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26/05/2014

Pour un souverainisme européen !

Trop souvent, c'est par le vol des mots que les courants politiques les moins honorables parviennent à séduire. Si l'abus du terme "libéralisme" est fréquemment analysé et dénoncé, le moment est peut-être venu de se pencher sur le sens réel de "souverainisme".

On le sait, les partis d'extrême-droite, suivis sans aucune réflexion par une presse en mal de synonymes, se sont approprié ce mot, venu du Québec, comme alternative à "nationalisme" ou "indépendantisme".

Capture du 2014-05-26 09:37:50.pngChoix très judicieux, puisque, si le nationaliste ou l'indépendantiste se réfère à une ethnie et à un territoire - fonds de commerce des partis brunasses en question - le souverainiste ne cherche, étymologiquement, qu'à réaffirmer ou réinstaurer une forme de souveraineté non définie (mais qu'on peut supposer démocratique) sur un territoire non défini.

Or, c'est précisément ce défaut de participation démocratique qui a progressivement transformé l'UE en monstre technocratique, bouc émissaire de (presque) tous les partis, chargé de tous les péchés ultra-libéraux que les politiciens nationaux refusent d'endosser.

C'est ce défaut de participation démocratique qui fait que l'Europe est mal aimée des Européens, qui la subissent sans la construire.

C'est ce défaut de participation démocratique qui débouche sur des situations inextricables où le peuple n'est convoqué que pour entériner qu'"il n'y a pas d'alternative possible" à la dérégulation, la privatisation et l'austérité, quand bien même de nombreux pays se sont sortis de leur crise en appliquant d'autres solutions.

L'Europe connaît donc bien une crise de souveraineté. Mais il est aberrant et dangereux de vouloir la résoudre en refermant les frontières, en recentrant le pouvoir au niveau des États-nations, en affaiblissant l'Union et en éveillant les démons qui, une fois n'est pas coutume dans l'histoire de notre continent, s'étaient assoupis pendant plus d'un demi-siècle.

Rappelons-nous que l'extrême-droite fascistoïde n'est pas la seule à progresser. Dans de nombreux pays émergent des forces populaires qui rêvent d'une Europe fraternelle, dans laquelle un peuple européen uni aurait la capacité de mettre en œuvre des politiques alternatives, durables, sociales et participatives, à rebours du brouet que nous sert la démocratie-chrétienne européenne depuis sa tour d'ivoire bruxelloise, trop souvent assistée en cela par de prétendus sociaux-démocrates.

Réjouissons-nous donc de la victoire de Syriza en Grèce et de l'excellent score des coalitions vert-rouge au Portugal, en Espagne, en Suède, en Finlande et à Chypre et réaffirmons que l'Union Européenne ne peut se construire que sur le renforcement de la souveraineté démocratique du peuple européen.

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21/05/2014

Cafouillage aux votations: requiem pour nos urnes ?

Le privé plus efficace que le public ? L'organisation des votations de dimanche a apporter un nouvelle cinglante démonstration du contraire.

IMG_20140521_103203.jpgParmi les services de l'État, j'ai une affection particulière pour celui en charge des votations et élections (SVE). Responsable d'un tâche apparemment simplissime, il doit faire preuve d'une méticulosité et d'un sens de l'anticipation qui permet d'assurer que chaque citoyen puisse exercer aisément son droit de vote ou, plus largement, ses droits civiques - la disponibilité et la patience de ses employés a été également testée avec succès par le coordinateur de référendum en herbe que je fus...

Or, le 24 janvier dernier, une discrète décision du Grand Conseil (ici, le mémorial des très brefs débats) est venue briser la précision de la mécanique savamment huilée des votations à Genève. En effet, notre parlement décidait de retirer à la Police la tâche de collecter les urnes*, les bulletins remplis et les procès-verbaux, pour confier cette mission à une entreprise de sécurité privée.

Résultat: En essayant de joindre cette entreprise, les responsables de locaux sont tombés sur une vulgaire Combox standardisée et ont entamé une longue attente, ponctuée de tentatives d'appels inutiles, le seul service répondant fidèlement demeurant celui...Votations, élections, genève, Protectas des votations et élections, malheureusement tout aussi démuni pour résoudre le problème généré par notre parlement. Bref, à 15h30, certains bureaux de la ville n'avaient toujours pas pu fermer...

Heureuse surprise, mardi matin, les responsables de bureaux recevaient un courrier présentant les excuses du SVE pour ce cafouillage, quand bien même ce n'était pas ce service, mais bien l'entreprise mandatée qui en portait l'exclusive responsabilité et qui, bien entendu, n'a pas jugé bon de communiquer ses regrets à ce propos...

Trois commentaires à propos de ce raté:

- L'organisation des scrutins est une des expressions les plus nobles et les plus visibles d'un État démocratique. Vouloir privatiser certaines tâches y relatives est non seulement dangereux (Malgré nos solides traditions, nous ne sommes pas à l'abri de magouilles électorales et l'État doit éviter toute situation suspecte à ce propos), mais surtout symboliquement désastreux.

IMG_20140521_101908.jpgSi l'on peut comprendre que la Police ait d'autres chats à fouetter (et à convoyer), notre administration compte des centaines d'employés qui pourraient parfaitement remplir cette mission, à commencer par ceux qui sont précisément payés pour transporter du matériel dans des véhicules légers...

- Le privé, une fois de plus, fait la preuve que l'appât du profit n'est pas compatible avec un service désintéressé et de qualité. On peut supposer que l'appel d'offre a débouché sur le choix de l'entreprise moins-disante, ce qui, une fois de plus débouche sur un désastre organisationnel...

- S'il fallait vraiment sous-traiter la noble tâche consistant à convoyer ces bulletins, autant le faire auprès d'une entreprise sociale, sans but lucratif et écologique, les cyclomessageries sont par exemple nombreuses dans notre canton !


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* En fait, les urnes restent physiquement dans les communes, ce sont les bulletins et le PV qui repartent au SVE dans une boîte scellée.

18/05/2014

Transports genevois: un soupçon d'incohérence ?

A l'examen des résultats des votations genevoises, un observateur extérieur serait sans doute assez fasciné par l'incohérence de cette population qui, tout en râlant perpétuellement contre les tracas de mobilité, refuse obstinément d'ouvrir sa bourse pour financer leur résolution...

On a déjà eu l'occasion de s'exprimer sur le caractère démagogique de l'initiative sur les tarifs des TPG, essayons de comprendre le sens du refus citoyen de construire des P+R en France. Et là, on ne peut imaginer que trois hypothèses:

- Les P+R seraient de mauvaises solutions aux encombrements. Dans ce cas, il faut choisir entre le "tout voiture" (et ne plus se plaindre des bouchons) et le tout "transports publics" (et les financer, mais on décide simultanément de réduire leurs recettes). Mauvaise piste...

- Il faut construire ces P+R en Suisse et les financer intégralement. Soit, mais dans ce cas, ça coûtera cher, beaucoup plus cher, entre autre parce qu'on imagine mal les collectivités publiques françaises accepter d'en payer une partie... Sans parler de l'emprise sur notre territoire d'une telle solution... Mauvaise piste...


- Les pendulaires se débrouilleront bien sans infrastructure particulière. C'est déjà le cas dans certaines zones du canton. Le parking du terrain de sport des Cherpines, par exemple (cf. photo)IMG_20140518_164926.jpg, est squatté quotidiennement par des voitures de pendulaires progressivement repoussés là par les légitimes restrictions de stationnement aux Palettes et à Plan-les-Ouates. Les sportifs motorisés (!?) sont mécontents, les pendulaires doivent marcher jusqu'au premier arrêt de bus, la voirie n'est pas prévue pour un tel trafic. Il y a donc fort à parier que, là également, des zones bleues apparaissent, repoussant anarchiquement les voitures du côté de Perly ou Certoux... Mauvaise piste...

On en conclut donc que le corps électoral genevois transmet un message particulièrement brouillé aux autorités,... et que la tâche de Luc Barthassat sera des plus ardues, dès demain matin...

A moins que, par leur refus conjugué des bagnoles pendulaires et du développement des TPG, les électeurs aient souhaité promouvoir les autres moyens de transport, à savoir la marche à pied et le vélo (éventuellement électrique).

Rappelons qu'il y a trois ans, ils avaient accepté, une fois n'est pas coutume, un texte ayant trait aux transports, qui demandait précisément un développement rapide et cohérent des infrastructures de mobilité douce. Aujourd'hui, c'est la seule base démocratiquement acquise sur laquelle l'État peut durablement esquisser un plan de mobilité.

Il n'y a plus à tergiverser, le seul moyen que la population nous laisse pour gérer les flux pendulaires ne consiste plus à construire des pistes cyclables, mais à transformer des routes en voies exclusivement réservées à la mobilité douce !

15/05/2014

Cherpines: 3 ans après...

Logo, Cherpines, Charrotons, Plaine de l'AireIl y a 3 ans jour pour jour, le peuple acceptait, à une courte majorité, le déclassement des Cherpines, contre lequel un groupe de défenseurs de l'agriculture de proximité (secondé par les Verts, Solidarités et quelques partis et associations de la place) avait lancé un référendum.

Commémorer une défaite, certes honorable, n'est pas chose facile. Mais plus de 1000 jours après le déclassement, il n'est peut-être pas inutile de tirer un bilan en trois volets:

Du côté du projet d'urbanisation

Un pessimiste commencerait par rappeler que, au cours des trois dernières années, la population genevoise a augmenté de 12'000 habitants alors que les 3'000 logements promis en 2011 sont encore loincherpines-mobilite_flyer_15mai_imagelarge.jpg d'être bâtis... et même dessinés. Mais cela était inévitable et largement assumé par les promoteurs du déclassement.

On s'étonnera par contre de l'abandon complet du terme "éco-quartier" qui, pourtant servait d'argument-massue sur les affiches des trois partis (PS, PDC et PLR) qui, alliés avec la CGI, avaient bétonné une campagne à plusieurs centaines de milliers de francs.


De fait, à part la récupération de la chaleur émise par la zone industrielle voisine, aucun objectif écologique ambitieux n'apparaît dans le PDQ présenté à la population le 4 mars, au point que les demandes du Conseil Municipal de Plan-les-Ouates de modération des places de stationnement n'ont pas été reprises dans le plan et que la motion 2031 fixant des objectifs de mobilité dignes d'un éco-quartier a été balayée en commission.

On notera également l'abandon du secteur des "terrasses de l'Aire" qui devait maintenir un peu de verdure entre l'autoroute et la zone industrielle, et l'on rPF_MG_3930.JPGelèvera l'insistance des présentateurs du projet à assurer à la population que la desserte routière du quartier et de l'autoroute sera améliorée.

Les Cherpines aujourd'hui

Trois ans après le déclassement, le promeneur sera prIMG_20140514_210530.jpgincipalement surpris par l'état de délabrement dans lequel le principal maraîcher industriel a laissé la zone. Satisfait d'avoir pu déménager sa production, il a laissé ses tunnels à l'abandon, les carreaux de ses serres sont brisés et son hangar ne sert plus qu'à entreposer des légumes provençaux transportés par des poids-lourds vantant l'agriculture "bio" et "locale" (sic !).

Au deux extrémités, d'un côtéPF_MG_3945.JPG un nouveau bâtiment est venu empiéter sur les terrains de sport pour offrir des vestiaires plus luxueux pour les footballeurs et des gradins pour leurs spectateurs. De l'autre, une pépinière et quelques maraîchers poursuivent leur activité, comme Damoclès sous son épée.




Du côté du Jardin des Charrotons

On se le rappelle, c'est cette coopérative qui avait initié la lutte pour la préservation des terres agricoles de la Plaine de l'Aire.

Contrairement à ce qui avait été affirmé lors des débats au Grand Conseil, aucune proposition concrète de relocalisation de ses activités ne lui a jamais été faite. Ses recherches demeurent vaines et il devient urgent pour elle de trouver 3 hectares de terres cultivables si elle entend poursuivre son activité.i_096.jpg

Malgré la résolution demandant au Conseil d'État de relocaliser tous les exploitants (et votée à la quasi-unanimité du Grand Conseil en parallèle au déclassement), ses deux rencontres avec les responsables du projet Cherpines n'ont pour l'instant rien donné, même si plusieurs  solutions ont été esquissées.

Le 28 avril dernier, le Conseiller d'État Luc Barthassat acceptait des recevoir des représentants des Charrotons. Dans un ambiance cordiale et détendue, il a témoigné de sa sympathie et de son respect pour le travail effectué par la coopérative, mais a reconnu que les terres agricoles, à Genève, "ça ne se trouve pas comme ça"...

Exactement ce que nous disions il y a trois ans...

 

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14/05/2014

Un océan de colza... pour nourrir nos voitures !

En déplacement dans la Beauce, je m'attendais à voir des milliers d'hectares de céréales. J'y ai trouvé des étendues jaunes presque à l'infini... comme chez nous où, depuis quelques années, les surfaces consacrées à la culture du colza ont fortement augmenté.

Colza, Chancy, Genève, SuisseLes photographes et les promeneurs s'en réjouissent, mais s'interrogent. Les Européens seraient-ils pris d'une frénésie d'huile à salade ?

La réalité est un peu plus inquiétante, puisqu'un rapport de l'IFPEN (ex-Institut Français du pétrole), nous révèle que près des deux tiers des surfaces de colza en Europe sont utilisées pour la production d'un agrocarburant mal nommé "biodiesel".

En croisant cette information avec les données de la FAO, on réalise rapidement que plus de 5 millions d'hectares de terres européennes sont consacrées au colza-carburant, soit environ 5 fois la surface agricole utile de la Suisse !

Et pourtant, cet usage massif du sol européen ne permet de fournir que 5% du diesel (à l'exclusion donc des autres carburants et combustibles) consommé en Europe.

On se trouve donc face à un exemple représentatif des désastres causés par une approche purement technique des problèmes environnementaux:


- Le pétrole est non renouvelable ?

Fabriquons du pétrole renouvelable !

- Ces agrocarburants nécessitent des intrants chimiques polluants entrent en concurrence avec l'alimentation ?

Développons des filières innovantes "de deuxième génération" basées sur les déchets agricoles ou des plantes robustes poussant là où il est impossible de cultiver des aliments.

Mais, loin de ces réflexions, les acteurs économiques ont vite réalisé qu'il était plus rentable de nourrir les réservoirs que les estomacs et qu'il est bien plus aisé et profitable de cultiver du colza sur des terres riches que du jatropha dans le désert. La "deuxième génération" se rencontre donc bien plus souvent dans des rapports ou des conférences que dans nos réservoirs !

En attendant, le cours du maïs (utilisé massivement aux États-Unis pour produire de l'éthanol-carburant) explose et affame les Mexicains les plus démunis, et une marée jaune inonde chaque année les terres européennes, entamant progressivement nos capacités de produire notre propre alimentation et justifiant l'importation de denrées agricoles provenant d'autres continents...

12/05/2014

Moi, je ne crois pas aux monstres...

L'initiative sur les pédophiles est en perte de vitesse... Preuve de l'efficacité d'une campagne discrète, mais axée sur les faits et le démontage de l'ignoble instrumentalisation politique d'un type de criminalité particulièrement répugnant.

Une fois le contexte expliqué, une fois que ceux qui croyaient bien faire en soutenant l’initiative ont compris les avantages peu contestables de la réforme pénale déjà adoptée par le parlement, il reste toutefois deux points d'achoppement qui tiennent à des différences fondamentales dans la perception de notre société.

Doit-on croire aux monstres ?

4440655316_b00a020ab0_o.jpgL'initiative, au contraire de la réforme pénale, met en place un système de punition définitif et non-discutable. Elle considère donc que certaines catégories de criminels sont irrécupérables à jamais. Or, si l'expérience montre effectivement que certains ne parviennent pas à s'amender, elle montre également que l'on ne peut pas reconnaître ces individus a priori. Autrement dit, il n'y a pas plus de prédestination à la criminalité que d'impossibilité pour un criminel à cesser de l'être, suite à une prise de conscience et une volonté de se réinsérer.

Croire le contraire, c'est admettre que la société est divisée en deux groupes étanches: les vertueux et les pécheurs. C'est évidemment s'arroger une position définitivement confortable, puisque l'on ne peut que se considérer comme vertueux, et, partant, s'arroger le droit de désigner sans hésitation les pécheurs et les vouer avec bonne conscience aux gémonies, tout en évitant de remettre en question sa propre place dans la société et de s'interroger sur les nuisances que l'on génère.


Or, chacun sait que nous sommes traversés de pulsions plus ou moins violentes et que la vie en société nous apprend précisément à éviter d'y céder, en particulier lorsqu'elles pourraient nuire à autrui. Chacun sait également qu'il arrive pourtant qu'on y cède et que l'apprentissage de la vie se fait également grâce à ces erreurs. Je confesse par exemple avoir tenté, il y a quelques années, de briser un rétroviseur d'une voiture garée sur une piste cyclable. Mon échec et la douleur au poignet en résultant, tout comme une réflexion sur la stupidité de ce geste m'ont convaincu de ne plus le refaire, même si l'envie m'en prend parfois... Pulsion maîtrisée !

Qu'on ne se méprenne pas, il ne s'agit pas de niveler toutes les pulsions et de considérer que toutes les violences se valent. Il est parfaitement normal de considérer qu'un meurtre est plus grave qu'un viol, lui-même plus grave qu'un coup ou qu'un vol. En revanche, il faut admettre que ces pulsions (comme les dégâts qu'elles entraînent) sont en continuité, et qu'il est impossible de mettre une limite objective entre celles qui sont soignables ou maîtrisables et celles qui ne le seront jamais.

Il n'y a donc pas de monstres a priori, et si les exemples sont nombreux de criminels qui récidivent, on trouve autant de cas de réinsertions réussies.

L'obsession de la sexualité

Un autre point d'achoppement réside dans le fait que la détermination du monstre a priori dépend, selon les initiants, du type de crime commis et non de sa gravité ou du profil psychologique du criminel.

Cette façon de percevoir la réalité est assez étrange et conduit à la conclusion qu'un jeune homme qui, dans un moment d'égarement coupable (que je ne saurais d'ailleurs minimiser) a caressé la poitrine d'une mineure non consentante est un pervers irrécupérable, alors que celui qui torture une grand-mère avant de la dévaliser peut envisager de se réinsérer.

En se fixant sur les crimes de nature sexuelle, les initiants trahissent une conception particulière des pulsions sexuelles, complètement déconnectées des autres, et réputées irrépressibles...

Sans me lancer dans la psychologie de comptoir, je me contenterai de relever que ce sont les mêmes milieux (l'extrême-droite traditionaliste) qui ont lancé une initiative visant à supprimer les cours d'éducation sexuelle à l'école. Or chacun sait que, malheureusement, c'est au sein des familles que se commettent le plus d'actes pédophiles et que c'est précisément par l'éducation sexuelle, donnée de façon remarquable dans les classes romandes, que les enfants parviennent à se doter d'outils leur permettant de dire NON !

02/05/2014

Transports publics: Luttons contre le sentiment de cherté !

Les transports publics, c'est un peu comme les cantines scolaires ou la météo à Lucerne: même quand ça ne va pas trop mal, la plupart des usagers continuent à râler...

Service déficient, lenteur, cherté... voilà les trois reproches les plus souvent entendus aux comptoirs de nos bistrots, assortis d'exemples aussi éloquents que singuliers, bien souvent exagérés d'ailleurs.

Puisque l'actualité nous invite à nous exprimer sur les prix des TPG (et des CFF également...), examinons avec objectivité la question et concluons que les tarifs des transports genevois ne sont pas exorbitants en regard de la qualité du service et des offres faites aux plus modestes, aux familles ou aux usagers fréquents:

- Tarifs senior et junior sur les abonnements. Abonnement annuel à 66.- pour les seniors les plus modestes.

- Reconnaissance de la carte junior des CFF (gratuité pour les enfants accompagnés jusqu'à 16 ans) et de l'abonnement 1/2 tarif (billet au tarif junior, soit 72% du tarif normal).

- Billet unique valable sur tout le canton, sur toute les compagnies de transport.

On est donc tenté de faire le parallèle avec les questions de sécurité, où la AVIVO, TPGperception négative du citoyen lambda n'est guère ébranlée par l'alignement de faits démontrant que la situation ne se péjore pas. Les attaques politiques sont d'ailleurs similaires, puisque l'affiche de l'AVIVO reprend mot pour mot la phraséologie du MCG... et son inclination à la propagation de contre-vérités.


C'est donc bien contre un sentiment de cherté qu'il faut lutter. Et là, il faut convenir que nos régies de transports rivalisent de maladresse: hausses des prix au pire moment, directions flottantes aux salaires pharaoniques, automates déficients, mesures tarifaires vexatoires*, communication désastreuse, P+R chers et distribués selon des critères peu cohérents,...

Pour lutter contre ce sentiment, il s'agit de mettre en évidence les solutions tarifaires favorables aux différents types d'usagers et leur donner l'impression de payer le prix le plus juste en regard de la prestation fournie. Quelques idées de pistes en vrac:

- Proposer la vente des cartes junior et des abonnements 1/2 tarif aux guichets TPG et SNGM (Plusieurs compagnies de transport le font déjà - PTT, CGN, TPF, BLS,...)

- Proposer même, comme le suggère une motion verte récemment déposée, la gratuité pour les enfants de moins de 16 ans accompagnés et la validité pour 2 des billets, le soir et les week-ends.

- Proposer des billets à 1/2 tarif (plutôt qu'à 72%) aux enfants et aux détenteurs d'un abonnement... 1/2 tarif.

- Étendre la validité de l'abonnement général et du 1/2 tarif aux lignes TPG sur territoire français.

- Augmenter à 2 heures (et, pourquoi pas, à 4 heures le soir) la validité du billet "Tout Genève", ce qui permettrait un aller et retour pour une course ponctuelle... ou de traverser effectivement le canton avec un seul billet. (Il faut tout de même compter 1h45 pour un Chancy-Monniaz!)

Des mesures de ce type auraient un impact réduit sur les finances des TPG et permettraient sans doute d'atténuer (ou d'anéantir) cette impression de cherté qui nuit à la fréquentation comme à la réputation des transports genevois.

La politique tarifaire des transports publics est à la croisée des chemins. Écartelée entre les requins qui rêvent de désengager les collectivités publiques, les gestionnaires qui imaginent des systèmes calqués sur le low-cost où l'on ne paierait jamais deux fois le même prix pour le même trajet et des râleurs qui hurlent à la fois contre les tarifs excessifs et une fiscalité prétendument trop élevée, elle doit relever le défi de maintenir et d'accroître l'excellence des prestations tout en convainquant un nombre croissant d'usagers de renoncer à leur véhicule à moteur...

Dans cette perspective, une acceptation de la très maladroite initiative de l'AVIVO serait un signal clairement négatif...

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* Dans ce domaine, la suppression, il y a quelques années, des quelques francs de bonus sur les Cart@bonus rivalise avec la surtaxe exorbitante sur les billets CFF achetés dans le train.