UA-74655322-1

17/01/2018

Notre-Dame-des-Landes - Cointrin

Il n'y avait aucune bonne raison de construire un nouvel aéroport pharaonique à Nantes, à part celle de servir les intérêts très particuliers des multinationales du béton et de l'aviation, au détriment des riverains, habitants, paysans et animaux sauvages.

Cependant, face à des autorités qui avaient cédé aux lobbys du béton et des réacteurs, il a fallu batailler pendant des décennies, occuper la "ZAD", ne pas céder aux menaces et faire face à un simulacre de référendum pour obtenir l'abandon du projet.

La victoire de Notre-Dame-des-Landes, est évidemment celle des "zadistes", mais également de toutes celles et ceux qui sont restés convaincus que par la fermeté et la raison, on peut s'opposer aux bulldozers. C'est une victoire historique pour l'écologie, à laquelle nous pourrons nous référer lors de nos prochaines luttes.

A Genève, la question du contrôle et du développement de l'aéroport présente bien des analogies avec la situation nantaise. Ouvrage de service public, c'est un établissement autonome qui, à en lire ses projets, n'a comme horizon que la croissance du nombre de passagers, de vols... et de nuisances.

Premier pollueur du canton, il arrose de décibels et de kérosène les habitants de Vernier et Genthod, mais également de nombreuses communes situées dans l'axe de sa piste, il a délibérément fait le choix d'attirer des compagnies low-cost, dont les vols courts-courriers sont particulièrement polluants et... attractifs pour des citadins à qui l'on fait croire qu'il est de bon ton d'aller faire les soldes à Lisbonne ou d'aller tester chaque week-end les boîtes de nuit de Riga ou de Zagreb.

Face à ce non-sens économique et écologique, plusieurs acteurs se dressent et, patiemment, proposent des solutions raisonnables pour que l'aéroport redevienne un outil au service de chacun... La Carpe a lancé une initiative dans ce sens, qui demande exactement cela. L'initiative des Verts contre la pollution impose également des mesures contre le bruit...

Dans le même temps, puisque les autorités cantonales restent d'une étrange passivité, ce sont les communes, Vernier en tête, qui se battent pour que l'aéroport garde une taille raisonnable.

Ajoutons encore qu'Actif-Trafic et l'ATE se battent pour qu'une offre alternative, en particulier des trains de nuits, soit maintenue et développée, dans un contexte où les entreprises de chemin de fer semblent baisser pavillon face à l'hégémonie de l'avion.

Tous ces acteurs font un travail exceptionnel. La victoire d'aujourd'hui renforce leur conviction qu'il vaut toujours la peine de se battre lorsque la raison, le droit et l'intérêt de la majorité est de son côté !bruit, aéroport, Genève, nuisances, sonores

 

 

Commentaires

Je me permets de vous renvoyer à mon commentaire sur le blog de Monsieur Longet. http://longet.blog.tdg.ch/archive/2018/01/15/l-ere-de-l-aviation-sans-limites-est-terminee-289007.html

Écrit par : Pierre Jenni | 17/01/2018

Oui, cette victoire à Notre-Dame des Landes peut être fêtée comme un modèle de persévérance, de foi en la nature et de bon sens.
Il est temps de reconstruire une cohérence et un cohésion entre les différentes dimensions de notre région, sous peine que tout explose sous une pression qui s'accumule de plus en plus.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 17/01/2018

C'est une victoire un peu bizarre... finalement les règles de la démocratie avaient permis d'envisager la réalisation du projet. Est-ce à dire que le résultat des différentes consultations n'a aucune valeur ? Cela pourrait alors servir d'exemple dans d'autres cas. Reste le prochain défi - et là on attend la réaction des opposants 'vainqueurs du jour' dans la mise en route, inévitable, du réaménagement de l'aéroport actuel de Nantes. Mais n'ayons aucune illusion, ce sont les mêmes qui vont s'opposer à tout agrandissement, réaménagement, au mépris de leurs propres arguments contre NDDL. La région, toute la région attendra longtemps à mon avis une modernisation des installations et pendant ce temps là, les voitures, autobus et autres pollueurs iront gaiement conduite la horde des voyageurs jusqu'à Paris.
On parie que les zadistes n'évacueront pas 'volontairement' la région qu'ils ont illégalement confisquée ?
Quant à la leçon théorique à en tirer pour l'aéroport de Genève, je n'en vois qu'une pâle, très pâle analogie. Mais si les gens préfèrent aller prendre l'avion à Zurich ou Francfort, que peut-on dire ? Faudra pas pleurer après !

Écrit par : uranus2011 | 17/01/2018

Les commentaires sont fermés.