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19/06/2013

Le hold-up de la législature...

Les distraits croient volontiers que la dilapidation des finances publiques est une activité exclusivement pratiquée à gauche. Les événements récents nous donnent une fracassante démonstration de leur erreur.

Nous apprenons en effet que le parlement vaudois vient de "signer le plus gros chèque de son histoire" pour reprendre la formule du Courrier. 1440 millions, ce n'est effectivement pas rien... Surtout si l'on considère que cette somme ne financera ni un M3 à sustentation magnétique, ni une traversée du lac Lausanne-Evian, ni des JO à Château d'Oex, ni même une statue chryséléphantine du Général Guisan...

Non, il s'agit juste d'engraisser nos amis bétonneurs et leurs bras droits des milieux financiers... via une inutile recapitalisation de la caisse de pension de l'État (CPEV), quelques mois après que les Genevois ont été amenés à avaler la mcourrier.jpgême amère pilule.

Comment en effet résumer mieux la modification de la loi fédérale sur la prévoyance profesionnelle votée en décembre 2010 qui s'apparente de plus en plus au hold-up de la législature... qui va siphonner les finances publiques des cantons, l'un suivant l'autre...

Rappelons que la nouvelle loi contraint désormais les caisses publiques à atteindre un taux de couverture de 80%, contre 50% précédemment. Tout a été dit sur l'inutilité économique de ce changement, tout a été dit sur l'imbécillité consistant à tirer des plans à long terme (40 ans!) sur des paramètres aussi imprévisible que l'évolution des cours boursiers, de l'espérance de vie, du marché de l'immobilier,...

On peut donc se demander qui va bénéficier de cette soudaine manne. Et là, pas de surprise, cet afflux de capitaux vont contraindre les caisses à investir, pour le plus grand profit des banques qui prennent leur marge, des milieux boursiers (quand des centaines de millions arrivent, ça fait augmenter les cours...) et, surtout des milieux immobiliers. En effet, l'augmentation de la demande de biens immobiliers ne peut que faire monter les prix... au détriment évident des particuliers, qu'ils soient propriétaires ou locataires...

Pour l'anecdote, un délégué à la CIA me disait récemment, que, déjà en l'état, la concurrence entre caisses pour l'achat d'immeubles à Genève était terrible. On imagine ce qu'elle sera lorsque nos impôts les auront abreuvées de milliards inutiles...

Au moment de se demander qui a accepté d'assécher les collectivités au profit des bétonneurs et des banquiers, on ne feindra pas d'être supris... L'Abstimmungprotokol de ce moment-clé de la dernière législature fédérale nous confirme que la droite, largement aidée par les Verts, se sont unis pour signer ce scandaleux blanc-seing.

Au niveau de notre canton, il est troublant que constater que les deux parlementaires qui aspirent au Conseil d'État, soit Luc Barthassat et Antonio Hodgers, avaient accepté cette loi.

Connaissant les mérites et les qualités de ces candidats, je ne peux qu'imaginer qu'il s'agit d'une erreur d'appréciation de leur part. Il serait cependant heureux qu'ils aient l'occasion de s'en expliquer publiquement, ailleurs que lors de discussions à bâtons rompus sur un réseau social...

Car, après tout, leur vote aura eu un impact bien plus négatif sur nos finances que tous les prétendus gaspillages dénoncés à longueur de législature par une droite aussi arrogante que populiste.

22:46 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |

Commentaires

C'est vrai que ce n'est pas si souvent que nous pouvons assister à des gros transferts monétaire du public vers le privé. Le dernier en date, bien plus énorme, fut la modification de la loi fédérale sur l'imposition des entreprises, qui à permit à des grandes entreprises de dissoudre des provisions et de les distribuer hors de tout "risque" d'imposition.

Écrit par : Djinus | 20/06/2013

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