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30/08/2013

Militaire-fiction

Les commentaires suscités par ma note de mercredi sur l'initiative du GSsA se rejoignent sur un constat: Notre armée se cherche une mission...

Partant logiquement de cette situation un tantinet ubuesque où une institution bien ancrée semble errer depuis un quart de siècle dans les limbes d'une inutilité qu'elle semble elle-même reconnaître, je me permets de renverser notre point de vue et de poser la question suivante:

Imaginons... 26 novembre 1989, surprise: la population vote l'abolition de l'armée... Dès 1990 la conscription disparaît et, quelques mois plus tard, la Suisse se défait du matériel de guerre, abandonne les écoles de recrue et cours de répétition et vend ou transforme le patrimoine immobilier de son armée.

Pour le reste, on peut raisonnablement admettre que les 23 années suivantes se seraient globalement déroulées de la même façon, à quelques détails près (des randonnées alpines sans fighters, des vendredis ferroviaires sans beuveries, quelques milliards mieux investis,...). La géopolitique mondiale n'en eût guère été bouleversée...

Question: Aujourd'hui, en 2013, quelles forces politiques, quels milieux économiques ou sociaux réclameraient la réinstauration d'une armée dans notre pays, et avec quels arguments ?

A vos copies...

08:45 Publié dans armée, Suisse | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | |

28/08/2013

Armée: Comment se débarrasser de la charogne ?

Je dois confesser un manque de conviction face à l'initiative du GSsA sur l'abrogation de l'obligation de servir.armee2.jpg

Car enfin, si l'on ne peut que souhaiter l'abolition de cette dispendieuse mascarade qu'est l'armée suisse, doit-on nécessairement commencer par ce qu'elle a de moins haïssable, à savoir l'idée que chacun doit servir bénévolement la collectivité, à un moment de sa vie ?

Doit-on vraiment avancer pour seul argument que les jeunes n'ont pas "le temps" de jouer à servir, alors même que l'guerre.jpgon s'ingénie à imaginer des modèles de société où l'on ne serait plus obnubilés par la vitesse, l'appât du gain et l'obsession de l'efficacité ?

Alors vous me direz que l'armée est une vieille charogne dont l'inutilité et les nuisances sont de plus en plus évidentes, que l'obligation de servir ne concerne pas les femmes, et que plus de la moitié des hommes parviennent à s'en soustraire.

J'essaierai sans grande conviction de vous répondre que, malgré tout, une armée de citoyens vaudra toujours mieux qu'une armée de volontaires, fatras de têtes brûlées, de frustrés et de chefaillons.

Mais, au moment de voter, il me suffira de me rappeler les trois jours passés à la caserne de Berne, il y a 18 ans. Trois jours où j'ai été confronté à la laideur de l'uniforme, à la stupidité d'un système basé sur la valorisation des roquets, de la hiérarchie et des plus bas instincts, à la négation de la réflexion, à un étalage de bêtise, d'autoritarisme, d'ordres imbéciles, de virilité primaire, de fonds gaspillés, de nationalisme, de réveils au petit matin et de hurlements dans la cour de la caserne.

Trois jours qui m'ont suffi pour que je ne souhaite à personne pareille expérience et qui me convainquent de voter OUI à la suppression de l'obligation de servir.

16:34 Publié dans armée, Suisse | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook | |

24/08/2013

Affiches: La vraie faute du PS

PS.pngNe comptez pas sur moi pour me prononcer sur l'affaire du "plagiat" du Parti Socialiste soulevée par la presse hier... ni d'ailleurs sur le caractère esthétique ou électoralement porteur des affiches en question.

Non, le seul élément qui retient mon attention est une phrase de l'article de Cominmag, le site qui a soulevé le lièvre: "Aucune agence de communication n’a imaginé ou supervisé sa conception ou sa réalisation."

Lorsqu'on réalise que ce site est édité par Publicité Suisse, qui fédère les acteurs, on se rend compte que la vraie faute du PS, c'est d'avoir créé ses visuels en amateurs, à l'interne, sans gaspiller les cotisations des adhérents auprès des sous-Séguéla de la place...

Un bon point donc pour un parti qui a manifestement renoncé à engraisser les acteurs d'une activité qui contribue essentiellement à l'enlaidissement de nos rues, au parasitisme de notre économie, à la surconsommation et à la dévastation de notre environnement.

...et un regret amer envers tous les médias qui se sont bien gardés de relever le confit d'intérêt à la base de l'article de Cominmag. Il est vrai, que, par les temps qui courent, la presse, tout indépendante qu'elle clame être, ne cherche sans doute pas à se mettre les publicitaires à dos.

16:57 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |