Mais de cela, on n'en parle jamais, sur les bancs de la droite...

Comment lutter contre l'alcoolémie au volant ?

Étonnamment, ceux qui militent pour un deuxième tube sont les premiers à dénoncer les prétendus excès de Via Sicura. Les accidents de la route sont pourtant causés majoritairement par de braves gens alcoolisés ou des bons gars un peu généreux sur la pédale des gaz, à côté de chez nous. Le drame du Gothard est, quant à lui, extrêmement exceptionnel.

Et si les tunnels à contre-sens étaient vraiment dangereux ?

Ce ne sont pas les contre-sens qui sont dangereux, mais la vitesse associée au poids des véhicules (ce que les physiciens appellent la quantité de mouvement). Alors oui, deux mobiles circulant en sens opposés additionnent leur vitesse. Mais il faut rappeler que, lors de l'impact de 2001, un camion roulait à 40 km/h et l'autre à 10 km/h. Le choc a été latéral. Autant dire que l'impact est moins violent que celui d'un camion qui, ne respectant pas les distances de sécurité, entrerait en collision à 50 km/h avec un véhicule à l'arrêt, situation tout à fait vraisemblable dans un cas de sens unique. Et si le sens unique était la seule solution garante de sécurité, pourquoi ne pas le mettre en vigueur dès maintenant, en alternant le sens de circulation toutes les heures ? Nord-sud les heures paires, sud-nord les heures impaires. Voilà une mesure qui serait également de nature à limiter les passages inutiles tout en améliorant la sécurité !

 

Quelles solutions pour faire passer les marchandises, les passagers (et les blessés) ?

Le Gothard est sans doute l'axe alpin le mieux doté en passages possibles. Qu'on en juge:

  1. Une route historique pavée (celle du Val Tremola, magnifique à gravir à vélo !)
  2. Une nouvelle route passant le col, très large et facilement déneigeable, comme celle du Simplon.
  3. Un tunnel routier, le quatrième plus long du monde relié à deux autoroutes quatre pistes.
  4. Un tunnel ferroviaire de faîte à double voie
  5. Un tunnel ferroviaire de base, le plus long du monde, qui sera ouvert cette année, et parcouru par des trains à grande vitesse.
  6. Un tunnel routier alternatif, par le San Bernardino

Affirmer que la fermeture provisoire d'une de ces 6 solutions équivaut à isoler le Tessin est un non-sens complet, qui fait d'ailleurs bien rire mes amis tessinois.

On a même entendu que les blessés ne pourraient plus être transférés du Tessin en Suisse-Allemande, cela alors qu'un train à haute vitesse permettra de joindre Biasca à Erstfeld en 20 minutes, contre une heure pas la route. Sans compter que, pour transférer quelques dizaines de blessés, il semble de toute façon moins onéreux de les mettre dans un avion à Agno que de leur creuser un tunnel à 3 milliards !

 

Comme on le voit, au-delà des enjeux écologiques et de respect de la volonté populaire, la construction d'un deuxième tube au Gothard n'a aucun sens, même lorsqu'on envisage la question sous l'aspect de la sécurité.

Privilégions les solutions de mobilité douce, investissons dans les agglomérations et, surtout, pour cela, refusons le deuxième tube du Gothard !

 

 

02/12/2015

De la volupté d'être élu

Les quelques mois que j'ai passés au Conseil Municipal d'Avusy m'ont valu quelques séances un peu houleuses, quelques succès d'estime et... deux délicieux repas fort bien arrosés, dans les deux excellents restaurants de la commune, offerts comme il se doit, par le contribuable. On peut y ajouter un très joli cadeau de départ et, évidemment, des jetons de présence constituant nettement plus qu'un défraiement.

Je n'ai pas boudé mon plaisir et ai accepté sans arrière-pensée ces cadeaux, comme j'ai accepté, l'autre soir, de piocher avec délices dans le buffet nems-champagne à gogo servi, dans un café Universal privatisé pour l'occasion, aux députés et aux membres des conseils d'administration des régies publiques à l'issue de la représentation spéciale de la Revue. J'y étais gentiment invitée par une amie députée qui a reçu, comme tous ses collègues, deux billets gratuits (vestiaire compris !).

Ces agapes et petits cadeaux ne pèsent pas lourds dans les comptes publics et sont nullement responsables de l'accroissement de la dette. Il n'empêche qu'ils donnent aux élu-e-s, y compris à l'échelle municipale, un sentiment très particulier, largement partagé de la gauche à la droite: Puisque je suis élu à de nobles fonctions, il est parfaitement normal que l'Etat se plie en quatre pour moi et, surtout, me permette d'accéder gratuitement à de menus à-côtés dignes de mon rang.

0ec9f72744.jpgCe sentiment est parfaitement incompatible avec la morgue avec laquelle ces mêmes élu-e-s traitent la fonction publique.

Conseiller municipal, lorsqu'il s'est agi de voter le statut du personnel communal, j'ai dû ferrailler, face à des collègues qui alignaient des poncifs complètement hors de propos sur des employés qu'ils côtoyaient pourtant quotidiennement. Avusy étant une petite commune, l'entier de sa fonction publique est connue personnellement des élus !

A l'échelle cantonale, c'est encore pire. On l'a vu cette semaine, ce sont ceux qui s'apprêtaient à envoyer en "camp de ski" le Grand Conseil in extenso dans un palace de luxe à Gstaad qui tiennent les propos les plus dénigrants, les plus décalés et les plus vils sur les vrais serviteurs de l'Etat.

Il va sans dire que, en bientôt dix ans d'enseignement à Genève, je n'ai jamais reçu le moindre repas, le moindre voyage ou spectacle gCapture du 2015-12-02 02:14:58.pngratuit en dehors de l'exercice strict de mes fonctions. Au point que c'est à nous de payer notre billet TPG lorsque nous accompagnons des classes au théâtre ou au musée !

Cette année, comme d'habitude, le repas de Noël est organisé par une équipe de collègues... et financé intégralement par nous.

Cela est parfaitement normal, il est peut-être temps que nos chers députés en prennent de la graine !