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10/03/2014

Rémunération de la fonction publique: À la mi-temps, match bloqué et SCORE nul !

Imaginez votre môme recevant une épreuve d'allemand : 4,5. C'est mieux que son voisin Kevin, qui doit se contenter d'un petit 3, mais moins bien que Jessica, qui, une fois n'est pas coutume, obtient un 5.

Ducobu.jpgRien d'étrange ! Pourtant, à part la note griffonnée à la hâte dans le coin droit de la feuille, aucune trace de correction, aucune attribution de points par exercice, rien qui permette à votre progéniture de savoir pourquoi elle obtient ce résultat. Et encore, elle peut s'estimer chanceuse, car la moitié de la classe reçoit sa copie sans aucune évaluation. Scandale ? Non, respect de la propriété intellectuelle sur la méthodologie de correction du prof...

Ecole-fiction ? Non, simple transposition de ce que vivent les employé-e-s de la fonction publique depuis début novembre, lorsque le Conseil d'État sortant a courageusement publié l'avant-projet de SCORE, programme de réévaluation des salaires de l'État, à quelques jours de son remplacement par une nouvelle équipe.

Au-delà des habituels points d'achoppement entre "ceux qui y perdent" et "ceux qui pourraient y gagner", il est rapidement apparu que l'entreprise privée chargée, à grand renfort de finances publiques, de concocter cette réforme, n'entendait aucunement communiquer les résultats de ses travaux, par protection de sa méthodologie. Le prétexte semble amusant lorsque l'on sait que ladite méthodologie consiste simpleement à donner des points à des critères aussi originaux que "savoir-faire", "coopération" ou "sollicitations physiques" et que c'est précisément cette notation qui serait sous le sceau du secret.

S'agit-il d'une démonstration supplémentaire de la dramatique incurie de ceux qui croient résoudre les problèmes publics en mandatant des consultants privés ? D'un abus particulier de l'entreprise concernée ? D'une mauvaise volonté de l'autorité politique à publier des informations qui mettraient à nu les faiblesses de la méthode employée ? Dans l'ignorance, nous ne pouvons que poser des hypothèses.

Mais, ce qui semble certain, c'est que si les fonctionnaires n'accepteront pas d'être maintenus dans l'opacité, il serait étonnant que les députés votent tel quel un projet dont les bases restent secrètes. Car, jusqu'à preuve du contraire, ils sont les dépositaires de l'argent des contribuables et doivent obtenir précisément les raisons pour lesquelles tel ou tel employé se voit mieux rémunéré que telle autre.

Cette semaine, ce sont les enseignant-e-s du Cycle, plutôt malmenés par la réforme, réagissent par un blocage administratif d'avertissement. Aucun impact sur les élèves et les familles, mais une façon de montrer leur détermination à leur hiérarchie... et leur capacité à bloquer le système administratif si le dossier ne se débloquait pas.

Voilà quatre mois que le projet est sur la table, quatre mois pendant lesquels le nouveau Conseil d'État a dû s'emparer du paquet. Il est maintenant nécessaire qu'il l'amende... ou y renonce.

Commentaires

Oh là là là, ce serait le royaume de petits chefs prétentieux, bien souvent d'une incompétence rare qui vont noter leurs subalternes bien plus qualifiés qu'eux et plus expérimentés de manière dévalorisante dès lors qu'ils oseront parler d'un dysfonctionnement ou de maltraitance, ce qu'ils ne font déjà pas par peur des représailles depuis longtemps.

La transparence s'impose, à tous les niveaux ! L'employé qui est noté, doit avoir une copie de ces notes et explications, de manière à pouvoir se retourner s'il se sent lésé.

Ces services de l'Etat sont devenus un nid de crabes, que nous payons très très cher, pour faire très très mal leur travail.

Il serait plus urgent de mettre un bon coup de balai.

Écrit par : Jmemêledetout | 10/03/2014

Par définition, le règlement d'organisation qui structure le barême de rémunération des fonctionnaire doit être public. Et c'est bel et bien la ou les personnes qui ont signé un tel contrat incluant une protection intellectuelle non applicable qui devrait répondre devant un tribunal de gestion deloyable des intérêts de l'Etat.

Écrit par : Oui Mais Non | 10/03/2014

Un patron a-t-il le droit de changer les termes et conditions d'un contrat de travail unilatéralement? Quand ce patron est l'Etat, qu'en est-il de la parole de l'Etat? Où sont passées les exigences sur les valeurs et la dignité? A la poubelle?

Écrit par : Johann | 10/03/2014

"la parole de l'Etat"
Il semble il semble que l'Etat ne connaît que des intérêts, mais il décide aussi lesquels il doit défendre et à qui il doit rendre des comptes, s'il veut bien en rendre.
On pourrait pourtant penser que ces responsabilités soient fixées par une Constitution.

Écrit par : Mère-Grand | 11/03/2014

Braves et honnêtes députés, "dépositaires de l'argent du contribuable". Personne ne doute, naturellement, qu'ils oeuvrent au mieux de leur compétence pour gérer l'argent des contribuables. Quant à savoir s'ils le font dans l'intérêt du contribuable, voilà une tout autre question....

Écrit par : Henri Barbo | 12/03/2014

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