UA-74655322-1

15/03/2012

Exonérations fiscales des multinationales: sortons nos calculettes !

Plus de 1200 millions de francs, c'est ce que l'État de Genève à concédé aux entreprises qui ont daigné s'établir sur son territoire au cours des 12 dernières années...

Tout cela contre la promesse de la création de 5311 emplois. Une simple division démontre donc que le département des finances a accordé 238'000.- par emploi promis.

Autant dire que c'est l'Jean_Calvin_mod_pt.jpgÉtat qui verse les salaires des employés de Cargill, Japan Tobacco ou HSBC (s'il s'agit bien de ces entreprises, car aucun nom n'apparaît dans le rapport de gestion du Conseil d'État).

Exagéré ? Non, car en fait, sur les 5311 emplois promis dans les "business plans", seul 1278 ont réellement été créés... Ce qui fait monter l'addition tout de même à 1'000'000.- d'argent public par emploi... soit 200'000 par année, dans la mesure où l'exonération porte sur 5 ans.

On savait que ces entreprises importent des emplois plus qu'elles n'en créent (les postes ouverts à Genève ne correspondant pas aux aptitudes des chômeurs de la place), on savait qu'elles pesaient lourdement sur la crise du logement en pratiquant une concurrence déloyale contribuant à faire exploser les prix, on savait que leur mode de fonctionnement économique est une des causes des malheurs sociaux, économiques et écologiques de l'humanité (voir ma note de l'automne passé à ce propos), on savait qu'elles exerçaient une concurrence déloyale avec les PME locales contraintes de verser des impôts justes, on sait désormais que leurs employés sont payés sur nos impôts...

Pour rappel, une initiative demandant la suppression de ces exonérations et l'application des mêmes règles fiscales pour toutes les entreprises, grosses ou petites, locales ou étrangères, vient d'être déposée. On se délecte à l'avance d'entendre les arguments hypocrites de ceux appelleront à voter "non" !

 

 

31/01/2012

Soyons libéraux: Taxons les multinationales !

Assez surpris d'apprendre ce matin que François Longchamp et David Hiler s'attaquent aux initiatives fiscales déposées par le PS hier. Non que je crusse encore que ces magistrats (et en particulier celui censé représenter les Verts) se soucient de morale (pourquoi les riches devraient-ils payer moins que le citoyen lambda ?) ou d'enjeux sociaux ou environnementaux (J'ai d'ailleurs déjà écrit quelque chose au sujet des bienfaits des multinationales...).

Non, ce qui m'étonne, c'est que ces deux libéraux bon teint se refusent à mettre en application leurs propres principes.

Explication: Dans une logique libérale, une entreprise (et l'État en est une, dans l'esprit de ces bonnes gens) se fixe pour but de vendre au plus haut prix ses biens ou services. Si elle se trouve en rupture de stock, c'est qu'elle a sous-évalué le prix qu'elle pouvait exiger de sa clientèle.

L'entreprise-Genève est actuellement étouffée par une croissance économique qu'elle ne peut maîtriser. Elle est en rupture de stock de logements, d'espace, de solutions de transport. Cela est dü au fait que des personnes physiques et morales profitent des prix trop bas que la République leur propose pour ses services et ses agréments.

Pas de scrupules ! Faisons jouer l'offre et la demande ! Soyons libéraux: Taxons les multinationales !

29/01/2012

Plus fort que le bonneteau: L'épargne-logement

«Approchez, Mesdames et Messieurs, tout le monde peut gagner! Et une, et deux...un petit coup à gauche, un petit coup à droite, et... votre argent a 800px-Three_Card_Monte.jpgdisparu dans la poches de mes copains...!»

Scène de bonneteau ? Non, campagne électorale pour l'épargne-logement. Admettons d'emblée que la comparaison est excessive. En effet, les sommes en jeu sont bien plus importantes dans l'épargne-logement et, si l'on peut reconnaître un vague talent de prestidigitation aux
racailles à la petite semaine qui arnaquent les gogos sur les quais, les ficelles utilisées par les milieux immobiliers et bancaires sont bien plus faciles à repérer, au point que l'on se demande si la fixation sur le bonneteau des milieux qui précisément défendent les prochaines initiatives sur l'épargne-logement (le 11 mars et le 17 juin) ne relève pas plus de la crainte de la concurrence que du délire sécuritaire.

Lire la suite

21/01/2012

Travaillons moins pour vivre mieux !

"N'oublions pas que, dans la mesure où les hommes veulent jouir des biens de l'existence, il faut les engager à des efforts sans lesquels nul ne peut subsister." En français contemporain, cela se traduit par: "Plus tu bosses, plus tu profites dposter-fr.pnge la vie."

Comme nous allons être gavés de ce genre d'oxymore au cours de la campagne sur l'initiative "6 semaines de vacances pour tous", il convient immédiatement de préciser que le passage cité plus haut date de 1858 et milite contre un loi limitant à 12 heures par jour le temps de travail des enfants zurichois. A ma connaissance, la loi a néanmoins été votée et Zurich n'a pas sombré dans la misère...

Les opposants aux améliorations des conditions de travail manient donc sans vergogne depuis plus de 150 ans les mêmes sophismes, mélanges d'hypocrisie, de malhonnêteté intellectuelle et de condescendance.

- Hypocrisie ? "6 semaines de vacances, cela nuirait à la productivité et rejaillirait sur les salaires les plus bas", clament-ils, soudain émus par les misérables conditions réservées aux moins bien lotis ! S'il y avait une once de bonne foi dans ce discours, les milieux patronaux s'empresseraient de militer pour la réduction des écarts salariaux dans les CCT et pour l'initiative 1:12 de la jeunesse socialiste. Ce n'est pas le cas ? Tiens ?
Et que dire de tous ces cadres qui profitent d'une 6ème ou 7ème semaine de vacances en expliquant que ce n'est pas raisonnable de traiter de la même façon les humbles ?
En 1858, on pro
posait exactement le même argument : "Et qu'en résultera-t-il pour les parents de ces enfants ? Ils obtiendront un salaire moins élevé ..."

-
Malhonnêteté intellectuelle ? "Travaillez, travaillez, sans quoi vous ne pourrez pas profiter de consommer !" En substituant la consommation au bonheur, les milieux patronaux gagnent sur deux tableaux
, puisqu'ils incitent leurs employés tout à la fois à voter contre leurs vrais intérêt - à savoir profiter des quelques décennies que la vie nous accorde dans ce bas monde - et à acheter les babioles et les services inutiles qu'ils sont contraints d'écouler à grand renfort de publicité, sous peine de voir leur entreprise plonger.
"On va décidément trop loin. Pendant des années, nos enfants ont travaillé 14 heures par jour dans les fabriques d'ici ... et cela ne les a pas empêchés non seulement de rester en bonne santé, mais encore de croître en stature et en vig
travail.jpgueur", disait-on en 1858 !


- Condescendance ? En filigrane de ces discours, se trouve systématiquement la
vieille idée qu'il vaut mieux une population docile et accablée de travail (ou de niaiseries télévisuelles), qu'un peuple qui se donne le temps d'échanger, de discuter et de réfléchir à sa condition. En 1858, on disait: "Ainsi la loi veut encore réduire la journée de travail dans les fabriques; mais que feront-ils de leur temps libre, sinon des sottises ?", en 2012 on dit: "Travailler sans réfléchir, cela vaut mieux pour son bonheur que l'inverse !" C'est évidemment faux !

On pourrait encore parler de la répartition des gains de productivité, de l'inégalité croissante de revenus entre les rentiers et les travailleurs, des ravages sociaux et économiques d'un monde du travail destructeur, des réformes économiques à entreprendre d'urgence, des conséquences écologiques d'une société consumériste, mais comme je redoute de vous faire arriver en retard au bureau, je résume:


Le 11 mars, votons tous OUI à l'initiative "6 semaines de vacances pour tous" !

07/11/2011

Poste® servicem publicum, luxe !

poste.JPGDélicieuse surprise ce matin dans ma boîte aux lettres: Deux pots de confiture et une jolie cuillère en inox offerts par La Poste.

"Chouette !, me suis-je aussitôt dit, Par ce gentil cadeau, le géant jaune doit sans doute informer les citoyen-ne-s de ma commune qu'il est revenu sur sa décision de fermer l'office postal local le 31 décembre prochain et, pour marquer son attachement au monde rural, il a choisi ces sympathiques produits du terroir".

La lecture de la carte accompagnant le présent m'a fait déchanter. Il s'agit uniquement de me remercier de ma "confiance" comme détenteur de compte. En effet, m'étant longtemps refusé à ouvrir un compte en banque, la majeure partie de mes avoirs sont à la Poste. Ils constituent une somme suffisamment rondelette pour que, comme n'importe quel vulgaire institut bancaire léchant les bottes de ses clients, Postfinance me juge digne de recevoir son petit cadeau...

Quatre conclusions:

- Progressivement, la Poste trahit sa vocation de service public universel. En fermant progressivement ses bureaux, elle contribue à la polarisation géographique excessive de la Suisse. En confiant ses services à des tiers (entreprises locales, administration communale), elle externalise ses risques et diminue la confiance qu'on pouvait lui accorder. Si j'acceptais volontiers que l'employée postale professionnelle ait accès aux informations sur mes comptes, en sera-t-il de même avec l'épicier ou le kiosquier?

- L'argument systématiquement invoqué pour fermer les bureaux est celui de leur faible rentabilité. Voilà une démonstration de plus de l'incohérence de ceux qui traduisent tout en valeur monétaire. Comment évaluer le service inestimable rendu par l'ubiquité d'une entreprise? La plupart des détenteurs de comptes les gardent précisément car ils savent qu'ils peuvent trouver partout des services postaux. A titre personnel, si cette dérive devait perdurer, je clorais mes comptes lorsque le réseau postal ne sera pas plus étendu que celui des Raiffeisen.

- Les dirigeants de Postfinance, avides de transformer ce service en Banque Postale sur le modèle du privé singent maladroitement leurs idoles. En offrant des joujoux vaguement luxueux aux nantis et en taxant les comptes des démunis (plus de CCP gratuit à la Poste depuis quelques années, sauf si vous êtes riches !), ils croient obtenir la satisfaction des premiers, alors qu'ils ne reçoivent que le mépris des seconds.

- L'initiative "Pour une Poste forte" a été déposée l'année passée. Elle passera dans quelques mois (années ?) en votation. Sans doute est-ce un peu tôt pour faire campagne... mais rappelez-vous de voter OUI lorsqu'on vous posera la question.

03/11/2011

Un géant au 2e pilier d'argile

Des syndicats qui exigent des placements boursiers plus risqués et des rendements plus élevés, des patrons qui viennent gémir que la bourse ne rapporte guère plus que le Tribolo. A force de tourner autour du 2e pilier, on finit par confondre la gauche avec la droite...tribolo.jpg

Réglons rapidement le sort des assureurs et leurs alliés habituels des milieux patronaux. En bons requins, ils se battent jusqu'à la moindre poussière de pourcent pour accroître leurs bénéfices. Après tout, ce n'est pas le sort de leurs assurés, mais celui de leur assurance, et donc de leurs actionnaires qui les motive. Leur souci de cohérence étant occulté par leur avidité, il ne faut donc pas s'étonner qu'ils crachent dans la soupe qui les nourrit - la bourse. On fera mine de s'étonner de constater que le Conseil Fédéral semble acquis à leur cause, puisqu'il a décidé hier de baisser le taux de rendement des capitaux LPP, sans voie de recours possible.

La position de certains milieux de gauche, notamment des syndicats, apparaît nettement moins compréhensible. Comment s'indigner sérieusement d'un rendement de 1,5%, alors que le taux obligataire des emprunts fédéraux n'atteint pas même 1% ? Est-ce à dire que les syndicats souhaitent que les caisses de pension placent l'argent des travailleurs sur les marchés d'actions les plus risqués (ou pire encore, en produits dérivés si chers à notre ministre des Phynances) ? Veulent-ils que ces capitaux soient prêtés aux Etats en semi-faillite à des taux usuraires ? Désirent-ils que les locataires des immeubles appartenant à nos caisses de pension soient pressés comme des citrons ?

 

Lire la suite

04/10/2011

Calvin, Farel, Procter & Gamble

Au début du XVIe siècle, Genève accueillait à bras ouverts les huguenots chassés de France, dont l'apport culturel et économique a sans doute pJean_Calvin_mod_pt.jpgermis à notre ville d'atteindre un rayonnement international inégalé pour une ville de sa taille. Cinq cents ans plus tard, certains esprits chagrins, au simple prétexte qu'ils sont élus du peuple, se permettent de contester l'implantation de multinationales, dont les actes philanthropiques et émancipateurs méritraient d'être reconnus à leur juste valeur.

C'est à n'en pas douter leur incommensurable modestie qui conduit les défenseurs des ces entreprises à ne faire valoir que deux arguments: Ces entreprises laissent une obole fiscal dans la sébile de l'Etat et, par pure générosité, vont jusqu'à créer des emplois, parfois même destinés à des résidents de la région franco-valdo-genevoise.

La menace se précisant, il conviendrait que ces frêles géants injustement agressés par la harpie de l'hôtel de ville mettent en évidence l'universalité de leur oeuvre bienfaisante et expliquent à la population à quelle point leur existence est bénéfique non seulement à notre canton, mais surtout à la planète entière.

Prenons par exemple Cargill, petite multinationale familiale (elle n'est pas côtée en bourse) dont l'antenne genevoise donne du travail à 661 miséreux qui connaîtraient les affres de l'aide sociale sans elle. Bien au-delà des frontières genevoises, elle agit également pour le bien de toute l'humanité puisqu'elle contrôle une part importante du négoce de céréales et organise leur juste distribution, privilégiant le réservoir des voitures américaines ou l'estomac des bovins avant leur transformation en hamburger, plutôt que les enfants des démunis du tiers-monde, dont les terres ont été rachetées précisément par Cargill ou d'autres multinationales. On peut également relever le rôle important de cette compagnie dans l'assainissement de la forêt amazonienne, auparavant presque impénétrable et désormais transformée en vastes champs de soja transgénique débarrassés des tous les anacondas et autres vermines qui l'infestaient.

Prenons Japan Tobacco, qui non seulement fait travailler 700 personnes à Genève, mais dont la lutte incessante pour le contrôle du vieillissement de la population font de son CEO un candidat potentiel pour le Nobel de la paix (ou celui de médecine pour sa contribution aux connaissances sur l'inocuité du tabac...)

Au tour de la banque HSBC, 1543 employés à Genève. Robin des Bois des temps modernes, elle a construit son savoir-faire sur la légitime indignation que des nantis ressentaient à l'idée de payer leurs impôts dans leur pays. Elle permet ainsi de diminuer les recettes de régions qui n'ont que trop d'argent et se vante de contribuer par ses propres impôts aux finances d'un des Etats les plus démunis: le canton de Genève.

On pourrait encore citer Procter&Gamble, firme qui transforme nos précieuses ressources en produits aussi essentiels au bonheur de l'humanité que des crèmes anti-rides et des shampooings anti-calvitie, ou DuPont qui a même accepté de payer une amende lorsqu'elle a pollué l'environnement de 60'000 américains (après avoir d'ailleurs été classé n°1 des pollueurs aux USA en 2004 par des chercheurs de l'Unversité du Massachussets.). Rassurons-nous, DuPont a eu la clairvoyance de n'implanter que des bureaux dans notre belle région et concentre ses activités polluantes dans des lieux où la santé de la population a moins de valeur qu'ici.

En examinant de près le fonctionnement économique de toutes ces entreprises, on ne peut qu'être émerveillé par leur rationnalité ! On place les dirigeants là où les impôts sont le moins cher, on place les usines là où la main d'oeuvre est la moins chère, on puise les ressources naturelles là où elles sont le moins cher et on organise le bal de tout cela à travers la planète, en profitant des coûts dérisoires des transports, organisés justement par d'autres multinationales. Autant d'ingéniosité légitime largement leur prise de pouvoir et leur dédain du fonctionnement démocratique des pays qu'elles inondent de leurs bienfaits.


Vivent les multinationales ! Vivement qu'elles fassent définitivement taire les parasites de la société moderne que sont les citoyen-ne-s et leurs élu-e-s !

23/06/2011

D'Athènes à Genève: Le jet d'eau de Salamine ?

Il y a une vingtaine d'années, les autorités grecques auraient pu tenter de créer un état socialement fort, basP1010420.pngé sur le développement d'une économie endogène, l'intégration des plus faibles et une coexistence pacifique avec ses voisins.

Au lieu de cela, les partis majoritaires, que ce soit le PASOK ou la Néa Dimokratía, se sont lancés dans un marathon aux objectifs au mieux futiles, au pire clientélistes. Par exemple:

Lire la suite

22:31 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : economie, grèce, genève |  Facebook | |