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01/03/2012

Weltwoche: Faut-il raviver le GSsSA ?

Au début des années 90, suite à différents scrutins cruels pour les Romands, un très cher camarade d'études - devenu depuis journaliste renommé - proposait de créer le GSsSA, à savoir le Groupement pour une Suisse sans Suisse-Allemande.

Cette boutade m'est revenue dès que j'ai pris connaissance de la une de la Weltwoche accablant grossièrement les Welsches de toutes les tares au point de les assimiler aux Grecs.

Au-delà du fait que personne ne s'émeuve de ce mépris latent envers le peuple grec, qui souffre au quotidien des décisions aberrantes prises par ses prétendus sauveurs, ce dossier tombe à point nommé pour rappeler quelques évidences:

- Dans un "nation civique", dont l'existence ne tient qu'à la volonté de ses membres de coexister, il n'est pas inutile de se poser wwoche.jpegpériodiquement la question du sens de cette coexistence. Bien évidemment, l'approche provocatrice de la une de la Weltwoche ne laisse pas augurer d'un dossier de grande qualité (Je ne l'ai pas lu, répugnant à financer ce torchon et m'interdisant de le voler...). Il n'empêche que c'est souvent lors des scènes de ménage y compris les plus idiotes que ressort ce qui doit être dit, que ce soit la prémice d'une séparation ou d'une réconciliation durable.

- La notion de "Romands" utilisée par le magazine est très vague et ne recouvre aucune réalité ni économique, ni politique, ni historique. Le désir de provocation prend manifestement le pas sur celui de l'analyse sérieuse.

On peut imaginer qu'une partie des cantons de Suisse centrale et orientale souhaite faire sécession, exaspérée par l'oisive générosité du reste de la population. Ceux-ci disposent des outils légaux pour le faire et, s'ils le souhaitent, je serai le dernier à m'y opposer.

Cependant, il convient de ne pas inverser les rôles: ils n'exclueraient pas les Romands de la Suisse, ils s'en exclueraient eux-mêmes. Je m'explique: Les tentatives de créer un sentiment national au XIXe siècle ont mythifié l'histoire naïve d'une Urschweiz montagnarde, fière et rebelle au point que l'on croit encore que notre pays a été fondé en 1291 et que les Romands sont tout au plus une pièce rapportée d'une contrée dont l'essentiel se situe entre les Schöllenen et le lac d'Ägeri.

C'est faux.

Notre Suisse, notre État fédéral, a été créé en 1848 par des radicaux urbains qui ont eu l'intelligence de donner de larges pouvoirs aux conservateurs des régions périphériques. Presque tout ce qui symbolise la Suisse moderne (la Croix-Rouge, les montres, le franc, Dufour, le chocolat, Guisan, de nombreuses banques, les CFF, la Coop ...) a vu le jour à l'ouest de l'Aar. Nous n'avons donc aucune raison de croire que nous, Bernois, Valaisans, Genevois, Zurichois, Bâlois ou Neuchâtelois, sommes moins suisses que les Uranais ou les Schwytzois.

Si la Weltwoche veut quitter la Suisse, qu'elle s'en aille et restons entre gens de bonne compagnie !

Commentaires

D'autant plus que fondamentalement, les cantons en question vivent de l'aumône fédérale dont il se trouve que Genève et Vaud sont parmi les plus gros contributeurs.

Écrit par : P'tit Suisse | 02/03/2012

La vérité fait toujours mal à entendre. Sans les alémaniques la romandie serait au mieux une succursale de la France.

Écrit par : Paul | 02/03/2012

Die Weltwoche un journal aussi nocif que l'UDC. Bien sûr, son rédacteur en chef Köppel est l'ami intime de Blocher, lequel a naturellement du flouse dans ce médiat si destructif. Je suis d'avis que les Romands et surtout les médiats devraient intenter un procès contre ce journal diffamatoir!

Écrit par : Martial kohler | 02/03/2012

Pardon, mais pourquoi donc les Romands devraient-ils se sentir injurés d'être comparés aux Grecs ? C'est devenu tendance d'humilier les Grecs et la Grèce dans ce monde cupide où seul le fric compte. Pour moi, la Grèce sera à jamais le berceau de notre magnifique civilisation occidentale. Encore aujourd'hui je ressens l'émotion que j'éprouvais lorsque - jeune-fille - je découvrais les classiques, les monuments, la mythologie, la philosophie hellènes. Qu'ont-ils à aligner les copains de la Weltwoche à côté de tant de beauté ? Et ce ne sont pas leurs hideux dialectes, qui m'écorchent les oreilles chaque fois que dans un transport public je suis obligée de subir leurs aboiements, qui vont me faire changer d'avis. Voilà, moi aussi je peux être désagréable si on me cherche ! Vive les Romands et vive les Grecs.

Écrit par : Clémentine des Grottes | 03/03/2012

En même temps, il ne s'agit que de la Weltwoche; l'un de ses torchons qui a remplacé la plume par le râteau à lecteurs simples, il n'y a derrière cet article comme dans le reste du contenu du journal rien hormis une petite odeur d'oignons et de vielles chaussettes. Il est loin le monde du journalisme qui demandait un instant de réflexion, si la Weltwoche sort un article sur ce genre de sujet c'est uniquement parce que miss Suisse ne s'est pas ruiné un ongle, que le prix du beurre à Zug n'a pas changé ces derniers jours ou qu'il a fait beau à Zurich mais modérément.

Écrit par : Jerome Kunz | 04/03/2012

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