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02/04/2011

L'amnésie des bétonneurs

Petit à petit, bien qu'encore occultée par l'élection des conseils administratifs, la campagne en vue de la votation du 15 mai sur les Cherpines démarre. Les thématiques prioritaires du comité référendaire sont désormais bien connues:

Défense de l'agriculture de logotypeWEB.jpgproximité

Refus d'un développement exogène de Genève

Volonté de s'attaquer aux causes de la crise du logement plutôt qu'à ses symptômes

Promotion de l'Economie Sociale et Solidaire

L'angle d'attaque des bétonneurs des Cherpines paraît un peu surprenant. En effet, depuis quelques semaines, les pourfendeurs des légumes genevois affirment avec un aplomb confondant qu'ils désirent bâtir un éco-quartier sur les meilleures terres agricoles du canton, essayant ainsi de se construire une image d'amis de la nature aussi soudaine que peu convaincante. Il convient donc de rappeler quelques faits...


Je dénonçais il y a quelques jours l'anonymat et la propension à l'oxymore de certains politiciens locaux. Désormais, il convient d'ajouter à ces tares une profonde amnésie (à moins qu'il ne s'agisse de malhonnêté intellectuelle...).

Quelques exemples (avec les documents associés) qui devraient se révéler utiles à ceux qui soutiennent notre juste lutte:

 

Si Cherpines étaient déclassées, quelles infrastructures sportives seraient construites ?

- En mars 2010, les autorités de Plan-les-Ouates, le DCTI et le Genève-Servette envisageaient sérieusement de mettre une patinoire de 10'000 places aux Cherpines. Cette article de la Tribune rappelle le sort que le Conseiller Administratif L.FB_Seydoux.jpg Seydoux voulait faire subir à la Plaine de l'Aire.

- A la même époque, la commune de Plan-les-Ouates mettait ce document sur son site. Si la patinoire a disparu, on y trouve tout de même un hôtel, un wellness center, un event center, un golf sur le toit, un gigantesque parking,...

- Aujourd'hui, les mêmes responsables politiques tentent de faire croire qu'ils n'ont jamais imaginé de projet mégalomane, que leur unique désir est de servir les légitimes besoins des sportifs locaux, etc...

Témoignage de cela, cet échange étonnant l'autre jour sur Facebook, où L. Seydoux, refusant d'assumer ses propres projets, cherchait à m'interdire d'utiliser un document produit aux frais des contribuables de Plan-les-Ouates et publié par sa propre administration il y a quelques mois, tout en essayant de minimiser sa portée... (La "réflexion d'un groupe de travail" s'appuyant tout de même sur 2 bureaux d'architectes genevois...)

 

 

Si les Cherpines étaient déclassées, combien de logements seraient créés ?

- La loi de déclassement ne le précise pas (ce n'est d'ailleurs pas sa vocation). Elle précise juste que 130'000 m2 deviendront industriel et le reste "zone de développement 3", ce qui laisse une très grande liberté de manoeuvre (tant sur le nombre de logements que sur le rapport loisir/logements).

- Il y a une année, un article du Temps mentionnait le chiffre de 2'000 logements sans que personne ne s'en plaigne.

- Le mandat d'études parallèles lancé par le DCTI, Confignon et Plan-les-Ouates fixait 2'500 logements comme objectif.

- Aujourd'hui, les tenants du bétonnage désavouent leur propre mandat, qui a tout de même coûté 600'000.- d'argent public, en affirmant vouloir construire 3'000 logements.

En conclusion, c'est bien sous la pression des référendaires que le nombre de logements a crû. En cas d'acceptation du déclassement, il y a fort à craindre que ce nombre diminue, au vu de la mauvaise volonté des autorités locales à créer du logement (voir le cas des Communaux d'Ambilly...)

 

Si les Cherpines étaient déclassées, une partie de la zone deviendrait-elle industrielle ?

- Oui, c'est le seul point intangible de la loi de déclassement. 130'000 m2 de terres arables seraient transformées en site industriel.

 

Si les Cherpines étaient déclassées, y construirait-on un éco-quartier ?

- Malheureusement, le mot éco-quartier (comme avant lui "libéralisme" ou "développement durable") faute de définition claire et univoque, est en passe de voir son sens capturé par ses pires ennemis. Pas besoins d'argumenter longuement, il suffit de réaliser la gêne de Pierre-Emile Follacci, architecte chez FHY, bureau vainqueur du mandat d'études parallèles, lorsqu'il est interrogé par la Radio Romande à ce sujet...

 

Comme toujours depuis le début de la campagne, les référendaires ne changent pas de ligne, défendent sereinement leurs arguments et essaient d'encaisser les attaques avec d'autant plus de bonne humeur qu'elles sont maladroites ou malhonnêtes.

 

 


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