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07/05/2012

5 bonnes raisons de soutenir la grève de la fonction publique du jeudi 10 mai (chapitre 1)

Les syndicats l'ont annoncé, les parents d'élèves ont reçu l'information, la fonction publique a lancé un mot d'ordre de grève pour l'après-midi de jeudi prochain.

Ce mini-mouvement (pudiquement appelé « débrayage » ou même « après-midi de discussion ») risque d'être pourtant l'objet de telles médisances d'une partie du public et des médias que de nombreux agents de la fonction publique hésiteraient à y participer.

Et pourtant, les enjeux sont colossaux !

Ne nous y trompons pas. Il ne s'agit pas (que) de défendre des acquis ou des positions favorables au revenu ou au bien-être des fonctionnaires. Non ! De cet embryon de lutte se dégagent cinq questions fondamentales dont les réponses devraient nous inciter à rejoindre ou à soutenir ce mouvement. Aujourd'hui, nous traitons de deux de ces questions et réservons les suivantes pour les prochains jours !


1. Voulons-nous une société plus inégale ?

Les inégalités salariales explosent, personne ne l'ignore. Ce que l'on sait moins, c'est que l'État de Genève suit également cette néfaste tendance. D'un côté, il accorde désormais des quatorzièmes salaires aux plus hauts cadres, d'un autre, il sous-traite de plus en plus fréquemment les tâches les moins valorisées, ce qui conduit évidemment à un effondrement des conditions sociales des nettoyeurs d'école, cuisiniers de cafétéria et autres conducteurs de poids lourds remplissant des missions de service public.

De plus, un démarche de reclassification des fonctions – au nom percutant de SCORE – est menée dans la plus grande opacité par un cabinet privé travaillant pour le Département des Finances. Il est malheureusement fort probable que ses conclusions conduiront à l'élargissement des grilles salariales, au grand profit des cadres supérieurs.

Dans le plan de prestations de la nouvelle Caisse de Pension imposé par le Conseil d'État le printemps passé - et sans doute retravaillé bientôt en défaveur des assurés - ce sont les rentes d'invalides et d'orphelins qui subissent les plus fortes dépréciations... encore une attaque envers les plus faibles !

Faire la grève, c'est dire NON à l'accroissement des inégalités entre vous et les autres!

 

2. Quelle solidarité inter-générationnelle voulons-nous ?

Financement des caisses de retraites, modification des barèmes salariaux,... ces questions ne concernent – et de loin – pas que la fonction publique. En général, par souci de paix sociale, le poids des « réformes » est porté essentiellement (si ce n'est uniquement) sur les jeunes générations.

L'État, dans sa réforme des annuités et dans ses projets de plan de prestation de sa future Caisse de Pension, fait le choix de préserver les anciens et de faire subir tous les dommages aux nouveaux engagés.

De ce fait, on crée progressivement un monde à deux vitesses: celle, encore confortable, des (futurs-)retraités qui, fréquemment, jouissent de conditions de vie bien meilleures que leurs enfants, cas sans précédent dans notre histoire et celle des jeunes adultes, contraints d'accepter des conditions infiniment moins favorables. Si l'on veut éviter des conflits inter-générationnels, nous serions bien inspirés de les anticiper en veillant à l'équité sociale des réformes, c'est-à-dire en les finançant essentiellement sur les plus hauts revenus, plutôt que sur celui des plus jeunes...

Faire la grève, c'est dire NON à l'accroissement des inégalités entre les générations !

La suite demain et après-demain !

Commentaires

Les derniers employés d'Etat qui ont fait grève c'était nos gendarmes durant 45 minutes, ils ont eu une retenue sur salaire comme le prévoit la fiche MIOPE de l'OPE, et doivent encore subir une ouverture de procédure disciplinaire en vue d'une mesure organisationnelle .... Reconnaissance de la grève mais sanction ... Elle est pas belle la démocratie à deux vitesses !

Bonne grève à la fonction publique en ce 10 mai 2012 !

Écrit par : Jean Peuplu | 07/05/2012

Décidemment ce sont toujours les plus nantis de la fonction publique, à savoir
les enseignants, qui sont les premiers à déclancher un mouvement de grève.
Lourd héritage des 24 ans de règne d'un célèbre socialiste à la tête du DIP,
perpétué ensuite par un autre membre du même parti au même poste.
Ce sont des "gauchisants" qui enseignent à nos enfants depuis des lustres
avec les résultats que l'on connaît. Ceux-là mêmes, càd les "gauchisants" qui ne se remettent bien évidemment jamais en question.

Écrit par : bidouille | 08/05/2012

Ouaiiiiiis! Notre gagnant du jour! "bidouille"!
Encore un qui au lieu de réfléchir préfère parler de la gauche... et du passé au lieu de penser avenir... la preuve

"ce sont les rentes d'invalides et d'orphelins qui subissent les plus fortes dépréciations"

Effectivement on a la droite la plus bête du monde. Cela dit les enseignants à gauche...c'est un cliché qui est en passe de ne plus être vrai tout comme la sécurité de la fonction de fonctionnaire.

Cher ami continuez à combattre la gauche si vous voulez. Chacun ses moulins à vent. Mais de grâce ne critiquez jamais l'abondance de petits chefs au sein de la fonction publique, qui souvent ne servent à rien. Continuons gentiment la politique des petits copains.

Je constate finalement que personne ne se remet en question autant à droite qu'à gauche. En 30 ans entre les deux je n'ai pas vu d'amélioration...
le bon sens lui n'est ni de gauche ni de droite et ça définitivement.

Écrit par : plume noire | 08/05/2012

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