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19/11/2014

TPG: Le retraité et les fossoyeurs

La nuit passée, il a réglé son réveil sur 2h30, il s'est levé. Comme à l'époque. Il a pris son vélo et s'est engouffré dans le froid humide de la nuit, pour aller au dépôt. Comme à l'époque. Il est retraité, il est allé rejoindre ses anciens collègues, il fait la grève.

Ils sont des dizaines, ces retraités grévistes. Ils démontrent une fois de plus l'exceptionnel attachement des cheminots à leur entreprise, ici comme ailleurs. S'ils sont venus, c'est parce qu'ils aiment les TPG, qu'ils sont fiers d'y avoir travaillé et qu'ils craignent pour l'avenir des transports publics à Genève.

Car les fossoyeurs sont là. Prenant prétexte d'un vote sur un texte mal conçu, ils se précipitent pour découper morceau par morceau ce service public essentiel à notre canton. A coups de sous-traitance, à coups de réductions budgétaires, à coups de licenciements.

Les fossoyeurs attisent la vindicte, parlent sans vergogne ni originalité de "prise d'otages" - quelle honte lorsque l'on connaît le sort de quelques vrais otages ! - , menacent les grévistes ou les invectivent, monopolisent les réseaux sociaux sous des identités d'emprunt.

Ils gesticulent sans grand effet. La journée a été joyeuse, les Genevois ont redécouvert leur ville autrement, à pied, à vélo. La plupart ont compris que c'est par amour de leur entreprise que les grévistes se sont mobilisés. Ils en discutent paisiblement.

Sur les piquets de grève, l'ambiance est conviviale. A 11 heures, petit coup de barre, notre retraité rentre pour une sieste. L'histoire des transports publics est jonchée de luttes et de héros. Il en a écrit une nouvelle page aujourd'hui. Chapeau!

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