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01/11/2012

L'État auto-assureur, un mythe ?

Demandez à un haut fonctionnaire ou à un député auprès de quelle compagnie l'État de Genève assure ses biens, on vous répondra invariablement qu'il a fait le choix de s'auto-assurer, plutôt que de recourir aux services d'un assureur privé.

J'ai toujours estimé ce choix comme hautement louable, car il me semblait que, vu sa taille, l'État pouvait aisément lisser les différents sinistres affectant ses biens, en provisionnant régulièrement un fonds adéquat permettant d'indemniser les services touchés, tout en évitant les frais engendrés par la rapacité bien connue des assurances privées.

Le fait divers suivant m'a fait déchanter... et réaliser que si l'État s'auto-assure effectivement lorsqu'il s'agit d'absences de son personnel, cette auto-assurance n'existe vraisemblablement que dans les discours lorsqu'il s'agit de biens matériels...


Drize.JPGDans le courant des vacances d'été, le Cycle de Drize s'est fait (à deux reprises !) cambrioler. On pourrait gloser sur la facilité avec laquelle se sont introduits les importuns dans un bâtiment pourtant flambant neuf et se demander si l'on n'entre pas dans nos écoles comme dans un moulin. On objectera que, au contraire d'un moulin dont la vocation est de produire de l'énergie, le Cycle de Drize en gaspille considérablement. Mais ce sera l'objet d'une prochaine note....

Pour faire bref, une trentaine d'ordinateurs à la pomme ont été dérobés. Au vu de leur jeune âge, on peut évaluer le préjudice à 50'000.-

Cette école étant entièrement informatisée (il n'y a plus de tableaux ou de rétro-projecteurs, mais des beamers dans chaque classe), il a fallu urgemment trouver des postes de rechange, que les assistants techniques ont puisés dans le parc déstocké récemment d'un autre cycle. Et désormais, ces antiques bécanes, inadaptées aux logiciels de projections installés dessus tournent péniblement, accumulant les bugs, les documents égarés et les lenteurs nuisant à l'enseignement, illustrant ainsi à merveille la stratégie d'obsolescence programée de leurs concepteurs...

Heureux toutefois que le Service Ecoles-Médias ait trouvé une solution transitoire, les enseignants se sont rapidement demandé dans quels délais l'auto-assurance de l'État remplacerait le matériel volé.

Et c'est à ce moment qu'ils ont appris qu'aucun fonds d'auto-assurance n'existait au niveau de l'État et que c'était aux services lésés de financer le remplacment du matériel sinistré. Aucun lissage possible, l'effet de taille étant annulé par l'absence de solidarité entre les départements et les services...

Et, seconde surprise, au niveau des services - en particulier des services informatiques a priori très sensibles à ce genre d'aléas -  aucun budget n'est prévu pour remplacer du matériel neuf disparu ou endommagé par la fatalité. Il y a donc fort à redouter que le sinistre ne sera pas réglé avant longtemps.

Imprévoyance, déni de réalité, économies de bouts de chandelles ? Il serait heureux que, comme les députés leur ont donné l'occasion de retravailler de fond en comble leur oeuvre, les concepteurs du budget 2013 se penchent sur la question...

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