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20/12/2014

Un Grand Conseil représentatif de la population n'aurait pas voté le budget !

Le budget est voté. Il est calamiteux et scelle la nouvelle alliance bleu-brun des ultra-libéraux et des démago-nationalistes. Inutile de revenir sur son contenu pour l'instant...

Examinons plutôt le bien-fondé de l'assurance avec laquelle certains députés parlent au nom de la population et répètent sans hésitation qu'ils la représentent, du fait de leur élection, bafouant sans scrupules les appels à l'équité et la pondération maintes fois répétées dans la rue, sur les piquets de grève et dans les discussions entre gens du terrain.

Vote députées.jpgReprésentatifs, les députés ? A d'autres. Sans même parler du niveau de leur revenu, de leur catégorie socio-professionnelle ou de la taille de leur logement, penchons-nous sur deux déterminants basiques de toute étude statistique: le genre et l'âge.

Un parlement excessivement masculin

Vote pd genres.jpgOn le sait, les dernières élections ont vu fondre les légers progrès dans la représentation féminine dans notre parlement. Depuis 2011, seules 25 femmes siègent aux côtés de 75 hommes. Cela pourrait n'avoir aucune conséquence politique. ll n'en est rien. Hier, les femmes députées ont largement refusé le budget (13 NON, 9 OUI, 3 ABS), comme le montre le graphique ci-dessus.

En pondérant le vote des hommes et des femmes par leur représentativité réelle (autrement dit en doublant celui des femmes et en divisant par 1,5 celui des hommes), on obtient un résultat nettement plus serré, mais toujours légèrement en faveur du budget. (49 OUI, 40 NON, 11 ABS).


Un parlement de vieuxVote tr âge.jpg

Si l'on compare la structure par tranches d'âge de la population genevoise et celle du parlement, on constate immédiatement la surreprésentation des 50-69 ans, qui représentent 61% du parlement et seulement 28% de la population adulte ! A l'opposé, les 20-29 ans, 17% de la population, ne sont représentés que par 3 députés...

Là également, l'âge semble avoir un impact sur le vote. Les moins de 40 ans ont largement refusé le budget (10 NON, 3 OUI, 1 ABS), alors que les plus de 50 ans l'ont plébiscité (38 OUI, 21 NON, 10 ABS).

Si chaque député avait un droit de vote proportionnel au nombre de Genevois de son âge qu'il représente, le budget aurait été refusé de peu (45 OUI, 48 NON, 7 ABS).

La population genevoise aurait sans doute refusé un pareil budget...

Vote tr â genre.jpgEn croisant les deux informations, c'est à dire en pondérant chaque vote par sa représentativité en termes d'âge ET de genre, on débouche sur un vote très nettement négatif. En effet, dans ce cas, le projet aurait été refusé par 55 NON, 38 OUI et 7 ABS... ou, plus vraisemblablement, aurait été conçu très différemment...

On pourrait s'amuser à multiplier les autres critères de représentativité, et il paraît certain que, quels que soient ceux que l'on retienne, l'extrapolation déboucherait sur un refus du budget...


Que conclure de tout cela ?

On ne peut évidemment pas contester la légitimité de l'élection de chacun-e des député-e-s, ni, partant, la validité du budget voté hier. Ces quelques valeurs devraient toutefois inciter:

- Les élu-e-s à ne pas abuser de la prétendue représentativité dont ils se parent lorsqu'ils votent des textes manifestement contraires aux intérêts de la population.

- Les Genevois sous-représentés à entrer dans le débat politique, à se présenter aux élections, et, à tout le moins, à élire celles et ceux qui les représentent le mieux. Les partis ont évidemment un rôle capital à jouer dans ce sens, en favorisant les jeunes candidatures féminines et en limitant le cumul des mandats. Les Verts sont à cet égard un parti exemplaire...

***

Pour cette étude, on a admis que tous les député-e-s titulaires étaient présent-e-s et avaient voté en bloc. Ce n'était pas le cas, puisque certains suppléant-e-s étaient présents, ce qui a pu modifier la répartition par tranches d'âge et genres des votants. De plus, pour les extrapolation, on n'a retenu que la population entre 20 et 80 ans, aucun député n'étant hors de cette tranche d'âge. De fait, les 18-20 ans et les plus de 80 ans représentent quelques % non représentés au parlement.

12/12/2014

Budget: la chasse aux jeunes est ouverte !

Les élus, en particulier ceux de droite, ne détestent pas les jeunes, ils les méprisent. Toujours prêts à voter une subvention pour un festival ou un skate-park - il faut bien les occuper, ces bougillons - ils appliquent pourtant avec une bonne conscience de notable établi une politique économique désastreuse pour la génération montante.

Dans les arbitrages budgétaires, on constate en effet une systématique rarement évoquée par les spécialiste, on repère un dindon de la farce omniprésent: le moins de 30 ans.

Qu'on en juge:

- État, TPG, entreprises privées: lorsqu'il s'agit - le plus souvent à tort - de diminuer les effectifs, on se réjouit systématiquement de ne pas devoir licencier, de se contenter de ne pas remplacer les départs volontaires. Traduction pour celui qui arrive sur le marché du travail: "On va garder même les éventuels incompétents, mais il n'y aura pas d'embauche pour toi..." Sympa, non ?

- Annuités: Lors des débats budgétaires, le gel de l'annuité de la fonction publique est une rengaine récurrente. Facile à appliquer, très rentable (40 millions, tout de même), elle dissimule en fait un mécanisme anti-jeunes bien rôdé. Lorsque l'on est en fin de carrière, la suppression des annuités est indolore, car a atteint le plafond, ou presque. Lorsque l'on débute, la perte s'accumule d'année en année, pendant 22 ans pour atteindre des dizaines de milliers de francs !

- Caisses de retraite: Dans les débats sur les réformes des caisses de retraite, le principe, louable en soi, des "droits acquis" est généralement indiscuté. D'un point de vue mathématique, cela équivaut à dire que si les retraités ou ceux qui sont en fin de carrière n'ont pas assez cotisé (bien malgré eux d'ailleurs, car personne, à droite, n'avait anticipé un baisse durable des rendements pourtant facile à imaginer...), c'est aux nouveaux cotisants de combler le déficit, dans un climat financier et démographique de marasme complet... Est-ce vraiment juste ?

Ajoutons à cela des attaques constantes contre les crédits pour la formation, un dédain croissant des entreprises pour embaucher des apprentis et vous aurez saisi, jeunes concitoyens, que laisser le soin aux notables de plus de 50 ans de gâcher votre avenir n'est pas une bonne idée.

Mobilisez-vous, faites valoir votre valeur, écrivez, dites et criez !

Et pour commencez, rejoignez les mouvements de grève et de manifestation du 16 décembre !