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01/02/2013

Conseil d'État: L'oukaze des Verts

Ce soir, les Verts genevois fêtent leur 30 ans. Ce sera l'occasion pour les ancien-ne-s militant-e-s de se remémorer l'époque des premières campagnes, des JA-Verts.jpgaffiches en papier kraft et de la liberté de ton qui caractérisait le parti.

Souvenirs émus et un brin nostalgiques, car, si la plupart des militants conservent cette grinta un peu naïve, toujours véhémente et surtout amoureuse de la nature et de l'humain, on doit réaliser que les têtes dirigeantes se sont désormais converties à la realpolitik dans ce qu'elle a de moins ragoûtant.

Triste illustration de cela, le choix des candidats pour l'élection au Conseil d'État...

Lorsque, il y a deux semaines, la présidence du parti a fait savoir son désir de partir sur une liste à deux, de nombreuses voix se sont élevées pour regretter cela, au moment même où la nouvelle Constitution (dont les Verts nous promettent pourtant par leurs affiches de faire le "Service Après-Vente") change les règles du jeu électoral, imposant un deuxième tour aux élections majoritaires. C'est ainsi, que dans l'esprit du texte, le premier tour devrait être une sorte primaire, lors de laquelle la population choisit celles et ceux qu'elle souhaite voir au second tour.

Ce devait être la fin des calculs politiques et de la chasse au candidat le plus lisse.

Face aux nombreuses critiques, la direction du parti a assuré que, comme dans toute institution démocratique, ce serait le congrès qui trancherait la question... Certes, mais aujourd'hui nous avons la très désagréable surprise d'apprendre par un communiqué que seuls deux candidats à la candidature se présentent, annulant par là-même tout débat et faisant taire toute voix discordante.

En observateur naïf, j'explore donc quelques hypothèses:

- N'y a-t-il réellement pas plus de vocations à la candidature dans le parti ?

C'est désormais l'hypothèse servie à ceux qui posent des questions: La charge de Conseiller d'État est épuisante et ingrate. Personne n'en veut.

Admettons, mais pourquoi alors les candidatures se pressent-elles dans les autres partis ? Est-il vraiment concevable que, dans un des partis les plus influents du canton, on ne trouve pas plus de deux personnes intéressées par cette fonction ? Y a-t-il vraiment un pareil déficit d'ambition, ou alors compétences ? Allons donc...

On notera au passage que, si cette hypothèse devait être la bonne, la liste à deux ne serait plus un choix stratégique, mais une nécessité, faute de combattants. Le parti n'aurait donc aucune légitimité à demander à ses partenaires de réduire leur liste, s'ils devaient souhaitaient partir avec plus de candidat-e-s.

- A-t-on bloqué les velléités de candidatures ?

Sans doute pas de blocage actif, mais le communiqué précisant la volonté de la direction du parti de partir à deux a manifestement eu pour effet (et sans doute pour but) de brider les éventuelles bonnes volontés.

- Y a-t-il un vraiment risque à présenter plus de deux candidat-e-s ?

L'élection se déroulant en deux tours, ce risque est nul. De plus, dans la perspective d'une bonne mobilisation au second tour, il est même souhaitable qu'aucun candidat ne passe la barre des 50% au premier tour, ce qui est de toute façon peu probable.

On m'a rétorqué que le PS et les Verts vaudois étaient partis à quatre lors des dernières élections. Cela est vrai, mais il n'y a aucune raison de croire que, s'ils étaient partis à 6, ils n'auraient pas aussi obtenu 4 sièges (ou même plus !).

- Doit-on à ce point protéger Michèle Künzler ?

La raison de ce blocage peu respectueux des nouvelles institutions ne peut être autre. Il est vrai que Michèle Künzler a plus d'une fois été la cible d'attaques médiatiques et politiques aussi violentes qu'injustifiées. Le bizutage a commencé avec la répartition des dicastères et a continué régulièrement jusqu'au camouflet du Vélib'.

Elle ne le mérite pas. Mais mérite-t-elle d'être protégée d'une façon aussi grossière ? Plutôt que de défendre son bilan, son parti préfère lui créer un bouclier électoral, qui sonne comme un aveu de faiblesse. Ce qui ne pourra que la plomber en cas de réélection.

Non, je préférerais mille fois qu'elle se défende, qu'elle attaque, et que l'électeur tranche - si possible en sa faveur. Cela s'appelle la démocratie, c'est ce qui a permis, au cours des décennies précédentes, au parti de se créer une jolie place dans le paysage politique.

Un peu déçu de cette évolution, mais toujours enthousiasmé par les enjeux qui font que les militant-e-s vert-e-s ont plus que jamais raison de se manifester et de se battre, je souhaite au parti un excellent anniversaire en espérant qu'au cours de sa quatrième décennie, il retrouve un peu l'esprit de son enfance...

16/01/2013

Palestine: Battir, un paysage en danger !

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La scène se passe à Battir, 5 km à l'ouest de Béthléem. L'histoire a voulu que, en 1949, la ligne verte séparant Israël de la Cisjordanie passe entre le village, sur la colline, et une partie de ses terres agricoles, mises en terrasses sur les flancs de la vallée en contrebas.

Cette situation particulière, les habitants de Battir vivent avec depuis 60 ans, franchissant tous les jours sans incident la ligne pour cultiver leurs terrasses, construites par leurs ancêtres, qui avaient imaginé des systèmes d'irrigation complexes, typiques des civilisations hydrauliques des terres arides.

Peu à peu, cependant, l'autre versant de la vallée, en Israël, a été planté de pins, dont les aiguilles ont progressivement acidifié, puis stérilisé les sols. Peu à peu, sous la pression du développement, et de la concurrence économique de l'agriculture industrielle, l'exode rural a fait son oeuvre et certaines terrasses ont été abandonnées.

Et pourtant, il y a quelques années, une équipe d'ingénieurs et d'architectes a réalisé la richesse des paysages de la région: Les terrasses et l'irrigation, bien sûr, mais également des vestiges archéologiques témoins de l'histoire riche et mouvementée de ce lieu.

Avec le soutien de l'UNESCO et des fonds italiens, un Ecomusée a été fondé. Son but: préserver le paysage, mais également le patrimoine immatériel de la région, en premier lieu les pratiques agricoles.

Or, comme on le sait, Israël projette d'ériger un mur de protection cloisonnant les territoires palestiniens. Comme on pouvait le redouter, les plans prévoient de séparer irrémédiablement le village des terrasses agricoles, parachevant ainsi leur abandon et détruisant un paysage d'une valeur unique. Sans même polémiquer sur la pertinence du principe d'un mur de séparation, on ne peut que s'effrayer des conséquences locales d'un pareil projet. Ce d'autant plus que, le village et ses terres appartenant aux zones B et C des accords d'Oslo, il est déjà séparé du reste des territoires palestiniens (zone A) par un autre mur, visible sur la carte ci-dessous (en orange, le tracé des murs, en jaune les surfaces confisquées, parmi lesquelles, la vallée d'Al Makhrour)... L'argument sécuritaire semble bien mince...

Un jeune ingénieur natif de Battir, Hassan Muamer, a intégré l'équipe de l'Écomusée il y a trois ans. Je l'ai rencontré l'automne passé à St-Dié-des-Vosges, au Festival International de Géographie. Il animait un "café-cartographique" en compagnie de jeunes paysagistes de l'ENSAPL de Lille.

Son énergie, sa volonté de réaliser un projet alliant la recherche scientifique, la préservation du patrimoine et la défense de la qualité de vie des habitants de son village forcent le respect. Aucune animosité envers l'occupant, mais une forme d'enthousiasme lucide. Il sait ce qu'il peut attendre d'Israël, à vrai dire pas grand chose, mais est prêt à se battre pour l'obtenir, car sa cause, loin du nationalisme, et encore plus loin du fondamentalisme religieux, est juste et universelle.Boules de neige.jpg

Aujourd'hui, une partie de l'opinion israélienne se mobilise contre le projet de mur à Battir. En témoignent les propos de Gidon Blomberg, président des Amis de la Terre-Moyen Orient, recueillis par Haaretz: "Il est important de relever qu'il ne s'agit pas d'un patrimoine palestinien ou israélien. Il s'agit d'un patrimoine commun à toute la région, et à toute l'humanité. Cette région a connu des guerres tout au long de son histoire. De quel droit pourrions-nous détruire un patrimoine vieux de 5'000 au nom de notre conflit ? En particulier lorsqu'il y a d'autres moyens utilisables pour résoudre les problèmes de sécurité".

Hassan sait que l'Ecomusée est un outil idéal pour ouvrir le village au monde et freiner l'exode rural. Sans lui, les jeunes qui y vivent encore partiront chômer à Hébron, à Ramallah. Certains iront grossir les rangs du Hamas et alimenteront les haines. Il sait que tant les Palestiniens que les Israéliens ont intérêt à ce que le projet se développe et que le mur ne se construise pas.

Il va de l'avant. Propose des randonnées dans la région. Crée du travail pour les maîtres d'oeuvres locaux. Veut créer un forum d'échange dans lequel les habitants de la région pourraient s'informer et partager les bonnes pratiques. Fait reconnaître le bien-fondé de son projet par les plus hautes instances de l'UNESCO. Parvient à sensibiliser des journalistes du monde entier.

Et pourtant, la construction du mur est toujours planifiée pour le printemps 2013...

L'équipe de l'Ecomusée et les habitants de Battir ont besoin de notre aide. Jasmine Salachas, organisatrice de passionants "cafés-cartographiques", à Paris comme à St-Dié, reste en contact avec les villageois de Battir et soutient leurs efforts.

Les nouvelles sont inquiétantes. Je centralise et transmets volontiers les coordonnées des lectrices et lecteurs désireux d'être informé-e-s de l'évolution de la situation et/ou qui souhaitent envoyer un message de soutien, agrémenté ou non d'une aide pécunière, aux efforts des habitants de Battir. N'hésitez pas à me contacter !

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21/09/2012

Pour des rues piétonnes en ville... et à la campagne !

Remarquable succès pour la journée "A pied à l'école" organisée par les Pédibus genevois ! Les responsables de ce qui est sans conteste une des actions les plus remarquables du "Penser global, agir local" ont aujourd'hui organisé des fêtes et des spectacles dans tout le canton.

ballons.jpg A Avusy, comme l'année dernière, une portion de route communale (parallèle à 150 m. de la route cantonale...) a été fermée au trafic, pour la plus grande satisfaction des enfants qui se sont approprié ces quelques décamètres de bitume.

Sans surprise, les parents - ainsi que les autorités locales, puisque le Maire et un Conseiller Administratif ont participé à la manifestation - ont constaté à quel point le chemin de l'école gagnait en plaisir et en sécurité, lorsque les enfants-piétons et les enfants-cyclistes ne sont pas sans cesse dérangés (voire mis en danger) par les parents-chauffeurs.

Vive le Pédibus, vivent les rues piétonnes !

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20/09/2012

OGM: Souris à l'objectif !

Ainsi, il aura suffi de quelques photos de rongeurs boursouflés pour créer un émoi autour des OGM...

On peut se réjouir de cette soudaine prise de conscience, mais on doit surtout s'interroger sur le fonctionnement d'une société dont les membres, après plus de quinze ans de débats et de mises en garde, ont continué à s'approvisionner auprès de multinationales de l'alimentation industrielle, pour s'effaroucher soudain des risques qu'ils courent personnellement, par le truchement de quelques pauvres rats de laboratoires.

Car enfin, on connaît depuis longtemps les risques principaux des OGM: perturbation de la pyramide alimentaire, développement de résistances aux pesticides induisant une augmentation des dosages et de la pollution des sols, valorisation de l'agriculture industrielle et des monocultures, système économique reposant sur un monopole allant de la production de la semence (stérile cela va de soi) jusqu'à la vente de l'herbicide qui tuera tout sauf la plante...

ogm,rats,souris,agriculture,principe de précautionEt il a donc fallu que M. Tout-le-monde se sente menacé dans sa santé personnelle pour qu'il réagisse... Triste exemple d'occultation des enjeux globaux par des soucis particuliers, soucis vite oubliés d'ailleurs à l'occasion de la prochain action sur les paquets de Corn Flakes.

Pis encore, l'étude en question posant certainement de vastes questions méthodologiques, elle se fera attaquer de toutes parts (la curée a déjà commencé) et si, par malheur, on parvient à démontrer que les scientifiques en question n'ont pas fait honnêtement leur boulot (ce qui n'est pas impossible), on aura complètement fait disparaître du débat les vraies questions qui doivent nous inciter à user du principe de précaution en matière d'OGM.

Et plouf, un coup d'épée dans l'eau supplémentaire dont les valeureux combattants anti-OGM se seraient bien passé, face à la puissance économique de leurs opposants...

29/08/2012

Essence de gauche, essence de droite et sens unique...

Étrange débat qui voit s'opposer de part et d'autre du Jura un ministre socialiste prêt à sabrer dans les taxes sur les carburEssence, carburant, prix, déplétionants pour diminuer leur coût et une conseillère fédérale ex-UDC défendant sans sourciller une augmentation de 150% du prix de l'essence...

La première analyse, qui montre l'inefficacité de ces deux mesures a déjà largement été faite: la première ne concernant que quelques poussières d'euro par litre et la seconde ne prenant effet que pour le 94e anniversaire de sa conceptrice.

Ce qui frappe dans ce débat, c'est tout d'abord la présomption des acteurs politiques, qui croient pouvoir influer de façon notable sur le prix des carburants:

De fait, lorsque le baril était presque gratuit, c'est bien l'État qui fixait le prix à la pompe. Mais désormais chacun sait que les stocks de pétrole les plus faciles à pomper ayant été pompés en premier, chaque baril est plus difficile à extraire, ce qui augmente son prix de production et fait diminuer la quantité sur mise sur le marché. C'est le phénomène du "pic de pétrole", abondamment documenté, dont seules les compagnies pétrolières les plus bornées refusent de reonnaître l'existence. De ce fait, il est évident que le prix du baril va tendanciellement augmenter et que les seules inconnues sont le rythme et la régularité de cette augmentation.

Depuis 2004, on observe en effet que les quantités de pétrole mises sur le marché n'augmentent plus et que, par conséquent (si l'on écarte la question de la spéculation) c'est la demande qui fixe le prix. En gros, quand la crise se renforce, le prix baisse, ce qui permet à l'économie de se reprendre... et de faire aussitôt réaugmenter le prix... ce qui la re-plombe.

Tout cela pour dire que, dans un proche avenir, le gros du prix de l'essence sera lié au prix du baril hors taxe et que les gesticulations des ministres n'auront aucun impact sur son coût. A moins que la Suisse ne souhaite subventionner la consommation de pétrole (comme le fait le Venezuela), je prends le pari que l'essence coûtera bien plus de 5 frs en 2050...

Ce qui frappe également, c'est le manque d'imagination des acteurs politiques. P. Moscovici comme les Valaisans interrogés à la radio le disent: "Nous ne sommes pas tous égaux devant les carburants !". Certains en ont plus besoin que d'autres, et la hausse du prix affecte avant tout les plus démunis.

Si la deuxième partie de l'énoncé mériterait tout de même vérification (après tout, les vrais démunis n'ont souvent pas de véhicule personnel et ne doivent chauffer qu'un petit appartement...), il est parfaitement vrai que la solution Widmer-Schlumpf s'inscrit dans une tradition purement libérale consistant à répartir les biens en fonction de la richesse et non de l'usage qu'on en fait.

Or, comme nous le savons, le pétrole, au-delà des nuisances collectives que sa combustion génère, est une substance si précieuse et si utile qu'il serait judicieux, dans un débat politique raisonnable, de se poser les deux questions suivantes, plutôt que de gesticuler en ne touchant qu'un seul curseur, celui du prix:

- Quels sont les usages véritablement raisonnables du pétrole ?

- Quels moyens se donne-t-on pour éviter d'en gaspiller le peu qu'il nous reste ?

La première suppose automatiquement une forme de rationnement, solution certes inconfortable, mais inévitable lorsqu'une société fait face à une pénurie. Elle suppose un débat ouvert où les moyens d'évaluer le degré d'utilité sociale des différents usages du pétrole seraient déterminés et déboucheraient sur un système de répartition juste des quantités que nous nous permettrions d'utiliser.

La seconde, beaucoup plus classique, suppose non pas, comme c'est trop souvent le cas, de se fixer un objectif chiffré dans un avenir aussi lointain que possible (après la fin de mon mandat, après ma mort, après le déluge...), mais de corriger dès maintenant les choix collectifs qui nous ont conduits à dépendre à ce point du pétrole.

On peut se gausser de celui qui va en 4x4 au fitness ou de celle qui laisse son moteur tourner au ralenti, il n'empêche que la critique de comportements individuels masque bien souvent la responsabilité collective de la situation de dépendance dans laquelle nous nous trouvons.

Le débat sur l'efficacité énergétique des bâtiments, sur l'évolution des transports publics et la densification des zones habitables est mené depuis longtemps, mais paradoxalement, on ne parvient pas à appliquer la loi sur l'énergie, on construit de plus en plus de villas, on préfère déclasser des zones agricoles et les automobiles sont de plus en plus nombreuses sur les routes...

Nous ne nous trouvons pas face à un problème économique, mais face à des choix de société importants qui nous permettront, si nous les effectuons assez tôt, d'éviter les non-solutions consistant à laisser à la "loi du marché" le soin de laisser les plus nantis gaspiller une ressource aussi précieuse.

09/03/2012

Quand Schwarzenegger joue M. Hulot

Si "moins par moins égale plus", il convient parfois de rappeler que l'addition de deux nullités ne donne pas grand chose. C'est ainsi que, étonnamment, la visite du body-buildé Arnold au salon de la bagnole semble avoir ému plus que de raison le populaire, ainsi que la presse régionale.

Saint-Schwarzie est donc venu distiller sa docte parole devant le "pavillon vert" du temple palexpien, car selon lui, il n'y a "plus d'excuse pour ne pas rouler non-écologique".

Vélo ? Trottinette ? Roller ? Non, la solarnoldhummer.jpgution réside bien entendu dans les véhicules hybrides, que sa famille collectionne...  et qui, comme chacun devrait le savoir, ont des (contre-)performances environnementales très similaires aux voitures traditionnelles, dès lors qu'on intègre dans le calcul l'énergie grise nécessitée par leur construction et leur recyclage.

Lorsque Mister Proper se réjouit d'avoir un beau siège à Genève pour sa fondation de greenwashing, il ajoute guilleret: "Une très bonne raison de venir à Genève plusieurs fois par année !" Certes,...gageons qu'il ne se déplace pas en pédalo (ni même en économique dans un vol de ligne...).

On relèvera aussi son goût pour les Hummers, sorte de cancrelats sur roues qui cumulent la laideur, l'agressivité, la cherté, le danger et, évidemment la pollution. Pollution ? Non non, le sien roule au "gaz naturel"... qui, rappelons-le, tout comme le pétrole, est une énergie fossile, émettrice de CO2, non renouvelable, dont les réserves sont contrôlées par des États peu recommandables...

"Mon objectif est d'attirer l'attention sur les technologies vertes, je sers de projecteur." A d'autres ! L'ex-mister Univers, ex-Terminator, ex-ami de Reagan, ex-gouverneur de Californie n'a pour objectif que d'attirer l'attention sur son immodeste personne, en dévoyant les médias, sommés, eux, de jouer les projecteurs. L'environnement n'étant évidemment que le prétexte le plus commode pour se trouver un nouveau rôle tout aussi farfelu que celui qu'il jouait dans Junior.

Mauvaise farce ? Sans doute, tant celle-ci est caricaturale
. Profitons-en, puisqu'elle permet de mettre en évidence toutes les manipulations souvent plus subtiles des entreprises et individus - à commencer par l'inénarrable hélicologiste Hulot - qui instrumentalisent sans vergogne la crise environnementale à leur profit.

03/02/2012

Les SIG vont-ils carburer au charbon ?

Le bruit courait, le Conseil d'Etat l'a confirmé, Genève ne construira pas de centrale à gaz au Lignon. Il s'agit sans conteste d'une victoire importante de la commune de Vernier qui se bat avec courage pour ne pas devenir le réceptacle de toutes les nuisances du canton.

Il s'agit aussi d'une victoire de la raison écologique, qui a refusé un projet dont les importantes émissions de CO2 800px-Heilbronn_Dampfkraftwerk_20070725.jpgétaient présentées comme vertueuses, puisque le rendement de la centrale aurait été meilleur que celui des affreuses centrales à charbon chinoises et qu'elle aurait permis le chauffage à distance de plusieurs immeubles. Preuve réjouissante qu'il ne suffit plus de promettre de faire mieux que si on faisait au pire pour emballer un cadeau empoisonné.

Un aspect de cette décision mériterait cependant d'être éclairci. Le communiqué du Conseil d'Etat justifie cette décision par l'entrée des SIG dans le capital du producteur d'électricité germano-suisse EnergieDienst AG, ce qui devrait permettre « à Genève de gagner en indépendance énergétique. »

 

Deux remarques en forme de question :

- L'indépendance énergétique d'un territoire, est-ce produire soi-même son énergie, mais dans des territoires fort distants (en Valais ou sur le Rhin, en l'occurence) ? Si la prétendue indépendance de la centrale à gaz dissimulait une vraie dépendance à des producteurs de gaz fort lointains (quoique...), ne vaudrait-il pas mieux miser sur les économies et sur la production locale d'énergie renouvelable ?

 

- Plus gênant encore : Si le communiquEnergieDienst.jpgé de presse et le site internet du nouveau partenaire des SIG laissent entendre qu'EnergieDienst AG est un modèle de pureté écologique, on s'aperçoit, en fouillant un peu, que la Stromkennzeichnung (terme poétique désignant la publication obligatoire en Allemagne de l'origine du mix énergétique fourni par chaque producteur) d' EnergieDienst n'est pas aussi verte que cela ! Alors que leur produit d'appel joliment nommé « NaturEnergie » n'est composé que d'énergie renouvelable, le mélange moyen fourni par cette entreprise contient 35% d'énergie fossile (dont 26% de charbon) et 14% de nucléaire... S'il n'est sans doute plus besoin de rappeler les risques que nous fait courir l'électricité nucléaire, il faut peut-être mentionner que, en matière d'émissions de CO2, on fait difficilement pire que le charbon.

En poursuivant notre enquête, on apprend vite qu'EnergieDienst appartient essentiellement à Energie Baden-Württemberg , propriétaire de 7 centrales à charbon et 4 centrales nucléaires (+ une participation de 17,5% dans la tristement célèbre centrale alsacienne de Fessenheim.).

Sans doute que les SIG nous garantiront que les électrons importés d'Argovie sont immaculés, mais, cela ne nous rassurera que partiellement, si cela implique que la part d'énergie sale vendue aux Allemands augmente d'autant.

Il serait temps que l'on comprenne que Mühleberg, Fessenheim ou Philippsburg sont également menaçantes pour les Européens et que le CO2 émis par les Genevois, les Allemands ou les Javanais nuit également au climat et mérite également d'être limité.

Les SIG ont-ils vraiment choisi le bon partenaire ?

26/10/2011

La nature ne reconnaît que les valeurs absolues.

Ma note d'avant-hier, intitulée "L'écologie, ce n'est pas le capitalisme, plus des panneaux solaires" a généré quelques réactions plutôt agressives, parmi lesquelles un long commentaire (en trois parties) et même une contre-note intégralement consacré à ma prose et à ma personne...

Je ne chercherai pas à répondre aux accusations personnelles de mauvaise foi ou de malhonnêteté. Ce sont des appréciations personnelles de mon contradicteur et, en ce sens, elles me laissent indifférents. Je n'aurais sans doute pas non plus réagi aux allusions à mes origines et ma formation (les deux partiellement erronées d'ailleurs) si l'auteur ne s'était rendu compte de lui-même dans un 2e commentaire qu'elles passaient les bornes de la décence dans ce genre de débat. Après tout, l'indignation étant dans l'air du temps, il est assez logique qu'elle gagne tous les bords de l'échiquier politique.

C'est donc exclusivement sur le fond de ces commentaires que je répondrai, en me conformant au plan élaboré dans ma brève réponse d'hier matin: "Je vous promets d'ici demain une réponse dans laquelle il sera question de valeurs relatives et absolues, de goûts et de couleurs et d'arithmétique électorale".

 

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