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25/04/2013

Budget 2013: Pile tu gagnes, face je perds

Désagréable impression au moment où les bien-pensants se réjouissent tous de voir le PLR et le PS "revenus à la raison". Car, au sortir du ring, on trouve un PLR qui a obtenu, à 30 petits millions près, tout ce qu'il a voulu et, de l'autre côté, un PS groggy qui a encaissé successivement:

- un refus d'entrée en matière sur un premier budget pas particulièrement social

- un budget 2.0 qui, selon les dires des députés concernés, mettait en péril les missions de l'État, en particuleir l'application de textes votés démocratiquement (qu'on pense aux initiatives sur les EMS, sur l'accueil continu ou les pistes cyclables, sans parler des textes défendus pourtant par le gouvernement comme le nouveau Cycle d'Orientation et le mercredi matin)

- un passage au rabot de la commission des finances qui a réduit encore aux entournures ce budget pour arriver au chiffre "magique" de 100 millions de déficit.

- un proposition de coupe linéaire de 2% complètement ahurissante et pour tout dire franchement insultante pour tous les services qui ont conscieusement limé tout ce qu'ils pouvaient quitte à toucher les nerfs plus que l'épiderme.

Bouquet final, en échange du renoncement à cette dernière extravagance, voilà les partis de gauche qui, au nom de la sempiternelle "politique du moindre mal" viennent de renoncer à discuter d'une proposition fiscale hautement symbolique, puisque précisément destinée à s'assurer que chacun contribue aux efforts nécessaires pour faire tourner l'État.

Dommage, car, sans nier les énormes difficultés qu'aurait engendrées la prolongation de l'absence de budget et sans méconnaître les douloureuses incertitudes vécues par les associations qui comptent sur les subventions de l'État, on aurait souhaité une vision à plus long terme car:

- Rappelons-nous que c'est sur la base de ce budget que seront envisagées les coupes du suivant. Celui de 2012 avait été déjà sévèrement amputé et l'on nous avait déjà promis qu'aucune aggravation ne serait acceptée. Il serait heureux que l'on nous dise quand se terminera ce jeu...

- Rappelons-nous qu'une des missions de l'État est de minimiser, tant que faire se peut, les inégalités les plus choquantes... et là, ce budget qui s'en prend aux plus faibles - la santé publique, l'aide sociale, les étudiants, les élèves en difficulté - et qui protège les plus forts, aurait dû être fermement refusé.

- Rappelons-nous également que la différence de déficit de 100 à 31 millions est uniquement due à des prévisions de recettes qui ne cessent de croître. C'est la preuve évidente que, malgré ce qu'annoncent les Cassandre du PLR, l'économie genevoise se porte bien. Plus précisément, les nantis et les grosses entreprises continuent à s'enrichir en hurlant à la crise dans le seul but d'assécher l'État et d'accroître encore leur opulence...

- Rappelons-nous aussi que le prochain budget sera voté par le nouveau Grand Conseil et que c'est n'est pas en se couchant que les partis de gauche obtiendront la victoire qu'ils devraient mériter...

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