UA-74655322-1

03/03/2016

Amis vaudois, soutenez vos PME et votez NON à la RIE III !

Il arrive parfois que le résultat d'un scrutin ait des conséquences bien au-delà des frontières du territoire considéré. Sans atteindre l'importance de l'élection présidentielle américaine, le vote vaudois sur la RIE III aura des répercussions sur toute la Romandie... puisque le taux vaudois servira de référence aux débats qui s'amorcent dans les autres cantons, en particulier à Genève.

Car il ne s'agit ni plus ni moins de diminuer la facture fiscale des entreprises les plus florissantes de plusieurs centaines de millions de francs, et donc d'assécher d'autant les finances publiques... sans pour autant donner le moindre coup de pouce aux entreprises qui en auraient besoin, bien au contraire.

Et là, on est frappé par le double discours des milieux patronaux qui, tout en pleurnichant sur les difficultés à maintenir les PME à flot, luttent avec acharnement pour une baisse des impôts sur le bénéfice. Or, du bénéfice, une entreprise en difficulté n'en fait aucun, ou si peu que le taux d'impôt lui importe peu. On peut d'ailleurs remarquer que le mot "bénéfice" n'apparaît qu'une fois dans les explications officielles de l'Etat, qui préfère un prude "taux d'imposition des entreprises" particulièrement dissimulateur.

Car, en bonne logique économique, on doit demander que le bénéfice d'une entreprise - qui n'est en fait rien d'autre qu'une ponction sur ses employés ou sur ses clients - soit taxé à une hauteur élevée, bien plus que le revenu des personnes physiques.

Le plus étonnant, c'est que la contrepartie à ces cadeaux faits aux entreprises largement bénéficiaires sont compensés par quelques mesures sociales, certes intéressantes, mais surtout financées par les cotisations sociales des entreprises.

Autrement dit, du point de vue d'un entrepreneur, plus vous avez de personnel et mieux vous le payez, plus la réforme vous coûtera cher. En revanche si vous voulez bénéficier de la réforme, baissez vos charges de personnel (licenciements, baisses salariales ?) et gonflez vos factures !

Amis vaudois, aidez vos PME, soutenez vos familles, augmentez les allocations familiales, mais, surtout, NE VOTEZ PAS LA RIE III !

 

Dessin-credit-impots-ensemble-decembre-2012.jpg

Commentaires

Bizarre que vous ne mentionnez nulle part l'augmentation de l'imposition faite aux multinationales, qui d'ailleurs organisent déjà leur migration sous d'autres cieux fiscalement plus intéressants.

Écrit par : Pierre Jenni | 03/03/2016

Pierre,
La base de réflexion de la RIE III consiste effectivement à faire sauter les statuts spéciaux des entreprises multinationales, qui sont très problématiques sous plusieurs aspects (avantages concurrentiels donnés à certains types d'entreprises, contribution à la dévastation économique et sociale opérées par ces entreprises, participation au mouvement de dumping fiscal...). Comme vous le dites, les plus acharnées d'entre elles affirment choisir leur localisation uniquement en fonction des conditions fiscales proposées par les Etats. Si cela était vrai, elles ne viendraient pas en Suisse, vu que certains Etats proposent de meilleures conditions.
Disons que, pour financer un Etat qui propose des conditions-cadres de qualité (y compris en matière d'infrastructures, de formation...) pour des entreprises, il faut qu'elles acceptent de lâcher une part modeste de leurs bénéfices. Le PS genevois propose un taux à 16% qui garantirait un équilibre.
Vu l'aisance de ces entreprises (il suffit de considérer les conditions de rêve qu'elles proposent à leur personnel expatrié), je doute que quelques points de % suffisent à les faire partir en masse, sachant que la perte sur les quelques flibustiers qui partiraient serait largement compensées par la hausse des recettes sur les autres.
De façon plus large, il faut aussi faire des choix. Entre un économie locale, basée sur des entreprises de taille raisonnable et responsables sur le plan environnemental et social et des multinationales incontrôlables, plus puissantes que certains Etats, mon choix est vite fait, et j'avais cru comprendre que le vôtre (en tout cas dans le domaine du transport des personnes) était le même que le mien !

Écrit par : Julien Nicolet | 03/03/2016

Les commentaires sont fermés.