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24/10/2011

L'écologie, ce n'est pas le capitalisme, plus des panneaux solaires...

"La défaite des Verts n'en est pas une, puisque leur recul est causé par l'adoption de leurs idéaux par les partis du centre". A combien de reprises avons-nous dû subir pareille ineptie dans la bouche d'un commentateur (parfois même issu des Verts) entre hier et aujourd'hui ?

ecochaine.jpgAinsi, on ramène d'un coup des décennies de lutte politique à quelques plans sur la comète, parmi lesquels le plus marquant est l'abandon du nucléaire (d'ici six législatures tout de même - autant dire que du Césium aura coulé sous les ponts d'ici là.), sortis in extremis du chapeau électoral de notables nantis qui, jusqu'alors, ne connaissaient de l'écologie que le filtre à particules de leur 4x4.

Or tous ceux qui ont mené ces luttes savent pertinemment que, si l'on veut minimiser notre prédation des ressources naturelles, il faut avant tout réduire les inégalités sociales. En effet, il y a une corrélation nette entre l'empreinte écologique et le niveau de revenus des individus et des sociétés. Nous avons tous entendu des théories, parfois séduisantes, prétendant qu'un "découplage" entre croissance des richesses et croissance de la prédation était possible ou affirmant que l'économie se dématérialisant, l'impact écologique de la richesse serait moindre. Les faits démontrent qu'elles ne tiennent pas la route...

Partant de ce constat, une réduction globale de la voilure ne peut passer que par le porte-monnaie (Les plus riches accaparant les ressources de plus en plus rares et gérant un Etat dont la mission principale serait d'endiguer la violence des laissés pour compte), par la redistribution (L'Etat demandant aux nantis de produire des efforts particuliers, dans le but de rendre acceptables les efforts demandés aux démunis) ou par une transformation sociale (La société cesse de croire que c'est par la consommation qu'elle atteindra le bonheur et en tire les conséquences sur les plans économique et social). Il va de soi que la première solution n'étant moralement pas soutenable, c'est du côté des deux autres qu'il faut lorgner. Ce n'est pas un hasard si c'est du côté des économistes (Jean Gadrey, Bernard Maris, Serge Latouche...) qu'on rencontre les textes francophones parmi les plus pointus et les plus novateurs en matière d'écologie politique.

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28/09/2011

Pour que dure "La Revue Durable"

Parmi mes petits bonheurs récurrents, celui de découvrir à chaque début de saison La Revue Durable dans ma boîte aux lettres n'est pas des moindres. Il y a 9 ans, Susana Jourdan et Jacques Milenowicz faisaient le pari plutôt risqué de lancer un revue traitant sérieusement d'écologie en Suisse.

rd.jpgAujourd'hui, ce duo est demeure à la barre d'une revue qui a nettement gagné en maturité. Au début sans doute trop séduite par les aspects techniques de la protection de l'environnement (comme en témoigne son titre un peu désuet à l'heure où les mouvements de défense de l'environnement sont de plus en plus critiques face au concept de développement durable), la rédaction s'est petit à petit intéressée aux enjeux politiques, philosophiques et éthiques de l'écologie et s'est éloignée des adeptes du greenwashing qui utilisent l'environnement comme un vulgaire fonds de commerce électoral ou économique.

Dans chaque numéro, un thème est traité par des invités aux compétences incontestables, dont les articles sont généralement des exemples de vulgarisation de bon niveau, toujours agrémentés d'une bibliographie utile et pertinente. Un long entretien avec un interlocuteur le plus souvent passionnant et une série de brèves (sans grande distance critique malheureusement) complètent le dossier.

Pour agrémenter le tout, un iconographie de grande qualité, des dessins de Tirabosco et des infographies de mieux en mieux réussies.

Le pari est d'autant plus audacieux que la revue souhaite dépasser les enjeux romands et s'adresser à toute la francophonie, sans pour autant renoncer à son ancrage suisse. Pari le plus souvent réussi, puisque les dossiers confrontent fréquemment des réalités suisses, françaises et étrangères.

Paradoxalement, c'est au moment où elle atteint ce niveau de qualité que La Revue Durable connaît des soucis de trésorerie. La concurrence plus ou moins déloyale de magazines surfant sur la vague bio et le franc fort (30'000.- de pertes en 2011...) font que les recettes diminuent et que la rédaction songe malheureusement à étendre ses espaces publicitaires limités aujourd'hui à 2 pages (sur 70) et à des annonceurs dans la ligne de la rédaction.

Il est important pour l'écologie en Suisse que La Revue Durable maintienne sa qualité et son niveau d'indépendance. Et, pour cela, il lui faut des abonnés... Si vous l'êtes déjà, n'hésitez pas à abonner vos proches (Que voilà un joli cadeau de Noël qui vous évitera d'hésiter entre une anthologie de Bigard et un ramasse-miette électrique) et si vous vous entez l'âme citoyenne, n'hésitez pas à proposer à la bibliothèque de votre quartier de souscrire à un abonnement !

 

11/05/2011

Cherpines: Quand l'Etat cite Robert Hainard

delaire.jpgLe hasard collisionnant parfois les évènements, j'ai participé ce matin à une demi-journée d'études du groupe des enseignants de géographie du Cycle d'Orientation (car tel est mon métier).

Sujet: La renaturation de l'Aire.

Nous avons donc assisté à un exposé fort bien conçu, suivi d'une visite sur le terrain. Notre guide, employé de l'Etat au "Domaine Nature et Paysage" a pu nous expliquer les ravages de l'imperméabilisation des sols dans les zones alluviales (cause par exemple des inondations de Lully en 2002), l'affleurement de la nappe phréatique dans la Plaine de l'Aire, rendant impossible la construction en sous-sol et le caractère dévastateur de l'agriculture productiviste et/ou hors sol. En effet, les intrants chimiques se retrouvent dans la rivière en proportion d'autant plus grande que les précipitations sont faibles. Ces jours-ci, c'est la catastrophe !

Ayant pourtant décidé de ne pas parler de notre campagne lors de cette formation, ce sont mes collègues qui ont naturellement fait le lien entre ces informations et les aberrations des promoteurs du déclassement en termes de préservation des ressources et de gestion des risques.

J'en tire la démonstration que, du côté du Département du Territoire, on n'a pas nécessairement le même avis que celui des élites du DCTI (Je parle à dessein d'élites, car les employés de la DGAT sont nombreux à soutenir notre démarche). D'un côté, l'on a un Conseiller d'Etat et un département qui fait aHainard.pnglliance objective avec les promoteurs immobiliers (Le terme scandaleusement manipulateur d' "éco-quartier" apparaît par exemple également dans la brochure électorale), de l'autre, des scientifiques et des ingénieurs, qui, confrontés à la réalité de la nature, ont compris que les hectares ne se valent pas, de même que les modèles agricoles.

De par sa nature (qualité des terres, nappe phréatique, risques d'inondation, relief), la Plaine de l'Aire est destinée au maraîchage et non au bétonnage ! Il faut en évacuer les industriels de l'agriculture qui souillent l'environnement en produisant des fraises et des tomates hors-sol ou du gazon et proposer ces terres libérées aux vrais paysans sans terre qui rêvent de développer une agriculture biologique de proximité. Rêve partagé par les milliers de Genevois-es qui s'accumulent sur les listes d'attente des trop rares initiatives de ce type qui trouvent un terrain à cultiver.

Pour finir, je ne peux m'empêcher de citer la phrase de Robert Hainard, que les rédacteurs de la "fiche-rivière: L'Aire", (éditée par l'Etat) ont placée en regard d'une photo légendée "L'Aire libre (1922)". Je laisse à l'appréciation de chacun de juger de sa résonance avec les enjeux des Cherpines.

"J'ai l'infini à ma portée, je le vois, je le sens, je le touche, je m'en nourris et je sais que je ne pourrai jamais l'épuiser. Et je comprends mon irrésistible révolte lorsque je vois supprimer la nature: on me tue mon infini."

Merci Robert Hainard ! Vivent les légumes libres ! NON au bétonnage de la Plaine de l'Aire !

09/05/2011

Voter NON aux Cherpines: une cure de désintoxication !

Après avoir perdu toute crédibilité en faisant la promotion, qui d'une patinoire de 10'000 places, qui d'un faux "éco-quartier", les bétonneurs des Cherpines entament le dernier round argumentatif contre les référendaires d'une étrange façon: Le tronçon de la Plaine de l'Aire concerné par le vote ne représenterait qu'une petite part de la zone agricole genevoise.logotypeWEB.jpg

On a ainsi eu coup sur coup:

- Un conseiller d'Etat affirmant en débat public que le tronçon au-delà de l'autoroute ne serait pas rendu déclassable dans le prochain Plan Directeur.

- Un conseiller administratif plan-les-ouatien se lançant dans une périlleuse querelle de chiffre, qui affirme que la zone déclassée ne représente que 15% d'une Plaine de l'Aire dans laquelle il inclut manifestement une bonne partie de la Champagne ou, qui sait ?, le Signal de Bernex.

- Une lettre de lecteur dans Le Courrier d'aujourd'hui, signée par un certain Steve Bernard, qui a l'humilité de ne pas mentionner qu'il est le directeur de la fondation "Genève Place Financière", ses amis banquiers n'ayant sans doute aucun intérêt dans l'éventuel bétonnage des Cherpines. (Si vous n'êtes pas abonné au Courrier, achetez-le, vous aurez ainsi l'occasion de lire l'excellente lettre de L. Luisoni, qui, lui, a l'honnêté d'indiquer qu'il est ingénieur-agronome EPFZ)

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06/05/2011

Cherpines: Avant de voter, venez voir la Plaine de l'Aire !

La campagne contre le déclaaP1010994.pngssement des Cherpines bat son plein. Les arguments, soigneusement dissimulés dans un océan de mauvaise foi et de coups bas, s'échangent par médias interposés. Si cela est perceptible depuis quelques semaines, le comité référendaire travaille sur la question depuis plus d'une année et demi.

Tout cela pour dire que je commence à me lasser des débats et que je compte profiter de cette note pour illustrer un des arguments qui me touchent le plus: La Plaine de l'Aire est belle. La campagne genevoise est belle.

Quittez votre écran d'ordinateur, profitez du beau temps et, avant de voter, venez vous balader, à pied ou à vélo, aux Cherpines, discutez avec les vrais paysans, offrez un tour à dos de poney à vos enfants !

Et vous serez alors convaincus qu'une des plus grandes richesses de Genève, c'est d'avoir, jusqu'à maintenant, maintenu un équilibre entre une ville de taille raisonnable et une campagne préservée et accessible. En instrumentalisant la crise du logement, en mentant éhontément, c'est cet équilibre que Mark Muller et ses copains de la Chambre Immobilière veulent attaquer. Et c'est pourquoi, nous, vous et (espérons-le) une majorité des Genevois-es voteront NON le 15 mai prochain au déclassement des Cherpines!

Pour tenter d'illustrer cela, quelques photos prises ce matin:

aP1020002.pngaP1020004.pngaP1020007.pngaP1010998.png

05/05/2011

Cherpines: Le rouleau-compresseur des bétonneurs connaît des ratés

Le double discours de la Chambre Immobilière et les mensonges véhiculés par ses affiches et son site Internet (voir la plainte du WWF) leur ayant fait perdre le peu de crédit qu'elle avait encore auprès de la population, les bétonneurs dlogotypeWEB.jpges Cherpines, manifestement à cours d'argument sérieux, semblent envoyer au front leur équipe B.

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20/04/2011

Il n'y aura jamais d'éco-quartier aux Cherpines !

Depuis quelques jours, les Genevois-es doivent supporter les affiches de la Chambre Immobilière inondant les bus et les journauxlogotypeWEB.jpg du canton. L'agacement lié tant à ce tsunami de propagande qu'au caractère infantilisant du tutoiement utilisé s'est décuplé hier, lorsque elles-ils ont découvert les affiches officielles du PLR, qui, dans le pur style de la dénonciation politique rappelant les pamphlets de G. Oltramare, accusent les Verts de refuser un éco-quartier aux Cherpines !

Le caractère outrancier de cette affiche (de même que l'esthétique inspirée du MCG - qui en l'occurence en a profité pour repousser les frontières de la grossièreté politique d'un cran) devrait nous dissuader d'en parler. Il nous semble cependant important de clarifier certains points, pour ne pas laisser le champ libre à nos adversaires, et réexpliquer à celles et ceux qui ne l'auraient pas compris qu'il ne s'agit en aucun cas de construire un véritable éco-quartier aux Cherpines.

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09/04/2011

Tout lieu est le carrefour naturel des quatre lieux qui l'entourent

A en croire les bétonneurs des Cherpines, cette zone serait idéalement placé par rapport aux axes de transit, à l'urbanisation passée et future de la ville, bref, serait un carrefour incontournable, dont le destin naturel serait d'être bétonné.logotypeWEB.jpg

Au-delà de fait que la Plaine de l'Aire n'est desservie ni par le rail, ni par les transports public, que les ponts sur l'Aire sont rares et très étroits, cette affirmation m'a rappelé un publicité étudiée au cours de mes études de géographie qui vantait les mérites de la Bretagne comme étant un carrefour entre la mer et la terre, le nord et le sud, bref un lieu incontournable lorsqu'on songe à placer une usine, un commerce, une porcherie industrielle,... tout ce qui fait le charme actuel de l'ancienne Armorique...

Avec ce genre d'argument, on arrive rapidement à la conclusion tautologique suivante:

Tout lieu est au carrefour des quatre lieux qui l'entourent

(Les spécialistes de W. Christaller préféreront toutefois substiter "six" à "quatre", mais le résultat sera sensiblement le même...)

 

Pour illustrer cela, le géographe Roger Brunet, dans la notice carrefour de son dictionnaire "Les Mots de la géographie" écrit:

"Le terme est employé avec abus dans la promotion des lieux: toute ville, même minuscule se prétend carrefour. C'est aussi le cas de la géographie molle qui voit partout ou presque des positions de carrefour "privilégié" sans pouvoir dire si la ville est née du carrefour, ou le carrefour de la ville.[...] on a tout dit quand on dit carrefour, mais ce n'est parfois que le carrefour des courants d'air. Car tout lieu est un carrefour... par rapport à d'autres".

Mon complice Nicolas Bloch développe cet aspect de la problématique des Cherpines, dans un excellent article publié sur le site du comité référendaire.

Bonne lecture !