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05/11/2018

1990 - Des juges étrangers accordent le droit de vote aux femmes appenzelloises

L'initiative UDC sur les juges étrangers (ou d'autodétermination) pose deux excellentes questions qui sont malheureusement noyées dans le parasitage argumentatif des initiants.

  • Comment ajuster l'exercice des pouvoirs législatif et judiciaire ?
  • A quelle échelle géographique est-il pertinent de prendre telle ou telle décision ?

En 1990, suite à trois échecs en votation populaire, Theresa Rohner citoyenne appenzelloise fait recours au Tribunal Fédéral qui lui donne raison et impose le vote féminin au demi-canton.

S'agit-il d'une scandaleuse intrusion de juges étrangers dans les affaires d'un canton souverain ou d'un rappel que les droits et libertés fondamentales figurant dans la Constitution doivent être appliquées dans tous les cantons qui ont librement adhéré à la Confédération ?

Si vous penchez pour la seconde solution, vous ne pourrez en effet que refuser l'initiative UDC car vous aurez admis que:

  • dans une démocratie, le pouvoir judiciaire a une sphère de compétence qui peut empiéter sur la volonté populaire, en particulier en matière de droits fondamentaux. Cela s'appelle la séparation des pouvoirs figure parmi les conditions indispensables au fonctionnement démocratique.
  • lorsqu'on s'engage, de façon plus ou moins forte, dans une convention, un accord, un traité, une union avec des partenaires, on en respecte les règles et on accepte que des instances neutres, c'est à dire extérieures à son Etat, statuent en cas de litige.

Si vous penchez en revanche pour la première analyse, acceptez sans scrupule l'initiative UDC (sauf si vous êtes une femme, auquel cas vous préparerez le dîner en attendant que votre mari revienne du bureau de vote...)

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26/02/2018

Supprimons les JO d'hiver !

Par -8° face à la bise, j'écoutais ce matin, sur mon vélo, l'analyse des reporters de la RTS suite aux JO d'hiver de Pyeongcheang qui se sont terminés hier. Deux éléments m'ont fait sourire dans le blizzard...

Des jeux à 12 millions ?

sotchi.jpgA trois reprises, les journalistes ont affirmé, sans se reprendre, que ces jeux avaient coûté 12 millions de francs, somme qui leur semblait raisonnable en regard de ceux de Sochi, 3 fois plus chers.
Sauf que... c'est bien à 12 milliards que la facture s'est élevée. Le montant est si démesuré que nos spécialistes n'ont pas réalisé qu'ils le divisaient par mille. Autrement, dit, 12 millions c'est le coût de 20 minutes de jeux et non de deux semaines !

 

 

Des jeux hors sol ?

S'en est suivi un vibrant plaidoyer pour le rapatriement d14396618.jpges jeux dans leur région d'origine, les Alpes, partant du constat que les Coréens ne se sont, sans surprise, pas enthousiasmés pour nos slalomeurs et nos bobeurs...


Et pour cause, si les JO d'été peuvent prétendre assumer leur vocation d'universalité, ceux d'hiver ne concernent qu'un petit groupe de pays, ceux pour qui l'hiver existe et dont les citoyens ont le moyen et l'envie de se payer de skis ou des patinoires...

Il n'y a qu'à observer le palmarès des médailles pour constater qu'on n'y retrouve que des pays qui rivalisent par leur richesse, leur climat boréal et leur insignifiance démographique...

Car s'il est possible de rêver de titre olympique en s'entraînant avec une paire de baskets, un ballon ou une barre fixe, aucun-e jeune indien-ne, brésilien-ne ou kényan-ne ne peut s'imaginer gagner une médaille de curling ou de saut à ski...

Que dirions-nous, si le CIO s'avisait d'organiser des JO de la mousson, dans lesquels seuls des sports praticables sous des averses torrentielles seraient pratiqués et les présenteraient comme universels ? Rien sans doute, car ni les Indonésiens, ni les Gabonais ni les Surinamais n'ont l'outrecuidance de penser que leurs loisirs locaux puissent avoir une valeur universelle.

Pour toutes ces raisons, le CIO serait bien inspiré de supprimer les JO d'hiver de leur calendrier... et les autorités valaisannes et suisses de renoncer à participer à cette mascarade néo-coloniale...

17/01/2018

Notre-Dame-des-Landes - Cointrin

Il n'y avait aucune bonne raison de construire un nouvel aéroport pharaonique à Nantes, à part celle de servir les intérêts très particuliers des multinationales du béton et de l'aviation, au détriment des riverains, habitants, paysans et animaux sauvages.

Cependant, face à des autorités qui avaient cédé aux lobbys du béton et des réacteurs, il a fallu batailler pendant des décennies, occuper la "ZAD", ne pas céder aux menaces et faire face à un simulacre de référendum pour obtenir l'abandon du projet.

La victoire de Notre-Dame-des-Landes, est évidemment celle des "zadistes", mais également de toutes celles et ceux qui sont restés convaincus que par la fermeté et la raison, on peut s'opposer aux bulldozers. C'est une victoire historique pour l'écologie, à laquelle nous pourrons nous référer lors de nos prochaines luttes.

A Genève, la question du contrôle et du développement de l'aéroport présente bien des analogies avec la situation nantaise. Ouvrage de service public, c'est un établissement autonome qui, à en lire ses projets, n'a comme horizon que la croissance du nombre de passagers, de vols... et de nuisances.

Premier pollueur du canton, il arrose de décibels et de kérosène les habitants de Vernier et Genthod, mais également de nombreuses communes situées dans l'axe de sa piste, il a délibérément fait le choix d'attirer des compagnies low-cost, dont les vols courts-courriers sont particulièrement polluants et... attractifs pour des citadins à qui l'on fait croire qu'il est de bon ton d'aller faire les soldes à Lisbonne ou d'aller tester chaque week-end les boîtes de nuit de Riga ou de Zagreb.

Face à ce non-sens économique et écologique, plusieurs acteurs se dressent et, patiemment, proposent des solutions raisonnables pour que l'aéroport redevienne un outil au service de chacun... La Carpe a lancé une initiative dans ce sens, qui demande exactement cela. L'initiative des Verts contre la pollution impose également des mesures contre le bruit...

Dans le même temps, puisque les autorités cantonales restent d'une étrange passivité, ce sont les communes, Vernier en tête, qui se battent pour que l'aéroport garde une taille raisonnable.

Ajoutons encore qu'Actif-Trafic et l'ATE se battent pour qu'une offre alternative, en particulier des trains de nuits, soit maintenue et développée, dans un contexte où les entreprises de chemin de fer semblent baisser pavillon face à l'hégémonie de l'avion.

Tous ces acteurs font un travail exceptionnel. La victoire d'aujourd'hui renforce leur conviction qu'il vaut toujours la peine de se battre lorsque la raison, le droit et l'intérêt de la majorité est de son côté !bruit, aéroport, Genève, nuisances, sonores

 

 

12/01/2018

Mauvaise bise sur le Joran

L'année passé, la coopérative maraîchère "Le Jardin des Charrotons" a disparu discrètement. Le déclassement de la plaine de l'Aire la chassant des terres qu'elle louait, elle a été confronté à l'inertie de l'État et à l'incapacité de l'administration de comprendre le sens et les besoins d'une pareille entreprise lorsqu'il s'agit de lui trouver un nouveau terrain...

Au-delà de la tristesse et de la fin de la production d'excellents légumes, il a fallu, pour les employé-e-s de la coopérative, s'imaginer un destin, le plus souvent hors du canton, puisque l'agriculture contractuelle est ici si mal défendue...

C'est ainsi qu'un groupe d'entre eux ont développé un superbe projet du côté d'Orbe: la Ferme du Joran. Leur enthousiasme et leur savoir-faire leur ont permis de recevoir un prix et de séduire une partie de la population locale, friande de leur production.

Malheureusement, la tempête Eleanor est venu briser des centaines d'heures de travail manuel, en particulier de montages de tunnels maraîchers... et nos amis se sont retrouvés, début janvier, au milieu des ruines de ce qu'ils avaient patiemment construits.

Ils appellent à l'aide, financière et en main d’œuvre dans un texte d'une poésie à la dois désabusée et incroyablement optimiste que je vous livre ci-dessous.

Je vous souhaite une excellente année, en espérant que vous pourrez répondre à leur appel (leur IBAN se trouve à la fin du texte) !

 

Le Joran balayé par Eleanor…


Épuisées par leur première année de mise en place de la ferme collective du Joran à Orbe, les paysannes du collectif, se félicitant de l’énorme travail accompli, s’aimaient à penser à un peu de quiétude hivernale. Elles se disaient sereinement que 2018 s’annonçait un peu plus calme…


C’était sans compter l’audace, pour ne pas dire l’affront, de nommer leur ferme d’un vent bien connu de la région. La tempête Eleanor, le 3 janvier 2018, leur rappela qu’on ne rigole pas avec les forces de la nature et, d’une chiquenaude, envoya valdinguer des centaines d’heures de travail. Ainsi, la moitié des tunnels maraîchers installés avec la précieuse aide d’un 70aine d’amies venue prêter main forte lors de chantiers collectifs, s’en retrouvèrent totalement détruits ou gravement endommagés. Un tunnel de 32m s’est même envolé complètement pour atterrir dans la haie 70m plus loin !!


L’ébranlée équipe après une avalanche de « si », « si on avait fait ça », « si on avait fait si », relève la tête pour se dire « comment », comment reconstruire ?, comment faire pour que cela n’arrive plus ?. C’est un peu vache que ce coup dur nous frappe si vite mais on ne va quand même pas se laisser décourager par la première tempête venue !


Le tiroir-caisse un peu vide et les forces de travail limitées nous poussent pourtant à faire un appel à soutien financier pour pouvoir reconstruire avec l’aide d’une équipe de professionnels. Nous faisons aussi un appel pour nous aider sur le terrain à démonter, détordre, dévisser, ramasser et trier les tunnels endommagés.


Si vous avez du temps, envoyez-nous un e-mail à lejoran@atelierltc.ch pour que nous puissions organiser des journées collectives de travail.


Si vous avez des sous voici les coordonnées bancaires : Le Joran, Madlen Weyermann, Rte de Vaulion 20, 1324 Premier, CH09 0839 0034 1951 1000 5


Merci infiniment pour votre soutien !!!

Que la magnifique histoire du Joran reparte de plus belle !

A bientôt, Ciao.

Le collectif.

 

15/10/2017

SCORE: même les gagnants vont y perdre...

Alors voilà, ça sent les élections, le Conseil d'Etat se sent contraint d'agir et, coup sur coup, vient de déposer deux projets de loi qui, sous couvert de gestion moderne, sont en fait des monstres de dissimulation.

Nous avons parlé ici des cachotteries du projet de réforme de la CPEG, nous avons parlé en d'autres lieux de l'incroyable opacité du processus de "collocation" des fonctions dans la nouvelle grille salariale SCORE (en gros, personne ne sait pourquoi telle informaticienne, tel infirmier ou telle cadre supérieure va se retrouver dans la classe salariale qu'on lui attribue, pas même les députés qui devront voter le projet de loi et pas même les conseillers d'Etat qui ont lâché des millions (mais combien ?) à une entreprise privée qui maintient le secret sur ses méthodes.)

Peu importe, direz-vous, puisque, selon le Conseil d'Etat, "57% des employés y gagneront"... Et bien, là aussi, c'est faux. Un exemple tout simple est celui des enseignants du secondaire, métier que j'ai le bonheur de pratiquer au quotidien et de défendre au sein de la FAMCO.

Les tabelles présentées à la presse, et reprises par la Tribune, montrent que le salaire de base et le salaire de fin de carrière vont tous deux être revalorisés, ce qui justifie de placer les milliers d'employés concernés dans les 57% de gagnants.

Mais en fait, un habile tour de passe-passe, en l'occurrence le passage aux annuités linéaires, débouche sur une baisse nette du salaire dès la quatrième année... Si l'on cumule les salaires, on réalise vite que la quasi-totalité des enseignants vont y perdre*, pour certains plus de 30'000.-, comme le montre le graphique ci-dessous.

Capture du 2017-10-15 18-06-59.png

Certes, ce n'est pas le métier le plus mal loti par le projet. Certes, cette diminution ne risque pas de mettre mes collègues sur la paille et ce n'est pas ces quelques milliers de francs qui motivent mon refus catégorique de SCORE.

Mais ce phénomène touche une large partie des "gagnants" qui, de fait, seront les dindons de la farce de SCORE.

Par principe, dissimuler sciemment la vérité lorsque l'on présente une réforme, que ce soit celle de la CPEG ou celle des traitements, sonne comme un aveu de faiblesse coupable d'un gouvernement en fin de parcours...

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* Pour être précis, dans le cas des enseignants du secondaires, seuls seront gagnants ceux qui arrêtent avant leur 9e année et... après leur 36e année, pour autant que toutes les annuités aient été accordées, ce qui est loin d'être le cas !

 

05/10/2017

CPEG: Ce que Longchamp a oublié de vous dire...

Celles et ceux qui suivent de près les péripéties de la CPEG ont de quoi être étonnés. Au moment de présenter un projet de réforme en profondeur de la caisse de pension de l'Etat, le Conseil d'Etat semble avoir oublié 4 éléments, qui engagent pourtant des millards d'argent public sur des décennies...

 

- Le taux de couverture de la CPEG est satisfaisant...

L'hiver passé, la baisse du taux technique a fait craindre le pire, puisque, mécaniquement, le taux deg1143.jpg couverture de la caisse a été affecté et s'est retrouvé à 57,4%. Cependant, les rendements ayant été très bons ces derniers mois, ce taux a rapidement augmenté au cours de l'année pour atteindre 58,6% au 30 juin (et même 59,5% à fin août, selon des sources, internes à la caisse).

Rappelons que les exigences fédérales, reprises dans la loi de 2012, imposent que la caisse atteigne 60% début 2020. Si l'on peut comprendre les menaces du comité dans la situation qui prévalait en avril, la bonne santé de la caisse les rend inopportunes. Il n'y a aucune raison de penser que le comité les mette à exécution si la caisse suit le chemin de croissance prévu par la loi. Ou alors, s'il faut absolument une recapitalisation, il est probable qu'un franc symbolique soit suffisant...

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- Le Conseil d'Etat veut aller au-delà des exigences fédérales de capitalisation

On le sait, c'est la modification de 2010 de la loi fédérale (qui impose désormais une capitalisation à 80%) qui est la source des malheurs de la CPEG. Elle est actuellement à 60% et doit atteindre 80% en 2052.

Le Conseil d'Etat propose de passer directement à 80% en échange du passage en primauté de cotisations, en arguant qu'il semble impossible de combler les 20% manquants par paliers progressifs. Cette capitalisation en un coup justifie selon lui la baisse de la part-employeur dans la cotisation.

On le croirait volontiers s'il ne se fixait pas pour objectif d'aller au-delà des 80% et d'atteindre le 100% à terme, chemin de croissance exactement équivalent à celui qu'il prétend impossible à tenir...

La progression proposée par le projet, 0,5% par année, semble faible, mais sur la masse de capital, cela équivaut tout de même à 100 millions par année pendant 40 ans, pour atteindre un taux de capitalisation inutile sur le plan économique.

Etrangement, cet objectif de 100% à terme n'apparaît dans aucune communication (ni la présentation à la presse, ni le courrier envoyé aux collaborateurs) alors que l'enjeu correspond à plusieurs milliards sur plusieurs décennies !

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- Une niche fiscale pour les hauts cadres

Aucune mention non plus de l'art. 30A qui "propose" aux fonctionnaires de plus de 35 ans plusieurs plans de prévoyance à choix. Evidemment, seuls ceux qui peuvent se le permettre opteront pour un plan leur coûtant 3% de cotisations supplémentaires. Dans quel but ? S'assurer une meilleure retraite ? Aucunement, car, si tel était leur but, ils pourraient épargner cet argent en prévision de leurs vieux jours.

Le seul intérêt pour un cadre d'opter pour le plan "maximum", c'est de pouvoir défiscaliser l'épargne ainsi constituée. Autrement dit, l'Etat-employeur est en train de créer une niche fiscale à l'intention de certains de ses employés et donc de diminuer d'autant les rentrées fiscales qui servent précisément à leur verser leur salaire.

Ce "4e pilier" qui n'avoue pas son nom permettrait de défiscaliser plusieurs dizaines de millions par année, qui seront évidemment à la charge du contribuable. Il n'en est fait nulle mention dans les communication du Conseil d'Etat... Pourquoi donc ?

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- Un deal loose-loose pour l'Etat comme pour la caisse

Le montage en a surpris plus d'un. Comment affirmer tout à la fois que la caisse est au bord de la banqueroute et qu'elle est capable de mettre à disposition plus de 4 milliards, pour un prêt qui lui sera immédiatement restitué ? Dans les faits, si le taux de couverture publié sera bien de 80%, on se rend bien compte que rien n'aura changé par rapport à la situation actuelle et que la caisse sera tout aussi saine (ou malsaine...) que maintenant.

Mais si l'on examine l'affaire de plus près, on se rend compte que l'Etat compte payer à la CPEG des intérêts correspondant au taux technique, soit actuellement 2,5%.

C'est une mauvaise affaire pour la caisse, dont les rendements moyens dépassent largement les 3% sur les 10 dernières années (même au-dessus de 4%, une fois que la crise de 2008 aura "disparu" des 10 dernières années).

C'est également une mauvaise affaire pour l'Etat, qui a la capacité d'emprunter sur les marchés financiers à des taux bien plus bas, mais qui ne peut le faire à cause du frein à l'endettement...

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Ces éléments n'apparaissant dans aucune communication du Conseil d'Etat, il faut croire qu'il les estime secondaires. Cela donne la désagréable impression que, loin d'être un juge impartial (ou mieux encore, un défenseur de la loi votée en 2012...), le gouvernement se plaît à noircir la situation pour imposer un projet dont il cache sciemment les aspects les plus coûteux.

Sur de pareilles bases, le débat sur ce projet de loi semble mal parti...

06/07/2017

A l'ouest d'Eaumorte, il n'y a plus rien... (ou presque)

A l'ouest d'Eaumorte, petite station-service sur la route de Chancy, vivent près de 8000 Genevois, sur une trentaine de kilomètres carrés.

Chaque année, de nouveaux logements y sont construits et de nouveaux résidents viennent s'y établir, chassés par la crise du logement en ville ou attirés par la rude beauté du Far West genevois.

Et beaucoup, lorsqu'ils y arrivent, s'ét_MG_5657.jpgonnent de l'absence presque totale de services. Dans ces cinq communes, on ne trouve qu'une seule boulangerie - la meilleure du canton sans doute -, deux épiceries, aucune banque, aucun distributeur de billets... et, pour se consoler, quelques excellents restaurants et une vie villageoise souvent dynamique.

Autant dire que, dans ce désert, la Poste joue un rôle important pour ceux qui ne veulent ou ne peuvent pas se rendre à Bernex ou en ville dès qu'il s'agit de retirer 100 francs, d'acheter 2 timbres ou de faire ses paiements.

Pourtant, malgré la croissance démographique, les bureaux de poste ont disparu un à un... A chaque fois remplacés par des offices aux services atrophiés.

Et voilà que la Poste annonce la disparition de son dernier bureau à l'ouest de Bernex, celui d'Avully...

Une mobilisation semble naître pour le défendre, car, au-delà des services offerts par la poste d'Avully, c'est la désertification de l'ouest genevois qui se joue là. Car, pour les petits commerces, la présence de la poste ou d'une banque est essentielle à la conduite des affaires au quotidien.

Dans le même temps, les trois communes frontalières, côté savoyard, proposent chacune une poste et plusieurs banques et, évidemment, des petits commerces dynamiques et attrayants.

Il ne sert à rien d'accuser le franc fort, les horaires d'ouverture ou le dumping salarial lorsque les consommateurs passent la frontière, il faut commencer par demander aux services publics, et la Poste en fait incontestablement partie, d'assumer sa mission, y compris dans les marches de l'Helvétie...

02/05/2017

La fin des Charrotons...

Aujourd'hui, la coopérative maraîchère "Le Jardin des Charrotons" quitte son terrain. Son bail a atteint son terme et, du fait du déclassement des Cherpines, il a fallu partir.

Contrairement aux assurances des promoteurs du déclassement, aucun terrain équivalent n'a pu être trouvé.

On trouvera ci-dessous quelques clichés, pris samedi dernier, lors de la fête des 10 ans de la coopérative (eh oui, même lorsqu'on disparaît, il ne faut pas manquer une occasion de faire la fête)...

Ils rappelleront aux milliers de gens qui ont arpenté ce terrain que les Charrotons, ce n'était pas que des légumes, mais une fourmilière de gens hétéroclites, d'idées saugrenues et d'objets récoltés çà et là. Cela a pu intriguer des journalistes, provoquer le courroux de certains magnats du propre en ordre, c'était en fait un lieu génial !

Merci à toutes celles qui ont fait vivre cette terre, qui y ont vécu, y ont travaillé. On se réjouit de la suite !

 

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15:24 Publié dans Cherpines | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |