UA-74655322-1

Lettre ouverte à la fondation Partage à propos de RFFA

Imprimer

Lettre ouverte à la Fondation Partage

Madame, Monsieur,


J'ai appris par la presse que votre fondation avait choisi de s'engager en faveur de la réforme de la fiscalité des entreprises (RFFA) dont l'objectif principal est de réduire l'impôt sur le bénéfice des personnes morales et, de ce fait, d'assécher les finances publiques.


Comme vous le savez, la fiscalité est un instrument important de redistribution des richesses et je ne parviens pas à comprendre comment une organisation comme la vôtre décide de soutenir un projet qui aura inévitablement pour conséquence de renforcer les inégalités qu'elle prétend combattre.

Comment pourrez-vous, après avoir soutenu de pareils avantages fiscaux à des entreprises florissantes, oser demander à des citoyen-ne-s de travailler bénévolement pour collecter des denrées offertes sans contrepartie par d'autres citoyen-ne-s ?

Comment oserez-vous, après avoir contribué à assécher leurs recettes, demander le soutien des collectivités publiques, Etat, communes, qui ont jusqu'à maintenant contribué à la réussite de votre entreprise ?

Ne percevez-vous pas l'immense incohérence qu'il y a à vouloir tout à la fois construire un monde où les valeurs cardinales seraient la générosité, la coopération et, c'est la cas de le dire, le partage tout en prenant partie dans un débat sur la fiscalité où la concurrence, l'avidité et le chantage sont les arguments principaux ?

Je ne peux pas croire que, comme un entrepreneur avide de marchés, vous espérez le renforcement de la misère dans notre canton. Je ne peux pas croire que les prétendues compensations sociales - qui n'amélioreront nullement le sort des plus démunis - vous aient convaincus...

Alors... alors... je ne vois pas... et j'attends votre réponse en réservant la mienne pour la prochaine occasion où l'un de vos généreux bénévoles viendrait faire appel à ma générosité.

Bien à vous.

Julien Nicolet

Commentaires

  • Le concept de la charité chrétienne en remplacement de la contribution publique est indissociable du capitalisme.

  • Oui, le monde est plein de contradictions. Mais il en est qui sont plus criantes que d'autres.
    Car sur le RFFA, il n'est pas facile de connaître le véritable impact de la réforme et de mesurer les risques liés à l'exode des multinationales.
    En revanche lorsque la gauche et les Verts s'arqueboutent sur l'idéologie qui refuse toute création de nouvelle artère routière sur le principe de l'aspirateur à voiture, ils se tirent une balle dans le pied et nous imposant une autoroute de contournement à la place ce merveilleux écrin qu'est notre rade.
    Si ces formations avaient le moindre bon sens, ils viendraient avec un projet de traversée urbaine qui permettrait enfin de libérer le centre des véhicules parasitaires.
    Je vous encourage à prendre connaissance de ma petite série à ce sujet afin que vous réalisiez à quel point la contradiction que vous dénoncez ici est autrement plus évidente là.
    http://heytaxi.blog.tdg.ch

  • Bonjour Monsieur Nicolet,

    Je ne sais pas si vous publierez mon commentaire, mais allons-y tout de même...

    Vous dites que l’objectif principal de la RFFA (et en l'occurrence de son volet genevois) est d’assécher les finances publiques. Mais pourquoi ne dites-vous pas que la conséquence de son refus serait l’exode (dans le canton de Vaud ou plus loin) d’un grand nombre de multinationales et de leurs employés fortement rémunérés, lesquels pris ensemble pèsent tout de même un milliard de recettes fiscales (chiffres 2011 pour Genève), et qu’un non à la RAAF diminuerait en conséquence bien plus les finances genevoises?

    En cas de refus à Genève, je crois que Monsieur Broulis pourra vous inviter avec tous vos camarades tenants du non, pour vous décerner l’Ordre du Mérite vaudois (ou toute autre décoration qui pourrait en tenir lieu).

    Alors, pourquoi ne pas, plus simplement, dire que vous militez contre la RAAF, non pour le maintien des finances publiques, mais pour chasser de nos terres ces diaboliques multinationales capitalistes, ainsi que leurs suppôts et auxiliaires en col blanc? Quoi que cela dût-il nous coûter, en termes de niveau de vie, d’emploi, etc..., nous irons gaiement « le coeur pur et les mains propres » sur le chemin de la décroissance tant espérée.

    Ce serait certes plus honnête que de se fixer bêtement sur les finances publiques, et cela permettrait au citoyen de voter en connaissance des conséquences du non et de vos réelles intentions, à savoir: veulent-ils ou pas de votre idéologie décroissante?

    Cordialement

  • Cher Monsieur,
    Je vous remercie pour votre message. Il vous a peut-être échappé que j'ai bien mentionné le chantage dans les arguments de tenants de la réforme, je crois donc avoir tenu compte de vos observations, tout en estimant que ce principe ne devrait pas figurer au rang des valeurs d'une association caritative.
    En ce qui me concerne ma position personnelle (mais tel n'était pas le propos de ma note), vous développez un procès d'intention particulièrement mal fondé. En effet, si je peux parfois m'émouvoir des actes moralement douteux de telle ou telle multinationales, je n'ai pas la volonté de toutes les chasser. Je fais partie du comité de l'initiative zér0 pertes qui demande juste que les réformes fiscales soient faites sans perte, car mon réel intérêt est de maintenir des finances publiques saines.
    Une refus de RFFA à Genève (et non RAAF...) conduirait à une nouvelle négociation et une entente sur un taux autour de 15% qui serait parfaitement concurrentielle et neutre sur les recettes. Un refus de la RFFSA fédérale déboucherait sur de nouvelles négociations, tant sur la fiscalité que l'AVS et des choix plus acceptables en matière d'impôt après avoir essuyé une double défaite. Il n'y a donc rien à perdre à voter deux fois NON à RFFA.
    Bien à vous

Les commentaires sont fermés.