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La fin des haricots ou le début décroissant ?

  • Après Microsoft dans les salles d'informatique, du Nutella et des surgelés Findus dans les cours de cuisine ?

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    La semaine dernière, le SEM (Service Ecoles-Médias) apprenait aux enseignant.e.s du Cycle et du Primaire que la suite Microsoft Office est à nouveau disponible sur les ordinateurs pédagogiques dans les écoles, plusieurs années après avoir été supprimée.Capture du 2019-09-16 13-27-59.png

    On ne va pas se mentir, plusieurs collègues ont réagi positivement à la nouvelle, en arguant de la praticité et de la prétendue universalité des formats développés par Bill Gates et ses descendants. En plus, il paraît que Microsoft offre gratuitement l'extension de ces licences au parc informatique pédagogique... On aurait bien eu tort de se priver de proposer un pareil service.

    Imaginons que la même aventure soit survenue, mais dans le domaine de l'alimentation... Imaginons que Findus, Coca-Cola ou Ferrero aient offert des manuels et des ingrédients aux écoles. Des plats simples à cuisiner et qui plaisent tellement aux enfants... On aurait bien eu tort de se priver d'un pareil service...

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  • RFFA - La stupéfiante réponse de la fondation Partage...

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    Mardi passé, j'écrivais à la fondation Partage pour lui demander les raisons de son soutien à RFFA, largement relayé par la presse.

    Entre temps, des candidats au Conseil Administratif de la ville témoignaient de leur stupéfaction de voir une fondation prétendant lutter contre la misère militer en faveur de la baisse de la fiscalité des entreprises les plus florissantes.

    Je demandais aux responsables de la fondation d'expliquer ce qui apparaît comme d'évidents paradoxes en leur posant quelques questions simples sur leur positionnement.

    La réponse, signée du PLR Marc Nobs et du dissident PS Charles Beer, le premier directeur et le second président de la fondation est proprement stupéfiante.

    Au lieu de s'expliquer, arguments à l'appui, les deux ex-élus, engagés jusqu'au cou dans une campagne politique, affirment benoîtement que leur fondation "n'intervient pas dans le champ politique".

    Il apparaît au contraire que ces deux-là ont largement mélangé leurs casquettes et ont engagé Partage dans un débat dans lequel elle n'aurait jamais dû intervenir ou, le cas échéant, en s'opposant à une réforme qui s'apprête à renforcer les inégalités et la précarité à Genève.

    Pendant ce temps, la fondation continue à recruter des bénévoles pour ses prochaines actions et à encaisser des fonds publics, tout en courant les médias et en se pavanant avec les pro-RFFA...

    Je vous laisse découvrir cette stupéfiante réponse, tout en vous laissant le soin de préparer la vôtre la prochaine fois qu'on vous demandera de faire preuve de solidarité avec une fondation qui se fiche à ce point de la tête des Genevois-e-s...

     

    Cher Monsieur,

    Nous vous remercions pour votre message et l'intérêt que vous portez à notre fondation.

    La fondation Partage est une institution reconnue d'utilité publique qui s’engage dans la lutte contre le gaspillage alimentaire, elle apporte aussi une réponse partielle à la problématique de la précarité alimentaire et la réinsertion professionnelle.

    Elle n’intervient pas dans le champ politique.

    Nous avons simplement choisi de faire, lors de cette conférence de presse, un témoignage sur la réalité de notre travail, sur ce que nous vivons au quotidien avec nos partenaires et leurs soutiens.

    Nous vous remercions pour votre compréhension. Bien cordialement.

    Charles Beer président de la fondation Partage et Marc Nobs directeur

  • Lettre ouverte à la fondation Partage à propos de RFFA

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    Lettre ouverte à la Fondation Partage

    Madame, Monsieur,


    J'ai appris par la presse que votre fondation avait choisi de s'engager en faveur de la réforme de la fiscalité des entreprises (RFFA) dont l'objectif principal est de réduire l'impôt sur le bénéfice des personnes morales et, de ce fait, d'assécher les finances publiques.


    Comme vous le savez, la fiscalité est un instrument important de redistribution des richesses et je ne parviens pas à comprendre comment une organisation comme la vôtre décide de soutenir un projet qui aura inévitablement pour conséquence de renforcer les inégalités qu'elle prétend combattre.

    Comment pourrez-vous, après avoir soutenu de pareils avantages fiscaux à des entreprises florissantes, oser demander à des citoyen-ne-s de travailler bénévolement pour collecter des denrées offertes sans contrepartie par d'autres citoyen-ne-s ?

    Comment oserez-vous, après avoir contribué à assécher leurs recettes, demander le soutien des collectivités publiques, Etat, communes, qui ont jusqu'à maintenant contribué à la réussite de votre entreprise ?

    Ne percevez-vous pas l'immense incohérence qu'il y a à vouloir tout à la fois construire un monde où les valeurs cardinales seraient la générosité, la coopération et, c'est la cas de le dire, le partage tout en prenant partie dans un débat sur la fiscalité où la concurrence, l'avidité et le chantage sont les arguments principaux ?

    Je ne peux pas croire que, comme un entrepreneur avide de marchés, vous espérez le renforcement de la misère dans notre canton. Je ne peux pas croire que les prétendues compensations sociales - qui n'amélioreront nullement le sort des plus démunis - vous aient convaincus...

    Alors... alors... je ne vois pas... et j'attends votre réponse en réservant la mienne pour la prochaine occasion où l'un de vos généreux bénévoles viendrait faire appel à ma générosité.

    Bien à vous.

    Julien Nicolet

  • 1990 - Des juges étrangers accordent le droit de vote aux femmes appenzelloises

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    L'initiative UDC sur les juges étrangers (ou d'autodétermination) pose deux excellentes questions qui sont malheureusement noyées dans le parasitage argumentatif des initiants.

    • Comment ajuster l'exercice des pouvoirs législatif et judiciaire ?
    • A quelle échelle géographique est-il pertinent de prendre telle ou telle décision ?

    En 1990, suite à trois échecs en votation populaire, Theresa Rohner citoyenne appenzelloise fait recours au Tribunal Fédéral qui lui donne raison et impose le vote féminin au demi-canton.

    S'agit-il d'une scandaleuse intrusion de juges étrangers dans les affaires d'un canton souverain ou d'un rappel que les droits et libertés fondamentales figurant dans la Constitution doivent être appliquées dans tous les cantons qui ont librement adhéré à la Confédération ?

    Si vous penchez pour la seconde solution, vous ne pourrez en effet que refuser l'initiative UDC car vous aurez admis que:

    • dans une démocratie, le pouvoir judiciaire a une sphère de compétence qui peut empiéter sur la volonté populaire, en particulier en matière de droits fondamentaux. Cela s'appelle la séparation des pouvoirs figure parmi les conditions indispensables au fonctionnement démocratique.
    • lorsqu'on s'engage, de façon plus ou moins forte, dans une convention, un accord, un traité, une union avec des partenaires, on en respecte les règles et on accepte que des instances neutres, c'est à dire extérieures à son Etat, statuent en cas de litige.

    Si vous penchez en revanche pour la première analyse, acceptez sans scrupule l'initiative UDC (sauf si vous êtes une femme, auquel cas vous préparerez le dîner en attendant que votre mari revienne du bureau de vote...)

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  • Supprimons les JO d'hiver !

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    Par -8° face à la bise, j'écoutais ce matin, sur mon vélo, l'analyse des reporters de la RTS suite aux JO d'hiver de Pyeongcheang qui se sont terminés hier. Deux éléments m'ont fait sourire dans le blizzard...

    Des jeux à 12 millions ?

    sotchi.jpgA trois reprises, les journalistes ont affirmé, sans se reprendre, que ces jeux avaient coûté 12 millions de francs, somme qui leur semblait raisonnable en regard de ceux de Sochi, 3 fois plus chers.
    Sauf que... c'est bien à 12 milliards que la facture s'est élevée. Le montant est si démesuré que nos spécialistes n'ont pas réalisé qu'ils le divisaient par mille. Autrement, dit, 12 millions c'est le coût de 20 minutes de jeux et non de deux semaines !

     

     

    Des jeux hors sol ?

    S'en est suivi un vibrant plaidoyer pour le rapatriement d14396618.jpges jeux dans leur région d'origine, les Alpes, partant du constat que les Coréens ne se sont, sans surprise, pas enthousiasmés pour nos slalomeurs et nos bobeurs...


    Et pour cause, si les JO d'été peuvent prétendre assumer leur vocation d'universalité, ceux d'hiver ne concernent qu'un petit groupe de pays, ceux pour qui l'hiver existe et dont les citoyens ont le moyen et l'envie de se payer de skis ou des patinoires...

    Il n'y a qu'à observer le palmarès des médailles pour constater qu'on n'y retrouve que des pays qui rivalisent par leur richesse, leur climat boréal et leur insignifiance démographique...

    Car s'il est possible de rêver de titre olympique en s'entraînant avec une paire de baskets, un ballon ou une barre fixe, aucun-e jeune indien-ne, brésilien-ne ou kényan-ne ne peut s'imaginer gagner une médaille de curling ou de saut à ski...

    Que dirions-nous, si le CIO s'avisait d'organiser des JO de la mousson, dans lesquels seuls des sports praticables sous des averses torrentielles seraient pratiqués et les présenteraient comme universels ? Rien sans doute, car ni les Indonésiens, ni les Gabonais ni les Surinamais n'ont l'outrecuidance de penser que leurs loisirs locaux puissent avoir une valeur universelle.

    Pour toutes ces raisons, le CIO serait bien inspiré de supprimer les JO d'hiver de leur calendrier... et les autorités valaisannes et suisses de renoncer à participer à cette mascarade néo-coloniale...

  • Notre-Dame-des-Landes - Cointrin

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    Il n'y avait aucune bonne raison de construire un nouvel aéroport pharaonique à Nantes, à part celle de servir les intérêts très particuliers des multinationales du béton et de l'aviation, au détriment des riverains, habitants, paysans et animaux sauvages.

    Cependant, face à des autorités qui avaient cédé aux lobbys du béton et des réacteurs, il a fallu batailler pendant des décennies, occuper la "ZAD", ne pas céder aux menaces et faire face à un simulacre de référendum pour obtenir l'abandon du projet.

    La victoire de Notre-Dame-des-Landes, est évidemment celle des "zadistes", mais également de toutes celles et ceux qui sont restés convaincus que par la fermeté et la raison, on peut s'opposer aux bulldozers. C'est une victoire historique pour l'écologie, à laquelle nous pourrons nous référer lors de nos prochaines luttes.

    A Genève, la question du contrôle et du développement de l'aéroport présente bien des analogies avec la situation nantaise. Ouvrage de service public, c'est un établissement autonome qui, à en lire ses projets, n'a comme horizon que la croissance du nombre de passagers, de vols... et de nuisances.

    Premier pollueur du canton, il arrose de décibels et de kérosène les habitants de Vernier et Genthod, mais également de nombreuses communes situées dans l'axe de sa piste, il a délibérément fait le choix d'attirer des compagnies low-cost, dont les vols courts-courriers sont particulièrement polluants et... attractifs pour des citadins à qui l'on fait croire qu'il est de bon ton d'aller faire les soldes à Lisbonne ou d'aller tester chaque week-end les boîtes de nuit de Riga ou de Zagreb.

    Face à ce non-sens économique et écologique, plusieurs acteurs se dressent et, patiemment, proposent des solutions raisonnables pour que l'aéroport redevienne un outil au service de chacun... La Carpe a lancé une initiative dans ce sens, qui demande exactement cela. L'initiative des Verts contre la pollution impose également des mesures contre le bruit...

    Dans le même temps, puisque les autorités cantonales restent d'une étrange passivité, ce sont les communes, Vernier en tête, qui se battent pour que l'aéroport garde une taille raisonnable.

    Ajoutons encore qu'Actif-Trafic et l'ATE se battent pour qu'une offre alternative, en particulier des trains de nuits, soit maintenue et développée, dans un contexte où les entreprises de chemin de fer semblent baisser pavillon face à l'hégémonie de l'avion.

    Tous ces acteurs font un travail exceptionnel. La victoire d'aujourd'hui renforce leur conviction qu'il vaut toujours la peine de se battre lorsque la raison, le droit et l'intérêt de la majorité est de son côté !bruit, aéroport, Genève, nuisances, sonores

     

     

  • Mauvaise bise sur le Joran

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    L'année passé, la coopérative maraîchère "Le Jardin des Charrotons" a disparu discrètement. Le déclassement de la plaine de l'Aire la chassant des terres qu'elle louait, elle a été confronté à l'inertie de l'État et à l'incapacité de l'administration de comprendre le sens et les besoins d'une pareille entreprise lorsqu'il s'agit de lui trouver un nouveau terrain...

    Au-delà de la tristesse et de la fin de la production d'excellents légumes, il a fallu, pour les employé-e-s de la coopérative, s'imaginer un destin, le plus souvent hors du canton, puisque l'agriculture contractuelle est ici si mal défendue...

    C'est ainsi qu'un groupe d'entre eux ont développé un superbe projet du côté d'Orbe: la Ferme du Joran. Leur enthousiasme et leur savoir-faire leur ont permis de recevoir un prix et de séduire une partie de la population locale, friande de leur production.

    Malheureusement, la tempête Eleanor est venu briser des centaines d'heures de travail manuel, en particulier de montages de tunnels maraîchers... et nos amis se sont retrouvés, début janvier, au milieu des ruines de ce qu'ils avaient patiemment construits.

    Ils appellent à l'aide, financière et en main d’œuvre dans un texte d'une poésie à la dois désabusée et incroyablement optimiste que je vous livre ci-dessous.

    Je vous souhaite une excellente année, en espérant que vous pourrez répondre à leur appel (leur IBAN se trouve à la fin du texte) !

     

    Le Joran balayé par Eleanor…


    Épuisées par leur première année de mise en place de la ferme collective du Joran à Orbe, les paysannes du collectif, se félicitant de l’énorme travail accompli, s’aimaient à penser à un peu de quiétude hivernale. Elles se disaient sereinement que 2018 s’annonçait un peu plus calme…


    C’était sans compter l’audace, pour ne pas dire l’affront, de nommer leur ferme d’un vent bien connu de la région. La tempête Eleanor, le 3 janvier 2018, leur rappela qu’on ne rigole pas avec les forces de la nature et, d’une chiquenaude, envoya valdinguer des centaines d’heures de travail. Ainsi, la moitié des tunnels maraîchers installés avec la précieuse aide d’un 70aine d’amies venue prêter main forte lors de chantiers collectifs, s’en retrouvèrent totalement détruits ou gravement endommagés. Un tunnel de 32m s’est même envolé complètement pour atterrir dans la haie 70m plus loin !!


    L’ébranlée équipe après une avalanche de « si », « si on avait fait ça », « si on avait fait si », relève la tête pour se dire « comment », comment reconstruire ?, comment faire pour que cela n’arrive plus ?. C’est un peu vache que ce coup dur nous frappe si vite mais on ne va quand même pas se laisser décourager par la première tempête venue !


    Le tiroir-caisse un peu vide et les forces de travail limitées nous poussent pourtant à faire un appel à soutien financier pour pouvoir reconstruire avec l’aide d’une équipe de professionnels. Nous faisons aussi un appel pour nous aider sur le terrain à démonter, détordre, dévisser, ramasser et trier les tunnels endommagés.


    Si vous avez du temps, envoyez-nous un e-mail à lejoran@atelierltc.ch pour que nous puissions organiser des journées collectives de travail.


    Si vous avez des sous voici les coordonnées bancaires : Le Joran, Madlen Weyermann, Rte de Vaulion 20, 1324 Premier, CH09 0839 0034 1951 1000 5


    Merci infiniment pour votre soutien !!!

    Que la magnifique histoire du Joran reparte de plus belle !

    A bientôt, Ciao.

    Le collectif.

     

  • SCORE: même les gagnants vont y perdre...

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    Alors voilà, ça sent les élections, le Conseil d'Etat se sent contraint d'agir et, coup sur coup, vient de déposer deux projets de loi qui, sous couvert de gestion moderne, sont en fait des monstres de dissimulation.

    Nous avons parlé ici des cachotteries du projet de réforme de la CPEG, nous avons parlé en d'autres lieux de l'incroyable opacité du processus de "collocation" des fonctions dans la nouvelle grille salariale SCORE (en gros, personne ne sait pourquoi telle informaticienne, tel infirmier ou telle cadre supérieure va se retrouver dans la classe salariale qu'on lui attribue, pas même les députés qui devront voter le projet de loi et pas même les conseillers d'Etat qui ont lâché des millions (mais combien ?) à une entreprise privée qui maintient le secret sur ses méthodes.)

    Peu importe, direz-vous, puisque, selon le Conseil d'Etat, "57% des employés y gagneront"... Et bien, là aussi, c'est faux. Un exemple tout simple est celui des enseignants du secondaire, métier que j'ai le bonheur de pratiquer au quotidien et de défendre au sein de la FAMCO.

    Les tabelles présentées à la presse, et reprises par la Tribune, montrent que le salaire de base et le salaire de fin de carrière vont tous deux être revalorisés, ce qui justifie de placer les milliers d'employés concernés dans les 57% de gagnants.

    Mais en fait, un habile tour de passe-passe, en l'occurrence le passage aux annuités linéaires, débouche sur une baisse nette du salaire dès la quatrième année... Si l'on cumule les salaires, on réalise vite que la quasi-totalité des enseignants vont y perdre*, pour certains plus de 30'000.-, comme le montre le graphique ci-dessous.

    Capture du 2017-10-15 18-06-59.png

    Certes, ce n'est pas le métier le plus mal loti par le projet. Certes, cette diminution ne risque pas de mettre mes collègues sur la paille et ce n'est pas ces quelques milliers de francs qui motivent mon refus catégorique de SCORE.

    Mais ce phénomène touche une large partie des "gagnants" qui, de fait, seront les dindons de la farce de SCORE.

    Par principe, dissimuler sciemment la vérité lorsque l'on présente une réforme, que ce soit celle de la CPEG ou celle des traitements, sonne comme un aveu de faiblesse coupable d'un gouvernement en fin de parcours...

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    * Pour être précis, dans le cas des enseignants du secondaires, seuls seront gagnants ceux qui arrêtent avant leur 9e année et... après leur 36e année, pour autant que toutes les annuités aient été accordées, ce qui est loin d'être le cas !