UA-74655322-1

29/09/2013

Come on, Roger !

Vous avez remarqué ? Dès qu'un politicien pose avec un vélo, la bécane est toujours flambant neuve, le cadre rutilant et les pneus encore vierges de tout contact avec le bitume.

Toujours ... ? Non, carrd3_test.jpg Roger Deneys fait exception, sur son vieux VTT bleu et jaune. Pour lui, le vélo, n'est pas un appât politique, mais un mode de transport au quotidien, en short comme en cravate, que ce soit pour se rendre au Grand Conseil ou au Moulin-de-Vert épier les faucons.

Roger ne se contente pas de parler d'entrepreneuriat social, il a fondé et dirige sa propre entreprise. Roger ne se contente pas de disserter sur le logement, il fait partie d'un collectif d'habitants qui a construit sa coopérative d'habitation. Roger ne se contente pas de maudire la malbouffe, il est un coopérateur actif des Jardins de Cocagne et un ami de longue date du Jardin des Charrotons.

Mais, si la cohérence entre les idées et les actes est rare, elle n'est pas suffisante pour juger l'action d'un politicien.

Rappelons-nous alors ses nombreuses interventions au Grand Conseil, sur des sujets souvent pointus, en particulier dans le domaine des finances publiques et de l'énergie. Avec conviction et compétence, il a toujours défendu un État efficace, qui gère ses finances de façon responsable, sans dumping fiscal et sans gaspillage. Il a toujours défendu des solutions qui protégeaient les Genevois contre les marées automobiles et les prédateurs prétentieux.

Bref, vous aurez compris, nous avons là l'occasion d'élire un Conseiller d'État atypique et convaincant. Ne la manquons pas et votons Roger !

25/09/2013

Familles: Pour quelles listes ne pas voter ?

imagebot.jpgÀ l'approche des élections, on peut voter en se fiant à la tête des candidats et aux slogans de leurs affiches. On peut aussi se demander ce que les partis sortants ont discuté et voté au cours de la législature finissante. Cela prend un peu de temps, mais n'est pas complètement inutile si l'on veut remplir son bulletin de façon sensée.

Partant du principe que les questions familiales (petite enfance, formation, aides aux familles) sont celles qui intéressent le plus largement, j'ai fouillé dans le mémorial de la législature finissante et repris quelques votes qui éclairent la position des partis sur les différentes façons de soutenir et protéger les familles.

Les plus pressés trouveront ci-dessous un tableau récapitulatif (tous les détails et les liens se trouvent en-dessous) qui montre de façon éloquente:

- l'inquiétant rapprochement PLR-UDC que certains observateurs relèvent depuis que les Libéraux ont phagocyté les Radicaux. Leur discours social ("On veut de la croissance pour financer l'État social") ne résiste pas à l'analyse, puisque bien qu'ayant pu faire passer toutes leurs propositions économiques et fiscales, ils s'obstinent à ne rien céder aux familles, qui, en bonne logique, devraient renoncer à les élire !

- La rupture PDC-PLR, que je ne pressentais pas si nette. Certes, le sujet est clivant, mais on peut se demander ce que ces deux partis font encore ensemble, alors que leurs conceptions sont aussi différentes dans un domaine fondamental de la vie quotidienne.

- Sans surprise, les partis de gauche ont tenu leurs engagements de soutien aux familles.

- En revanche, le tableau ne révèle évidemment pas la position des listes non encore représentées (Ensemble à gauche, Parti Pirate, Vert'Libéraux, PBD). Si elles le souhaitent, elles peuvent me transmettre leur position sur ces questions, que je ne manquerai pas de publier.

 

PS

Verts

PDC

PLR

UDC

MCG

1. Diminution du taux d'encadrement dans les crèches

NON

NON

NON

OUI

OUI

OUI

2. Allocations familiales

OUI

OUI

OUI

NON

NON

OUI

3. IN sur les crèches

OUI

OUI

NON

NON

NON

ABS ?

4. Coupe linéraire de 2 % dans le budget de la formation

NON

NON

NON

OUI

OUI

OUI

5. IN pour la mobilité douce

OUI

OUI

OUI

NON

NON

NON

 

 

Plus de détails sur les objets retenus:


1. Diminution du taux d'encadrement dans les crèches.

Un projet de loi PDC visant à augmenter le nombre de places de crèches se fait modifier dans le but principal de diminuer le taux d'encadrement (nombre d'éducateurs-trices par enfant), sans impact sur le nombre de places... Le débat du 17.5.2013, houleux, s'est terminé par le refus du PDC de soutenir le texte modifié, qui a néanmoins été adopté. S'en est suivi un référendum qui a permis de récolter le nombre record de 27'741 signatures. Nous voterons donc sur la question, vraisemblablement le 9 février 2014.

On trouve ici l'intégralité des débats et le vote final.


2. Allocations familiales

Le débat sur l'initiative socialiste visant à revaloriser ces allocations a eu lieu le 26 juin 2011. L'initiative ayant été acceptée par le parlement, toutes les familles ont vu les allocations augmenter de 1200.- par enfant et par année au 1er janvier 2012.

On trouve dans le mémorial l'intégralité des débats et le vote final.

 

3. Initiative sur les crèches

Le débat sur l'initiative socialiste visant à adapter le nombre de places en crèche à la demande a eu lieu le 16 octobre 2010. Il s'est soldé par un refus du parlement qui lui a opposé un contreprojet.

On trouve dans le mémorial l'intégralité des débats mais pas le vote nominal, d'où le flou sur l'attribution des 13 abstentions.


4. Coupe linéaire de 2% dans le buget de la formation

Dans le psychodrame ayant présidé aux débats sur le budget 2013, un épisode particulièrement inquiétant a eu lieu, puisque la droite a subitement proposé une coupe linéaire de 2% pour arriver à un équilibre irrationnel (le budget sous-évaluant systématiquement les recettes). La formation n'y a pas coupé et vous trouverez ici les pitoyables débats du 14 mars 2013, ainsi que le vote nominal sur cette coupe.

 

5. Initiative pour la mobilité douce

Le lien avec les questions familiale est plus ténu, mais tout de même évident lorsque l'on réalise que les cadets comme certains aînés sont à la fois les plus vulnérables dans le trafic et de faibles utilisateurs de leur voiture.

L'initiative a été acceptée par le peuple le 15 mai 2011. Les débats parlementaires qui ont précédé ce vote ont à nouveau mis en évidence le même clivage.

On trouve dans le mémorial l'intégralité des débats mais pas le vote nominal.


17/09/2013

Les CCT, cache-misère du partenariat social...

Chaque fois qu'il s'agit d'ancrer dans la loi une amélioration des conditions sociales, c'est le même refrain: Les CCT sont la solution-miracle à la sauce helvétique, garantes d'un sain partenariat social et d'une paix du travail que nos voisins nous envient.

Et voilà qu'une fois de plus, un employeur, Gate Gourmet, nous fait la démonstration que, si les CCT sont effectivement des outils nécessaires, elles ne sont malheureusement pas suffisantes pour protéger correctement les travailleurs lorsque les conditions économiques leur sont défavorables.

Pour s'en convaincre, mettons en parallèle deux situations...

Il est inutile d'imposer aux fabricants d'équiper les voitures avec des ceintures de sécurité. En effet, la sécurité des conducteurs relève avant tout de leur responsabilité personnelle, et l'immiscion de l'État dans cette affaire n'aurait pour conséquence que de déresponsabiliser les partenaires routiers, alors même que, dans l'immense majorité des cas, les trajets se déroulent à la satisfaction de toutes les parties, sans incident.

De plus, équiper tous les véhicules de ceintures aurait un coût insupportable qui nuirait à la capacité concurrentielle des fabricants et se reporterait inévitablement sur les consommateurs.

Il est vrai que certains conducteurs sont victimes de chauffards méprisant les règles de la circulation. Mais il faut relever que ces cas sont très rares (moins de 0,001% des trajets effectués se terminent par un décès) et que l'État a mis en place un train de mesures dissuasives envers ces dangers publics.

Tout ces éléments nous montrent que le respect mutuel des usagers de la route et leur responsabilisation sont la seule voie envisageable pour assurer la sécurité routière.

Il est inutile d'imposer aux employeurs des conditions sociales contraignantes. En effet, le contenu des contrats relève avant tout de la responsabilité personnelle des employés, et l'immiscion de l'État dans ces affaires n'aurait pour conséquence que de déresponsabiliser les partenaires sociaux, alors même que, dans l'immense majorité des cas, les conditions de travail satisfont toutes les parties, sans incident.

De plus, imposer des normes sociales contraignantes aurait un coût insupportable qui nuirait à la capacité concurrentielle des entreprises et se reporterait inévitablement sur les consommateurs.

Il est vrai que certains employés sont victimes de patrons-voyous méprisant les règles du partenariat social. Mais il faut relever que ces cas sont très rares (moins de 30% des employés se plaignent de leurs conditions de travail) et que l'État a mis en place un train de mesures dissuasives envers ces employeurs indélicats.

Tout ces éléments nous montrent que le respect mutuel des partenaires sociaux et leur responsabilisation, dans le cadre de négociations sur des CCT, sont la seule voie envisageable pour assurer la paix du travail.

Dans l'immédiat:

- Soutenons les employés de Gate Gourmet qui mènent une grève courageuse et nécessaire. Les lève-tôt peuvent s'y rendre mercredi 18, dès 6h15 !

- Examinons ce qu'il adviendra de la proposition de résolution déposée par les Verts et le PS, demandant que le Conseil d'État exige de l'Aéroport, entreprise public, qu'il fasse respecter les règles élémentaires du partenariat social à ses sous-traitants.

- Refusons la Xème péjoration de la Loi sur le Travail dimanche prochain.

- Réfléchissons bien avant d'élire nos autorités le 6 octobre...


11/09/2013

Te recuerdo, Salvador...

allende_salvador.jpgSalvador n'était pas beau, ne sentait pas le sable chaud. Il ne portait pas le treillis ni le béret mais une modeste moustache et de grosses lunettes de myope.

Il est pourtant celui qui a mis en œuvre de la façon la plus aboutie un véritable projet social-démocrate. Celui qui n'a jamais renié les deux composantes de ce terme, que de pseudo-socialistes et de pseudo-démocrates se sont ingéniés à pervertir au cours des décennies suivantes.

Il est aussi la réponse ultime à tous ceux qui nous traitent de staliniens ou de castristes dès lors que nous osons imaginer une autre économie, un autre contrat social. Car, en l'occurrence, ce sont bien les démocraties libérales qui ont sapé ignominieusement le projet socialiste chilien et ont fini par le remplacer par une des pires dictatures du siècle.

Le Courrier de mardi nous rappelait que la Suisse, démocratie auto-proclamée exemplaire, n'avait pas hésité à annuler la garantie des risques à l'exportation vers le Chili, contribuant ainsi à l'asphyxie de tout un pays... Il nous apprend également que les diplomates suisses sablaient le champagne il y a quarante ans... et que les portes de l'ambassade s'étaient fermées devant celles et ceux qui fuyaient la répression.

J'étais au Chili en 1990, en pleine transition, j'avais 17 ans et les Chiliens redécouvraient la liberté de s'exprimer, de débattre, de critiquer et de rêver. J'étais au Chili, dans un colectivo, en août 2000 lorsque la radio a annoncé la levée de l'immunité de Pinochet par la cour suprême. J'ai partagé l'enthousiasme et la joie, un peu désabusés, du chauffeur et des autres passagers...

Certains se désolent des errances libérales, militaristes ou démagogiques des systèmes démocratiques sud-américains. Je préfère garder l'image de militants enthousiastes, d'idées audacieuses et de forums improvisés.

Cette Amérique du Sud te doit beaucoup, compañero presidente !

11:44 Publié dans Chili, Monde | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | |

10/09/2013

Les coopératives maraîchères recherchent de nouveaux adhérents.

070819courgette.jpgVous serez peut-être surpris de l'apprendre: La plupart des coopératives maraîchères romandes sont à la recherche de coopérateurs. Après plusieurs années où les listes d'attente s'allongeaient monstrueusement, au point de décourager certains intéressés, le mouvement semble s'inverser. Le Jardin des Charrotons, par exemple, propose encore quelques paniers hebdomadaires pour l'année 2013, et commence à se faire du souci pour 2014... La situation est à peu près semblable dans les différentes initiatives ACP (agriculture contractuelle de proximité) de Romandie.

Pourquoi cela ?

1. Une incapacité à faire de la pub.

Foncièrement rétives au principe publicitaire et habituées à ne pas manquer de bonnes volontés, les ACP n'ont pas l'habitude, ni l'envie, de développer des trésors de séduction pour convaincre les consommateurs de leurs vertus. De ce fait, bien des gens renoncent encore à s'inscrire, croyant que les listes d'attente sont encore importantes, ce qui n'est plus le cas.

2. Une concurrence... plus ou moins loyale.

Le développement de nouvelles ACP a permis aux Romands de trouver un système d'approvisionnement qui leur convient... et c'est heureux !

Malheureusement, on constate que, le capitalisme se réappropriant systématiquement les bonnes idées pour les pervertir, de nombreux acteurs économiques ont bien compris que les termes "bio" et "local" pouvaient rapporter gros, par l'instrumentalisation du besoin de bonne conscience des consommateurs. C'est ainsi que la grande distribution n'hésite pas à vendre des produits "bio" ayant parcourus des milliers de kilomètres et produits dans des conditions sociales plus que douteuses.

La "vente directe" séduit également ceux qui ne réalisent pas que les agro-industriels concernés vendent bien souvent des fruits et légumes produits hors-sol dans des serres chauffées aux hydrocarbures...

La FRACP, qui fédère les ACP romandes commence à en prendre conscience et cherche à préciser sa charte, dans le but de distinguer les initiatives qui suivent ses principes de celles qui surfent sur la vague "local-bio". Ce travail semblait inutile, il est soudain devenu urgent.

3. La fin de la "mode verte" ?

Il y a quelques années encore, tout verdissait. Les animateurs TV, les marques de 4x4, et même les libéraux adoptaient une couleur résolument tendance. Nous avions d'ailleurs relevé la part d'hypocrisie de cette mode environnementaliste, dénuée de convictions et de programme politique. Aujourd'hui, Doris Leuthard diminue les subventions au solaire, Fukushima va accueillir les prochains JO et les opposants au gaz de schiste passent pour des réactionnaires.

 4. Un malentendu sur les principes fondant les coopératives maraîchères.

Certes, le caractère biologique et local de la production des coopératives est essentiel. Cependant, les ACP y ajoutent d'autres principes, tout aussi fondamentaux, qui ne sont pas toujours compris par certains coopérateurs.

Fondamentalement, les coopératives cherchent à redéfinir la relation producteurs-consommateurs. En effet, par leurs parts sociales, les coopérateurs sont de fait également producteur071819patates3.jpgs et donc responsables de ce qu'ils consomment. Cette responsabilité leur permet d'influer concrètement sur la conduite de l'entreprise, que ce soit lors de discussions à bâtons rompus sur le terrain ou lors des AG, qui permettent effectivement de prendre des décisions importantes concernant la production, son prix, les salaires versés, etc.

Cette responsabilité implique aussi que les consommateurs consacrent un peu de temps et d'énergie à la production, de part leur présence régulière sur le terrain (Les Charrotons et Les Jardins de Cocagne demandent par exemple 4 demi-journée de coups de main, nécessaires tant pour le travail effectué que pour les contacts établis avec les maraîchers et les autres coopérateurs) et leur implication dans les affaires de la coopérative.

Car il ne s'agit pas juste de produire mieux, moins cher, sans gaspillage. Il s'agit de faire vivre et évoluer un modèle économique alternatif visant à rompre avec l'idéologie de la concurrence et du profit.

Ça marche, c'est passionnant, c'est convivial et très souvent rigolo, mais c'est un chemin parfois difficile et parsemé de pièges inattendus. Si vous voulez le suivre en notre compagnie, n'hésitez pas à nous rejoindre !