UA-74655322-1

29/11/2011

Indignuloj el ĉiuj landoj, lernu esperanton ! - Indignés de tous les pays, apprenez l'espéranto !

En sia eseo "Eŭropo-vi baldaŭ mortos", Zlatko Tišljar jam 2005 antaŭvidis mirinde akre la mankojn de la Eŭropa konstruado, kiuj fragiligus ĝin okaze de la unua ekonomika krizo: Konstruo bazita nur sur interŝanĝo de varoj kaj valuta unuigo, estrata nur de teknikemuloj sen kultura nek politika vizio, povas nur fiaski, ĉar ĝi ne povas igi senton de solidareco inter unuopuloj aŭ ŝtatoj. "Se Eŭropo havos grandan ekonomikan krizon aŭ estos endanĝerigita pro ekstera malamiko, kaj la gvidantoj sincere krios pri helpo, tio ne elvokos la kompaton kaj emociojn de eŭropanoj. Ili simple pakos siajn valoraĵojn kaj forportos sin monon." (p.40)

Dans son essai "Eŭropo - vi baldaŭ mortos" (Europe, tu seras bientôt morte), Zlatko Tišljar anticipait en 2005 avec une acuité étonnante les déficits de la Tisljar.jpgconstruction européenne qui risquaient de la fragiliser à la première crise: Une construction uniquement fondée sur les échanges de marchandises et l'unité monétaire, dirigée par des technocrates sans vision culturelle ou politique était vouée à l'échec, car elle ne saurait créer de sentiment de solidarité entre les individus et les États: "Si l'Europe se retrouve dans une grave crise économique, ou doit être mise en danger par un ennemi extérieur, quand bien même les dirigeants appelleraient sincèrement à l'aide, cela n'éveillera aucun sentiment de compassion ou d'émotion chez les Européens. Ils ne feront qu'empaqueter leurs biens et déplacer leur argent ailleurs..." (p. 40.)

Lire la suite

27/11/2011

Bande d'hypocrites !

Hier, la Tribune et le président de l'association "Partage" se réjouissaient du succès du traditionnel "Samedi du Partage". 84 tonnes de marchandises ont été offertes par les généreux donateurs (parmi lesquels le soussigné). C'est nettement plus que l'année passée, réjouissons-nous de l'altruisme de nos concitoyen-ne-s !

Aujourd'hui, les Genevois-e-s (en plus de refuser le principe d'un rémunération permettant aux travailleurs de vivre et d'accepter une loi pénalisant les plus précarisé-e-s) suppriment le peu qu'il restait du droit des pauvres. L'Hospice général et d'autres institutions d'aide sociale viennent de perdre 15'000'000.- par la seule faute de l'avidité des kiosquiers, relayée par les partis de droite et leur électorat.

84 tonnes de marchandises, cela correspond au maximum à 500'000 francs. La conclusion qui s'impose est simple: Si à Marseille on mélange une part de Pastis avec 5 parts d'eau, à Genève on dilue une part de générosité dans 30 parts de cupidité !

Bande d'hypocrites !

 

22/11/2011

Votons NON à l'exécution du droit des pauvres !

Décidément, personne ne semble s'intéresser à l'exécution programmée du peu qu'il reste du droit des pauvres, samedi prochain. On a bien quelques affichettes mensongères de kiosquiers avides de revenus à l'heure où le tabac et le chocolat industriel ne se vendent guère mieux que les sacs à pub que sont devenus la plupart des journaux et magazines...

Du côté des pauvres... personne. Sans doute faut-il comprendre qu'ils n'ont pas les moyens pour mener campagne. Sans doute les partis censés les soutenir sont épuisés par les différentes campagnes de cet automne et plus intéressés à militer sur le champ des initiatives et référendum qu'ils ont lancés.

Ma note de l'autre jour étant à ma connaissance le seul document public et argumenté appelant à voter NON à la suppression du droit des pauvres (à part les deux paragraphes de la page 18 de la brochure officielle), je me permets de demander aux lecteurs de me contredire, en me démontrant que je ne suis pas seul à m'élever contre la suppression de cet impôt.

Car enfin, ce sont tout de même 15'200'000.- qui disparaîtront dans la poche des kiosquiers (ou des joueurs...), 15'200'000.- qui étaient entièrement redistribués à des institutions d'aide sociale genevoises. Personne ne sait comment ce trou sera comblé (fiscalité, baisse de prestation ?) alors que personne n'imagine que le demande de prestations sociales diminuera au cours des prochaines années...

A moins de vouloir faire plaisir à votre vendeur de nicotine (ou plus précisément à la multinationale propriétaire de la plupart des kiosques genevois), il n'y a aucune bonne raison de voter cette abolition !


Votons tous NON à l'exécution du droit des pauvres, dimanche prochain !

Droit des pauvres contre droite des kiosquiers

Le parent pauvre des 5 objets soumis le 27 novembre, est sans aucun doute le projet d'exécution définitive du Droit éponyme. Sans doute est-ce un travers lié à l'automaticité du référendum sur les questions fiscales, aucun groupe ne semble vouloir faire campagne sur cet objet. Il s'agit pourtant d'une loi tout sauf anodine, puisqu'elle prétend rafler d'un coup 15 millions à l'aide sociale, cela au seul bénéfice d'une corporation certes estimable, mais sans réel besoin de soutien étatique.

Résumons: Alors qu'il y a 11 ans la droite avait fini par obtenir l'abolition du droit des pauvres sur les spectacles, ce qui avait débouché sur une baisse provisoire de 2.- du billet de cinéma (qui était passé de... 16.- à 14.-! avant de remonter continûment jusqu'à aujourd'hui), les kiosquiers, et avant tout la multinationale quasi-monopolistique qui contrôle l'écrasante majorité des kiosques genevois, ont commandé aux partis bourgeois une loi achevant ce qui restait du droit des pauvres, à savoir une taxe de 13 % sur les loteries et tombolas.

Lire la suite

20/11/2011

C'est vert, mais juste... n'importe quoi

Séance du Grand Conseil mémorable, vendredi soir.

Les députés étaient saisis du PL 10679, qui, pour faire rapide, dans le but d'uniformiser (pouah...!) et d'autonomiser (re-pouah...!) la gouvernance des intitutions de droit public (SIG, AIG, HUG,...), consistait principalement à supprimer une part importante du contrôle politique sur celles-ci et à composer leurs conseils d'administration de technocrates cooptés plutôt que d'élus du peuple. (Plus de détails dans les 417 pages des rapports de la commision législative).

Le cocktail était donc parfait que le show du MCG se déroulât et l'on ne fut pas déçu:


Eric Stauffer a parfaitement tenu son rôle de bouffon en utilisant jusqu'à la corde toutes les astuces du règlement lui permettant de causer lorsque chacun souhaitait qu'il se tût et Mauro Poggia, en fin pince-sans-rire, alla jusqu'à proposer un bouleversement complet de l'ordre des articles pour qu'on traitât l'amendement qu'il jugeait le plus capital en premier. Comme il se doit, la tension monta, comme il se doit, quelques députés perdirent les nerfs (dont un PDC incapable de faire la différence entre le sens littéral et figuré qui alla jusqu'à demander du président qu'il fît arrêter le conducator du MCG), et diverses motions d'ordre aboutirent à un long monologue du président, ponctué de votes sans débat.

Tout le monde rentra content: Le MCG avait pu démontrer qu'on le muselait et la majorité passer son texte tel quel et aller se coucher avant l'aube...

Sauf que...

... pour une fois, une partie importante des amendements proposés par le MCG et leurs alliés de circonstance, le PS, auraient mérité un vrai débat. En effet, il est assez hallucinant de voir un parlement se démettre avec autant d'aveuglement de ses pouvoirs, surtout lorsque l'on connaît les abus auxquels peuvent conduire un trop forte autonomie des établissements de droit public (salaires indécents, hiérarchisation inutile, politique du personnel vexatoire,...).

Si l'on pouvait s'attendre à ce que la majorité de droite refuse par principe et sans réfléchir tous les amendements proposés par le PS et le MCG, l'attitude de la députation verte m'a semblé choquante. Non seulement, elle a systématiquement voté contre tous les amendements, même les plus modérés et, au fond, les plus logiques, mais surtout, une part importante de ses députés se sont conduits comme de vrais gamins, interrompant et raillant bruyamment les orateurs qui défendaient, parfois avec des arguments plus que convaincants, leur amendements. En revanche aucun Vert n'a osé prendre la parole pour défendre clairement son point de vue.

Décidément, il faut croire que se retrouver dans la majorité, quelles que soient ses idées, rend certains grossiers, intolérants et arrogants.

On remarquera d'ailleurs que le seul à avoir sans contestation possible enfreint le règlement du Grand Conseil, n'est pas E. Stauffer, mais bien C. Bavarel qu'on a connu bien mieux inspiré, lorsqu'il s'est lancé dans un piètre numéro de cabotinage s'adressant explicitement aux téléspectateurs de Léman Bleu, ce qui est proscrit par l'article 70, al.2.

Au milieu de ce marigot surnageaient vaillamment:
- Loly Bolay et Roger Deneys qui ont calmement défendu leurs points de vue, sans démagogie, en ne s'éloignant jamais du sujet traité.
- Pierre Losio, qui rêvait sans doute d'entamer sa présidence du Grand Conseil de façon plus sereine, mais qui a toujours compensé ses quelques lacunes techniques (juridiques et microphoniques...) par une volonté inflexible de traiter les députés de façon équitable, qui a osé remettre à l'ordre son propre groupe, qui a calmé son bureau qui devenait nerveux et a su, par une suspension de séance bien placée et une reprise ménageant un petit suspense, calmer le jeu.

Hommage à ces trois qui ont déjà un place au chaud sur mon prochain bulletin de vote !

11/11/2011

Eoliennes: Silence, on tourne !

J'ai découvert avec beaucoup d'intérêt le billet "Les éoliennes, une opportunité pour notre pays" qu'Isabelle Chevalley a publié lundi dernier sur Politblog. Dans ce texte, la seule élue romande des Verts libéraux défend avec conviction le bilan des éoliennes: un rendement incomparablement supérieur aux autreeolienne1.jpgs "nouvelles énergies renouvelables", en particulier le photovoltaïque, et des nuisances minimes que les riverains exagèrent sans vraie raison.

Rien à redire à la démonstration: les données techniques sont entièrement vérifiables et ses appréciations esthétiques correspondent grosso modo aux miennes. J'ai toujours trouvé ces hélices plutôt belles et je n'ai jamais été incommodé par leur bruit dans tous les sites que j'ai visités, du Mont-Crosin au Danemark, en passant par le Péloponnèse et l'Andalousie.

Cependant, l'intérêt de ce billet réside également dans la question qu'il ne traite pas, et qui, pourtant, me semble essentielle:

A quoi servent ces éoliennes ?

Les distraits répondront que la réponse est tellement évidente qu'il ne vaut pas la peine de l'évoquer: La construction d'éoliennes sert à augmenter la part d'énergie renouvelable et donc à se défaire progressivement de notre dépendance aux énergies fossiles et nucléaire.

Malheureusement, un examen attentif des chiffres publiés par l'OFEN (Office Fédéral de l'Énergie) démontre que l'on est loin du compte. En effet, si la quantité  d'électricité éolienne produite en Suisse explose ces dernières années (Elle passe de 8 à 37 GWh entre 2005 et 2010 !), elle ne contribue en rien à la diminution de la production nucléaire (qui elle passe de 22'020 GWh à 25'205 GWh pendant la même période). Rappelons que la nature ne reconnaît que les valeurs absolues et qu'il est donc parfaitement inutile de faire croître la production éolienne de 29 GWh, si l'on augmenteConsoCH.jpg la production nucléaire de 3'185 GWh dans le même temps...

Deux conclusions à ces réflexions:

- Il ne sert à rien de défendre la construction d'éoliennes sans plan précis d'économie d'énergie. Actuellement les autorités se contentent de faire part de leurs intentions (sortie du nucléaire, société à 2000 W), d'autant plus nobles qu'elles sont à long terme. Cependant, dès qu'il s'agit de prendre des mesures concrètes, les partis bourgeois mettent leur veto, le dernier exemple étant le refus du parlement de soumettre à la taxe sur le CO2 les carburants, dont la consommation continue pourtant toujours à augmenter, contrairement aux combustibles qui, eux sont taxés.

Nous allons manquer notre rendez-vous avec les objectifs de Kyoto (contrairement aux États-Unis du président Bush qui avait au moins eu l'honnêteté d'affirmer qu'il ne chercherait pas à les atteindre), il nous faut rapidement déterminer comment limiter notre consommation si l'on ne veut pas que les promesses de sortie du nucléaire s'enlisent.

- Si j'ai de la peine à comprendre l'argumentaire de ceux qui s'opposent aux éoliennes, il n'en reste pas moins que je comprends parfaitement leur refus de voir la Suisse des centres loucher sur les ressources des périphéries, dans un contexte où ces mêmes périphéries subissent de plein fouet la politique (démantèlement des services postaux, des transports publics, fermetures des hôpitaux, etc.) imposée avec arrogance par les ultra-libéraux des métropoles (puisque le terme semble à la mode...) . Toute proportion gardée, leur situation me rappelle une réflexion d'un ami qui, sans rire, se demandait pourquoi les Japonais n'avaient pas délocalisé leurs centrales nucléaires dans des pays pauvres sans risque sismique, ce qui aurait été profitable aux deux parties.

Pour surpasser ces blocages, il faudrait donc que les chambres se positionnent clairement et rapidement sur ces deux aspects. J'ose espérer que les nouveaux élus vert pâle auront le courage d'aller au-delà des effets d'annonce et n'hésiteront pas à se mettre en travers des milieux économiques lorsqu'il faudra imposer de vraies mesures d'économie d'énergie et de soutien aux périphéries...

 

07/11/2011

Poste® servicem publicum, luxe !

poste.JPGDélicieuse surprise ce matin dans ma boîte aux lettres: Deux pots de confiture et une jolie cuillère en inox offerts par La Poste.

"Chouette !, me suis-je aussitôt dit, Par ce gentil cadeau, le géant jaune doit sans doute informer les citoyen-ne-s de ma commune qu'il est revenu sur sa décision de fermer l'office postal local le 31 décembre prochain et, pour marquer son attachement au monde rural, il a choisi ces sympathiques produits du terroir".

La lecture de la carte accompagnant le présent m'a fait déchanter. Il s'agit uniquement de me remercier de ma "confiance" comme détenteur de compte. En effet, m'étant longtemps refusé à ouvrir un compte en banque, la majeure partie de mes avoirs sont à la Poste. Ils constituent une somme suffisamment rondelette pour que, comme n'importe quel vulgaire institut bancaire léchant les bottes de ses clients, Postfinance me juge digne de recevoir son petit cadeau...

Quatre conclusions:

- Progressivement, la Poste trahit sa vocation de service public universel. En fermant progressivement ses bureaux, elle contribue à la polarisation géographique excessive de la Suisse. En confiant ses services à des tiers (entreprises locales, administration communale), elle externalise ses risques et diminue la confiance qu'on pouvait lui accorder. Si j'acceptais volontiers que l'employée postale professionnelle ait accès aux informations sur mes comptes, en sera-t-il de même avec l'épicier ou le kiosquier?

- L'argument systématiquement invoqué pour fermer les bureaux est celui de leur faible rentabilité. Voilà une démonstration de plus de l'incohérence de ceux qui traduisent tout en valeur monétaire. Comment évaluer le service inestimable rendu par l'ubiquité d'une entreprise? La plupart des détenteurs de comptes les gardent précisément car ils savent qu'ils peuvent trouver partout des services postaux. A titre personnel, si cette dérive devait perdurer, je clorais mes comptes lorsque le réseau postal ne sera pas plus étendu que celui des Raiffeisen.

- Les dirigeants de Postfinance, avides de transformer ce service en Banque Postale sur le modèle du privé singent maladroitement leurs idoles. En offrant des joujoux vaguement luxueux aux nantis et en taxant les comptes des démunis (plus de CCP gratuit à la Poste depuis quelques années, sauf si vous êtes riches !), ils croient obtenir la satisfaction des premiers, alors qu'ils ne reçoivent que le mépris des seconds.

- L'initiative "Pour une Poste forte" a été déposée l'année passée. Elle passera dans quelques mois (années ?) en votation. Sans doute est-ce un peu tôt pour faire campagne... mais rappelez-vous de voter OUI lorsqu'on vous posera la question.

03/11/2011

Un géant au 2e pilier d'argile

Des syndicats qui exigent des placements boursiers plus risqués et des rendements plus élevés, des patrons qui viennent gémir que la bourse ne rapporte guère plus que le Tribolo. A force de tourner autour du 2e pilier, on finit par confondre la gauche avec la droite...tribolo.jpg

Réglons rapidement le sort des assureurs et leurs alliés habituels des milieux patronaux. En bons requins, ils se battent jusqu'à la moindre poussière de pourcent pour accroître leurs bénéfices. Après tout, ce n'est pas le sort de leurs assurés, mais celui de leur assurance, et donc de leurs actionnaires qui les motive. Leur souci de cohérence étant occulté par leur avidité, il ne faut donc pas s'étonner qu'ils crachent dans la soupe qui les nourrit - la bourse. On fera mine de s'étonner de constater que le Conseil Fédéral semble acquis à leur cause, puisqu'il a décidé hier de baisser le taux de rendement des capitaux LPP, sans voie de recours possible.

La position de certains milieux de gauche, notamment des syndicats, apparaît nettement moins compréhensible. Comment s'indigner sérieusement d'un rendement de 1,5%, alors que le taux obligataire des emprunts fédéraux n'atteint pas même 1% ? Est-ce à dire que les syndicats souhaitent que les caisses de pension placent l'argent des travailleurs sur les marchés d'actions les plus risqués (ou pire encore, en produits dérivés si chers à notre ministre des Phynances) ? Veulent-ils que ces capitaux soient prêtés aux Etats en semi-faillite à des taux usuraires ? Désirent-ils que les locataires des immeubles appartenant à nos caisses de pension soient pressés comme des citrons ?

 

Lire la suite