UA-74655322-1

02/05/2011

Le déclassement des Cherpines n'aurait aucun impact sur la crise du logement !

Un mensonge répété cent, mille, dix mille fois ne se transforme pas pour autant en vérité ! La petite fille racologotypeWEB.jpglant sur les bus pour le compte des bétonneurs de la Chambre Immobilière a beau essayer de nous faire croire que le déclassement des Cherpines servirait à résoudre (ou amenuiser) la crise du logement, son message sonne faux.

Quelques éléments très simples permettant de démontrer que, au contraire, le déclassement serait un pas de plus dans la fuite en avant qui alimente la crise du logement !

 

Voici de quoi vous convaincre, au-delà des arguments en faveur de l'environnement et de l'agriculture qui sont au coeur de notre campagne, de voter NON au déclassement des Cherpines le 15 mai prochain.

Pour des informations plus générales: www.plainedelaire.ch


1. Les logements promis ne seraient construits que dans plusieurs années (et même, au rythme des autres déclassements, bloqués par les communes de droite, des décennies). Or les 2'500 ou 3'000 logements prévus ne permettraient que d'abosorber une année de croissance démographique.

A ce rythme-là, s'il faut déclasser 60 hectares chaque année, on aura vite atteint les limites physiques du bassin genevois, à savoir le Jura, le Salève et le Vuache

 

2. La crise du logement dure depuis plusieurs décennies. Ses causes sont connues de toutes et tous:

  • La promotion économique genevoise favorise l'installation d'entreprises internationales prestigieuses, qui importent leurs cadres, grands consommateurs d'espace et sont prêtes à payer des loyers démentiels, ce qui crée évidemment une pression à la hausse sur les loyers du commun des mortels, sans aucunement faire diminuer le taux de chômage, les emplois proposés ne correspondant pas au profil des sans-emploi locaux.
  • Les déclassements récents sont tous bloqués par les communes (tenues par la droite...) qui ont peur de voir s'installer des moins riches qu'eux à proximité. On a pu ainsi voir il y a trois semaines le député Christophe Aumunier plaider au Grand Conseil pour écouter une énième fois les communes de Chêne-Bourg et Thônex, dans le cadre d'un énième recours visant à retarder et minimiser l'ampleur des Communaux d'Ambilly. Oui, c'est bien le même Christophe Aumeunier qui prétend qu'il y a "urgence-logements" dans le cas des Cherpines.
  • Les milieux immobiliers (les mêmes qui militent pour le bétonnage des Cherpines) construisent des objets ne correspondant pas aux besoin de la population. Trop grands, trop luxueux. On constate ainsi que, alors que la taille moyenne des ménages tend à diminuer, la taille des logements construits augmente... Cherchez l'erreur !
  • Certains biens fonciers, peu nombreux mais occupant d'importantes surfaces, sont devenus des biens spéculatifs ou pire, des blanchisseries à argent sale. On voit ainsi des villas passer de mains en mains d'oligarques russes pour des prix sans rapport avec la réalité. Rien n'est fait contre ces trafics. Au contraire, les députés de droite (toujours les mêmes) ont obtenu que ces transactions n'apparaissent plus dans la FAO depuis le 1er janvier !

Bref au lieu de s'attaquer aux causes de la crise, on fait croire qu'on cherche à en atténuer les symptômes...

C'est un peu comme si on écopait une inondation à la petite cuillère, plutôt que de fermer le robinet qui fuit...

 

3. Les communes concernées n'ont pas envie de créer des logements.

Sources de nuisances et de dépenses sociales, les communes n'ont aucun intérêt à voir s'établir de nouveaux habitants sur leur territoire.

De ce fait, Confignon a accepté du bout des lèvres le déclassement en obtenant en contrepartie une énorme zone industrielle, source d'importantes recettes fiscales, sur la partie ouest de la zone.

Quant à Plan-les-Ouates, ce n'est un secret pour personne que ce qui animait le Conseil Administratif dans ce projet, c'était la perspective d'installer de prestigieuses installations sportives sur cette zone. On a ainsi eu droit à la patinoire de 10'000 places, puis au centre sportif - wellness center - hôtel de luxe avec golf sur le toit, etc. Ces propositions ont généré un tollé et ont miraculeusement disparu du site de la commune (au point qu'elles ont cherché à nous empêché de publier le 2e document...), mais elles sont représentatives de la volonté de la commune de privilégier le logement...

4. Il y aura plus d'emplois que de logements sur le périmètre.

Les 130'000 m2 de zone industrielle créés par le déclassement permettent la création de 3'900 emplois (on compte une densité de 300 emplois par hectare dans une pareille zone). C'est dire que, loin de résorber la crise du logement, loin de minimiser les déplacements pendulaires, loin de contribuer à une baisse des loyers, ce déclassement contribuerait à les augmenter.

Genève s'est engagée à créer plus de logements que d'emplois et la France voisine à faire l'inverse. Dans le cas des Cherpines, c'est le contraire qui se produirait.

 

Commentaires

Alors quelle est votre SOLUTION, je ne suis pas particulièrement pour les déclassements de terrain mais chaque fois qu'un projet est lancé et cela fait des années que cela dure la seule réponse des opposants, c'est oui mais cela ne résoudra pas les problèmes de logement, de circulation etc... alors il faut faire quoi, opposition je suis d'accord pour autant que vous proposiez des solutions valables et pas seulement des utopies qui vous le savez très bien ne se réaliseront jamais, ne serait-ce que par la taille du canton. Les promesses ça rend les fous joyeux.....

Écrit par : graindesel | 02/05/2011

Interessant. Mais allez vous vraiment vous plaindre du fait que 3900 emplois seront créés? C'est le monde à l'envers.

Écrit par : Ian | 02/05/2011

@graindesel: Nous proposons plusieurs pistes de solution:
1. Attaquer le mal à la racine: A savoir revoir le modèle de développement de Genève qui étouffe sous une croissance mal maîtrisée alors que les vallées du Jura se désindustrialisent.
2. Construire dans les zones déjà déclassées, plutôt que de traîner pour satisfaire les autorités locales.
3. Faire un bilan pédologique (= examen de la qualité des sols), qui permettrait de mettre en évidence les zones agricoles de faible rendement (par exemple, le golf de Vandoeuvres, qui occupe 45 hectares de zone agricole aux portes de la ville !)
@Ian: En soi, les emplois n'ont pas de valeur, s'il s'agit d'importer de la main d'oeuvre hyper-qualifiée d'autres régions. De fait, aucune garantie n'est faite que les emplois créés permettront de faire baisser le taux de chômage de la région franco-valdo-genevoise. Bien au contraire, la politique d'attraction des multinationales peut laisser penser que les entreprises placées là n'auront aucune raison d'engager de la main d'oeuvre locale.

Écrit par : Julien Nicolet | 02/05/2011

C'est bien la croissance comme un but en soit, sans en étudier tous les impacts, qui est à remettre en cause.

Qui dit croissance économique, dit canton plus grand, avec plus d'habitants, mais si c'est pour péjorer la qualité de vie des gens établit ici depuis longtemps, et bien il faut être conscient que cela ne vaut pas le coup, à moins d'être promoteur immobilier, banquier ou industriel du luxe.

Écrit par : Dji | 03/05/2011

Les commentaires sont fermés.