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07/05/2015

0% d'élèves musulmans à Genève !

Lorsque l'excellent professeur de géomorphologie Jörg Winistörfer nous racontait ses aventures au Niger, il nommait sans y prendre plus garde les différentes ethnies dont il avait patiemment observé les pratiques d'aménagement du territoire. Jusqu'au jour où étudiant, possiblement taquin, l'avait prié de définir ce qu'il entendait par "ethnie"...

Et là, avec le demi-sourire de celui qui attendait qu'on lui tende ce genre de piège, sans entrer dans aucune argutie terminologique, il répondit tout simplement: "Une ethnie est composée de ceux qui se reconnaissent comme y appartenant...".

De fait, à moins de croire que les appartenances ethniques et religieuses sont éternellement liées à la naissance, donc à la génétique, ce qui est une évidente forme de racisme, on ne peut que conclure, en plein accord avec la définition du Pr Winistörfer que:

- Les informations concernant l'appartenance ethnique ou religieuse ne peuvent être communiquées que par les individus concernés, dans la mesure où ils consentent à les transmettre.

- Que ces informations dépendent du libre arbitre et non de la lignée des individus. Il est donc complètement aberrant de vouloir les obtenir d'enfants mineurs, qui n'ont pas un âge leur permettant de se positionner - ou non - quant à leurs appartenances identitaires.


88686262_o.jpgLe navrant psychodrame de Béziers, dont le maire d'extrême-droite semble trouver naturel de classer les élèves par appartenance religieuse nous rappelle que, jusqu'en 2012, la très laïque Genève demandait aux parents de spécifier la religion de leur rejeton sur leur inscription à l'école publique, et n'hésitait pas à communiquer cette information hautement sensible aux enseignants.

Fort heureusement, cette mention a disparu, suite d'ailleurs à la "révélation" de ce fait sur ce blog.

De ce fait, on peut considérer que, le jugement d'enfants de 4 à 15 ans n'étant pas suffisamment mature pour embrasser une religion et la communiquer à autrui et qu'il n'y a aucune raison de leur attribuer arbitrairement la (non-)religion de leurs parents, les enfants genevois sont réputés ne pas avoir fait de choix religieux.

Il y a donc bien 0% de musulmans, de catholiques, de juifs ou d'athées dans les écoles genevoises.

Commentaires

merci

Écrit par : NDOYE GORGUI | 07/05/2015

Un enfant né d'une femme juive est considéré comme juif même si le père est un goy.

Écrit par : Pierre Jenni | 08/05/2015

Pour en revenir à l'article, l'étymologie du terme ethnie nous oblige à ne plus l'utiliser si on s'en tient à la définition de Winistörfer. "Une ethnie est composée de ceux qui se reconnaissent comme y appartenant...", c'est la définition d'une société, un terme désormais utilisé par les sociologues (qui ne se distinguent plus par conséquent des anthropologues ou ethnologues, sinon par la méthode), même quand ils parlent des africains.

Écrit par : Sylvain Morand | 08/05/2015

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