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Economie - Page 5

  • L'excès de multinationales nuit à la santé économique !

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    Elle ne manque pas d'air, la droite genevoise, qui, par les talents conjugués de MM. Unger et Mauris, capitalise sur la détresse des employés de M&S en s'attaquant aux théories de la décroissance, théories que ces fanfarons ne connaissent manifestement pas... Un peu comme si TEPCO rendait les antinucléaires responsables de la catastrophe de Fukushima, au prétexte qu'ils mettaient en garde depuis longtemps contre les risques de l'atome.

    Reprenons: Une multinationale dont la vocation première était de remplir les poches de ses actionnaires en vidant celles des victimes d'une maladie particulièrement rentable puisque cantonnée dans les pays les plus riches, avait placé un centre de recherche et développement dans notre belle cité, qui l'a1000770312.jpgvait attiré à l'aide d'un juteux arrangement fiscal. Ses employés cherchant beaucoup mais ne trouvant rien, et la pauvre société ne pouvant vivre éternellement sur une seule découverte, la logique économique a conduit les dirigeants à fermer ce site sans aucun égard pour les gens qui y travaillaient, malgré un chiffre d'affaire record. Que la guerre économique est jolie !

    Ce malheureux épisode est une illustration évidente du bien-fondé de la critique envers ce genre d'entreprise (cf. mes notes du 15 mars , du 31 janvier et du 4 octobre 2011). Critique relayée d'ailleurs hier par M. Unger qui ne trouvait pas de mots assez forts pour qualifier l'attitude de Merck-Serono, entreprise de voyous qui piétinent sans scrupule tous les principes du partenariat social en vigueur sous nos latitudes... tout en réitérant que le canton doit attirer les multinationales, seul vecteur de félicité économique à ses yeux.

    Reconnaissez-vous le syndrome de celui qui reconnaît être dépendant à une substance, tout en utilisant les mots les durs pour la qualifier ?

    Reconnaissez-vous le syndrome du même dépendant qui insulte ceux qui le rendent attentif à sa maladie et lui suggèrent le sevrage, dans le but de le soigner ?

    Le Dr Unger devrait, un fois sa phase d'anosognosie passée, déterminer le type de cure de désintoxication nécessaire à la République. Sevrage immédiat ? Traitement de substitution ? Ce n'est en fait que lorsque le diagnostic d'addiction sera admis par une majorité que nous pourrons sérieusement envisager les façons de bien vivre ensemble, sans la tutelle de ces parasites de l'économie mondiale.

    En attendant, je suggère à M. Unger de prendre connaissance des théories qu'il critique sans discernement, en commençant par les bouquins de Bernard Maris et de Jean Gadrey, professeurs d'économie dans des universités réputées..., puis de s'attaquer à ceux Serge Latouche !

  • Pauvres riches !

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    Et voilà le lobby des entreprises qui, une fois de plus, se transforme en lobby des riches ! Une étude d'"economiesuisse" (sans accent dans le logo !) vient donc de paraître, qui défend la thèse surprenante que les riches profitent moins des baisses fiscales que les pauvres.

    Ce qui est surtout surprenant, c'est que la presse reprenne ce tissu de grossières manipulations sans aucune distance critique, sans interroger aucun économiste indépendant, en allant jusqu'à publier tels quels les graphiques mis à disposition par le cartel des nantis.

    Avant de nous attaquer aux supercheries arithmétiques dudit lobby, deux remarques liminaires:

    • Le seul constat sur lequel chacun s'accorde, c'est que les impôts ont considérablement diminué au cours des deux dernières décennies. De fait, les ressources des collectivités publiques ont intentionnellement été asséchées par ceux qui les dirigent. Aujourd'hui, en situation de crise, les cantons et la Confédération, n'ont plus les moyens de remplir leur tâche de service public, ce qui nuit avant tout aux plus démunis et à la classe moyenne qui sont les principaux bénéficiaires des services sociaux, des hôpitaux publics et de l'école.
    • En préalable à ce genre d'études, il faut s'entendre sur la méthodologie à appliquer. En effet, le jeu des déductions permet aux hauts revenus, et particulièrement aux indépendants, de déduire des montants bien plus considérables que les moins nantis. Rappelons-le, dans un système fiscal progressf, les déductions favorisent essentiellement les riches !

    Pourquoi les graphiques présentés par "economiesuisse" et la Tribune de Genève sont trompeurs ?

    739358_pic_970x641.jpgPremière supercherie: Sur le graphique d'"economiesuisse" présentant la progressivité du taux d'imposition (ici à gauche), la graduation de l'axe des abscisses n'est pas linéaire. Cela donne une fausse impression de progression forte, alors que, dans les faits, cette progression ressemble plus à une fonction logarithmique. Pour les couples mariés, elle s'affaisse vers les 200'000.- de revenus. Les deux graphiques présentés ici reprennent exactement les mêmes valeurs (le mien se cantonnant toutefois aux couples mariés uniquement). Étonnant, n'est-ce pas ?

    tx impotjpg.jpg

    Deuxième supercherie: Sur le graphique repris en page d'accueil du site web de La Tribune de ce matin, les diminutions fiscales sont toutes exprimées en termes relatifs... (en pourcentage, non des revenus, mais du taux d'imposition - il s'agit donc d'une double dérivée, un pourcentage de pourcentage !). Or, ce qui compte, si l'on veut savoir si les inégalités s'accroissent ou diminuent, ce sont bien les gains absolus, exprimés en francs et non en %.

    Et comme notre système fiscal est (heureusement !) très progressif et que les revenus sont (malheureusement !) très inégaux, on se rend compte que ces gains réels sont bien plus importants pour les riches que pour les pauvres. Par exemple, les 68% de baisse obtenus par les couples gagnant 40'000.- représentent environ 1700 franc739356_pic_970x641.jpgs alors que les 11% gagnés par ceux dont le revenu atteint 1'000'000.- représentent en fait 40'000 francs, soit un rapport de 1 à 23 en faveur des riches.

    Là également, les deux graphiques présentés sont issus des mêmes chiffres...Gain fiscal.jpg

     

     

     

     

     

    Conclusion

    On pourrait analyser de la sorte tous les autres documents présentés et faire mine de s'étonner que le syndicat patronal, qui prétend à longueur de journée que les patrons ne sont pas si riches que ça, se transforme à la première occasion en défenseur éhonté des plus nantis. On doit surtout se demander comment il est possible que les rédacteurs de La Tribune et, sans doute, d'autres journaux reprennent tels quels des documents aussi grossièrement manipulés...

  • Le capital (suite et fin ?)

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    francs.jpgCertains se sont émus lorsqu'ils ont appris que de respectables oeuvres de bienfaisance avaient perdu de considérables montants dans des placements boursiers. A raison, leur est venue l'image de la modeste mère de famille versant 50 francs à Jean-Marc Richard, 50 francs qui iront engraisser les spéculateurs de tout poil plutôt que de financer la reconstruction de Port-au-Prince.

    On peut, bien sûr, regretter que ces bonnes oeuvres choisissent de placer leur argent plutôt que de le distribuer, a fortiori lorsque ces placements ne semblent respecter aucun critère éthique...

    On peut surtout s'étonner que, ce qui paraît aberrant lorsqu'il s'agit des quelques millions de La Chaîne du Bonheur semble soudain souhaitable lorsqu'il s'agit des centaines de milliards de nos caisses de pensions...

    C'est ainsi que le CIA-info paru aujourd'hui informe les membres de cette noble institution (La CIA est en effet la Caisse de pension des employés de l'État de Genève) que les principaux indicateurs économiques étant décevants, l'État - donc les contribuables - va sans doute devoir investir plus d'un milliard pour combler un trou...inexistant ! Qui plus est, il y a malheureusement fort à parier que, à l'image des 50 francs de notre ménagère, ce milliard finisse dans les poches de spéculateurs boursiers plutôt que dans celle des futurs retraités de la fonction publique...

    Pourquoi un "trou" inexistant ?

    La CIA a choisi de longue date un mode de fonctionnement mixte. C'est ainsi que, contrairement aux caisses privées, elle ne capitalise qu'une partie des cotisations et fonctionne pour l'autre partie par répartition, comme l'AVS. Ce système est garanti par l'État, la fonction publique étant pérenne. Il est particulièrement stable, puisque l'argent circule et est donc moins soumis aux aléas boursiers et inflationnistes. La CIA est donc une caisse saine, parfaitement gérée, selon des principes qui garantissent le versements des rentes à longue échéance.

    Malheureusement, le droit fédéral a changé fin 2010, et, pour des raisons de pur dogmatisme libéral, la Confédération contraint désormais les caisses à disposer en permanence de la couverture intégrale des rentes et les oblige à Puit-sans-fond-a20042545.jpgaugmenter leur taux de capitalisation à 80% à l'horizon 2052 (Le taux actuel de la CIA est de 54,1%).

    La première de ces exigences crée donc un trou artificiel, que notre État va se voir contraint de combler à hauteur de 750 millions. La seconde va imposer aux cotisants actuels (et à l'État dans la mesure où il cotise également) de passer deux fois à la caisse pendant 40 ans, puisqu'ils devront assumer leur part de répartition dans les rentes des retraités actuels tout en augmentant le taux de capitalisation servant à financer leur future retraite... Tout en fragilisant leur propre rente, au vu des risques encourus par cet énorme capital...

    Pourquoi ce milliard risque fort de disparaître ?

    L'autre "mauvaise nouvelle", c'est que, contrairement à ce que banquiers et syndicalistes se plaisent à dire, les rendements à long terme vont inexorablement baisser. En effet, spéculer (!) sur des taux de 4-5% est parfaitement illusoire et participe de l'aveuglement de ceux qui croient qu'une croissance infinie est possible dans un monde fini. Le fait est que des rendements "normaux", sur des activités "normales", ne dépasseront pas les 1% ou 2% de façon durable, ce qui est d'ailleurs parfaitement juste d'un point de vue moral !

    trou-noir-stellaire-443px_1_-138d5.jpgDe fait, le "taux technique" utilisé par les actuaires pour évaluer le rendement des actifs vient de passer de 4% à 3,5%. Ce petit saut suffit pour faire passer la facture "fictive" de 750 millions à 1,3 milliards (il faut en effet plus de capital pour couvrir les rentes, si les rendements diminuent...). Il n'y a aucune raison objective de penser que ce taux ne va pas continuer à baisser. Il est donc fort probable que, une fois ces 1300 millions versés (par l'État, les cotisants ou les assurés), il disparaisse soudainement. C'est d'ailleurs ce qu'a enduré le canton de Berne il y a quelques années... On risque fort de passer du "trou fictif" au "tonneau des Danaïdes fictif"...

    La droite libérale joue donc au pompier pyromane. Au moment où elle devrait réaliser qu'il est aberrant de bloquer des montants aussi gigantesques sur des périodes aussi longues, elle s'emploie à démanteler les systèmes qui, eux, sont structurellement pérennes, puisque les cotisations sont immédiatement redistribuées. La conclusion est simple: il faudrait  augmenter rapidement la part de répartition dans le 2e pilier. Les chambres viennent de décider le contraire...

    Décidément, la plupart des économistes ne sont que des prolongateurs de courbes... Ils ne parviennent pas à réaliser que, lorsque les conditions changent, que ce soit la déplétion des ressources naturelles, l'émergence de plusieurs pays ou les changements climatiques, il est stupide de croire que tout va continuer à fonctionner comme avant au prétexte unique que ça fonctionnait avant...

     

     

     

  • Exonérations fiscales des multinationales: sortons nos calculettes !

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    Plus de 1200 millions de francs, c'est ce que l'État de Genève à concédé aux entreprises qui ont daigné s'établir sur son territoire au cours des 12 dernières années...

    Tout cela contre la promesse de la création de 5311 emplois. Une simple division démontre donc que le département des finances a accordé 238'000.- par emploi promis.

    Autant dire que c'est l'Jean_Calvin_mod_pt.jpgÉtat qui verse les salaires des employés de Cargill, Japan Tobacco ou HSBC (s'il s'agit bien de ces entreprises, car aucun nom n'apparaît dans le rapport de gestion du Conseil d'État).

    Exagéré ? Non, car en fait, sur les 5311 emplois promis dans les "business plans", seul 1278 ont réellement été créés... Ce qui fait monter l'addition tout de même à 1'000'000.- d'argent public par emploi... soit 200'000 par année, dans la mesure où l'exonération porte sur 5 ans.

    On savait que ces entreprises importent des emplois plus qu'elles n'en créent (les postes ouverts à Genève ne correspondant pas aux aptitudes des chômeurs de la place), on savait qu'elles pesaient lourdement sur la crise du logement en pratiquant une concurrence déloyale contribuant à faire exploser les prix, on savait que leur mode de fonctionnement économique est une des causes des malheurs sociaux, économiques et écologiques de l'humanité (voir ma note de l'automne passé à ce propos), on savait qu'elles exerçaient une concurrence déloyale avec les PME locales contraintes de verser des impôts justes, on sait désormais que leurs employés sont payés sur nos impôts...

    Pour rappel, une initiative demandant la suppression de ces exonérations et l'application des mêmes règles fiscales pour toutes les entreprises, grosses ou petites, locales ou étrangères, vient d'être déposée. On se délecte à l'avance d'entendre les arguments hypocrites de ceux appelleront à voter "non" !

     

     

  • Soyons libéraux: Taxons les multinationales !

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    Assez surpris d'apprendre ce matin que François Longchamp et David Hiler s'attaquent aux initiatives fiscales déposées par le PS hier. Non que je crusse encore que ces magistrats (et en particulier celui censé représenter les Verts) se soucient de morale (pourquoi les riches devraient-ils payer moins que le citoyen lambda ?) ou d'enjeux sociaux ou environnementaux (J'ai d'ailleurs déjà écrit quelque chose au sujet des bienfaits des multinationales...).

    Non, ce qui m'étonne, c'est que ces deux libéraux bon teint se refusent à mettre en application leurs propres principes.

    Explication: Dans une logique libérale, une entreprise (et l'État en est une, dans l'esprit de ces bonnes gens) se fixe pour but de vendre au plus haut prix ses biens ou services. Si elle se trouve en rupture de stock, c'est qu'elle a sous-évalué le prix qu'elle pouvait exiger de sa clientèle.

    L'entreprise-Genève est actuellement étouffée par une croissance économique qu'elle ne peut maîtriser. Elle est en rupture de stock de logements, d'espace, de solutions de transport. Cela est dü au fait que des personnes physiques et morales profitent des prix trop bas que la République leur propose pour ses services et ses agréments.

    Pas de scrupules ! Faisons jouer l'offre et la demande ! Soyons libéraux: Taxons les multinationales !

  • Plus fort que le bonneteau: L'épargne-logement

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    «Approchez, Mesdames et Messieurs, tout le monde peut gagner! Et une, et deux...un petit coup à gauche, un petit coup à droite, et... votre argent a 800px-Three_Card_Monte.jpgdisparu dans la poches de mes copains...!»

    Scène de bonneteau ? Non, campagne électorale pour l'épargne-logement. Admettons d'emblée que la comparaison est excessive. En effet, les sommes en jeu sont bien plus importantes dans l'épargne-logement et, si l'on peut reconnaître un vague talent de prestidigitation aux
    racailles à la petite semaine qui arnaquent les gogos sur les quais, les ficelles utilisées par les milieux immobiliers et bancaires sont bien plus faciles à repérer, au point que l'on se demande si la fixation sur le bonneteau des milieux qui précisément défendent les prochaines initiatives sur l'épargne-logement (le 11 mars et le 17 juin) ne relève pas plus de la crainte de la concurrence que du délire sécuritaire.

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  • Travaillons moins pour vivre mieux !

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    "N'oublions pas que, dans la mesure où les hommes veulent jouir des biens de l'existence, il faut les engager à des efforts sans lesquels nul ne peut subsister." En français contemporain, cela se traduit par: "Plus tu bosses, plus tu profites dposter-fr.pnge la vie."

    Comme nous allons être gavés de ce genre d'oxymore au cours de la campagne sur l'initiative "6 semaines de vacances pour tous", il convient immédiatement de préciser que le passage cité plus haut date de 1858 et milite contre un loi limitant à 12 heures par jour le temps de travail des enfants zurichois. A ma connaissance, la loi a néanmoins été votée et Zurich n'a pas sombré dans la misère...

    Les opposants aux améliorations des conditions de travail manient donc sans vergogne depuis plus de 150 ans les mêmes sophismes, mélanges d'hypocrisie, de malhonnêteté intellectuelle et de condescendance.

    - Hypocrisie ? "6 semaines de vacances, cela nuirait à la productivité et rejaillirait sur les salaires les plus bas", clament-ils, soudain émus par les misérables conditions réservées aux moins bien lotis ! S'il y avait une once de bonne foi dans ce discours, les milieux patronaux s'empresseraient de militer pour la réduction des écarts salariaux dans les CCT et pour l'initiative 1:12 de la jeunesse socialiste. Ce n'est pas le cas ? Tiens ?
    Et que dire de tous ces cadres qui profitent d'une 6ème ou 7ème semaine de vacances en expliquant que ce n'est pas raisonnable de traiter de la même façon les humbles ?
    En 1858, on pro
    posait exactement le même argument : "Et qu'en résultera-t-il pour les parents de ces enfants ? Ils obtiendront un salaire moins élevé ..."

    -
    Malhonnêteté intellectuelle ? "Travaillez, travaillez, sans quoi vous ne pourrez pas profiter de consommer !" En substituant la consommation au bonheur, les milieux patronaux gagnent sur deux tableaux
    , puisqu'ils incitent leurs employés tout à la fois à voter contre leurs vrais intérêt - à savoir profiter des quelques décennies que la vie nous accorde dans ce bas monde - et à acheter les babioles et les services inutiles qu'ils sont contraints d'écouler à grand renfort de publicité, sous peine de voir leur entreprise plonger.
    "On va décidément trop loin. Pendant des années, nos enfants ont travaillé 14 heures par jour dans les fabriques d'ici ... et cela ne les a pas empêchés non seulement de rester en bonne santé, mais encore de croître en stature et en vig
    travail.jpgueur", disait-on en 1858 !


    - Condescendance ? En filigrane de ces discours, se trouve systématiquement la
    vieille idée qu'il vaut mieux une population docile et accablée de travail (ou de niaiseries télévisuelles), qu'un peuple qui se donne le temps d'échanger, de discuter et de réfléchir à sa condition. En 1858, on disait: "Ainsi la loi veut encore réduire la journée de travail dans les fabriques; mais que feront-ils de leur temps libre, sinon des sottises ?", en 2012 on dit: "Travailler sans réfléchir, cela vaut mieux pour son bonheur que l'inverse !" C'est évidemment faux !

    On pourrait encore parler de la répartition des gains de productivité, de l'inégalité croissante de revenus entre les rentiers et les travailleurs, des ravages sociaux et économiques d'un monde du travail destructeur, des réformes économiques à entreprendre d'urgence, des conséquences écologiques d'une société consumériste, mais comme je redoute de vous faire arriver en retard au bureau, je résume:


    Le 11 mars, votons tous OUI à l'initiative "6 semaines de vacances pour tous" !
  • Poste® servicem publicum, luxe !

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    poste.JPGDélicieuse surprise ce matin dans ma boîte aux lettres: Deux pots de confiture et une jolie cuillère en inox offerts par La Poste.

    "Chouette !, me suis-je aussitôt dit, Par ce gentil cadeau, le géant jaune doit sans doute informer les citoyen-ne-s de ma commune qu'il est revenu sur sa décision de fermer l'office postal local le 31 décembre prochain et, pour marquer son attachement au monde rural, il a choisi ces sympathiques produits du terroir".

    La lecture de la carte accompagnant le présent m'a fait déchanter. Il s'agit uniquement de me remercier de ma "confiance" comme détenteur de compte. En effet, m'étant longtemps refusé à ouvrir un compte en banque, la majeure partie de mes avoirs sont à la Poste. Ils constituent une somme suffisamment rondelette pour que, comme n'importe quel vulgaire institut bancaire léchant les bottes de ses clients, Postfinance me juge digne de recevoir son petit cadeau...

    Quatre conclusions:

    - Progressivement, la Poste trahit sa vocation de service public universel. En fermant progressivement ses bureaux, elle contribue à la polarisation géographique excessive de la Suisse. En confiant ses services à des tiers (entreprises locales, administration communale), elle externalise ses risques et diminue la confiance qu'on pouvait lui accorder. Si j'acceptais volontiers que l'employée postale professionnelle ait accès aux informations sur mes comptes, en sera-t-il de même avec l'épicier ou le kiosquier?

    - L'argument systématiquement invoqué pour fermer les bureaux est celui de leur faible rentabilité. Voilà une démonstration de plus de l'incohérence de ceux qui traduisent tout en valeur monétaire. Comment évaluer le service inestimable rendu par l'ubiquité d'une entreprise? La plupart des détenteurs de comptes les gardent précisément car ils savent qu'ils peuvent trouver partout des services postaux. A titre personnel, si cette dérive devait perdurer, je clorais mes comptes lorsque le réseau postal ne sera pas plus étendu que celui des Raiffeisen.

    - Les dirigeants de Postfinance, avides de transformer ce service en Banque Postale sur le modèle du privé singent maladroitement leurs idoles. En offrant des joujoux vaguement luxueux aux nantis et en taxant les comptes des démunis (plus de CCP gratuit à la Poste depuis quelques années, sauf si vous êtes riches !), ils croient obtenir la satisfaction des premiers, alors qu'ils ne reçoivent que le mépris des seconds.

    - L'initiative "Pour une Poste forte" a été déposée l'année passée. Elle passera dans quelques mois (années ?) en votation. Sans doute est-ce un peu tôt pour faire campagne... mais rappelez-vous de voter OUI lorsqu'on vous posera la question.