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17/03/2015

Eclipse à l'école: Observons la nature, oui, mais dans les livres !

Solar_eclipse_2008Feb07-New_Zealand-partial-Greg_Hewgill.jpgLes éclipses de soleil comptent parmi les phénomènes naturels les plus spectaculaires auxquels j'aie assistés. Les souvenirs de celles de 1991 et de 1999 m'émeuvent encore aujourd'hui et je me réjouis déjà de celle du 21 août 2017.

Certes, les éclipses partielles sont beaucoup moins spectaculaires ; elles n'en restent pas moins des moments particuliers de la fantastique mécanique céleste, auxquels se rattachent tant d'anecdotes et de découvertes qu'une année scolaire ne suffirait pas pour imaginer toutes les approches pédagogiques, dans toutes les disciplines de la grille hebdomadaire, de l'histoire à la poésie...

Bref, quel que soit son âge, quels que soient ses intérêts, les éclipses sont des phénomènes extraordinaires pour découvrir son environnement physique et culturel et leur rareté ne fait qu'amplifier cette excitation potache qui nous prend à leur approche.


Et voilà qu'une proche m'apprend que l'école de ses enfants vient de décider de décaler la pause de vendredi matin... pour éviter que les élèves puissent voir l'éclipse, de peur qu'ils ne s'y abîment les yeux.

lettre ferdinand hodler.jpgAlors que le DIP, ou les écoles, auraient pu saisir cette occasion à la fois pour prévenir des risques, évidemment réels, qu'il y a à observer le soleil sans précaution, et pour organiser des expériences adaptées à chaque âge, on enfermera donc les élèves, hors du monde, pour continuer à leur faire découvrir les plantes, les peuples et les astres dans les livres (ou sur Internet...), c'est tellement moins dangereux...


Pour les enseignant-e-s dont la direction n'entend pas cloîtrer les élèves et qui ont eu de la peine à trouver des lunettes de protection*, un truc tout simple pour observer l'éclipse en toute sécurité. Une boîte à instrum2.jpgchaussure et un cure-dent suffisent à créer un système de projection. Le tutoriel suivant est presque superflu, tant la manipulation est facile !

Et pour ceux qui voudraient y consacrer un peu plus de temps, cet excellent dossier pédagogique toulousain fourmille d'idées !

N'enseignons pas à nos enfants à craindre la nature, mais à la respecter et à admirer ses phénomènes les plus extraordinaires. C'est sûr, vendredi, j'observerai l'éclipse !

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*Il semble que l'info soit très mal passée et que ni les pharmacies, ni les opticiens ne vendent de lunettes de protection. Un magazine scientifique en fournit toutefois une paire gracieusement avec son numéro de mars.

11/03/2015

La jeunesse, ses écoles et le mépris de l'État...

Décidément, l'État méprise souverainement la jeunesse.

Nous l'avions déjà dit, les jeunes en formation, les frais diplômés, sont les victimes systématiques des politiques libérales de fiscalité allégée et de diminution des effectifs dans les entreprises, publiques comme privées... et ce ne sont pas les quelques gadgets aux couleurs criardes que l'État leur lance pour les apaiser (skate-parks, lieux de fête, spots de promotion ou de prévention divers, ) qui changeront grand chose à ce souverain mépris...

L'épisode des chaises musicales entre écoles n'est qu'une étape supplémentaire dans cette triste dérive.

Au-delà des options politiques, ce qui frappe, c'est l'unanimité du spectre politique dans ce positiMaster_STER_Nassar_Polytechnique.jpgonnement hostile à une politique de la jeunesse qui soit autre chose qu'un argument électoral.

La droite, évidemment, qui ne vote pas, année après année, les lignes budgétaires qui permettraient de créer des lieux d'apprentissage et d'émancipation. Mais la gauche également, qui, aux rênes du DIP n'a pas réussi à imposer l'urgence d'une planification scolaire qui tienne compte de la démographie. La gauche aussi, qui, au niveau de la Ville, n'a rien fait pour débloquer le projet de l'ECG de Frontenex sur un site occupé par un club d'automodélisme, hobby certainement plaisant, mais peu comparable avec la nécessité d'instruire notre jeunesse.

Le corps électoral n'est pas en reste, puisque, malgré tout, il continue à élire les mêmes et à voter au rebours du bon sens... et, lorsqu'il s'avise de changer d'avis, les nouveaux adoubés sont encore pires que les précédents. Rappelons en effet que le MCG, coqueluche autoproclamé des quartiers populaires est le seul parti se caractérisant par l'absence complète de programme culturel... si, si...

Aujourd'hui, la coupe semble déborder. On ne vide pas des milliers d'élèves sur un seule décision technocratique. Les enfants sont choqués, les parents outrés et les enseignants remontés.

Le cocktail est explosif et, de pétitions en arrêts de travail et de grèves en blocages, il y a fort à parier que l'État – et il ne s'agit en l'occurrence pas que du DIP* – soit contraint de revoir sa copie et de trouver des solutions d'urgence plus convaincantes à la pénurie, très réelle, de places pour les élèves de l'ECG. Il y a, on le disait déjà il y a trois ans, des terrains et des bâtiments disponibles dans notre canton, et les solutions existent pour qui accepterait de mettre l'éducation en tête des priorités...

Espérons donc que l'incroyable mouvement qui se crée en ce moment puisse permettre de trouver une solution plus ou moins pérenne à cette catastrophe démographico-scolaire.

Espérons surtout que, dès les prochaines élections, les bulletins permettent d'élire des candidats dont l'horizon politique ne soit pas borné par l'obsession de la fiscalité, des candidats qui, défendent sans ambiguïté des projets concrets pour l'instruction et l'émancipation des natifs des années 2000... Ils ne sont pas nombreux...

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*Il faut tout de même rappeler que la gestion des bâtiments scolaires n'incombe pas au DIP, mais au DF de S. Dal Busco (et, précédemment, au DU de F. Longchamp et au DCTI de Mark Muller !)

22:05 Publié dans Ecole, Genève | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |