UA-74655322-1

Economie - Page 6

  • Un géant au 2e pilier d'argile

    Imprimer

    Des syndicats qui exigent des placements boursiers plus risqués et des rendements plus élevés, des patrons qui viennent gémir que la bourse ne rapporte guère plus que le Tribolo. A force de tourner autour du 2e pilier, on finit par confondre la gauche avec la droite...tribolo.jpg

    Réglons rapidement le sort des assureurs et leurs alliés habituels des milieux patronaux. En bons requins, ils se battent jusqu'à la moindre poussière de pourcent pour accroître leurs bénéfices. Après tout, ce n'est pas le sort de leurs assurés, mais celui de leur assurance, et donc de leurs actionnaires qui les motive. Leur souci de cohérence étant occulté par leur avidité, il ne faut donc pas s'étonner qu'ils crachent dans la soupe qui les nourrit - la bourse. On fera mine de s'étonner de constater que le Conseil Fédéral semble acquis à leur cause, puisqu'il a décidé hier de baisser le taux de rendement des capitaux LPP, sans voie de recours possible.

    La position de certains milieux de gauche, notamment des syndicats, apparaît nettement moins compréhensible. Comment s'indigner sérieusement d'un rendement de 1,5%, alors que le taux obligataire des emprunts fédéraux n'atteint pas même 1% ? Est-ce à dire que les syndicats souhaitent que les caisses de pension placent l'argent des travailleurs sur les marchés d'actions les plus risqués (ou pire encore, en produits dérivés si chers à notre ministre des Phynances) ? Veulent-ils que ces capitaux soient prêtés aux Etats en semi-faillite à des taux usuraires ? Désirent-ils que les locataires des immeubles appartenant à nos caisses de pension soient pressés comme des citrons ?

     

    Lire la suite

  • Calvin, Farel, Procter & Gamble

    Imprimer

    Au début du XVIe siècle, Genève accueillait à bras ouverts les huguenots chassés de France, dont l'apport culturel et économique a sans doute pJean_Calvin_mod_pt.jpgermis à notre ville d'atteindre un rayonnement international inégalé pour une ville de sa taille. Cinq cents ans plus tard, certains esprits chagrins, au simple prétexte qu'ils sont élus du peuple, se permettent de contester l'implantation de multinationales, dont les actes philanthropiques et émancipateurs méritraient d'être reconnus à leur juste valeur.

    C'est à n'en pas douter leur incommensurable modestie qui conduit les défenseurs des ces entreprises à ne faire valoir que deux arguments: Ces entreprises laissent une obole fiscal dans la sébile de l'Etat et, par pure générosité, vont jusqu'à créer des emplois, parfois même destinés à des résidents de la région franco-valdo-genevoise.

    La menace se précisant, il conviendrait que ces frêles géants injustement agressés par la harpie de l'hôtel de ville mettent en évidence l'universalité de leur oeuvre bienfaisante et expliquent à la population à quelle point leur existence est bénéfique non seulement à notre canton, mais surtout à la planète entière.

    Prenons par exemple Cargill, petite multinationale familiale (elle n'est pas côtée en bourse) dont l'antenne genevoise donne du travail à 661 miséreux qui connaîtraient les affres de l'aide sociale sans elle. Bien au-delà des frontières genevoises, elle agit également pour le bien de toute l'humanité puisqu'elle contrôle une part importante du négoce de céréales et organise leur juste distribution, privilégiant le réservoir des voitures américaines ou l'estomac des bovins avant leur transformation en hamburger, plutôt que les enfants des démunis du tiers-monde, dont les terres ont été rachetées précisément par Cargill ou d'autres multinationales. On peut également relever le rôle important de cette compagnie dans l'assainissement de la forêt amazonienne, auparavant presque impénétrable et désormais transformée en vastes champs de soja transgénique débarrassés des tous les anacondas et autres vermines qui l'infestaient.

    Prenons Japan Tobacco, qui non seulement fait travailler 700 personnes à Genève, mais dont la lutte incessante pour le contrôle du vieillissement de la population font de son CEO un candidat potentiel pour le Nobel de la paix (ou celui de médecine pour sa contribution aux connaissances sur l'inocuité du tabac...)

    Au tour de la banque HSBC, 1543 employés à Genève. Robin des Bois des temps modernes, elle a construit son savoir-faire sur la légitime indignation que des nantis ressentaient à l'idée de payer leurs impôts dans leur pays. Elle permet ainsi de diminuer les recettes de régions qui n'ont que trop d'argent et se vante de contribuer par ses propres impôts aux finances d'un des Etats les plus démunis: le canton de Genève.

    On pourrait encore citer Procter&Gamble, firme qui transforme nos précieuses ressources en produits aussi essentiels au bonheur de l'humanité que des crèmes anti-rides et des shampooings anti-calvitie, ou DuPont qui a même accepté de payer une amende lorsqu'elle a pollué l'environnement de 60'000 américains (après avoir d'ailleurs été classé n°1 des pollueurs aux USA en 2004 par des chercheurs de l'Unversité du Massachussets.). Rassurons-nous, DuPont a eu la clairvoyance de n'implanter que des bureaux dans notre belle région et concentre ses activités polluantes dans des lieux où la santé de la population a moins de valeur qu'ici.

    En examinant de près le fonctionnement économique de toutes ces entreprises, on ne peut qu'être émerveillé par leur rationnalité ! On place les dirigeants là où les impôts sont le moins cher, on place les usines là où la main d'oeuvre est la moins chère, on puise les ressources naturelles là où elles sont le moins cher et on organise le bal de tout cela à travers la planète, en profitant des coûts dérisoires des transports, organisés justement par d'autres multinationales. Autant d'ingéniosité légitime largement leur prise de pouvoir et leur dédain du fonctionnement démocratique des pays qu'elles inondent de leurs bienfaits.


    Vivent les multinationales ! Vivement qu'elles fassent définitivement taire les parasites de la société moderne que sont les citoyen-ne-s et leurs élu-e-s !

  • D'Athènes à Genève: Le jet d'eau de Salamine ?

    Imprimer

    Il y a une vingtaine d'années, les autorités grecques auraient pu tenter de créer un état socialement fort, basP1010420.pngé sur le développement d'une économie endogène, l'intégration des plus faibles et une coexistence pacifique avec ses voisins.

    Au lieu de cela, les partis majoritaires, que ce soit le PASOK ou la Néa Dimokratía, se sont lancés dans un marathon aux objectifs au mieux futiles, au pire clientélistes. Par exemple:

    Lire la suite