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16/04/2014

Ceux qui prétendent que la classe moyenne est ecrasée d'impôts n'en font pas partie...

Il y a quelques semaines, je m'étais fait reprendre plutôt sèchement par des connaissances de gauche comme de droite, après avoir osé suggérer que l'écrasement de la classe moyenne par l'impôt tenait du mythe.

Un article de la Tribune d'aujourd'hui tend à me donner raison. En marge de l'excellente nouvelle concernant la fin possible de la sous-enchère fiscale orchestrée par les cantons de Suisse centrale, il propose une carte plutôt malaisée à lire, mais riche en enseignements.

Selon vous, dans quel canton cette fameuse "classe moyenne" (nous prendrons ici un couple mariés, 2 enfants, avec un revenu de 125'000.-) paie-t-elle le moins d'impôts ? Vous citerez rapidement Zoug, puis Schwytz, et vous aurez raison ! MaisCanton, Suisse, charge fiscale, classe moyenne il est fort probable que vous ignoriez que Genève vient en troisième position, avant Zurich, avant Nidwald, avant Uri et surtout bien avant Vaud ou Neuchâtel.

Le tableau ci-contre, tiré d'un rapport annuel de l'OFS, risque de vous surprendre et mériterait d'être présenté à tous les acteurs du monde politique local qui n'ont d'autre horizon que la baisse de la fiscalité. Il semble en effet évident que ces gens sont mal renseignés sur la réalité de la charge fiscale d'une classe à laquelle ils n'appartiennent manifestement pas...

Commentaires

bonjour

Est-ce qu'un couple avec deux enfants, déclarant un revenu de chf 125'000.--

représente la classe dit moyenne à Genève ?

J'en suis pas certain !

Écrit par : Thierry CERUTTI | 16/04/2014

C'est bien ce que je sous-entends. Alors que le revenu médian des ménages suisses est de 91'452.-, une part des politiciens pensent que 125'000 est en-dessous de la classe moyenne. C'est une forme de myopie assez commune, qui fait penser que la "classe moyenne", c'est moi avec une marge de 30-50%.

Ou alors estimez-vous que 125'000, c'est au-dessus, mais dans ce cas, la démonstration joue aussi bien (et même mieux) avec les revenus inférieurs.

(pour le revenu médian: http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/20/02/blank/key/einkommen0/niveau.html)

Écrit par : Julien Nicolet | 16/04/2014

... et pour compléter, l'OCSTAT confirme que le revenu médian des couples mariés en 2010 était de 123'624.- Je n'avais pas ce chiffre quand j'ai décidé d'extraire les valeurs pour 125'000.-, mais je ne suis manifestement pas tombé loin ! Donc oui, on est en pleine classe moyenne genevoise !

https://www.ge.ch/statistique/domaines/apercu.asp?dom=20_02

Écrit par : Julien Nicolet | 16/04/2014

Bonjour,
J'avais déjà analysé cette publication sur mon blog fin 2013 :
http://olivierfiumelli.blog.tdg.ch/archive/2013/11/20/temp-749243afb05c5951b5f3c392b6526d8d-250020.html
Je concluais sur le fait que la fiscalité genevoise est très sociale, en faveur des familles, et qu'il fallait justement remercier ceux qui était à l'origine de la loi votée en 2009. Et ce n'était pas la gauche...

Écrit par : Olivier Fiumelli | 16/04/2014

- Oui, les réformes fiscales ont globalement fait baisser les impôts, en particulier des familles, mais encore plus des familles riches.
- Oui, Genève a une fiscalité particulièrement progressive, ce qui est en principe garant d'un système juste sur le plan social, mais pose d'autres problèmes, notamment en terme d'impact des déductions, bien plus élevé pour les hauts revenus, qui ont de plus généralement plus d'accès à des effets d'aubaine fiscaux (3e pilier, déductions pour indépendants,...)
- Le problème actuel vient donc de ces baisses fiscales inconsidérées, au moment où un crise économique mondiale se préparait, au lieu de chercher à résorber la dettes alors que l'heure était encore aux vaches grasses. Résultat, on a un système fiscal particulièrement clément, qui épargne largement la classe moyenne, notamment les familles, mais des services sociaux et de santé au bord de la rupture, faute de financement adéquat. Evidemment, ce n'est pas un discours aisé à tenir, quand bien même il reflète la réalité !
Donc, le refus des baisses de 2009 ne venait évidemment pas de la distribution de ces baisses, mais du principe même de la baisse dans un contexte économique qui ne le permettait pas,... et le permet encore moins aujourd'hui !

Écrit par : Julien Nicolet | 16/04/2014

M. Cerutti à l'image de votre parti vous prenez positions sans vous renseigner sans savoir et avec une manière toujours la même: "je n'en suis pas certain" Comme si la vérités sortait de votre cerveau, or pour améliorer vos prises de positions commencez par examiner les statistiques ça vous permettra de savoir de quoi vous parlez. Enfin si vous aimez ridiculiser le mcg continuez comme ça rien ne me fait plus plaisir.

Écrit par : Steve Ovic | 16/04/2014

Étant moi-même dans ce que vous qualifiez de "classe moyenne" (genevoise), à savoir un revenu familial de 125000 francs annuel, avec un enfant à charge, je vous répondrais les points suivants :

1. je ne bénéficie, vu mon revenu, d'aucune aide sociale (ce qui est normal!)
2. je paie par conséquent un "loyer libre" (digne d'un esclavagiste) de CHF 2700.-- charges et place de parc comprises, pour loger ma famille dans un quatre pièce "genevois", équivalent à un 5 pièce suisse. En comparaison, le "top-ten" fiscal de votre liste ne dépasse que rarement les 2000.-- francs mensuels de loyer pour un même objet, soit une différence annuelle de CHF 8400.-- minimum.
3. Je paie des assurances-maladie pour mon épouse, mon fils et moi-même qui sont parmi les plus hautes de Suisse (avec Neuchâtel, qui est déjà en queue de classement). Le tout sans subside étatique évidemment. Une différence qualifiable de bagatelle, équivalente pour ma famille de 3 personne à environ CHF 4000.-- annuels (avec un canton rural comme Uri ou Schwytz par exemple).

Rien qu'avec les points 2. et 3, vous aurez compris que mon salaire, bien que "classe moyennesque", ne présente absolument pas la même capacité contributive qu'un salaire équivalent à Zoug, Schwytz, Unterwald, ou même en Valais. En réalité, en additionnant les différences que j'ai mentionnées à l'imposition, Genève finit en queue du classement présent ci-dessus. Et je vous passe les différences moins flagrantes que celles énumérées ci-dessus. Tout ceci pour dire que parler en chiffres "absolu" pour qualifier la classe moyenne est totalement irréaliste et absurde dans notre système fédéraliste, où même une prime d'assurance-maladie n'est pas identique d'un canton à l'autre, pour une prestation pourtant identique.

Personnellement, j'ai perdu toute capacité d'épargne malgré mon salaire pourtant "classe moyennesque" et je peine à finir les mois qui s'enchainent. Mes remarques n'ont rien de politique, mais tiennent juste du pragmatisme : si les impôts devaient augmenter, je me verrais obliger de quitter Genève pour d'autres cieux. Devenir frontalier? C'est visiblement l'option de ceux qui veulent un avenir meilleur. Même les fonctionnaires internationaux, pourtant exonérés de l'impôt, de s'y sont pas trompés et préfèrent l'Ain ou la Haute-Savoie à Genève...

Écrit par : Yves Brand | 16/04/2014

payer 17'118.- CHF à Neuchâtel vous laissera certainement davantage de sous que payer 8'260.- à Genève. Les loyers sur GE sont une honte qui enrichit Régies et proprios. Un R majuscule à Régies, comme des requins.

Écrit par : Keren Dispa | 17/04/2014

Les loyers élevés sont tout aussi élevés pour tous les habitants ne faisant pas partie de la classe moyenne. J'habite un HLM de 3 pièces genevois (habitation à loyer modéré)! Le loyer actuel normal est de 1800 chf. Je ne paie pas de surtaxe et mon salaire dépasse de 20 chf (Je dis bien 20) le montant permettant d'obtenir une allocation logement.

Écrit par : Jessica Willis | 17/04/2014

Ce texte cache bien plus de choses qu'il n'en montre. Le lecteur ignore si ces 125'000 CHF sont le fruit d'un ou de deux salaires, ni s'ils integrent les allocations familiales, notamment. Par ailleurs, prendre le salaire median comme valeur de reference pour la classe moyenne, c'est confondre le median et la moyenne et ignorer la definition de la classe moyenne utilisee par les economistes. Enfin, affirmer que les deductions fiscales favorisent les renevus eleves est une contre-verite, car les deductions sont plafonnees et font proportionnellement baisser bien plus l'assiette fiscale des bas et moyens revenus. Pour ne rien dire de la difference de pouvoir d'achat de 125'000 a GE ou a Delemont.
Au final, reste la demonstration que ces comparaisons ne sont que de peu d'utilite dans la fixation d'une politique fiscale. Reste aussi le sentiment que pour certains, la question de comment l'Etat depense son argent n'interesse pas. Seul interesse l'accroissement des ressources publiques. Ce n'est rien d'autre que de l'ideologie deguisee en pragmatisme.

Écrit par : Michel Chevallier | 19/04/2014

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