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31/01/2012

Soyons libéraux: Taxons les multinationales !

Assez surpris d'apprendre ce matin que François Longchamp et David Hiler s'attaquent aux initiatives fiscales déposées par le PS hier. Non que je crusse encore que ces magistrats (et en particulier celui censé représenter les Verts) se soucient de morale (pourquoi les riches devraient-ils payer moins que le citoyen lambda ?) ou d'enjeux sociaux ou environnementaux (J'ai d'ailleurs déjà écrit quelque chose au sujet des bienfaits des multinationales...).

Non, ce qui m'étonne, c'est que ces deux libéraux bon teint se refusent à mettre en application leurs propres principes.

Explication: Dans une logique libérale, une entreprise (et l'État en est une, dans l'esprit de ces bonnes gens) se fixe pour but de vendre au plus haut prix ses biens ou services. Si elle se trouve en rupture de stock, c'est qu'elle a sous-évalué le prix qu'elle pouvait exiger de sa clientèle.

L'entreprise-Genève est actuellement étouffée par une croissance économique qu'elle ne peut maîtriser. Elle est en rupture de stock de logements, d'espace, de solutions de transport. Cela est dü au fait que des personnes physiques et morales profitent des prix trop bas que la République leur propose pour ses services et ses agréments.

Pas de scrupules ! Faisons jouer l'offre et la demande ! Soyons libéraux: Taxons les multinationales !

29/01/2012

Plus fort que le bonneteau: L'épargne-logement

«Approchez, Mesdames et Messieurs, tout le monde peut gagner! Et une, et deux...un petit coup à gauche, un petit coup à droite, et... votre argent a 800px-Three_Card_Monte.jpgdisparu dans la poches de mes copains...!»

Scène de bonneteau ? Non, campagne électorale pour l'épargne-logement. Admettons d'emblée que la comparaison est excessive. En effet, les sommes en jeu sont bien plus importantes dans l'épargne-logement et, si l'on peut reconnaître un vague talent de prestidigitation aux
racailles à la petite semaine qui arnaquent les gogos sur les quais, les ficelles utilisées par les milieux immobiliers et bancaires sont bien plus faciles à repérer, au point que l'on se demande si la fixation sur le bonneteau des milieux qui précisément défendent les prochaines initiatives sur l'épargne-logement (le 11 mars et le 17 juin) ne relève pas plus de la crainte de la concurrence que du délire sécuritaire.

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21/01/2012

Travaillons moins pour vivre mieux !

"N'oublions pas que, dans la mesure où les hommes veulent jouir des biens de l'existence, il faut les engager à des efforts sans lesquels nul ne peut subsister." En français contemporain, cela se traduit par: "Plus tu bosses, plus tu profites dposter-fr.pnge la vie."

Comme nous allons être gavés de ce genre d'oxymore au cours de la campagne sur l'initiative "6 semaines de vacances pour tous", il convient immédiatement de préciser que le passage cité plus haut date de 1858 et milite contre un loi limitant à 12 heures par jour le temps de travail des enfants zurichois. A ma connaissance, la loi a néanmoins été votée et Zurich n'a pas sombré dans la misère...

Les opposants aux améliorations des conditions de travail manient donc sans vergogne depuis plus de 150 ans les mêmes sophismes, mélanges d'hypocrisie, de malhonnêteté intellectuelle et de condescendance.

- Hypocrisie ? "6 semaines de vacances, cela nuirait à la productivité et rejaillirait sur les salaires les plus bas", clament-ils, soudain émus par les misérables conditions réservées aux moins bien lotis ! S'il y avait une once de bonne foi dans ce discours, les milieux patronaux s'empresseraient de militer pour la réduction des écarts salariaux dans les CCT et pour l'initiative 1:12 de la jeunesse socialiste. Ce n'est pas le cas ? Tiens ?
Et que dire de tous ces cadres qui profitent d'une 6ème ou 7ème semaine de vacances en expliquant que ce n'est pas raisonnable de traiter de la même façon les humbles ?
En 1858, on pro
posait exactement le même argument : "Et qu'en résultera-t-il pour les parents de ces enfants ? Ils obtiendront un salaire moins élevé ..."

-
Malhonnêteté intellectuelle ? "Travaillez, travaillez, sans quoi vous ne pourrez pas profiter de consommer !" En substituant la consommation au bonheur, les milieux patronaux gagnent sur deux tableaux
, puisqu'ils incitent leurs employés tout à la fois à voter contre leurs vrais intérêt - à savoir profiter des quelques décennies que la vie nous accorde dans ce bas monde - et à acheter les babioles et les services inutiles qu'ils sont contraints d'écouler à grand renfort de publicité, sous peine de voir leur entreprise plonger.
"On va décidément trop loin. Pendant des années, nos enfants ont travaillé 14 heures par jour dans les fabriques d'ici ... et cela ne les a pas empêchés non seulement de rester en bonne santé, mais encore de croître en stature et en vig
travail.jpgueur", disait-on en 1858 !


- Condescendance ? En filigrane de ces discours, se trouve systématiquement la
vieille idée qu'il vaut mieux une population docile et accablée de travail (ou de niaiseries télévisuelles), qu'un peuple qui se donne le temps d'échanger, de discuter et de réfléchir à sa condition. En 1858, on disait: "Ainsi la loi veut encore réduire la journée de travail dans les fabriques; mais que feront-ils de leur temps libre, sinon des sottises ?", en 2012 on dit: "Travailler sans réfléchir, cela vaut mieux pour son bonheur que l'inverse !" C'est évidemment faux !

On pourrait encore parler de la répartition des gains de productivité, de l'inégalité croissante de revenus entre les rentiers et les travailleurs, des ravages sociaux et économiques d'un monde du travail destructeur, des réformes économiques à entreprendre d'urgence, des conséquences écologiques d'une société consumériste, mais comme je redoute de vous faire arriver en retard au bureau, je résume:


Le 11 mars, votons tous OUI à l'initiative "6 semaines de vacances pour tous" !

12/01/2012

Vive le gaz de schiste de proximité ?

2012 risque fort d'êtgaz.jpgre l'année du gaz. Depuis plusieurs années, la consommation de ce volatile hydrocarbure croît continûment. Sans doute est-ce dû à ses inconstestables vertus (pour peu qu'on le compare aux autres énergies fossiles) mais aussi à une campagne à la limite de l'honnêteté des milieux gaziers qui usent et abusent de l'adjectif "naturel" (L'usage courant veut en effet qu'on nomme "gaz naturel" le méthane, mais, après tout, le pétrole, comme le charbon mériteraient autant d'être appelés "naturels" !), joint à une jolie feuille verte censée nous faire croire que la consommation de gaz protège l'environnement...

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10/01/2012

Vraiment laïque, l'école genevoise ?

Au début de chaque année civile, les parents d'élèves genevois-es sont prié-e-s de vérifier la formule BDS-DIP, terme jargonnant désignant la fiche de leur enfant dans la base de données scolaire. Les vieilles habitudes occultant les questions qui peuvent fâcher, plus grand monde ne se formalise de voir, parmi les champs à remplir, la mention de la religion du gosse concerné (voir illustration...).

Pourtant, à ma connaissance - et je m'exprime ici avec la double casquette de père d'élève et d'enseigant :

- La religion d'un élève n'a, je l'espère, BDS2.jpgaucun impact sur l'enseignement qui lui est prodigué, sur ses chances de réussite ou sur les décisions d'orientation le concernant.

- Dans un État laïc, les choix religieux des citoyen-ne-s appartiennent strictement à la sphère privée. Il est donc très malvenu de leur demander de rendre publics leur appartenance religieuse ou leur athéisme. Pour mémoire, ce sujet a été une des pierres d'achoppement entre une Grèce aux relents cléricaux et revanchards anti-turcs qui voulait maintenir l'appartenance religieuse sur les papiers d'identité hellènes, et l'Union Européenne qui le lui refusait. Par ailleurs, même si ce n'est à ma connaissance pas le cas en Suisse, plusieurs États européens interdisent aux employeurs de s'enquérir de la religion de leurs employés.

- La Loi fédérale sur la protection des données
(art. 4) pose comme principe que la finalité du recueil des données doit être communiquée à la personne concernée. Ces données doivent donc être clairement utiles. De plus, l' art. 3 classe la religion parmi les "données sensibles", au même titre que les opinions politiques, syndicale ou la "race". Autrement dit, demander aux parents d'indiquer la religion de leur enfant équivaut à s'enquérir de leur dernier vote ou de la couleur de leur peau.

- La plupart des religions, même les plus obtuses, reconnaissent que l'enfant ne peut légitimement choisir sa religion - et donc procéder au rite de passage ad hoc, que ce soit la communion, la bar (ou bat) mitsva ou  autre rumspringa - qu'à un âge nettement supérieur à celui de l'entrée à l'école. Le raccourci consistant à attribuer de facto la religion d'un parent à l'enfant est donc éthiquement très discutable et participe au renforcement de la reproduction sociale génération après génération que l'école devrait au contraire combattre.

Les maîtres et les directions pouvant au mieux ne rien faire de cette information (et au pire, je n'ose pas y penser...), je ne comprends pas pourquoi le DIP continue à la collecter. A ma connaissance, l'année passée, le bureau de la FAMCO avait transmis ma demande de suppression au département, qui avait été reçue favorablement, mais manifestement sans aucun effet. C'est pourquoi je me permets à nouveau de demander la suppression de la BDS la mention de la religion des élèves.

09:02 Publié dans Ecole | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : laïcité, école |  Facebook | |