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12/09/2012

Retraites: Les grandes fontaines abreuvent-elles mieux ?

Fontaine vide.JPGUne chaleur torride, un soleil de plomb et un chemin de randonnée poussiéreux...  Enfin, à l'horizon, une belle et grande fontaine. Las, en vous approchant, vous réalisez que l'eau s'échappe goutte à goutte du goulot et ne suffira jamais à désaltérer les assoiffés de votre groupe.

Un peu plus loin heureusement, un vulgaire robinet sans aucun bassin étanchera vos soifs et vous évitera la dessication définitive.

Vous l'aurez compris, ces images représentent le système de retraites par capitalisation (le bassin de la fontaine) et par répartition (où l'on s'abreuve directement au goulot) et, partant, vous conviendrez que ce qui compte, pour que le système fonctionne, ce n'est fontaine-Wallace1.JPGpas la taille du bassin, mais un débit d'eau proportionné à la soif des randonneurs.

Les tenants de la capitalisation arguent que les grands bassins bénéficient d'apports supplémentaires sous forme de pluie (en l'occurence les rendements sur le capital), leurs adversaires leur rappellent que les bassins courent le risque de se fissurer et de voir leur contenu disparaître dans la nature (sous forme de pertes boursières ou d'inflation, la CIA a perdu ainsi la bagatelle de 1'000'000'000 de francs en 2008...).

Quelle que soit votre position sur la question, la suite devrait vous troubler...


Imaginons maintenant que la commune propriétaire de la fontaine s'aperçoive que le débit est devenu insuffisant pour désalterer les randonneurs, de plus en plus nombreux, dans un contexte où les pluies se font de plus en plus rares.

Quelle mesures sensées pourrait-on proposer ?

On conviendra sans peine qu'il s'agit d'adapter le débit (les cotisations) ou éventuellement la soif ou le nombre des randonneurs (les rentes ou l'âge d'entrée en retraite)...

Et voilà que nos autorités fédérales, confrontées précisément au même problème (les rendements chutent au moment où le déséquilibre cotisations/rentes s'accroît) ont estimé que la solution la plus urgente était... d'agrandir le bassin (c'est à dire d'augmenter le taux de couverture des caisses publiques). Et donc de faire augmenter le débit du goulot de façon démesurée, sans pour autant étancher la soif de plus en plus ardente des nombreux promeneurs.

Aberration ? Certes... En tout cas, personne n'a pu m'expliquer clairement le sens de cette mesure, même lorsque j'ai récemment interpelé les députés genevois qui l'avaient votée à Berne.

Maintenant que ce principe absurde a été adopté, il s'agit de savoir qui financera les travaux. Et là, on se retrouve confronté aux tenants de l'agrandissement du bassin qui expliquent désormais que c'est principalement aux randonneurs et non aux contribuables de la commune de le payer vu que ce sont les premiers qui profiteront d'un bassin agrandi...

Fadaises, évidemment, qu'il est d'autant plus difficile d'accepter lorsque les randonneurs sont également contribuables et que, de toute façon, ils devront passer deux fois à la caisse pour financer un projet inutile.

Alors, quand Pierre Weiss affirme, des trémolos dans la voix, que les employés de la fonction publique n'ont aucune raison de faire la grève alors que l'État s'apprête à lâcher des milliards dans leur caisse de pension (et, oublie-t-il de mentionner, leur en piquer encore plus sous forme de cotisations, d'années supplémentaires de travail ou de baisses de rente), ses contradicteurs feraient bien de lui rappeler que ce sont ses amis libéraux, PDC, UDC et Verts du parlement fédéral qui sont les principaux responsables de ce qui apparaîtra bientôt, à l'occasion du prochain krach boursier, comme l'un des plus gros gaspillages de deniers publics du canton de Genève.

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