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21/09/2016

Fermer des routes pour limiter le trafic pendulaire ? Chiche ?

Enfin... enfin voilà le DETA qui, au lieu de prétendre "fluidifier le trafic" par des mesures démagogiques, semble comprendre que ce n'est pas en facilitant le transit qu'on obtiendra du report modal. Enfin, on parle de limiter le trafic, on imagine même fermer des routes aux heures de pointe...

Sauf que, les seuls axes visés sont des routes transfrontalières et que, en l'absence de lignes de transports publics fiables et de mesures d'accompagnement, la mesure dévoilée hier par la Tribune ressemble plus à un outil de vexation des frontaliers ou de captage des voix MCG que de gestion cohérente du trafic.

Oui, les communes de Soral et de Chancy souffrent du trafic de transit. Mais leur plainte serait sans doute plus cohérente et audible si la majorité de leurs habitants - qui, eux, disposent de transports publics satisfaisants - n'allaient pas quotidiennement s'engluer dans les bouchons, sous les fenêtres des habitants de Lully, Plan-les-Ouates ou Bernex.

Il faut donc sans doute oser fermer des petites routes de campagne pour réorienter les flux sur les axes principaux, mais il ne faut pas le faire qu'à la frontière et, surtout, il faut proposer une alternative crédible de transport à ceux qui, pour leur travail ou la scolarisation de leurs enfants, passent quotidiennement de Valleiry à Chancy ou de Viry à Avusy.

On trouvera ci-dessous un carte où figurent, dans le secteur sud-ouest du canton, une dizaine de barrières qu'il serait opportun de fermer aux heures de pointe pour éviter que des flux de pendulaires ne nuisent à la qualité de vie des villageois. Toutes occasionneraient bien moins de difficultés que les quatre fermetures douanières proposées par le DETA, car toutes permettent d'être facilement contournées par un itinéraire de longueur comparable sur le réseau principal et, surtout, toutes relient des lieux déjà accessibles en transports publics.

Evidemment, du point de vue des villages genevois, elles sont nettement moins populaires car, comme je l'ai expérimenté lors de mon court passage au conseil municipal d'Avusy, ce sont les mêmes qui hurlent contre les frontaliers envahissant Sézegnin et qui refusent de limiter le trafic sur des petites routes rurales (en l'occurrence celle de Forestal) situées en aval de la commune...

Si le DETA veut rapidement faire la démonstration de sa bonne volonté (et de son absence d'électoralisme anti-frontaliers) dans la gestion du trafic pendulaire, je lui suggère de "tester" (puisque c'est l'argument en vogue pour expliquer la mise en application de projets bâclés) l'une ou l'autre de ces limitations...

 

 

11/09/2016

Ne supprimez pas l'élection de nos maires !

Au menu des votations du 25 septembre, perdu au milieu d'objets bien plus importants et médiatisés, une modification de la Constitution mérite de retenir notre attention. Il ne s'agit ni plus ni moins que d'introduire la possibilité de supprimer de l'élection des maires et de leurs adjoints.

Champignay.pngBien évidemment, il n'est pas question de renoncer aux élections des communes-villes, où la concurrence entre partis fait rage et les candidatures sont nombreuses. Non, la mesure ne concerne que les quelques communes rurales où les candidatures correspondent au nombre de sièges à pourvoir. Dans ce cas, la technocratie cantonale estime superflu de procéder à l'élection.

Par conséquent, il serait désormais possible d'avoir des maires qui, de législatures en législatures seraient reconduits sans aucun scrutin pendant 15, 20 ou 30 ans...

L'élection, même lorsque les candidats sont autant que les sièges, n'est pas un moment à prendre à la légère. A cette occasion, la population transmet une part de pouvoir et de responsabilité aux élus... ou non, quel que soit le nombre de candidats. Ainsi, un maire élu à 90% des voix aura plus de légitimité et de marge de manœuvre que son collègue élu à 60%... sans compter les malheureux qui ne parviennent pas à réunir une majorité absolue sur leur nom, quand bien même il n'y a pas d'adversaires, cas qui s'est tout de même présenté dans quatre communes en 2015 !

On est plutôt consterné du manque de considération du Conseil d'État pour la vie politique communale et de son manque de connaissance des réalités du terrain.Dans combien de villages, le candidat de traverse - qui doit déjà, aujourd'hui s'armer de courage pour affronter les notables en place - sera accusé de dilapider l'argent public en contraignant l'État à une élection supplémentaire ? (Argument soit dit en passant peu convaincant, l'élection du conseil municipal ayant lieu le même jour, l'organisation de celle de l'exécutif ne génère presque aucun coût ! )

L'élection, c'est aussi pour les communiers, l'occasion de découvrir le nom de leurs autorités et d'établir un contact avec elles. Cela paraît anodin, c'est en fait très important, car, si l'on peut regretter le manque de vigueur de la vie politique locale, on ne la vivifiera pas en supprimant les occasions de contact entre la population et ses élus (terme qu'il faudra d'ailleurs modifier ?)

Solon, lorsqu'il eut posé les bases de la démocratie athénienne décida de quitter la ville pour au moins 10 ans, pour que le système puisse être éprouvé avant de songer à le modifier. Nous aimerions que François Longchamp, certes un peu désoeuvré, ait la même sagesse et ne propose pas des mesures à l'emporte-pièce, à peine 3 ans après son entrée en vigueur !

Votons donc, sans hésiter NON à la loi 11757 qui rend possible la suppression de l'élection de nos maires !

12:14 Publié dans Votations | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |