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22/08/2014

Combien coûterait le péage du tunnel sous la rade ?

8 francs, c'est ce que chaque voiture devrait payer pour passer dans le tunnel prévu par l'UDC, s'il devait être accepté le 28 septembre. Le montant vous semble énorme ? Il est pourtant le résultat d'un calcul simple ne prenant en compte que des données avancées par les promoteurs du projet ou les comptages et évaluations de l'État.

- Pourquoi un péage ? Comme souvent lorsque l'extrême-droite et la droite proposent des projets pharaonique, elle botte en touche la question du financement avec trois letToll plaza.jpgtres: PPP. Le partenariat public-privé, si on les prend au mot, est un modèle où le secteur privé investit en lieu et place des pouvoirs publics et obtient un retour sur investissement au cours des ans. C'est le modèle des autoroutes françaises (qui, d'ailleurs, sont le théâtre d'abus manifestes des entreprises concessionnaires).

- Le calcul du prix du péage est donc une simple division des coûts annuels engendrés par l'ouvrage par le nombre de véhicules y transitant.


A nos calculettes:

- Pour calculer le nombre de véhicules, prenons au mot les promoteurs du projet qui affirment la bouche en cœur qu'il ne s'agit pas d'un aspirateur à voitures et que le trafic au centre-ville n'augmentera pas. Soit... Prenons donc les 67'000 véhicules passant quotidiennement le pont du Mt-Blanc, répartissons-les et considérons généreusement que la moitié prendrait le tunnel à péage situé à quelques centaines de mètres du pont. L'hypothèse est certes audacieuse, surtout pour les nombreuses périodes où le trafic n'est pas saturé. Donc 33'500, soit environ 12 millions de passages annuels.

- Le calcul des coûts est également assez simple. Le milliard qu'il faudra investir (Il s'agit de l'estimation de l'État, celle des opposants étant plus élevée...) devra être amorti. Sur 50 ans, cela fait 20 millions par année. En plus de cela, des intérêts devront être versé sur cette somme. A 3,5% (c'est le taux moyen des emprunts genevois), cela fait 35 millions par année. N'oublions pas les frais d'exploitation (entretien, sécurité,...). Pour un tunnel, ils sont malheureusement très élevé, en particulier lorsqu'il se trouve sous l'eau. Retenons la valeur de 20 millions (même si certains opposants estiment également ce chiffre trop bas...). Ajoutons encore le retour sur investissement que l'entrepreneur privé est en droit d'attendre: mettons 20 millions, ce qui représente un petit 2%, valeur que bien des investisseurs jugeraient trop faible... Tout cela additionné, on arrive à 95 millions par année.

- Dès lors, il suffit d'effectuer la division pour arriver au résultat de presque 8 francs.

 

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Certes, ce calcul peut être contesté de diverses manières:


On peut contester les valeurs retenues. Mais il est difficile, en restant objectifs de les réévaluer toutes dans le même sens. S'il est possible que l'une ou l'autre soit surévaluée, il est également probable que d'autres soient sous-évaluées.

On peut aussi contester le fait que le principe du péage n'est pas inscrit dans le texte. C'est tout à fait vrai. Le résultat n'en demeure pas moins pareil. Il faudra de toute façon que quelqu'un paie environ 8 francs par véhicule passant dans le tunnel. Si ce n'est pas le conducteur, ce sera vous. Que préférez-vous ?

Commentaires

On peut également imaginer la fermeture du Pont du Mont-Blanc au trafic privé. Dans cette configuration, cela fait 24 millions de passage par an, soit 4 francs le passage. A peine plus qu'un billet TPG, c'est presque donné! Reste la difficulté technique d'instaurer un péage, notamment pour les non-résidents, c'est ce qui me semble le plus dissuasif dans l'idée...

Écrit par : Mikhail Ivanovic | 23/08/2014

Mais quelle étrange idée.
Non seulement, l'initiative affirme explicitement opter pour le maintien de la circulation sur le Pt du Mt-Blanc (en référence à la V4 d'un rapport d'un groupe de travail sur le contournement de Genève), mais surtout, elle équivaudrait à reporter l'intégralité du trafic, donc des embouteillages que connaît de Mont-Blanc sur le tunnel.
Avec en prime, l'interdiction, pour raisons de sécurité de créer des bouchons dans le tunnel, donc un report encore plus massif des embouteillages dans le reste de la ville.
Tout cela sans compter que le péage à 4.-, que peu de Genevois estimeraient aussi bon marché que vous (pour mémoire, ils ont voté une baisse des tarifs TPG à 3.- parce que 3.50 était jugé trop cher), et donc les reports de traversées sur les autres pont, Coulouvrenière et Sous-Terre, déjà bien chargés...
Cela dit, étant friand de débattre sur des solutions originales, n'hésitez pas à proposer d'autres solutions innovantes !
Bien à vous. JN

Écrit par : Julien Nicolet | 23/08/2014

Pour les quais et le pont du Mt-Blanc, l'initiative se contente de se référer à des "mesures d’accompagnement", lesquelles n'ont pas été clairement défini dans le rapport que j'ai eu sous les yeux, celui-ci se contentant de parler d'une diminution important du trafic motorisé. A priori rien n'empêcherait une fermeture du Pont à tout trafic motorisé, excepté transports en commun, taxis, limousines avec chauffeur (il faut bien desservir les hôtels et commerces de luxe!) et très éventuellement habitants du centre-ville avec macaron. Mais sans doute avez-vous plus d'informations que moi?

Pour le reste, les bouchons sur le pont sont essentiellement créés par le système de signalisation assez hallucinant existant à chaque extrémité, et par la voie propre du bus en direction de la Gare. Reporter les éventuels ralentissements aux entrées du tunnel permettrait en tout cas de les éloigner des quais et de l'hyper-centre, puisque ces entrées se situeraient en bouts de quais. De plus, les voies d'accès souterraines permettraient de faciliter les croisements par rapport aux accès au pont du Mt-Blanc qui sont extrêmement mal conçus et se situent au niveau de la voirie.

Reste la problématique de la collecte des revenus du péage auprès des automobilistes de passage, pour laquelle je n'ai pas encore entendu de proposition convaincante, et qui me semble le seul réel obstacle au projet du financement privé.

Écrit par : Mikhail Ivanovic | 24/08/2014

Non, non, j'ai effectivement la même information. Partant qu'une diminution ne signifie pas une suppression et considérant l'absence totale d'enthousiasme des initiants lorsqu'il s'agit de rendre un secteur aux piétons - car, sur le plan historique, c'est bien de cela qu'il s'agit - je considère votre suggestion irréaliste, a fortiori dans un contexte où l'extrême-droite et le lobby pro-voiture viendraient de remporter une votation, ce qui ne sera, je l'espère, pas le cas...
En ce qui concerne les embouteillages, quelle que soit la nature des embranchements, le report de la saturation du trafic en amont aura des conséquences plus importantes qu'aujourd'hui, puisqu'il ne pourrait que se reporter sur l'av. de France et la rue de Lausanne d'un côté et le quai de Cologny et le quartier de Malagnou de l'autre. Ces quartiers seraient incontestablement victimes de ce projet, alors qu'ils comptent parmi les plus denses de la ville.
Pour la collecte du péage, il faut tout d'abord préciser que je ne suis pas favorable au principe du PPP, contrairement à certains initiants. Cela dit, plusieurs technologies permettent de prélever un montant sans nécessiter d'arrêt du véhicule. C'est le cas par exemple des autoroutes et ponts turcs qu'il n'est pas possible de payer en monnaie ou carte de crédit.

Écrit par : Julien Nicolet | 24/08/2014

on s'en fout, on veut pas de tunnel dessous, mais un pont, un beau et magnifique pont, en dessus!

non au tunnel, oui au pont!

Écrit par : Keren Dispa | 24/08/2014

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