UA-74655322-1

23/05/2015

Abolissons les privilèges (une bonne fois pour toutes !)

La nuit du 4 août 1789, en quelques heures, la toute fraîche Assemblée Nationale française vote l'abolition des privilèges de la noblesse. Cette Nuitdu4aout_Helman_mini.jpgdate-clé marque traditionnellement la fin de l'ancien-régime et le début de l'ère de l'égalité.

Sauf que...  en lieu et place des privilèges politiques et fiscaux de la noblesse, d'autres privilèges dynastiques sont vite apparus, puisque, par le biais de l'héritage, le capital restait concentré, et tendait à se concentrer de plus en plus, dans les mains d'un groupe restreint de familles, générant par la même Schneider, Le Creusot, famille, dynastieun ordre de classes et, de ce fait, une lutte fameuse dans la littérature politique des XIXe et XXe siècles.

Ces privilèges n'ont aucun lien avec les valeurs libérales de ceux qui continuent à les défendre obstinément. Lorsqu'on défend la valeur du travail, la récompense du mérite et la juste concurrence, on devrait se révolter de l'injustice qu'il y a à voir certains incapables héritant de fonds de commerce gratuits saboter le travail de méritants qui, d'extraction modeste, doivent lourdement s'endetter pour monter leur propre entreprise et ne peuvent régater face aux fils-à-papa.

On voit ces jours fleurir sur nos murs des affiches dégoulinantes de bons sentiments. Voulons-nous vraiment taxer de pauvres orphelins ? Voulons-nous vraiment empêcher les biens familiaux chargés de souvenirs d'être transmis ? Evidemment non. L'initiative sur les successions ne propose de taxer qu'à hauteur de 20% la part excédant les 2 millions de francs. Son acceptation garantirait encore de beaux jours aux privilèges de classe, mais permettrait un léger redressement de la distorsion de concurrence actuelle et serait un apport précieux pour l'AVS.

On a trop souvent tendance à dissocier les trois termes de la devise "Liberté, égalité, fraternité". On oublie que, le premier est un idéal qui ne peut être atteint qu'en passant par les deux derniers. Et la fraternité, c'est précisément l'idée que nous partageons tous un héritage commun de nos ancêtres, qu'il soit culturel, social ou économique. Répartir entre tous la part dénuée de souvenirs et d'émotion du patrimoine d'un défunt, ce n'est pas lui faire insulte, ce n'est pas déposséder ceux qui ont la chance de l'avoir côtoyé de son vivant, de faire partie de sa famille, c'est juste affirmer que la fraternité et l'égalité sont des passages incontournables vers une vraie société de liberté.

21:56 Publié dans successions | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |

07/05/2015

0% d'élèves musulmans à Genève !

Lorsque l'excellent professeur de géomorphologie Jörg Winistörfer nous racontait ses aventures au Niger, il nommait sans y prendre plus garde les différentes ethnies dont il avait patiemment observé les pratiques d'aménagement du territoire. Jusqu'au jour où étudiant, possiblement taquin, l'avait prié de définir ce qu'il entendait par "ethnie"...

Et là, avec le demi-sourire de celui qui attendait qu'on lui tende ce genre de piège, sans entrer dans aucune argutie terminologique, il répondit tout simplement: "Une ethnie est composée de ceux qui se reconnaissent comme y appartenant...".

De fait, à moins de croire que les appartenances ethniques et religieuses sont éternellement liées à la naissance, donc à la génétique, ce qui est une évidente forme de racisme, on ne peut que conclure, en plein accord avec la définition du Pr Winistörfer que:

- Les informations concernant l'appartenance ethnique ou religieuse ne peuvent être communiquées que par les individus concernés, dans la mesure où ils consentent à les transmettre.

- Que ces informations dépendent du libre arbitre et non de la lignée des individus. Il est donc complètement aberrant de vouloir les obtenir d'enfants mineurs, qui n'ont pas un âge leur permettant de se positionner - ou non - quant à leurs appartenances identitaires.


88686262_o.jpgLe navrant psychodrame de Béziers, dont le maire d'extrême-droite semble trouver naturel de classer les élèves par appartenance religieuse nous rappelle que, jusqu'en 2012, la très laïque Genève demandait aux parents de spécifier la religion de leur rejeton sur leur inscription à l'école publique, et n'hésitait pas à communiquer cette information hautement sensible aux enseignants.

Fort heureusement, cette mention a disparu, suite d'ailleurs à la "révélation" de ce fait sur ce blog.

De ce fait, on peut considérer que, le jugement d'enfants de 4 à 15 ans n'étant pas suffisamment mature pour embrasser une religion et la communiquer à autrui et qu'il n'y a aucune raison de leur attribuer arbitrairement la (non-)religion de leurs parents, les enfants genevois sont réputés ne pas avoir fait de choix religieux.

Il y a donc bien 0% de musulmans, de catholiques, de juifs ou d'athées dans les écoles genevoises.