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Economie - Page 2

  • Un Grand Conseil représentatif de la population n'aurait pas voté le budget !

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    Le budget est voté. Il est calamiteux et scelle la nouvelle alliance bleu-brun des ultra-libéraux et des démago-nationalistes. Inutile de revenir sur son contenu pour l'instant...

    Examinons plutôt le bien-fondé de l'assurance avec laquelle certains députés parlent au nom de la population et répètent sans hésitation qu'ils la représentent, du fait de leur élection, bafouant sans scrupules les appels à l'équité et la pondération maintes fois répétées dans la rue, sur les piquets de grève et dans les discussions entre gens du terrain.

    Vote députées.jpgReprésentatifs, les députés ? A d'autres. Sans même parler du niveau de leur revenu, de leur catégorie socio-professionnelle ou de la taille de leur logement, penchons-nous sur deux déterminants basiques de toute étude statistique: le genre et l'âge.

    Un parlement excessivement masculin

    Vote pd genres.jpgOn le sait, les dernières élections ont vu fondre les légers progrès dans la représentation féminine dans notre parlement. Depuis 2011, seules 25 femmes siègent aux côtés de 75 hommes. Cela pourrait n'avoir aucune conséquence politique. ll n'en est rien. Hier, les femmes députées ont largement refusé le budget (13 NON, 9 OUI, 3 ABS), comme le montre le graphique ci-dessus.

    En pondérant le vote des hommes et des femmes par leur représentativité réelle (autrement dit en doublant celui des femmes et en divisant par 1,5 celui des hommes), on obtient un résultat nettement plus serré, mais toujours légèrement en faveur du budget. (49 OUI, 40 NON, 11 ABS).


    Un parlement de vieuxVote tr âge.jpg

    Si l'on compare la structure par tranches d'âge de la population genevoise et celle du parlement, on constate immédiatement la surreprésentation des 50-69 ans, qui représentent 61% du parlement et seulement 28% de la population adulte ! A l'opposé, les 20-29 ans, 17% de la population, ne sont représentés que par 3 députés...

    Là également, l'âge semble avoir un impact sur le vote. Les moins de 40 ans ont largement refusé le budget (10 NON, 3 OUI, 1 ABS), alors que les plus de 50 ans l'ont plébiscité (38 OUI, 21 NON, 10 ABS).

    Si chaque député avait un droit de vote proportionnel au nombre de Genevois de son âge qu'il représente, le budget aurait été refusé de peu (45 OUI, 48 NON, 7 ABS).

    La population genevoise aurait sans doute refusé un pareil budget...

    Vote tr â genre.jpgEn croisant les deux informations, c'est à dire en pondérant chaque vote par sa représentativité en termes d'âge ET de genre, on débouche sur un vote très nettement négatif. En effet, dans ce cas, le projet aurait été refusé par 55 NON, 38 OUI et 7 ABS... ou, plus vraisemblablement, aurait été conçu très différemment...

    On pourrait s'amuser à multiplier les autres critères de représentativité, et il paraît certain que, quels que soient ceux que l'on retienne, l'extrapolation déboucherait sur un refus du budget...


    Que conclure de tout cela ?

    On ne peut évidemment pas contester la légitimité de l'élection de chacun-e des député-e-s, ni, partant, la validité du budget voté hier. Ces quelques valeurs devraient toutefois inciter:

    - Les élu-e-s à ne pas abuser de la prétendue représentativité dont ils se parent lorsqu'ils votent des textes manifestement contraires aux intérêts de la population.

    - Les Genevois sous-représentés à entrer dans le débat politique, à se présenter aux élections, et, à tout le moins, à élire celles et ceux qui les représentent le mieux. Les partis ont évidemment un rôle capital à jouer dans ce sens, en favorisant les jeunes candidatures féminines et en limitant le cumul des mandats. Les Verts sont à cet égard un parti exemplaire...

    ***

    Pour cette étude, on a admis que tous les député-e-s titulaires étaient présent-e-s et avaient voté en bloc. Ce n'était pas le cas, puisque certains suppléant-e-s étaient présents, ce qui a pu modifier la répartition par tranches d'âge et genres des votants. De plus, pour les extrapolation, on n'a retenu que la population entre 20 et 80 ans, aucun député n'étant hors de cette tranche d'âge. De fait, les 18-20 ans et les plus de 80 ans représentent quelques % non représentés au parlement.

  • Budget: la chasse aux jeunes est ouverte !

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    Les élus, en particulier ceux de droite, ne détestent pas les jeunes, ils les méprisent. Toujours prêts à voter une subvention pour un festival ou un skate-park - il faut bien les occuper, ces bougillons - ils appliquent pourtant avec une bonne conscience de notable établi une politique économique désastreuse pour la génération montante.

    Dans les arbitrages budgétaires, on constate en effet une systématique rarement évoquée par les spécialiste, on repère un dindon de la farce omniprésent: le moins de 30 ans.

    Qu'on en juge:

    - État, TPG, entreprises privées: lorsqu'il s'agit - le plus souvent à tort - de diminuer les effectifs, on se réjouit systématiquement de ne pas devoir licencier, de se contenter de ne pas remplacer les départs volontaires. Traduction pour celui qui arrive sur le marché du travail: "On va garder même les éventuels incompétents, mais il n'y aura pas d'embauche pour toi..." Sympa, non ?

    - Annuités: Lors des débats budgétaires, le gel de l'annuité de la fonction publique est une rengaine récurrente. Facile à appliquer, très rentable (40 millions, tout de même), elle dissimule en fait un mécanisme anti-jeunes bien rôdé. Lorsque l'on est en fin de carrière, la suppression des annuités est indolore, car a atteint le plafond, ou presque. Lorsque l'on débute, la perte s'accumule d'année en année, pendant 22 ans pour atteindre des dizaines de milliers de francs !

    - Caisses de retraite: Dans les débats sur les réformes des caisses de retraite, le principe, louable en soi, des "droits acquis" est généralement indiscuté. D'un point de vue mathématique, cela équivaut à dire que si les retraités ou ceux qui sont en fin de carrière n'ont pas assez cotisé (bien malgré eux d'ailleurs, car personne, à droite, n'avait anticipé un baisse durable des rendements pourtant facile à imaginer...), c'est aux nouveaux cotisants de combler le déficit, dans un climat financier et démographique de marasme complet... Est-ce vraiment juste ?

    Ajoutons à cela des attaques constantes contre les crédits pour la formation, un dédain croissant des entreprises pour embaucher des apprentis et vous aurez saisi, jeunes concitoyens, que laisser le soin aux notables de plus de 50 ans de gâcher votre avenir n'est pas une bonne idée.

    Mobilisez-vous, faites valoir votre valeur, écrivez, dites et criez !

    Et pour commencez, rejoignez les mouvements de grève et de manifestation du 16 décembre !


  • TVA au resto: L'addition, c'est pour vous !

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    Campagne plutôt habile des patrons de restos, qui tentent ces jours de nous faire avaler leur réforme de la TVA. Voilà pourquoi le menu du jour sera consacré aux multiples raisons qui imposent un NON sans hésitation à un texte potentiellement dangereux pour notre équilibre fiscal.

    En entrée, précisons que la TVA est un impôt séduisant, car aisé à percevoir, mais fondamentalement anti-social, puisque chacun, quels que soient ses moyens, la paie au même taux. Pour compenser ce travers, dans la plupart des pays, on a imaginé un système taxant de façon réduite les produits de première nécessité. En Suisse, le taux réduit est à 2,5%, moins du tiers du taux normal (8%). Il ne s'applique effectivement qu'aux biens et services jugés essentiels à tous: les biens alimentaires et les boissons sans alcool, les médicaments et les biens culturels. Rappelons aussi que l'initiative ne demande pas, comme le suggèrent les affiches, une égalisation du taux de TVA entre les fast foods et les restaurants traditionnels, mais un passage de la TVA de la restauration au taux Gastronomie_-_Beaume_de_Venise_&_Flan_Citron_-_Framboise.jpgréduit.

    En plat principal, il convient donc de se demander si le restaurant correspond à un besoin de première nécessité. Il semble aller de soi que ce n'est pas le cas. Preuve en est qu'une part importante de la population ne s'y rend que rarement, ou même jamais. Les bistrotiers tentent de nous faire croire le contraire en affirmant que nous mangeons de plus en plus fréquemment hors de notre domicile. Ce n'est pas faux, mais ces repas sont le plus souvent - notamment chez les moins fortunés - pris sous forme de pique-niques préparés à domicile. Pas plus de raison économique donc de baisser le taux de TVA de la restauration que celui des opérateurs de téléphonie ou des ferblantiers-zingueurs.

    Le dessert consistera en un simple réflexion arithmétique. Si ce texte devait passer, l'État devrait compenser l'énorme perte fiscale (env. 750 millions) par une hausse du taux réduit (qui devrait passer à 3,8%). Autrement dit, pour favoriser les restaurateurs et leurs clients les plus assidus (pour autant que la baisse soit répercutée sur leur addition...), vous devriez payer plus cher vos aliments quotidiens, vos journaux et vos médicaments. Et vous et moi, qui n'allons au restaurant que quelques fois par mois, nous retrouverions avec une addition nettement plus salée...

    Pour le café, on avouera que l'argument de l'équité entre les plats à l'emporter et la restauration est percutant. Mais il s'effondre dès lors que l'on sait que GastroSuisse n'est pas entré en matière sur la seule réforme qui faisait sens du point de vue fiscal: La hausse à 8% de la TVA sur la restauration à l'emporter.

    Certains ont prétendu qu'il est difficile de distinguer formellement une denrée alimentaire d'un plat à l'emporter. Comment faire, par exemple, la différence entre un pain au chocolat et un panini au jambon de Parme ? Il me semble que, si l'on revient à l'esprit du taux réduit, on pourrait n'y inclure que les aliments bruts - légumes, viandes, fruits - et les préparations simples et traditionnelles - pains, pâtes, semoules - alors que chacun admettra que les pizzas, qu'elles soient congelées dans un supermarché, vendues à la sauvette sur un carrefour ou cuites au feu de bois n'ont aucune raison d'être taxéesà 2,5% !

    Votons donc NON à l'initiative de GastroSuisse et rappelons aux restaurateurs que, si leur branche connaît de réelles difficultés, l'État a d'autres moyens pour la soutenir que de puiser dans la poches des moins fortunés.

  • Familles genevoises: 10'000.- par mois, c'est être pauvre ?

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    Ma note de jeudi passé à propos de la faible pression fiscale sur les familles genevoises de la classe moyenne a généré beaucoup de commentaires. Suivant la règle que j'ai instituée en mars, j'ai renoncé à publier les anonymes. On y trouve pourtant des réflexions confirmant avec éclat la pertinence du titre que je lui avais donné: Ceux qui prétendent que la classe moyenne est écrasée d'impôts n'en font pas partie.

    Écartons d'emblée toutes les questions techniques (méthodologie, prise en compte des déductions, des allocations familiales, commune de domicile considérée...). Ils suffit de télécharger le rapport de référence pour obtenir des réponses, qui semblent garantir l'impartialité de la méthode de calcul (pourquoi d'ailleurs des fonctionnaires fédéraux feraient-ils des choix visant à défavoriser Genève ?).

    La plupart des autres commentaires avaient pour but, avec plus ou moins de circonvolutions, de démontrer que, 125'000.- par année, c'est en fait un revenu inférieur à la "classe moyenne", en particulier à Genève où tout est plus cher qu'ailleurs, donc que Genève serait la seule ville au monde où les familles avec un revenu de 10'000$ mensuels seraient à considérer comme pauvres.

    Deux réflexions:

    - Certes, les loyers genevois et les assurances maladies sont excessivement élevés. Cela dit, tous les autres prix sont identiques au reste de notre pays. On peut même imaginer que les frais de mobilité ou des chauffage sont plus importants dans les régions périphériques et on doit rappeler que les loyers à Lausanne ou à Berne sont également très élevés... Le surcoût pour une famille genevoise peut être évalué à 12'000.- ou 15'000.- par année. Or, l'impôt payé par une famille avec 100'000.- de revenus à Lausanne, Berne ou Neuchâtel est supérieur à celui payé par notre famille genevoise gagnant 125'000.- !

    Conclusion: A Genève, la modération du fisc compense plus que largement (on peut se demander si elle ne les encourage pas) les vrais excès dans les postes "logement" et "assurances" du budget des ménages.

    - Le revenu médian des couples mariés à Genève était de 123'624.- en 2010. Prendre 125'000.- est donc parfaitement représentatif de la classe moyenne. Or tous les commentateurs estiment que ce revenus est juste suffisant pour vivre et exclut toute capacité contributive supplémentaire. Le constat est sans doute discutable et dépend sans doute des choix en matière de mobilité et de loisirs des familles concernées. Il fait surtout la démonstration que ces gens ignorent que la moitié des familles (puisque c'est le sens du terme "médiane") vit avec des revenus inférieurs et méritent notre considération.

    Conclusion: Puisque, selon ces élites, 125'000.- de revenus annuels ne permet pas de sortir de la pauvreté, la conclusion logique serait de soutenir avec enthousiasme l'initiative pour un salaire minimum mise aux voix le 18 mai prochain...

    Étrangement, là, ils semblent estimer que 4'000.- par mois, c'est largement exagéré... !

  • Ceux qui prétendent que la classe moyenne est ecrasée d'impôts n'en font pas partie...

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    Il y a quelques semaines, je m'étais fait reprendre plutôt sèchement par des connaissances de gauche comme de droite, après avoir osé suggérer que l'écrasement de la classe moyenne par l'impôt tenait du mythe.

    Un article de la Tribune d'aujourd'hui tend à me donner raison. En marge de l'excellente nouvelle concernant la fin possible de la sous-enchère fiscale orchestrée par les cantons de Suisse centrale, il propose une carte plutôt malaisée à lire, mais riche en enseignements.

    Selon vous, dans quel canton cette fameuse "classe moyenne" (nous prendrons ici un couple mariés, 2 enfants, avec un revenu de 125'000.-) paie-t-elle le moins d'impôts ? Vous citerez rapidement Zoug, puis Schwytz, et vous aurez raison ! MaisCanton, Suisse, charge fiscale, classe moyenne il est fort probable que vous ignoriez que Genève vient en troisième position, avant Zurich, avant Nidwald, avant Uri et surtout bien avant Vaud ou Neuchâtel.

    Le tableau ci-contre, tiré d'un rapport annuel de l'OFS, risque de vous surprendre et mériterait d'être présenté à tous les acteurs du monde politique local qui n'ont d'autre horizon que la baisse de la fiscalité. Il semble en effet évident que ces gens sont mal renseignés sur la réalité de la charge fiscale d'une classe à laquelle ils n'appartiennent manifestement pas...

  • Les CCT, cache-misère du partenariat social...

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    Chaque fois qu'il s'agit d'ancrer dans la loi une amélioration des conditions sociales, c'est le même refrain: Les CCT sont la solution-miracle à la sauce helvétique, garantes d'un sain partenariat social et d'une paix du travail que nos voisins nous envient.

    Et voilà qu'une fois de plus, un employeur, Gate Gourmet, nous fait la démonstration que, si les CCT sont effectivement des outils nécessaires, elles ne sont malheureusement pas suffisantes pour protéger correctement les travailleurs lorsque les conditions économiques leur sont défavorables.

    Pour s'en convaincre, mettons en parallèle deux situations...

    Il est inutile d'imposer aux fabricants d'équiper les voitures avec des ceintures de sécurité. En effet, la sécurité des conducteurs relève avant tout de leur responsabilité personnelle, et l'immiscion de l'État dans cette affaire n'aurait pour conséquence que de déresponsabiliser les partenaires routiers, alors même que, dans l'immense majorité des cas, les trajets se déroulent à la satisfaction de toutes les parties, sans incident.

    De plus, équiper tous les véhicules de ceintures aurait un coût insupportable qui nuirait à la capacité concurrentielle des fabricants et se reporterait inévitablement sur les consommateurs.

    Il est vrai que certains conducteurs sont victimes de chauffards méprisant les règles de la circulation. Mais il faut relever que ces cas sont très rares (moins de 0,001% des trajets effectués se terminent par un décès) et que l'État a mis en place un train de mesures dissuasives envers ces dangers publics.

    Tout ces éléments nous montrent que le respect mutuel des usagers de la route et leur responsabilisation sont la seule voie envisageable pour assurer la sécurité routière.

    Il est inutile d'imposer aux employeurs des conditions sociales contraignantes. En effet, le contenu des contrats relève avant tout de la responsabilité personnelle des employés, et l'immiscion de l'État dans ces affaires n'aurait pour conséquence que de déresponsabiliser les partenaires sociaux, alors même que, dans l'immense majorité des cas, les conditions de travail satisfont toutes les parties, sans incident.

    De plus, imposer des normes sociales contraignantes aurait un coût insupportable qui nuirait à la capacité concurrentielle des entreprises et se reporterait inévitablement sur les consommateurs.

    Il est vrai que certains employés sont victimes de patrons-voyous méprisant les règles du partenariat social. Mais il faut relever que ces cas sont très rares (moins de 30% des employés se plaignent de leurs conditions de travail) et que l'État a mis en place un train de mesures dissuasives envers ces employeurs indélicats.

    Tout ces éléments nous montrent que le respect mutuel des partenaires sociaux et leur responsabilisation, dans le cadre de négociations sur des CCT, sont la seule voie envisageable pour assurer la paix du travail.

    Dans l'immédiat:

    - Soutenons les employés de Gate Gourmet qui mènent une grève courageuse et nécessaire. Les lève-tôt peuvent s'y rendre mercredi 18, dès 6h15 !

    - Examinons ce qu'il adviendra de la proposition de résolution déposée par les Verts et le PS, demandant que le Conseil d'État exige de l'Aéroport, entreprise public, qu'il fasse respecter les règles élémentaires du partenariat social à ses sous-traitants.

    - Refusons la Xème péjoration de la Loi sur le Travail dimanche prochain.

    - Réfléchissons bien avant d'élire nos autorités le 6 octobre...


  • Mort aux PME !

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    38712775artisan-jpg.jpgRassurez-vous, mitonneurs de plats du jour, démêleurs de chignons, sarcleurs de parchets, soudeurs de cheneaux, ingénieurs civils, comptables, forgerons et artisans, ce n'est pas votre entreprise que je vise...

    Bien au contraire, c'est leur défense que je prends en dénonçant l'abus de langage consistant à les regrouper dans un terme flou, "PME" dont l'usage permet surtout à d'autres entrepreneurs bien moins méritants que vous de bénéficier des faveurs et des louanges que la communauté devrait vous réserver.

    Commençons par l'acronyme lui-même. Moi qui suis père de trois enfants, je réalise au quotidien qu'il n'y a aucune raison de jumuler les moyens avec les petits plutôt qu'avec les grands... Or là, il est incontestable que les "moyennes" entreprises (qui emploient tout de même jusqu'à 250 personnes, voire plus selon d'autres définitions...) profitent indûment du terme "petit" auquel elles se rattachent, alors que leur fonctionnement et leurs buts diffèrent complètement des vôtres.

    Poursuivons en nous demandant l'intérêt qu'il y a à regrouper les entreprises par taille. Du point de vue politique, c'est évidemment une ficelle démagogique permettant aux candidats de se montrer sympathiques et soucieux du développement de l'économie locale. Qui d'ailleurs se permettrait de développer un discours critique sur les PME ?

    Du point de vue économique, ce n'est pas si simple. Car, quand je dis "PME", vous imaginez aussitôt la menuiserie, le Café du Commerce ou l'horloger de votre quartier, mais vous oubliez le sous-traitant du fabricant d'armes, le pollueur de nappes phréatiques, l'évadeur fiscal et l'exploiteur de clandestins. Pour faire court, toutes les PME ne concourent pas également au bonheur des gens et à la qualité de leur environnement et les regrouper sous un même terme ne bénéfice en fait qu'aux brebis galeuses bien heureuses de se voir introduites ainsi dans la bergerie.

    Un exemple manifeste de cet abus est l'engagement de l'USAM comme fer de lance du NON à l'initiative 1:12. Rappelons que l'USAM est précisément censée défendre les PME qui, dans leur immense majorité ne sont en rien concernées par la question des écarts salariaux, puisque leurs patrons, comme chacun le sait, ont plutôt de la peine à joindre les deux bouts. Comment peuvent-ils alors accepter que leurs cotisations partent pour mener un combat qui ne concerne que des méga-entreprises dont les valeurs et le fonctionnement sont inverses des leurs ?

    Ce qu'il faudrait, une fois que chacun aura extirpé "PME" de son vocabulaire, c'est inventer un nouvel acronyme désignant les entreprises locales qui produisent de l'utilité sociale, qui respectent leurs employés et leurs clients, bref, font vivre notre ville et notre canton. Elles existent, elles sont nombreuses, et ne méritent pas qu'on les confonde avec les entreprises inutiles, nuisibles ou malhonnêtes qui, malheureusement, prolifèrent également sous nos cieux.

  • Veyrier, les fonctionnaires et les économistes de comptoir...

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    Effet d'annonce: La commune de Veyrier vient de liquider le statut de son personnel. "Archaïque", tel est l'unique argument utilisé par les fossoyeurs du statut de fonctionnaire qui prétendent sans doute désengluer leur "ville" des affres bolchéviques du XXe siècle genevois.

    fonctionnaires_charb.jpgOr, dès lors que l'on parvient à s'extraire des arguments purement émotionnels, on peut se demander quels sont les raisons d'être des particularités du statut de fonctionnaire, à savoir une certaine sécurité de l'emploi (dont l'interprétation excessive nuit d'ailleurs à son crédit) et surtout une grille salariale fixe, publique et transparente.

    Il n'est pas question de ressortir ici les arguments syndicaux mettant en évidence les avantages sociaux, voire psychologiques, de la sécurité de l'emploi, mais de montrer en quoi ces particularités sont nécessaires à une saine gestion des deniers publics.

    On relèvera pour commencer que cette décision est un manifeste aveu de faiblesse des autorités veyrites. En effet, de deux choses l'unes:

    - soit la fonction publique communale fonctionne sans problème, et cette décision inutile et vexatoire n'aurait donc pour but que de flatter les bas instincts populisants de l'électorat,

    - soit les employés ne fournissent pas un travail satisfaisant, et c'est donc le Conseil Administratif qui admet ainsi son incapacité à créer des conditions de travail corrects et motivantes, sans devoir user de l'arme salariale... pas très brillant dans une petite commune où tous les employés devraient se connaître et travailler collégialement...

    Mais ce qui frappe surtout, c'est cette aveuglante myopie consistant à croire qu'une collectivité publique se gère comme une PME et que c'est donc au "patron" de déterminer le niveau des salaires selon son bon plaisir. Les différences qui rendent ce fonctionnement impossible sont pourtant évidentes:

    - Le circuit économique public est complètement différent. La commune n'a pas pour vocation de vendre des biens ou des services et donc ses autorités n'ont pas pour mission de redistribuer des plus-values réalisées par le travail de leurs employés. Cela semble pourtant évident: les revenus de la commune ne sont pas générés par la gestion du Conseil Administratif. Il n'a donc aucune légitimité économique à les redistribuer à sa guise.

    - Si l'on peut relativement facilement calculer le rendement d'un carrossier ou d'une secrétaire médicale, on ne peut faire ce calcul pour un employé public, dont la mission première est d'assurer une bonne qualité de vie et de service à la population. Va-t-on donner un bonus à celui qui aura ramassé toutes les feuilles en deux heures ou à celui qui aura préféré ne pas faire fonctionner sa souffleuse sous les fenêtres de l'EMS et de l'école, quitte à perdre un peu de temps ?

    - L'existence d'une grille salariale publique et transparente est avant tout une garantie pour le contribuable que l'argent de ses impôts n'est pas utilisé de façon arbitraire. La disparition progressive de ces grilles ou l'apparition de bonus et de malus rend non seulement la planification budgétaire impossible (Que faire par exemple, lorsque le budget ne permet pas d'attribuer à tous des bonus, même s'ils le "mériteraient" ?), mais donne des pouvoirs indus à l'autorité exécutive. A l'heure où l'on crée partout des Cours des Comptes, voilà de micro-collectivités publiques qui veulent s'arroger le droit de distribuer la manne fiscale sans en référer à la population, pourtant souveraine... Comment l'accepter ?

    En bref, plutôt que de surfer sur la vague anti-fonctionnaire qui submerge notre canton, les autorités de Veyrier auraient mieux fait de se rappeler que, lorsque nous élisons un Maire, nous souhaitons qu'il administre intelligemment et humainement notre patelin et non qu'il rêve de se transformer en Père Noël... ou en Père Fouettard...