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28/11/2012

Otages, ô désespoir ! (ou l'Escalade des réactions...)

"Vous prenez les élèves en otages", voilà l'argument désormais incontournable de ceux qui regrettent la décision des enseignants du CO Drize de boycotter les festivités de l'Escalade dans leur Cycle.

On peinera à qualifier l'argument d'original, vu qu'il est systématiquement resservi dès lors qu'un groupe quelconque se manifeste d'une manière quelconque. Ce qui choque surtout c'est l'emploi d'un terme aussi violent, dans un contexte aussi bénin. Pas même besoin de se référer à Hervé Ghesquière, Christian Chesnot ou Ingrid Betencourt, la seule évocation de Max Göldi et Rachid Hamdani suffira à nous représenter l'absurde indécence de l'usage de pareils termes.

Rappelons que le mouvement consiste en un boycott d'une activité de loisirs (deux heures de rallye, cinéma ou patinoire) suivie d'une disco. Rien à voir avec le sens historique, traditionnel ou même patriotique de l'Escalade, qui n'est plus évoqué depuis de longues décennies lors de cet après-midi.

Le mécontentement de certains élèves est compréhensible, celui de leurs parents également. Cette insatisfaction, nous l'assumons car nous n'imaginions pas que cette décision réjouirait plus les élèves que nous...

Cependant, il s'agit du moyen le meilleur que nous avons trouvé pour faire réaliser à la population la violence des attaques budgétaires contre l'école: augmentation du nombre d'élèves par classe, diminution du soutien scolaire, incapacité d'accueillir les élèves handicapés, personnel administratif surchargé, telles sont les solutions prônées par le nouveau projet de budget, que rêve d'empirer une partie des députés. Il faut à tout prix le faire savoir.

Mission accomplie donc, car le succès de notre mouvement ne se mesure pas à sa popularité (nous aurions été bien imprévoyants de croire que les élèves seraient ravis...), mais bien à la prise de conscience qu'il a suscité.

Honnêtement, je ne vois pas d'autre action qui aurait eu un pareil impact et s'il faut que je synthétise les réactions, personne ne nous a attaqués sur nos revendications, mais une part importante de la population, (et en particulier l'auteur d'une note particulièrement agressive à notre endroit), ignorait simplement les menaces pesant sur l'école et les a découvertes grâce à ce boycott.

Désormais, le débat qui s'ouvre n'est plus: "Êtes-vous pour ou contre le boycott ?" mais "Êtes-vous favorables aux diminutions de prestation de l'école et à la remise en question de la loi scolaire votée en 2009 ?"

Pour finir, on relèvera que jamais auparavant, le débat sur le sens de l'Escalade à l'école et sur le rôle de l'école comme pourvoyeuse de loisirs ne s'était tenu de façon aussi large et passionnée. Nos élèves ne sont manifestement pas des moutons dociles. Ils sont prêts à débattre. Tant qu'ils le font dans le respect des personnes et des biens, cela est réjouissant !

21:43 Publié dans Ecole, Genève | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : escalade, boycott, drize, otages |  Facebook | |

Commentaires

Personnel administratif en surcharge ? Mais c'est justement ce personnel là (au DIP) qui est en surnombre, au détriment du n° d'enseignants !?!

"personne ne nous a attaqués sur nos revendications".
Exact... parce que personne ne les a vu. La plupart sont au mieux indifférents à cette action (svt par lassitude des sempiternelles rengaines d'un noyau dur de profs), au pire se sont arretés à la réflexion suivante:
"deja qu'ils vont faire grève le 6 décembre, remettre ca devant le parlement le 13... ca leur (les profs) suffisaient pas? Faut qu'ils intrumentalisent leur élèves/pourrissent la soirée d'Escalade de leur propre élèves?".

Question "prises de consience"... ca me semble plutot loupé. J'aurais plutot dis "autogoal". Tout comme la grève du 6 et la manif du 13, qui risque de peser lourd sur la votation du mois de mars prochain... des coup de pouce aussi inespérés que probablement inutile pour les partisants du référendum (et là je ne parle pas de ces inconscients du SSP, mais de ceux qui le soutiennent dans le but de faire capoter le projet au profit d'un autre infiniment moins... généreux)

Cette action me fait bcp pensé à la grève des laborantin(e)s des HUG, il y a quelques mois (?). Ils ont obtenu que dalle (de belles promesses mais qui en resteront là, vu la situation au HUG et les finances de l'Etat...), à part... de se mettre la population à dos (ou du moins l'opnion publique contre eux/elles).

Écrit par : Pierre Roche | 29/11/2012

Entant moi même un ancien élève du cycle de Drize, il y a quelques année et ayant dans quelques temps le droit de vote, je comprend tout à fait l'inquiétude sur ses restrictions budgétaire, car c'est un sujet discuté en classe avec certaines de mes professeurs.

Mais bien évidemment, je suis contre votre boycott. Je ne comprend pas qu'on puise annulé une festivité qui n'a lieu qu'une fois par année et qui fait parti des moeurs scolaires Genevoise. Ceci n'est -selon moi- qu'un "petit buzz" médiatique au tour de se projet de lois.

Pour finir, il ne fallait pas ignorer le détail des élèves, étant un moment attendu par eux, il fallait prévoir qu'ils allaient se "battre" pour avoir aussi leur droit, car au fond, ceci servira de leçon, même si l'élève n'a pas énormément de choix en matière d'affrontement, il utilise les moyens a disposition comme leur grève qui en plus est soutenu par les parents !

Bonne chance pour la suite en tout cas !

Écrit par : Ancien élève | 29/11/2012

Votre argumentation est caricaturale:

Comme tous les preneurs d'otages, vous pensez qu'il le faut parce que votre cause est juste.

Et comme tous les preneurs d'otages vous pensez que ceux qui vous condamnent le font uniquement parce qu'ils ignorent que votre cause est juste.

Et a titre personnel je crois que vous cherchez désespérément des causes dans lesquels déverser votre trop plein de haine.

Écrit par : Oscar Goldman | 29/11/2012

@Pierre Roche: Nos revendications sont publiques, elles figurent dans notre communiqué de presse (http://bit.ly/Tbxm9N) et celui du Cartel (http://www.cartel-ge.ch/IMG/pdf/2012-11-19_tract_pb13_vf.pdf). Pour faire simple, il s'agit de faire que les budgets promis lorsque le Conseil d'Etat a fait voter la nouvelle loi sur le Cycle en 2009. Comment expliquer que le PLR, par exemple, souhaite augmenter le nombre d'élèves par classe, alors que ce parti soutenait une loi qui en plafonnait explicitement le nombre. N'est-ce pas choquant ?
@Ancien élève: Merci pour ton intervention. Non, nous n'avons pas "oublié" les élèves, nous avons considéré que l'annulation de deux heures de patinoire et une disco était en fait peu de chose en regard des risques que courent les générations d'élèves, en fonction des choix budgétaires. Ça ne nous fait pas plus rigoler que vous d'annuler une fête en général plutôt sympa, et encore moins de devoir préparer des cours pour une journée qui s'annonce assez particulière pour nous !
@Oscar Goldman: Votre démonstration est un sophisme. Ce n'est parce que les preneurs d'otages croient leur cause juste que nous en sommes parce que nous le croyons également (A moins de croire que parce que tous les poissons nagent, Michael Phelps est un poisson).
En fait, tout le monde croit que sa cause est juste. La question est de savoir si les moyens pour la défendre sont proportionnés. Nous le pensons et le défendons !
Quant à votre remarque personnelle, je ne la commenterai pas, vu qu'il s'agit d'un procès d'intention. Je suis juste surpris de voir le mot "haine" accolé à ce que je fais, compte tenu de mon caractère plutôt empathique et jovial ! Qui ou quoi pensez-vous que je haïsse ?

Écrit par : Julien Nicolet | 29/11/2012

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