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06/03/2013

Chávez: le moyen terme entre Stéphane Hessel et Kim Jong-Il

Généralement, soit on aime soit on conspue les personnalités fortes. Hugo Chávez avait la particularité d'être simultanément estimable et détestable.

chavez2.jpgSorte de moyen terme entre Stéphane Hessel et Kim Jong-Il, El Commandante, sous ses airs de mi-bouffon populiste, malgré ses amitiés internationales plus que sulfureuses et son mépris total des questions environnementales, a incontestablement mis son pays sur la voie de la justice sociale et a incarné un des rares contre-pouvoirs à l'hégémonie libérale sino-étatsunienne. Il aura surtout impressionné par son strict respect des institutions démocratiques lorsque "son" peuple refusa "son" référendum en 2007.

On peut maintenant s'évertuer à trouver le juste rang de Chávez dans un classement latino-socialiste qui irait de Cristina Kirchner aux frères Castro, on peut aussi se réjouir que, alors que Staline disparaissait jour pour jour 60 ans plus tôt, les autocrates se soient entretemps adoucis.

On doit surtout espérer que le peuple vénézuélien suive une voie juste et démocratique, qu'il parvienne à développer une politique pétrolière nationale et parcimonieuse et à rompre ses liens avec les régimes iraniens et cubains.

Et pour cela, il faut souhaiter l'élection de Nicolás Maduro.

chavez1.jpg

Commentaires

Si vous souhaitez que le Venezuela rompe avec l'Iran, Cuba ou la Corée du Nord, cela me semble pour le moins illogique que vous souhaitiez que Maduro, le bras droit de celui qui a développé ces liens privilégiés avec les dirigeants de ces pays éminemment démocratiques, soit élu à sa place. Sans parler du grand couplet conspirationniste de Maduro sur les causes du cancer de Chavez...

Écrit par : Pas logique | 06/03/2013

C'est vraiment marrant, j'aurais pu écrire mot pour mot le même commentaire que monsieur Pas logique...

Écrit par : Géo | 06/03/2013

http://www.acrimed.org/rubrique179.html

Écrit par : Djinus | 06/03/2013

"Pas logique" et "Géo": Il ne vous aura pas échappé que j'estime souhaitable que le Vénézuela suive simultanément trois voies: celle de la justice sociale et démocratique, celle de l'usage parcimonieux et nationalisé des ressources naturelles et celle d'une diplomatie raisonnable. Le fait que vous vous focalisiez sur le 3e élément me laisse penser que vous partagez mon point de vue pour les deux premiers. C'est déjà ça... et c'est sans doute l'essentiel.
Pour le reste, il faut espérer qu'à la faveur du changement de personne... et de personnalité, le nouveau gouvernement Maduro ne suive la voie de Chávez que dans ce qu'elle avait d'admirable, car, si une chose est certaine, c'est que l'élection d'un Capriles ou de l'un de ses amis serait une catastrophe pour le pays.

Écrit par : Julien Nicolet | 06/03/2013

"...et son mépris total des questions environnementales..."

Ah bon ? Vous vous basez sur quoi pour dire cela ?

Écrit par : Zut | 06/03/2013

Oui Monsieur Nicolet,

Il faut rester positif! Qu'on aime ou quel on aime pas. Il y a du bon et du mauvais. L'UNICEF a s'est réjoui du taux d'alphabetisation qui a fortement augmenté pendant son mandat. Le Vénézuela a remboursé également ses dettes au FMI. Alors espérons que les choses continuent sur la bonne voies.

Écrit par : plume noire | 06/03/2013

@Zut: Le Venezuela mène une politique énergétique uniquement axée sur la consommation pétrolière puisque, contrairement à la plupart des pays qui taxent le pétrole à la pompe, il le subventionne. Ainsi le litre d'essence y coûte à peine 2 ct. ... (http://www.el-nacional.com/economia/Precio-gasolina-cayo-dolares-anos_0_136789145.html)
De plus, les autorités ont, au cours des 6 dernières années, fait croître de façon hallucinante leurs réserves "officielles" de pétrole. Ainsi, depuis l'été passé, le pays disposerait de plus d'or noir que l'Arabie Saoudite.
De fait, ces réserves, soit n'existent simplement pas (et il s'agirait d'une opération de com'), soit existent, mais sous formes d'huiles extra-lourdes dont l'extraction et le raffinage représentent un coût énergétique, donc environnemental, désastreux. C'est pour cela qu'il n'est pas abusif d'affirmer que les réformes de Chávez sont financées par un système qui nuit considérablement à l'environnement et que, sur ce plan-là, les positions d'un R. Correa semblent bien plus intéressantes. (http://www.aporrea.org/energia/n140492.html)

Écrit par : Julien Nicolet | 06/03/2013

Très juste Julien Nicolet!

Tant que le Venezuela sera entre les mains des socialistes l'horizon ne changera pas de couleur....

Écrit par : Patoucha | 06/03/2013

Rectification : Très juste Pas logique!

Tant que le Venezuela sera entre les mains des socialistes l'horizon ne changera pas de couleur....

La fortune de la famille Chavez est estimée à 2 milliards de dollars!

Écrit par : Patoucha | 06/03/2013

Il est pas évident de démontrer que le pétrole lourd est plus "polluant" que le léger.

Les réserves de Venezuela sont certifiées par bien des entreprises pétrolières, tels British Petroleum par exemple.

Le but premier de Chavez était de donner l'accès à sa population les moyens pour se développer. Il est évident que cela est dans un premier temps prioritaire par rapport à l'environnement. Le niveau d'éducation et de richesse de la population s'améliorant il est à imaginer qu'ensuite l'environnement prendra sa place qu'elle mérite.

Suggérer que Chavez était un autocrate est une grosse erreur.

Écrit par : Zut | 06/03/2013

Ce qui rend Chávez incontestablement sympathique, c'est l'outrance démesurée de ses opposants. En témoigne le commentaire de Patoucha... Tous ceux qui ont côtoyé Chávez, parmi les mille défauts qu'on pouvait lui reconnaître, on témoigné de son indifférence face à l'argent. Aucune source indépendante n'a d'ailleurs confirmé ce bobard propagé par une opposition, qui ne parvient d'ailleurs pas à sortir de son seul fantasme: accumuler du capital.
Zut: Dans son "statistical review", BP ne fait que publier les chiffres annoncé par les États (http://www.bp.com/sectionbodycopy.do?categoryId=7500&contentId=7068481). Le fait qu'il publie le chiffre hallucinant de 296.5 mia de barils pour le Venezuela n'équivaut en rien à une certification. Idem pour le chiffre de l'Iraq (étonnament stable) ou celui de la Libye qui annonce des valeurs croissantes sans qu'on y ait rien découvert...
En ce qui concerne le caractère plus ou moins conventionnel des réserves vénézueliennes, je crois qu'il y a consensus pour reconnaître que, tant au niveau de l'exploitation que du raffinage, ce pétrole est très gourmand en énergie.
Je souhaite comme vous que l'administration suivante prenne conscience de enjeux environnementaux, car, si l'on peut admettre l'exploitation du pétrole (quoique...), la subvention de l'essence à la pompe n'est pas un exemple de politique sociale, dans un pays où la majorité des citoyens n'a pas de voiture. L'exemple équatorien ou, dans un autre registre, norvégien, serait intéressant à suivre...

Écrit par : Julien Nicolet | 06/03/2013

"..la subvention de l'essence à la pompe n'est pas un exemple de politique sociale, dans un pays où la majorité des citoyens n'a pas de voiture."

Faut savoir que dans un pays comme le Venezuela le coût de transport entre pour beaucoup dans le prix des denrées de première nécessité. Denrées qui doivent engloutir la plupart du revenu des gens modestes. Faut pas assimiler le Venezuela à un pays comme la Suisse.

Écrit par : Zut | 06/03/2013

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