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15/10/2017

SCORE: même les gagnants vont y perdre...

Alors voilà, ça sent les élections, le Conseil d'Etat se sent contraint d'agir et, coup sur coup, vient de déposer deux projets de loi qui, sous couvert de gestion moderne, sont en fait des monstres de dissimulation.

Nous avons parlé ici des cachotteries du projet de réforme de la CPEG, nous avons parlé en d'autres lieux de l'incroyable opacité du processus de "collocation" des fonctions dans la nouvelle grille salariale SCORE (en gros, personne ne sait pourquoi telle informaticienne, tel infirmier ou telle cadre supérieure va se retrouver dans la classe salariale qu'on lui attribue, pas même les députés qui devront voter le projet de loi et pas même les conseillers d'Etat qui ont lâché des millions (mais combien ?) à une entreprise privée qui maintient le secret sur ses méthodes.)

Peu importe, direz-vous, puisque, selon le Conseil d'Etat, "57% des employés y gagneront"... Et bien, là aussi, c'est faux. Un exemple tout simple est celui des enseignants du secondaire, métier que j'ai le bonheur de pratiquer au quotidien et de défendre au sein de la FAMCO.

Les tabelles présentées à la presse, et reprises par la Tribune, montrent que le salaire de base et le salaire de fin de carrière vont tous deux être revalorisés, ce qui justifie de placer les milliers d'employés concernés dans les 57% de gagnants.

Mais en fait, un habile tour de passe-passe, en l'occurrence le passage aux annuités linéaires, débouche sur une baisse nette du salaire dès la quatrième année... Si l'on cumule les salaires, on réalise vite que la quasi-totalité des enseignants vont y perdre*, pour certains plus de 30'000.-, comme le montre le graphique ci-dessous.

Capture du 2017-10-15 18-06-59.png

Certes, ce n'est pas le métier le plus mal loti par le projet. Certes, cette diminution ne risque pas de mettre mes collègues sur la paille et ce n'est pas ces quelques milliers de francs qui motivent mon refus catégorique de SCORE.

Mais ce phénomène touche une large partie des "gagnants" qui, de fait, seront les dindons de la farce de SCORE.

Par principe, dissimuler sciemment la vérité lorsque l'on présente une réforme, que ce soit celle de la CPEG ou celle des traitements, sonne comme un aveu de faiblesse coupable d'un gouvernement en fin de parcours...

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* Pour être précis, dans le cas des enseignants du secondaires, seuls seront gagnants ceux qui arrêtent avant leur 9e année et... après leur 36e année, pour autant que toutes les annuités aient été accordées, ce qui est loin d'être le cas !

 

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