UA-74655322-1

18/05/2014

Transports genevois: un soupçon d'incohérence ?

A l'examen des résultats des votations genevoises, un observateur extérieur serait sans doute assez fasciné par l'incohérence de cette population qui, tout en râlant perpétuellement contre les tracas de mobilité, refuse obstinément d'ouvrir sa bourse pour financer leur résolution...

On a déjà eu l'occasion de s'exprimer sur le caractère démagogique de l'initiative sur les tarifs des TPG, essayons de comprendre le sens du refus citoyen de construire des P+R en France. Et là, on ne peut imaginer que trois hypothèses:

- Les P+R seraient de mauvaises solutions aux encombrements. Dans ce cas, il faut choisir entre le "tout voiture" (et ne plus se plaindre des bouchons) et le tout "transports publics" (et les financer, mais on décide simultanément de réduire leurs recettes). Mauvaise piste...

- Il faut construire ces P+R en Suisse et les financer intégralement. Soit, mais dans ce cas, ça coûtera cher, beaucoup plus cher, entre autre parce qu'on imagine mal les collectivités publiques françaises accepter d'en payer une partie... Sans parler de l'emprise sur notre territoire d'une telle solution... Mauvaise piste...


- Les pendulaires se débrouilleront bien sans infrastructure particulière. C'est déjà le cas dans certaines zones du canton. Le parking du terrain de sport des Cherpines, par exemple (cf. photo)IMG_20140518_164926.jpg, est squatté quotidiennement par des voitures de pendulaires progressivement repoussés là par les légitimes restrictions de stationnement aux Palettes et à Plan-les-Ouates. Les sportifs motorisés (!?) sont mécontents, les pendulaires doivent marcher jusqu'au premier arrêt de bus, la voirie n'est pas prévue pour un tel trafic. Il y a donc fort à parier que, là également, des zones bleues apparaissent, repoussant anarchiquement les voitures du côté de Perly ou Certoux... Mauvaise piste...

On en conclut donc que le corps électoral genevois transmet un message particulièrement brouillé aux autorités,... et que la tâche de Luc Barthassat sera des plus ardues, dès demain matin...

A moins que, par leur refus conjugué des bagnoles pendulaires et du développement des TPG, les électeurs aient souhaité promouvoir les autres moyens de transport, à savoir la marche à pied et le vélo (éventuellement électrique).

Rappelons qu'il y a trois ans, ils avaient accepté, une fois n'est pas coutume, un texte ayant trait aux transports, qui demandait précisément un développement rapide et cohérent des infrastructures de mobilité douce. Aujourd'hui, c'est la seule base démocratiquement acquise sur laquelle l'État peut durablement esquisser un plan de mobilité.

Il n'y a plus à tergiverser, le seul moyen que la population nous laisse pour gérer les flux pendulaires ne consiste plus à construire des pistes cyclables, mais à transformer des routes en voies exclusivement réservées à la mobilité douce !

Commentaires

Bravo Julien pour ce résumé de l'ambiance actuelle dans feu la zone agricole des Cherpines-Charrotons!
Qui prouve si besoin était que les propriétaires terriens mériteraient parfois de se faire réquisitionner leurs terres... par celles et ceux qui voudraient les cultiver!

Écrit par : Nicolas Bloch | 03/06/2014

Les commentaires sont fermés.