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20/02/2013

M13, Hercule et la Grande-Ourse

M13.jpgJusqu'à récemment, M13 ne m'évoquait qu'un amas stellaire de la constellation d'Hercule, treizième objet céleste remarquable catalogué par l'astronome Messier au XVIIIe siècle.

L'homonymie avec le malheureux plantigrade insomniaque abattu ce mercredi m'a fait réaliser que si je préfère l'astronomie à la zoologie, c'est que peut-être les astres resteront à jamais hors de portée des sales pattes de certains humains et qu'ils seront toujours des objets de pure contemplation...

Misanthropie ? Refus d'accepter les dangers objectifs que faisait courir le trop sociable ursidé de Poschiavo ? Admettons... Mais apprendre que l'unique chef d'accusation réglant le sort de cet animal était son manque de crainte de l'homme est de nature à plomber le moral du plus joyeux des drilles... Le but de l'humanité est-il vraiment uniquement de dominer et effrayer ?

Car s'il fallait éliminer tous ceux qui non seulement font "courir des risques" à l'humanité, mais surtout tuent au quotidien, par la famine, la pollution, les guerres et les injustices qu'ils génèrent, je proposerais volontiers une liste à la Commission Intercantonale pour la Gestion des Grands Prédateurs. Mais alors, il lui faudrait embaucher du personnel, car la tâche serait... herculéenne.

Le grand astrophysicien et militant écologiste Hubert Reeves nous apprenait en 1984 que, sans aucun mysticisme, nous sommes tous des "poussières d'étoiles". Puissent les molécules de M13 se retrouver un jour dans la constellation d'Hercule... ou de la Grande-Ourse.

21:44 Publié dans Ecologie, Suisse | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |

19/02/2013

LCPEG: Palmarès des affiches

Plutôt que de revenir sur les arguments expliquant une énième fois les raisons pour lesquelles il semble opportun de voter "oui" à une loi pourtant mauvaise, contrainte par un carcan fédéral absurde, je vous propose un tour d'horizon des affiches proposées par les partis appelant à accepter le projet, qui sont presque toutes un témoignage alambiqué de la gêne de tous à défendre un mauvais projet, et surtout de leur mutisme sur la fondamentale remise en question des retraites par capitalisation que ce scrutin aurait dû générer...

L'affiche la plus niaise...

...est sans conteste celle des Verts, qui ont dû organiser à l'interne un concours des adjectifs les plus incongrus pour qualifier cette loi.Verts.jpg Car si l'on peut encore défendre le "réaliste", les autres termes ont une résonnance pour le moins surréaliste lorsque l'on connaît les sacrifices demandés aux contribuables et aux fonctionnaires dans cette affaire et lorsque "l'équilibre" vanté consiste à épargner en fait les plus âgés pour péjorer considérablement les conditions des plus jeunes et des futures générations. Est-ce vraiment compatible avec le développement durable tant vanté par le parti ?

La cause de cette avalanche de guimauve ne résiderait-elle pas en fait dans la délicate position d'un parti dont l'un des représentants à Berne, candidat au Conseil d'État genevois, a accepté, en 2010, la révision de la LPP qui a débouché sur une recapitalisation des caisses aussi coûteuse qu'inutile... ?

L'affiche la plus hypocrite

PLR.jpgSans surprise, il est impossible de départager là le PLR de son clone PDC. Rappelons que le PLR, suivi de près par le PDC, a été le fer de lance de la loi fédérale imposant une recapitalisation des caisses publiques. De ce fait, les cantons, les villes et leurs employés sont coPDC.jpgntraints d'injecter des sommes gigantesques et inutiles dans les circuits bancaires et immobiliers...

Et voilà que l'on prêche l'"efficacité", ou pire encore que l'on menace "d'amputation" un système qu'on s'est pourtant acharné à destabiliser et à démanteler à Berne...

C'est par ce genre de manipulation que ces partis perdent progressivement toute crédibilité auprès de leur électorat populaire qui se tourne peu à peu vers les formations populistes. Je le regrette, sincèrement...

L'affiche la plus absconse...

PS.jpgAprès de longues réflexions, je n'ai toujours pas compris le moindre élément de l'affiche du PS. Une salle d'attente désertée, un slogan hermétique...

Faut-il comprendre que si la CEH devait être liquidée, les infirmières cesseraient de travailler. Mais pourquoi ? Et dans ce cas, la salle d'attente ne devrait-elle pas déborder de patients impatients ?

Il est facile et tendancieux de critiquer la position d'un parti qui a lutté pour obtenir la meilleure loi, a refusé le projet en plénière et renonce à soutenir le référendum, par crainte des énormes risques qu'un "non" engendrerait. Mais là, le PS tend vraiment les verges pour qu'on le batte...


L'affiche la plus incohérente...

Le comité unitaire pour le "oui" plonge la tête la première dans un brComOUI.jpgouet sans rapport avec les positions que ses composantes, partis de gauche et syndicats, ont défendues jusque là. Rappelons que le message a toujours été de dire que la fusion en tant que telle n'était ni un problème, ni une solution, et que c'étaient les conditions de la fusion, à savoir la loi et le plan de prestations en découlant qui devait être négocié, accepté ou combattu.

Et voilà qu'au moment de présenter la loi à la population, le comité retourne sa veste et laisse entendre que c'est le principe de la fusion qu'il s'agit de défendre "pour protéger les retraites de demain"...

Sachant que "les retraites de demain" et plus encore "d'après-demain" vont être englouties par les hydres de la finance, on aurait apprécié un slogan plus sobre... et plus en phase avec les idéaux anti-capitalistes des groupements formant le comité...

Le meilleur slogan

UDC.jpgGardé pour la fin, il revient sans conteste à l'UDC qui, en cinq mots, ose résumer la pensée de la plupart des partisans du "oui". Evidemment, les raisons pour lesquelles l'UDC trouve la loi "mauvaise" ne sont pas les nôtres. Mais j'aurais mille fois préféré que les groupements progressistes annoncent clairement la couleur en affichant leur soutien à un "mauvais projet", pour la seule et simple raison qu'un refus ne pourrait que l'empirer. On aurait évité bien des contorsions, et l'électeur aurait sans doute moins l'impression d'être pris pour un crétin...

05/02/2013

Battir: un portfolio de cartes exceptionnelles

Le 16 janvier dernier, je vous faisais part du destin d'un petit village palestinien, dont les terres agricoles sont menacées par le tristement fameux mur de séparation.

J'évoquais l'admirable combat de ses habitants pour le maintien d'une agriculture traditionnelle et pour le développement d'un éco-musée.

Je mentionnais également l'aide apportée par la cartographe Jasmine Salachas et un groupe d'étudiants lillois. Je reçois à l'instant de leur part une série de cartes exceptionnelles, qui mettent en évidence le grignotage subi par Battir avec une force qu'aucun texte ne saurait atteindre...

J'aime les cartes. Elle sont souvent belles. Celles-ci sont en plus utiles.

01/02/2013

Conseil d'État: L'oukaze des Verts

Ce soir, les Verts genevois fêtent leur 30 ans. Ce sera l'occasion pour les ancien-ne-s militant-e-s de se remémorer l'époque des premières campagnes, des JA-Verts.jpgaffiches en papier kraft et de la liberté de ton qui caractérisait le parti.

Souvenirs émus et un brin nostalgiques, car, si la plupart des militants conservent cette grinta un peu naïve, toujours véhémente et surtout amoureuse de la nature et de l'humain, on doit réaliser que les têtes dirigeantes se sont désormais converties à la realpolitik dans ce qu'elle a de moins ragoûtant.

Triste illustration de cela, le choix des candidats pour l'élection au Conseil d'État...

Lorsque, il y a deux semaines, la présidence du parti a fait savoir son désir de partir sur une liste à deux, de nombreuses voix se sont élevées pour regretter cela, au moment même où la nouvelle Constitution (dont les Verts nous promettent pourtant par leurs affiches de faire le "Service Après-Vente") change les règles du jeu électoral, imposant un deuxième tour aux élections majoritaires. C'est ainsi, que dans l'esprit du texte, le premier tour devrait être une sorte primaire, lors de laquelle la population choisit celles et ceux qu'elle souhaite voir au second tour.

Ce devait être la fin des calculs politiques et de la chasse au candidat le plus lisse.

Face aux nombreuses critiques, la direction du parti a assuré que, comme dans toute institution démocratique, ce serait le congrès qui trancherait la question... Certes, mais aujourd'hui nous avons la très désagréable surprise d'apprendre par un communiqué que seuls deux candidats à la candidature se présentent, annulant par là-même tout débat et faisant taire toute voix discordante.

En observateur naïf, j'explore donc quelques hypothèses:

- N'y a-t-il réellement pas plus de vocations à la candidature dans le parti ?

C'est désormais l'hypothèse servie à ceux qui posent des questions: La charge de Conseiller d'État est épuisante et ingrate. Personne n'en veut.

Admettons, mais pourquoi alors les candidatures se pressent-elles dans les autres partis ? Est-il vraiment concevable que, dans un des partis les plus influents du canton, on ne trouve pas plus de deux personnes intéressées par cette fonction ? Y a-t-il vraiment un pareil déficit d'ambition, ou alors compétences ? Allons donc...

On notera au passage que, si cette hypothèse devait être la bonne, la liste à deux ne serait plus un choix stratégique, mais une nécessité, faute de combattants. Le parti n'aurait donc aucune légitimité à demander à ses partenaires de réduire leur liste, s'ils devaient souhaitaient partir avec plus de candidat-e-s.

- A-t-on bloqué les velléités de candidatures ?

Sans doute pas de blocage actif, mais le communiqué précisant la volonté de la direction du parti de partir à deux a manifestement eu pour effet (et sans doute pour but) de brider les éventuelles bonnes volontés.

- Y a-t-il un vraiment risque à présenter plus de deux candidat-e-s ?

L'élection se déroulant en deux tours, ce risque est nul. De plus, dans la perspective d'une bonne mobilisation au second tour, il est même souhaitable qu'aucun candidat ne passe la barre des 50% au premier tour, ce qui est de toute façon peu probable.

On m'a rétorqué que le PS et les Verts vaudois étaient partis à quatre lors des dernières élections. Cela est vrai, mais il n'y a aucune raison de croire que, s'ils étaient partis à 6, ils n'auraient pas aussi obtenu 4 sièges (ou même plus !).

- Doit-on à ce point protéger Michèle Künzler ?

La raison de ce blocage peu respectueux des nouvelles institutions ne peut être autre. Il est vrai que Michèle Künzler a plus d'une fois été la cible d'attaques médiatiques et politiques aussi violentes qu'injustifiées. Le bizutage a commencé avec la répartition des dicastères et a continué régulièrement jusqu'au camouflet du Vélib'.

Elle ne le mérite pas. Mais mérite-t-elle d'être protégée d'une façon aussi grossière ? Plutôt que de défendre son bilan, son parti préfère lui créer un bouclier électoral, qui sonne comme un aveu de faiblesse. Ce qui ne pourra que la plomber en cas de réélection.

Non, je préférerais mille fois qu'elle se défende, qu'elle attaque, et que l'électeur tranche - si possible en sa faveur. Cela s'appelle la démocratie, c'est ce qui a permis, au cours des décennies précédentes, au parti de se créer une jolie place dans le paysage politique.

Un peu déçu de cette évolution, mais toujours enthousiasmé par les enjeux qui font que les militant-e-s vert-e-s ont plus que jamais raison de se manifester et de se battre, je souhaite au parti un excellent anniversaire en espérant qu'au cours de sa quatrième décennie, il retrouve un peu l'esprit de son enfance...