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09/05/2012

5 excellentes raisons de soutenir la grève de la fonction publique du jeudi 10 mai (chapitre 3)

Les syndicats l'ont annoncé, les parents d'élèves ont reçu l'information, la fonction publique a lancé un mot d'ordre de grève pour l'après-midi de jeudi prochain.

Ce mini-mouvement (pudiquement appelé « débrayage » ou même « après-midi de discussion ») risque d'être pourtant l'objet de telles médisances d'une partie du public et des médias que de nombreux agents de la fonction publique hésiteraient à y participer.

Et pourtant, les enjeux sont colossaux !

Ne nous y trompons pas. Il ne s'agit pas (que) de défendre des acquis ou des positions favorables au revenu ou au bien-être des fonctionnaires. Non ! De cet embryon de lutte se dégagent cinq questions fondamentales dont les réponses devraient nous inciter à rejoindre ou à soutenir ce mouvement. Après avoir traité des quatre premières questions ( et ), nous nous attaquons à la cinquième:


5. Quel type de retraites voulons-nous ?

J'ai déjà traité ici et de la situation tragiquement rocambolesque dans laquelle se trouve la caisse de pensions de la fonction publique - joliment nommée CIA. En résumé, un trou causé par le changement absurde de la législation fédérale s'accroît à mesure que les rendements sur son capital diminuent. Aujourd'hui, il est de 1200 millions, demain, il aura peut-être doublé !

Qui doit payer ?

La Confédération ?, dont l'incurie politique est la cause de ce fiasco comptable. Solution séduisante, certes, mais totalement irréaliste du point de vue politique.

Les fonctionnaires ? Cela serait politiquement commode et nourrirait la verve anti-fonction publique de certains orateurs de comptoir aux penchants droitiers. Mais, du point de vue économique, rien ne justifie de faire passer les cotisants deux fois à la caisse, puisqu'ils financent déjà la part de répartition de leur aînés tout en accumulant leur part de capitalisation.

Les retraités ? Après tout, dans une logique capitaliste, ce sont eux qui n'ont pas « assez cotisé » pour assurer leur retraite... Oui, mais ils ont aussi contribué à payer celle de leurs aînés. De plus, on imagine mal Hiler aller piocher dans le bas de laine des octogénaires...

Le canton ? Demander au contribuable de combler un trou qui risque bien de s'agrandir continûment n'est évidemment pas chose aisée. Mais, d'un point de vue libéral, on peut aussi considérer que, en optant pour un système à capitalisation partielle, l'État a économisé plusieurs milliards, qu'il a réinvestis dans des travaux fort coûteux, s'endettant ainsi sur le dos des retraites de la fonction publique. De ce point de vue, le moins illogique est bien d'exiger de l'État le remboursement de ces sommes.

Quoi qu'il en soit, il faudra toujours rappeler que, sans troisième cotisant (=les rendements sur les actifs), les retraites par capitalisation ne valent pas pipette et que, au vu des noirs nuages économiques et financiers qui s'amoncellent, nous serions bien inspirés de basculer progressivement vers un système de retraite par répartition plutôt que l'inverse.

Faire la grève, c'est dire NON à un système de retraites qui investit nos économies sans nous demander notre avis dans des placements aussi peu équitables que rentables.


Alors... rendez-vous aux canons, ce jeudi à 15h30, pour demander au Grand Conseil et au Conseil d'État des engagements fermes et cohérents pour assurer l'avenir d'une fonction publique qui profite à toutes et tous !

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