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28/09/2011

Pour que dure "La Revue Durable"

Parmi mes petits bonheurs récurrents, celui de découvrir à chaque début de saison La Revue Durable dans ma boîte aux lettres n'est pas des moindres. Il y a 9 ans, Susana Jourdan et Jacques Milenowicz faisaient le pari plutôt risqué de lancer un revue traitant sérieusement d'écologie en Suisse.

rd.jpgAujourd'hui, ce duo est demeure à la barre d'une revue qui a nettement gagné en maturité. Au début sans doute trop séduite par les aspects techniques de la protection de l'environnement (comme en témoigne son titre un peu désuet à l'heure où les mouvements de défense de l'environnement sont de plus en plus critiques face au concept de développement durable), la rédaction s'est petit à petit intéressée aux enjeux politiques, philosophiques et éthiques de l'écologie et s'est éloignée des adeptes du greenwashing qui utilisent l'environnement comme un vulgaire fonds de commerce électoral ou économique.

Dans chaque numéro, un thème est traité par des invités aux compétences incontestables, dont les articles sont généralement des exemples de vulgarisation de bon niveau, toujours agrémentés d'une bibliographie utile et pertinente. Un long entretien avec un interlocuteur le plus souvent passionnant et une série de brèves (sans grande distance critique malheureusement) complètent le dossier.

Pour agrémenter le tout, un iconographie de grande qualité, des dessins de Tirabosco et des infographies de mieux en mieux réussies.

Le pari est d'autant plus audacieux que la revue souhaite dépasser les enjeux romands et s'adresser à toute la francophonie, sans pour autant renoncer à son ancrage suisse. Pari le plus souvent réussi, puisque les dossiers confrontent fréquemment des réalités suisses, françaises et étrangères.

Paradoxalement, c'est au moment où elle atteint ce niveau de qualité que La Revue Durable connaît des soucis de trésorerie. La concurrence plus ou moins déloyale de magazines surfant sur la vague bio et le franc fort (30'000.- de pertes en 2011...) font que les recettes diminuent et que la rédaction songe malheureusement à étendre ses espaces publicitaires limités aujourd'hui à 2 pages (sur 70) et à des annonceurs dans la ligne de la rédaction.

Il est important pour l'écologie en Suisse que La Revue Durable maintienne sa qualité et son niveau d'indépendance. Et, pour cela, il lui faut des abonnés... Si vous l'êtes déjà, n'hésitez pas à abonner vos proches (Que voilà un joli cadeau de Noël qui vous évitera d'hésiter entre une anthologie de Bigard et un ramasse-miette électrique) et si vous vous entez l'âme citoyenne, n'hésitez pas à proposer à la bibliothèque de votre quartier de souscrire à un abonnement !

 

22/09/2011

Le Pédibus: vers une sécurisation des accès aux écoles ?

Lorsqu'on me parle d'insécurité à Genève, je pense généralement aux abords des préaux scolaires, trop souvent transformés en jungles automobiles où certains parents déposent en trombe leur progéniture ou laissent leur véhicule en travers de l'accès des autres élèves piétons ou cyclistes.pedibus-geneve.jpg

Pourquoi véhiculent-ils ainsi leur enfant, alors que les écoles sont pour presque tous à portée de marche ou de vélo ? Précisément parce que le trafic automobile leur semble trop dangereux pour que leur chérubin s'y risque... Cas exemplaire de cercle vicieux et démonstration supplémentaire que la somme des intérêts particuliers ne crée pas nécessairement de l'intérêt général...

Comme souvent, c'est de la société civile qu'est apparue une élégante solution, le Pédibus. Ramassage scolaire à pied, ce mode de déplacement connaît un tel succès que ce mot est progressivement entré dans notre vocabulaire.

Cas d'école du "penser global, agir local", le pédibus cumule tellement d'avantages (santé publique, socialisation, protection de l'environnement, partage des tâches entre parents,...) que nul ne saurait regretter son apparition.

Depuis quelques années, le 22 septembre est devenu la journée internationale "à pied à l'école", organisée par le Pédibus. Dans ma commune, l'Association des Parents d'Elèves et les coordonatriPhoto0115.jpgces des deux lignes de Pédibus organisent dans ce cadre une fête fort appréciée: Les enfants ont l'occasion de tester une multitude de moyens de transport "doux" (diverses trottinettes, échasses, monocycles) sur un parcours occupant un tronçon d'une petite route entre Avusy et Athenaz généralement ouverte au trafic, bien que parallèle à 100 mètres d'une autre route...

Cette fête permet aux parents-automobilistes de réaliser à quel point les enfants sont heureux lorsqu'ils peuvent jouer loin du trafic et combien la mobilité douce rend sociable. Certains comprennent que le mini-détour par la route principale permet de garantir leur bien-être et leur sécurité, d'autres se rendent même compte qu'il n'est pas impossible de parcourir le petit kilomètre séparant les deux villages à pied, en trottinette ou à vélo...

Ce succès dans une petite commune rurale et pas particulièrement progressiste me laisse croire que la population ferait très bon accueil à une initiative demandant la création d'accès vélos-piétons en site propre autour de chaque école du canton. En pratique, il s'agirait de tracer des mini-voies vertes rayonnant autour des écoles, permettant aux élèves de circuler en toute sécurité et de bénéficier de la priorité.

Sans être révolutionnaire, ce texte complèterait à merveille l'initiative pour la "mobilité douce" acceptée le 15 mai dernier et celle "pour 200 rues piétonnes" accepté par le Conseil Municipal de la Ville. Une fois ces textes appliqués, il suffirait de compléter les chaînons manquants et d'adapter la signalisation.

Vive le pédibus ! Merci à tout-e-s celles et ceux qui s'investissent pour notre sécurité et notre qualité de vie !

04/09/2011

PLR: Avant de surveiller les frontières, il faudrait savoir où elles sont !

 

J'ai eu le douteux privilège d'assister au discours du 1er août de Pierre Weiss, invité de ma commune de domicile. Je dis bien « assister », car après quelques pontifiantes prémices, le brouhaha des indisciplinés et des indignés l'a progressivement rendu inaudible.

Indignés ? En ce qui me concerne, dans un premier temps, j'ai simplement cru qu'il avait par mégarde échangé son discours avec un de ses nouveaux camarades UDC, et que, enhardi par l'excellent gamay local, il ne s'en était pas rendu compte.

En effet, il était surtout question de criminels étrangers, de frontières qu'il fallait surveiller, de garde-frontière qu'il fallait multiplier et de caméras électroniques qu'il fallait installer. Aucune proposition, en revanche, pour juguler la criminalité des mafieux qui viennent blanchir leur sale trésor à l'ombre du jet d'eau.

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