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23/06/2011

D'Athènes à Genève: Le jet d'eau de Salamine ?

Il y a une vingtaine d'années, les autorités grecques auraient pu tenter de créer un état socialement fort, basP1010420.pngé sur le développement d'une économie endogène, l'intégration des plus faibles et une coexistence pacifique avec ses voisins.

Au lieu de cela, les partis majoritaires, que ce soit le PASOK ou la Néa Dimokratía, se sont lancés dans un marathon aux objectifs au mieux futiles, au pire clientélistes. Par exemple:


1 - Une intégration européenne au forceps, qui a consisté surtout en l'abandon de sa souveraineté monétaire (et donc l'impossibilité de dévaluer)P1010388.png et la soumission économique aux pays les plus puissants de l'UE. Sur les ferries traversant l'Adriatique, j'ai eu souvent l'occasion de discuter avec des routiers qui se plaignaient de revenir systématiquement de Grèce à vide... Pour faire simple, les millions envoyés par les Allemands en Grèce ont été rendus aussitôt sous forme d'achats de BMW et de Mercedes par les hellènes les plus P1010705.pngnantis...

2 - Le maintien d'un système fiscal injuste, basé sur des forfaits censés empêcher le départ des richissimes armateurs qui font la célébrité sinon la fortune du pays. Il y a deux ans, mon ami Tassos m'affirmait que la Grèce était un pays pauvre peuplé de gens riches, tant la fiscalité épargnait scandaleusement les classes possédantes, mais aussi une part importante de la classe moyenne. Ce printemps, son avis avait changé... Le tiers des petits commerçants de la bourgade où il habite ont dû fermer boutique...

3 - Une politique extérieure faite de nationalisme et de défiance consistant à magnifier les prétendues valeurs nationales et religieuses et à transformer ses voisins en ennemis potentiels.

4 - L'organisation de Jeux Olympiques dispendieux, dont l'impact social et écologique est aujourd'hui désastreux.

5 - La construction d'un prestigieux pont entre Rion et Andirion, qui a permis tout à la fois d'endetter le pays pour enrichir un consortium français (Eiffage) et de devoir consécutivement renoncer à la sécurisation du réseau routier (une part importante des autoroutes n'ont qu'une voie dans chaque sens, sans berme centrale...) et, surtout, à reporter indéfiniment la construction d'une voie ferrée digne de ce nom entre Athènes et Patras (pour l'instant, elle se P1010603.pngtermine en rase campagne, à Kiato et l'ancienne voie a été désaffectée...). Ironie du sort, le péage de ce ponP1010704.pngt est tellement exorbitant que la plupart des usagers utilisent les anciens bacs qui naviguent tranquillement entre ses piles...

 

Toutes proportions gardées la situation de Genève aujourd'hui ressemble étrangement à celle de la Grèce il y a 20 ans. Excentrée par rapport à son pays, elle souffre à la fois des décisions économiques aberrantes de la majorité des Suisses (la dernière en date étant l'initiative pour des impôts équitables, acceptée par les Genevois, mais refusée par les Suisses le 28 novembre dernier), et d'une situation géographique incitant les courants nationalistes à transformer ses voisins en boucs émissaires.

 

Face à cela, rares sont les élu-e-s qui proposent des solutions favorisant une meilleure qualité de vie pour toutes et tous. Au contraire, la majorité, le président du Conseil d'Etat en tête, milite surtout... pour la construction d'un pont aussi prestigieux qu'inutile et l'organisation des Jeux Olympiques en 2022...

 

 

22:31 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : economie, grèce, genève |  Facebook | |

Commentaires

Il y a tout de même quelques très grosses différences... Par exemple, les fortunes grecques sont à l'abri... A Genève. Et cela ne risque pas de changer de sitôt, sauf si bien sûr l'abandon des forfaits fiscaux les fait fuir... Là nous pourrions commencer à avoir des problèmes pour payer nos factures.

Écrit par : Zorbec le Gras | 24/06/2011

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