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23/12/2013

Amère lettre ouverte à René Longet à propos de cohérence et de bons voeux

Cher René,

J'ai eu le douteux plaisir de recevoir tes bons vœux, hier, par courrier électronique. Plaisir, sans doute, car je garde un heureux souvenir de ton action politique, tant à la mairie d'Onex qu'à la tête du PS.

Douteux, car, en fait de vœux, il s'agissait surtout de faire la promotion de ton dernier ouvrage opportunément titré "Les bons choix", le document joint expliquant doctement qu'il est dédié "à toutes celles et ceux qui se battent pour une nouvelle donne agro-alimentaire"...

Or, puisqu'il s'agit de "bons choix", ce texte m'a brutalement renvoyé à la soirée du 23 février 2011, une des pires de ma vie militante. C'était l'AG du PS genevois, tu le présidais alors, et j'en étais encore membre. Il s'agissait de prendre position sur le déclassement des Cherpines. Un collectif de paysans alternatifs inexpérimentés en politique avait récolté près de 12'000 signatures qui s'ajoutaient aux 4'000 obtenues par les Verts et différents partis de gauche pour refuser l'urbanisation d'une plaine alluviale consacrée à la culture maraîchère. Il fallait donc que le PS donne son mot d'ordre en vue des votations.

Un débat avait été organisé, je défendais les paysans, Françoise Jolliat défendait la commune de Confignon. Comme souvent, l'aile productivisto-syndicalisto-asloquiste avait été plus rassembleuse que l'aile environnementaliste et l'attitude très hostile, voire franchement incorrecte de l'assistance, avait immédiatement scellé le sort de l'affaire, le reste du débat n'étant, pour les quelques défenseurs de l'agriculture de proximité, qu'un long pensum.

Et, surprise, à l'issue du débat, tu annonces que, vu le caractère exceptionnel de l'objet, tu entends te départir de ta neutralité présidentielle, et donner ton point de vue juste avant le vote. Sans illusion sur l'impact d'une prise de position de ta part favorable aux maraîchers, j'ai intérieurement loué ton courage... jusqu'à ce que tu expliques doctement que, compte tenu des circonstances (je ne me rappelle plus lesquelles te semblaient particulièrement éminentes), il fallait sacrifier ses principes et renoncer à défendre les paysans qui militaient pour l'accès à la terre.

La suite est connue, le PS a fait une campagne globalement alignée sur la CGI et le PLR (Les slogans affichés étant quasiment les mêmes) et, le 15 mai, tu répondais tranquillement à la presse que la position du PS, seul parti de gauche favorable au déclassement, avait été déterminante dans la courte victoire des bétonneurs, position censée rendre le parti incontournable dans les prises de décisions sur les modalités de cette urbanisation.

Chimère, évidemment, puisque, comme on le sait, le PS est resté à sa place, marginale, dans les processus qui, une fois les oppositions des riverains écartées à grands frais, vont détruire les terres agricoles de la plaine de l'Aire. Chimère, évidemment, lorsque l'on se rend compte que, même sur le dossier PAV, le Conseil d'État semble disposé à s'asseoir sur les engagements pris avec les milieux de défense des locataires...

Ce qui, en revanche, n'est pas chimérique, c'est l'avenir de la coopérative "Le Jardin des Charrotons", qui, 30 mois après le vote, n'a toujours pas trouvé de solution de relogement, malgré la résolution 611, présentée alors par le PS comme le meilleur outil pour pérenniser les activités agricoles des entreprises de la place. Il va sans dire que l'État ne lui a fait aucune proposition de relocalisation, ni le PS d'ailleurs, qui, manifestement, a de la peine à soutenir des associations dont le financement (et le salaire des cinq employés) repose sur la vente de ses produits et non sur les subventions votées par ses élus.

Alors oui, je suis amer, et depuis que je l'ai reçu, ton courriel me fait bouillir. Car, en matière de "bons choix", la plus élémentaire des courtoisies aurait été de ne me pas l'adresser. Mais, sur ce point également, je suppose que les impératifs de la realpolitik empêchent de jeter un œil à la liste des destinataires plus ou moins anonymes de tes vœux.

Il y a des jours où je regrette d'avoir quitté un parti où je garde de solides amitiés envers de remarquables personnes. Il y a des jours où je me rappelle pourquoi je l'ai fait et pourquoi j'ai eu raison de le faire.

Sur ce, accepte, ainsi que l'ensemble des lecteurs de cette note, mes vœux pour une excellente année 2014, qui, je l'espère, satisfera tous les militants et débatteurs qui se démènent, parfois dans une confusion aussi joyeuse qu'inaudible, pour améliorer notre république... et le monde.

Julien

09/12/2013

TPG : Toujours plus lents ?

Soyons justes: Les TPG ont considérablement amélioré leur offre au cours des dernières années, malgré quelques décisions parfois plus que discutables.

C'est d'ailleurs avec une grande satisfaction que j'ai découvert il y a quelques semaines, que les lignes K et L, qui desservent la Champagne, seront prolongées dès le 15 décembre jusqu'au Stade de Genève, assurant ainsi la correspondance avec les CFF à Lancy-Pont-Rouge et la ligne 15 au Grand-Lancy. De même, le choix de contourner Bernex plutôt que de le traverser semblait judicieux, tant du point de vue de la rapidité que de la quiétude des Bernésiens.

C'est donc avec impatience que j'attendais les nouveaux horaires, histoire de savoir combien de temps nous gagnerions pour nous rendre dans les différents points de l'agglomération. Pestant à plusieurs reprises contre le site Internet, toujours muet sur les nouveaux horaires à 6 jours du changement, on m'a fait remarquer que les fiches-horaire étaient en fait déjà en ligne.

Et là, résultat consternant:

- Perte de 3 minutes sur le trajet du L Champagne - Onex/Pt-Lancy. Aucun gain pour le K.
- Perte de 5 minutes sur le trajet du L Champagne - Stade de Genève (il y avait une bonne correspondance avec le 22, par les Palettes).
- Perte de 8 minutes sur le trajet du L Champagne - Lancy-Pt-Rouge (il y avait une correspondance avec le 21 qui s'arrêtait devant la gare contrairement au L qui s'arrêtera au P+R Etoile).
- Et l'on peut ajouter la disparition de la liaison directe avec le centre de Bernex (avec la Poste par exemple, qui a presque disparu des campagnes...)...

Certains argumenteront que sur un trajet aussi long, perdre 3 ou 8 minutes est insignifiant et que, de toute manière, ce sont de mauvais contribuables (principalement des jeunes, des vieux et des pauvres) qui sont captifs des TPG dans la campagne. On leur répondra que, sans un service nettement plus direct, il est illusoire d'envisager un transfert modal conséquent et de faire diminuer la pendularité automobile.

Désormais, la gare Cornavin est plus proche de Palézieux ou d'Yverdon que d'Avusy et le temps de trajet Avusy-Stade de Genève est plus important que celui d'un Berne-Zurich...

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06/12/2013

Mandela: Pourquoi la RTS a-t-elle osé inviter Geneviève Aubry ?

Le haut-le-coeur a failli me faire choir de ma selle. Le présentateur de Forum venait d'annoncer la venue de Geneviève Aubry dans le cadre de l'émission traitant de la disparition de Nelson Mandela.Nelson-Mandela’s-Top-Five-Contributions-to-Humanity-570x398.jpg

Comment ont-ils osé ? Une relique de ce qui s'est fait de pire au siècle passé. Une représentante d'une realpolitik qui allait au-devant des désirs des dictateurs les plus infâmes, dans l'espoir de grappiller quelques miettes issues du pillage de leur peuple. Une illuminée qui, sous prétexte d'anti-communisme a cautionné les pires atrocités, à commencer par celles de ceux qui ont enfermé, 27 ans durant, celui qui allait devenir le Gandhi de l'autre moitié du siècle...

Et j'ai compris, au fur et à mesure des énormités lâchées par l'indigne mégère :

- "L'apartheid était une étape incontourGAubry.jpgnable pour aider les noirs à sortir de leur sous-développement"

- "La Suisse a investi de l'argent en Afrique du Sud pour aider l'ANC."

- "Si la Suisse n'avait pas aidé le régime, nous aurions aujourd'hui encore l'apartheid (sic !)", ...

Il s'agissait, pour les producteurs de l'émission de magnifier l'universalité, l'ouverture d'esprit et l'intelligence politique de Mandela en la confrontant aux idées nauséabondes qu'il a sereinement et fermement combattues.

Comment ne pas admirer encore plus cet homme, lorsqu'on réalise l'indécence de celles et ceux qui n'ont pas hésité à s'allier à ses ennemis pour singer un deuil incongru aujourd'hui ?

Comment ne pas réaliser que ce sont les représentants des mêmes partis qui faisaient hier des affaires en Afrique du Sud, qui font toujours leurs profits auprès des dictatures les plus sanguinaires ?