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Genève - Page 4

  • Un océan de colza... pour nourrir nos voitures !

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    En déplacement dans la Beauce, je m'attendais à voir des milliers d'hectares de céréales. J'y ai trouvé des étendues jaunes presque à l'infini... comme chez nous où, depuis quelques années, les surfaces consacrées à la culture du colza ont fortement augmenté.

    Colza, Chancy, Genève, SuisseLes photographes et les promeneurs s'en réjouissent, mais s'interrogent. Les Européens seraient-ils pris d'une frénésie d'huile à salade ?

    La réalité est un peu plus inquiétante, puisqu'un rapport de l'IFPEN (ex-Institut Français du pétrole), nous révèle que près des deux tiers des surfaces de colza en Europe sont utilisées pour la production d'un agrocarburant mal nommé "biodiesel".

    En croisant cette information avec les données de la FAO, on réalise rapidement que plus de 5 millions d'hectares de terres européennes sont consacrées au colza-carburant, soit environ 5 fois la surface agricole utile de la Suisse !

    Et pourtant, cet usage massif du sol européen ne permet de fournir que 5% du diesel (à l'exclusion donc des autres carburants et combustibles) consommé en Europe.

    On se trouve donc face à un exemple représentatif des désastres causés par une approche purement technique des problèmes environnementaux:


    - Le pétrole est non renouvelable ?

    Fabriquons du pétrole renouvelable !

    - Ces agrocarburants nécessitent des intrants chimiques polluants entrent en concurrence avec l'alimentation ?

    Développons des filières innovantes "de deuxième génération" basées sur les déchets agricoles ou des plantes robustes poussant là où il est impossible de cultiver des aliments.

    Mais, loin de ces réflexions, les acteurs économiques ont vite réalisé qu'il était plus rentable de nourrir les réservoirs que les estomacs et qu'il est bien plus aisé et profitable de cultiver du colza sur des terres riches que du jatropha dans le désert. La "deuxième génération" se rencontre donc bien plus souvent dans des rapports ou des conférences que dans nos réservoirs !

    En attendant, le cours du maïs (utilisé massivement aux États-Unis pour produire de l'éthanol-carburant) explose et affame les Mexicains les plus démunis, et une marée jaune inonde chaque année les terres européennes, entamant progressivement nos capacités de produire notre propre alimentation et justifiant l'importation de denrées agricoles provenant d'autres continents...

  • Transports publics: Luttons contre le sentiment de cherté !

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    Les transports publics, c'est un peu comme les cantines scolaires ou la météo à Lucerne: même quand ça ne va pas trop mal, la plupart des usagers continuent à râler...

    Service déficient, lenteur, cherté... voilà les trois reproches les plus souvent entendus aux comptoirs de nos bistrots, assortis d'exemples aussi éloquents que singuliers, bien souvent exagérés d'ailleurs.

    Puisque l'actualité nous invite à nous exprimer sur les prix des TPG (et des CFF également...), examinons avec objectivité la question et concluons que les tarifs des transports genevois ne sont pas exorbitants en regard de la qualité du service et des offres faites aux plus modestes, aux familles ou aux usagers fréquents:

    - Tarifs senior et junior sur les abonnements. Abonnement annuel à 66.- pour les seniors les plus modestes.

    - Reconnaissance de la carte junior des CFF (gratuité pour les enfants accompagnés jusqu'à 16 ans) et de l'abonnement 1/2 tarif (billet au tarif junior, soit 72% du tarif normal).

    - Billet unique valable sur tout le canton, sur toute les compagnies de transport.

    On est donc tenté de faire le parallèle avec les questions de sécurité, où la AVIVO, TPGperception négative du citoyen lambda n'est guère ébranlée par l'alignement de faits démontrant que la situation ne se péjore pas. Les attaques politiques sont d'ailleurs similaires, puisque l'affiche de l'AVIVO reprend mot pour mot la phraséologie du MCG... et son inclination à la propagation de contre-vérités.


    C'est donc bien contre un sentiment de cherté qu'il faut lutter. Et là, il faut convenir que nos régies de transports rivalisent de maladresse: hausses des prix au pire moment, directions flottantes aux salaires pharaoniques, automates déficients, mesures tarifaires vexatoires*, communication désastreuse, P+R chers et distribués selon des critères peu cohérents,...

    Pour lutter contre ce sentiment, il s'agit de mettre en évidence les solutions tarifaires favorables aux différents types d'usagers et leur donner l'impression de payer le prix le plus juste en regard de la prestation fournie. Quelques idées de pistes en vrac:

    - Proposer la vente des cartes junior et des abonnements 1/2 tarif aux guichets TPG et SNGM (Plusieurs compagnies de transport le font déjà - PTT, CGN, TPF, BLS,...)

    - Proposer même, comme le suggère une motion verte récemment déposée, la gratuité pour les enfants de moins de 16 ans accompagnés et la validité pour 2 des billets, le soir et les week-ends.

    - Proposer des billets à 1/2 tarif (plutôt qu'à 72%) aux enfants et aux détenteurs d'un abonnement... 1/2 tarif.

    - Étendre la validité de l'abonnement général et du 1/2 tarif aux lignes TPG sur territoire français.

    - Augmenter à 2 heures (et, pourquoi pas, à 4 heures le soir) la validité du billet "Tout Genève", ce qui permettrait un aller et retour pour une course ponctuelle... ou de traverser effectivement le canton avec un seul billet. (Il faut tout de même compter 1h45 pour un Chancy-Monniaz!)

    Des mesures de ce type auraient un impact réduit sur les finances des TPG et permettraient sans doute d'atténuer (ou d'anéantir) cette impression de cherté qui nuit à la fréquentation comme à la réputation des transports genevois.

    La politique tarifaire des transports publics est à la croisée des chemins. Écartelée entre les requins qui rêvent de désengager les collectivités publiques, les gestionnaires qui imaginent des systèmes calqués sur le low-cost où l'on ne paierait jamais deux fois le même prix pour le même trajet et des râleurs qui hurlent à la fois contre les tarifs excessifs et une fiscalité prétendument trop élevée, elle doit relever le défi de maintenir et d'accroître l'excellence des prestations tout en convainquant un nombre croissant d'usagers de renoncer à leur véhicule à moteur...

    Dans cette perspective, une acceptation de la très maladroite initiative de l'AVIVO serait un signal clairement négatif...

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    * Dans ce domaine, la suppression, il y a quelques années, des quelques francs de bonus sur les Cart@bonus rivalise avec la surtaxe exorbitante sur les billets CFF achetés dans le train.

  • Familles genevoises: 10'000.- par mois, c'est être pauvre ?

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    Ma note de jeudi passé à propos de la faible pression fiscale sur les familles genevoises de la classe moyenne a généré beaucoup de commentaires. Suivant la règle que j'ai instituée en mars, j'ai renoncé à publier les anonymes. On y trouve pourtant des réflexions confirmant avec éclat la pertinence du titre que je lui avais donné: Ceux qui prétendent que la classe moyenne est écrasée d'impôts n'en font pas partie.

    Écartons d'emblée toutes les questions techniques (méthodologie, prise en compte des déductions, des allocations familiales, commune de domicile considérée...). Ils suffit de télécharger le rapport de référence pour obtenir des réponses, qui semblent garantir l'impartialité de la méthode de calcul (pourquoi d'ailleurs des fonctionnaires fédéraux feraient-ils des choix visant à défavoriser Genève ?).

    La plupart des autres commentaires avaient pour but, avec plus ou moins de circonvolutions, de démontrer que, 125'000.- par année, c'est en fait un revenu inférieur à la "classe moyenne", en particulier à Genève où tout est plus cher qu'ailleurs, donc que Genève serait la seule ville au monde où les familles avec un revenu de 10'000$ mensuels seraient à considérer comme pauvres.

    Deux réflexions:

    - Certes, les loyers genevois et les assurances maladies sont excessivement élevés. Cela dit, tous les autres prix sont identiques au reste de notre pays. On peut même imaginer que les frais de mobilité ou des chauffage sont plus importants dans les régions périphériques et on doit rappeler que les loyers à Lausanne ou à Berne sont également très élevés... Le surcoût pour une famille genevoise peut être évalué à 12'000.- ou 15'000.- par année. Or, l'impôt payé par une famille avec 100'000.- de revenus à Lausanne, Berne ou Neuchâtel est supérieur à celui payé par notre famille genevoise gagnant 125'000.- !

    Conclusion: A Genève, la modération du fisc compense plus que largement (on peut se demander si elle ne les encourage pas) les vrais excès dans les postes "logement" et "assurances" du budget des ménages.

    - Le revenu médian des couples mariés à Genève était de 123'624.- en 2010. Prendre 125'000.- est donc parfaitement représentatif de la classe moyenne. Or tous les commentateurs estiment que ce revenus est juste suffisant pour vivre et exclut toute capacité contributive supplémentaire. Le constat est sans doute discutable et dépend sans doute des choix en matière de mobilité et de loisirs des familles concernées. Il fait surtout la démonstration que ces gens ignorent que la moitié des familles (puisque c'est le sens du terme "médiane") vit avec des revenus inférieurs et méritent notre considération.

    Conclusion: Puisque, selon ces élites, 125'000.- de revenus annuels ne permet pas de sortir de la pauvreté, la conclusion logique serait de soutenir avec enthousiasme l'initiative pour un salaire minimum mise aux voix le 18 mai prochain...

    Étrangement, là, ils semblent estimer que 4'000.- par mois, c'est largement exagéré... !

  • Ceux qui prétendent que la classe moyenne est ecrasée d'impôts n'en font pas partie...

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    Il y a quelques semaines, je m'étais fait reprendre plutôt sèchement par des connaissances de gauche comme de droite, après avoir osé suggérer que l'écrasement de la classe moyenne par l'impôt tenait du mythe.

    Un article de la Tribune d'aujourd'hui tend à me donner raison. En marge de l'excellente nouvelle concernant la fin possible de la sous-enchère fiscale orchestrée par les cantons de Suisse centrale, il propose une carte plutôt malaisée à lire, mais riche en enseignements.

    Selon vous, dans quel canton cette fameuse "classe moyenne" (nous prendrons ici un couple mariés, 2 enfants, avec un revenu de 125'000.-) paie-t-elle le moins d'impôts ? Vous citerez rapidement Zoug, puis Schwytz, et vous aurez raison ! MaisCanton, Suisse, charge fiscale, classe moyenne il est fort probable que vous ignoriez que Genève vient en troisième position, avant Zurich, avant Nidwald, avant Uri et surtout bien avant Vaud ou Neuchâtel.

    Le tableau ci-contre, tiré d'un rapport annuel de l'OFS, risque de vous surprendre et mériterait d'être présenté à tous les acteurs du monde politique local qui n'ont d'autre horizon que la baisse de la fiscalité. Il semble en effet évident que ces gens sont mal renseignés sur la réalité de la charge fiscale d'une classe à laquelle ils n'appartiennent manifestement pas...

  • Suite au 9 février, la France va interdire l'exportation d'euros !

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    C'est suite à un drôle de cafouillage que nous avons appris par hasard la terrible mesure de rétorsion anti-évasion fiscale imaginée par la France, suite au vote du 9 février.

    Les douanes françaises s'apprêtent en effet à installer des portiques permettant de démonétiser les billets en euros lors de leur passage de la frontière. Il faut en effet savoir que, depuis 2012, les eur10eurounterschrmario.pngos sont équipés d'une mini-puce RFID et qu'il est donc ainsi possible d'annuler leur valeur à distance, par émission d'un signal radio. Il est facile de reconnaître ces billets, car ils portent la signature de Mario Draghi (cf. ci-contre), alors que les précédents étaient griffés par Wim Duisenberg et Claude Trichet.

    Heureusement, les Genevois qui auraient dû faire en premier les frais de cette EUR_5_obverse_%282013_issue%29.pngmesure, auront quelques semaines de répit, car l'entreprise italienne en charge de la conception des portiques-radio n'a pas pu implémenter le logiciel, que le mandataire suédois a fait réaliser par un sous-traitant taïwanais qui n'est que partiellement parvenu à comprendre l'algorithme fourni par l'équipe de spécialistes hongrois de la BCE, à Francfort.

    Ce n'est que partie remise, car, selon nos sources, Bercy tient mordicus à mettre en place ce système avant juin. Dès lors, il faudra impérativement éviter de passer la frontière avec des billets en euros récents au risque de se faire accuser de faux-monnayage et d'encourir de lourdes sanctions.

    Il restera cependant possible de passer des pièces de monnaie ou d'anciens billets, ou alors de franchir la frontière à pied ou à vélo, par un point de passage non-routier. Le canton en compte de nombreux. Nous en avons en effet répertorié 16 entre l'aéroport et l'Arve comme le montre la carte ci-dessous. Nul doute qu'on y rencontrera beaucoup de cyclistes équipés d'une mallette ces prochaines semaines...

    Bourdigny, frontière

    Il sera encore possible de passer des billets de banque à vélo par l'ancienne douane de Bourdigny...

    Certoux, St-Julien, Ch. des Crottes

    Le passage du chemin des Crottes (sic!), entre Certoux et St-Julien devrait également devenir très fréquenté...

  • Pierre Bayenet: un irrépressible désir de justice...

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    Les juristes de gauche méritent notre admiration ! Alors qu'en bonne logique, leur spécialité devrait ne séduire que des femmes et des hommes épris d'équité et... de justice, ils se voient contraints d'évoluer dans un monde sociologiquement très libéral, dans lequel la perspective d'importants revenus glânés en révélant les failles du droit à quelque puissant prend trop souvent le pas sur l'idéal humaniste.

    Et pourtant, ils restent sereinement persuadés que l'application du droit est la clé de la justice sociale, que la protection des plus faibles, victimes comme des coupables, ne peut être garantie sans un respect total des règles égalitaires fixées par la société pour tous et toutes. Et ils ont sans doute raison.

    Leur souci de précision et leur refus de l'emportement les font parfois passer pour des tièdes, alors que, au contraire, il sont animés par la conviction que c'est en évitant de dire n'importe quoi qu'on peut emporter une cause.

    Je ne connais que très mal Pierre Bayenet. Le peu que j'ai échangé avec lui - Il s'agissait de Pierre Bayenetsavoir si des détenus n'ayant enfreint que la LÉtr se trouvaient à Champ-Dollon, peu avant que les médias le confirment - m'a convaincu que le bonhomme correspond au portrait tracé ci-dessus, et que sa persévérance dans sa volonté d'obtenir les informations qu'il estime publiques en feraient un Procureur Général juste, précis et obstiné dans sa volonté d'application du droit, face au fort comme au faible.

    Ses adversaires brandissaient jusqu'à peu un argument massue: Le Procureur actuel aurait remis de l'ordre dans la maison, suite au désastre de son prédécesseur, et cela devait justifier en soi qu'on lui accorde un nouveau mandat.

    C'est bien faible, et sans doute faux, puisque le hasard du calendrier vient de mettre en lumière de façon éclatante les conceptions opposées des deux protagonistes de cette élection. Le 14 février, le Tribunal Fédéral rendait en effet un arrêt dans une affaire qui opposait Me Bayenet au Procureur Général sortant.

    Ce dernier estimait en effet que les plaignants nécessiteux qui attaquaient en justice des commis de l'État ne pouvaient bénéficier d'un soutien public pour payer leur avocat. Par là-même, il bafouait un droit essentiel que tout État moderne se doit d'accorder scrupuleusement à quiconque, fût-il pauvre ou criminel ou étranger ou les trois à la fois: le droit de pouvoir assurer sa défense. Par là-même, il soutenait l'idée irrecevable que, dans les affaires impliquant l'État, celui-ci est de facto juge et partie, ce qui l'empêcherait de financer la défense de celui qui l'attaque. Il va de soi que l'arrêt du Tribunal Fédéral a donné raison à Pierre Bayenet...

    C'est précisément l'impartialité, l'application du droit et l'indépendance totale de la justice que Pierre Bayenet entend défendre mieux que son adversaire. C'est pour cela qu'il faut l'élire, c'est pour cela que je crois qu'il fera un excellent Procureur Général.

  • École: le scandale de la "théorie de la sécurité routière"

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    C'est dans le plus grand secret que le Département de l'Instruction Publique a récemment imposé à nos enfants, dès 6 ans, un cours dont le contenu devrait révolter la plupart des parents responsables. En effet, il semblerait  qu'un interverkehrssicherheit-securite-routiere-sicurezza-stradale.jpgvenant extérieur, en uniforme (et donc en position d'autorité), vient régulièrement dans les classes, sans demander l'avis des maîtresses, pour exposer les fondements d'une théorie sulfureuse : La "théorie de la sécurité routière".

    Il s'agit d'une théorie développée dans les années 1990 par des automobilistes fanatiques aux États-Unis qui prétendent que la route serait le lieu le plus sûr du monde, pour autant qu'on suive quelques prescriptions comportementales.

    Et ces prescriptions, aux lourds relents droitiers, font frémir tout parent épris un tant soit peu de liberté:

    • Elles imposent un code de couleurs qui vient parasiter gravement la construction psycho-abstraite de nos petits. Pour résumer: L'injonction "Au rouge, il faut s'arrêter !" vise ouvertement à déprécier cette couleur et à renier son importance historique, sociale et politique, de la toge de Jules César au drapeau de Lénine.

     

    • Elles induisent un ordre social basé sur des conventions abstraites et contraignantes, plutôt que sur la convivialité et l'échange. Lorsqu'il s'agit de déterminer qui peut passer en premier, ce sont des règles arbitraires plutôt qu'une discussion qui sont censées permettre de résoudre le problème. De même, les messages tels que "Ne circulez pas à contresens !", "Ne remontez pas les files !", "Ne dépassez pas sans visibilité !" sont des injonctions qui formatent à l'évidence nos enfants en petits soldats suiveurs plutôt qu'en individus libres de penser, de se construire et de se dépasser.

     

     

    • Elles entérinent un ordre politique scandaleux qui ne valorise que les tenants d'un néo-libéralisme oligarchique: "Circulez à droite !", "Avant de traverser, regardez deux fois à droite !", "Laissez la priorité à droite !"...

     

    sec rout.jpgS'ensuit alors le cours pratique, où, sur des karts ou des vélos, les élèves sont contraints de se transformer en petits automobilistes et de parcourir un circuit sur lequel ils doivent suivre les règles arbitraires et liberticides énoncées plus haut.

    Ceux qui respectent la "théorie de la sécurité routière" sont invités à insulter sauvagement ceux qui l'enfreignent, de façon à "mieux se préparer aux échanges verbaux habituels entre automobilistes" (sic !).

    Parfois, ils sont même contraints d'écraser des poupées ou des doudous censés représenter des enfants qui ne se conformeraient pas à la "théorie de la sécurité routière". On imagine le traumatisme d'un petit devant rouler sur un objet transitionnel, si indispensable à son développement psycho-affectif.

    Et tout cela pour satisfaire les délires de quelques élites qui, dans leur tour d'ivoire, n'ont pas perçu que "grâce" à leurs théories, les routes sont de plus en plus dangereuses (il suffit de lire les faits divers pour s'en rendre compte !) et qui empiètent de façon scandaleuse sur la liberté éducative des parents.

    La sécurité routière est un affaire privée ! L'école n'a pas à s'en mêler !

  • Surdensité: Ne faisons pas mentir les chiffres !

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    Depuis quelques jours, d'inquiétantes affiches nous invitent à refuser la loi sur les zones de développement, au prétexte que Genève serait plus densément peuplée que d'autres villes suisses ou étrangères.

    Les Genevois sont-ils plus entassés que les Zurichois ou même les Hong-Kongais ? Évidemment non, puisqu'il s'agit d'une manipulation statistique franchement malhonnête.

    En effet, il se trouve que la commune de Genève est, suite aux aléas de l'histoire, particulièrement petite et que l'espace urbain déborde largement ses limites. Elle est en effedensités.pngt 5,5 fois plus petite que la commune de Zurich et même 2,6 fois plus petite que celle de Lausanne.

    Les densités décroissant rapidement lorsqu'on s'éloigne du centre, il est dès lors évident que comparer la commune de Genève à d'autres communes de superficies singulièrement différentes n'a aucune valeur scientifique.

    Ainsi, si l'on voulait sérieusement comparer Genève à Zurich, il faudrait prendre en compte dans le calcul les communes adjacentes à la ville. Si l'on inclut les communes contiguës et contiguës de contiguës* , on obtient une superficie comparable et une densité... légèrement plus faible ! (4209 hab/km2 contre 4333)

    La manipulation est encore moins honnête en ce qui concerne les métropoles étrangères, puisqu'on habilement choisi des villes qui évoquent, par leurs gratte-ciel, de fortes densités, mais surtout dont la commune s'étend sur une superficie considérable. Londres est ainsi près de 100 fois plus étendue que Genève ! (New York 76, Hong Kong 70).

    Ce sont d'ailleurs des communes qui se distinguent par un bâti très peu dense, à l'exception de leur quartier d'affaire, comme en témoignent les vues "Google street" suivantes: New York, Londres, Hong Kong. On pourrait leur opposer la ville de Paris, qui compte 21'000 hab/km2, soit le double de Genève... ou le Grand Genève, de superficie comparable à Londres, mais de densité 11 fois plus faible...

    Cette erreur pourrait passer pour de l'inadvertance ou de la naïveté si la loi concernait principalement la commune de Genève. Or, comme les référendaires le reconnaissent par les exemples qu'ils présentent, les quartiers susceptibles d'être densifiés se trouvent presque tous dans les communes de la couronne suburbaine.

    Alors, que faut-il faire de ce référendum qui reproche par ailleurs à raison l'emballement de la machine à croissance que les autorités continuent à alimenter ? Que faut-il faire de cette loi qui, en s'attaquant aux zones de développement, évite de poser la question qui fâche, à savoir celle de la densification de la zone villa ?

    A titre personnel, je voterai la loi, sans grande conviction, persuadé que la voie de la densification est une des solutions aux pressions sur le logement évitant le grignotage des terres agricoles, mais regrettant que, une fois de plus, aucune politique raisonnable de développement économique n'accompagne ce qui est présenté comme une croissance inéluctable...

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    * à savoir Pregny-Chambésy, Le Gd-Saconnex, Vernier, Lancy, Carouge, Veyrier, Chêne-Bougeries, Cologny, Bellevue, Meyrin, Onex, Plan-les-Ouates, Troinex, Thônex, Chêne-Bourg, Vandoeuvres, Collonges-Bellerive -  Satigny et Bernex ont été écartées vu leur très grande zone non bâtie.