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09/04/2011

Tout lieu est le carrefour naturel des quatre lieux qui l'entourent

A en croire les bétonneurs des Cherpines, cette zone serait idéalement placé par rapport aux axes de transit, à l'urbanisation passée et future de la ville, bref, serait un carrefour incontournable, dont le destin naturel serait d'être bétonné.logotypeWEB.jpg

Au-delà de fait que la Plaine de l'Aire n'est desservie ni par le rail, ni par les transports public, que les ponts sur l'Aire sont rares et très étroits, cette affirmation m'a rappelé un publicité étudiée au cours de mes études de géographie qui vantait les mérites de la Bretagne comme étant un carrefour entre la mer et la terre, le nord et le sud, bref un lieu incontournable lorsqu'on songe à placer une usine, un commerce, une porcherie industrielle,... tout ce qui fait le charme actuel de l'ancienne Armorique...

Avec ce genre d'argument, on arrive rapidement à la conclusion tautologique suivante:

Tout lieu est au carrefour des quatre lieux qui l'entourent

(Les spécialistes de W. Christaller préféreront toutefois substiter "six" à "quatre", mais le résultat sera sensiblement le même...)

 

Pour illustrer cela, le géographe Roger Brunet, dans la notice carrefour de son dictionnaire "Les Mots de la géographie" écrit:

"Le terme est employé avec abus dans la promotion des lieux: toute ville, même minuscule se prétend carrefour. C'est aussi le cas de la géographie molle qui voit partout ou presque des positions de carrefour "privilégié" sans pouvoir dire si la ville est née du carrefour, ou le carrefour de la ville.[...] on a tout dit quand on dit carrefour, mais ce n'est parfois que le carrefour des courants d'air. Car tout lieu est un carrefour... par rapport à d'autres".

Mon complice Nicolas Bloch développe cet aspect de la problématique des Cherpines, dans un excellent article publié sur le site du comité référendaire.

Bonne lecture !

 

 

 

Commentaires

Il n'en demeure pas moins, que si l'autoroute a été construite là, ce n'était pas à cause de l'intérêt des Cherpines.

Ma foi, il y a un manque de logement à Genève et il vaut mieux construire là, dans un rectangle bordé par une rivière, une autoroute, une zone industrielle et une zone habitée qu'au milieu de la campagne genevoise.

Et vu les subventions touchées par les paysans, il est temps que ceux-ci s'intéressent aussi au problème des gens qui les paient et non pas de logement garanti.

Car un jour ces gens pourraient se venger et décider d'arrêter de payer 50-60% du salaire des paysans.

Écrit par : Loic | 10/04/2011

Merci Loïc pour votre commentaire, qui me permet d'apporter quelques précisions:
- En ce qui concerne les subventions, il se trouve que justement, l'agriculture contractuelle de proximité n'en absorbe aucune. Le Jardin des Charrotons (ou les Jardins de Cocagne), par exemple, ne peut pas revendiquer de paiements directs, car c'est une société coopérative et non une personne physique. C'est pour ce type d'agriculture que nous nous battons et que nous estimons que Genève doit maintenir sa zone agricole, en particulier ses terres les plus fertiles.
- Les paysans doivent peut-être s'intéresser au sort des gens qui les paient, mais les citoyens devraient aussi s'intéresser au sort des gens qui les nourrissent. Pour rappel, le 100% de notre alimentation provient des sols, que nous traitons et détruisons avec le plus grand mépris, ici comme ailleurs.
- Quant au manque de logements, nous exigeons que le problème soit traité à la source (qu'est-ce qui cause cette crise ?) plutôt que d'appliquer de fausses solutions (le déclassement des Cherpines ne permettant au mieux que d'absorber une année de croissance démographique. Les bétonneurs sont bien muets sur ce sujet...
- Pour finir, il n'a jamais été question de construire "au milieu de la campagne genevoise", bien heureusement ! Il faut construire dans les zones déjà déclassées (c-à-d les projets que la droite - oui, la même qui veut bétonner les Cherpines - s'applique à retarder à coups de recours à Thônex, Troinex ou Lancy) et il faut sérieusement songer à densifier la zone villa (51 % de la surface constructible et 14% de la population - 518 m2 par habitant !)

Écrit par : Julien Nicolet | 10/04/2011

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