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21/01/2015

Eveline Widmer-Schlumpf nous ment...

En l'état actuel, l'initiative pour le remplacement de la TVA par une taxe sur les énergies sales est la meilleure chose qui puisse arriver à la politique fiscale et à la politique énergétique de la Confédération. Mais avant d'exposer les raisons qui me le font penser, il faut malheureusement dénoncer un grossier mensonge.

WS pinoch.jpgLe Département fédéral des finances nous avait déjà fait le coup lors de la deuxième réforme de la fiscalité des entreprises, au point que les cantons avaient demandé l'annulation du vote, tant l'argumentaire de M. Merz était fallacieux, ce que le Tribunal Fédéral avait reconnu, sans toutefois annuler le scrutin.

Ici, il s'agit simplement d'effrayer le citoyen en prétendant que le prix de l'essence augmenterait de 3 francs. C'est absolument faux et le démontrer est simplissime:

Les chiffres de l'OFEN nous l'apprennent, les Suisses brûlent 7'000'000 de t de carburants par année. Compte tenu de la masse volumique de l'essence et du diesel, cela correspond à environ 9 milliards de litres.

Une augmentation de 3 francs équivaudrait donc à des rentrées de 27 milliards, soit 20% de plus de les recettes actuelles de la TVA ! Or il faut rappeler que les carburants ne constituent "que" les 44% de la consommation d'énergie non renouvelable, le reste étant constitué de combustibles (24%), de gaz (18%), d'électricité nucléaire et fossile (13%) et de charbon (- de 1%).

Autrement dit, si les calculs des fonctionnaires de Mme Widmer-Schlumpf étaient exacts, la taxe proposée rapporterait 61 milliards, près de 3 fois les recettes de la TVA actuelle !

Reprenons donc nos tabelles et calculons que, en admettant que chaque kJ non renouvelable serait taxé au même prix, nous obtiendrions un surcoût de 1,23 franc par litre d'essence. Ce n'est certes par anodin, mais constituerait une économie pour la plupart des ménages qui, en l'échange de passages à la pompe un peu chers économiseraient des milliers de francs de TVA !

Tout cela sera développé dans une prochaine note !

Commentaires

Je suis chauffeur de taxis et administrateur d'une société de location de taxis. Depuis l'an 2000, mon parc de taxis est formé de véhicules hybrides, des Prius pour ne pas les nommer. Je suis favorable à une augmentation de ce poste de mes charges que j'ai su optimiser.
Je pars du principe que l'humain est suffisamment ingénieux pour contourner certains problèmes de ce genre et optimiser le rendement de son entreprise.
Le seul bémol réside dans le fait que, si ma théorie se confirme, il faudra continuellement augmenter le prix de l'essence au delà du raisonnable pour compenser le manque à gagner.
Sans parler de la contradiction de faire du fric sur une source d'énergie qu'on veut éradiquer.

Écrit par : Pierre Jenni | 21/01/2015

Merci, Pierre Jenni, pour votre commentaire... et votre soutien. Deux réactions:
1. On pourrait croire que votre activité de taxi serait impactée négativement par l'initiative. Il n'en est rien. En effet, un véhicule coûte actuellement env. 10ct/km de carburant. Même si l'on double ce prix, cela débouche sur un surcoût de 10ct/km. Mais comme la TVA de 8% serait supprimée sur les kilomètres à 3.20, cela équivaut à une baisse de 25ct/km (sans compter la prise en charge et l'attente). Logiquement, une telle initiative devrait vous permettre de baisser vos tarifs pour obtenir le même bénéfice !
2. Effectivement, on peux imaginer deux scénarios pour la suite:
- Une baisse limitée de la consommation de non-renouvelable, et donc une taxe dissuasive, mais restant absorbable économiquement.
- Un effet de report massif sur le renouvelable et les économies d'énergie. Cela déboucherait sur une hausse continue et accélérée des énergies non-renouvelable pour arriver au point où plus personne n'en utiliserait, vu leur prix. De ce fait, personne ne serait vraiment impacté, vu qu'il y aurait d'autre solution (de même que nous ne nous soucions plus du prix du pétrole lampant ou du charbon de chauffage). Ce serait donc un succès politique majeur... qui contraindrait les autorités à trouver une autre source de financement de l'action publique ! Mais nous n'en sommes pas encore là !

Écrit par : Julien Nicolet | 21/01/2015

EWS n'est pas à sa première trahison.
D'abord le parti de son père, l'UDC.
Ensuite sa patrie, la Suisse, en abandonnant le secret bancaire.

Qui d'autre ?

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 21/01/2015

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