UA-74655322-1

Genève - Page 5

  • Amère lettre ouverte à René Longet à propos de cohérence et de bons voeux

    Imprimer

    Cher René,

    J'ai eu le douteux plaisir de recevoir tes bons vœux, hier, par courrier électronique. Plaisir, sans doute, car je garde un heureux souvenir de ton action politique, tant à la mairie d'Onex qu'à la tête du PS.

    Douteux, car, en fait de vœux, il s'agissait surtout de faire la promotion de ton dernier ouvrage opportunément titré "Les bons choix", le document joint expliquant doctement qu'il est dédié "à toutes celles et ceux qui se battent pour une nouvelle donne agro-alimentaire"...

    Or, puisqu'il s'agit de "bons choix", ce texte m'a brutalement renvoyé à la soirée du 23 février 2011, une des pires de ma vie militante. C'était l'AG du PS genevois, tu le présidais alors, et j'en étais encore membre. Il s'agissait de prendre position sur le déclassement des Cherpines. Un collectif de paysans alternatifs inexpérimentés en politique avait récolté près de 12'000 signatures qui s'ajoutaient aux 4'000 obtenues par les Verts et différents partis de gauche pour refuser l'urbanisation d'une plaine alluviale consacrée à la culture maraîchère. Il fallait donc que le PS donne son mot d'ordre en vue des votations.

    Un débat avait été organisé, je défendais les paysans, Françoise Jolliat défendait la commune de Confignon. Comme souvent, l'aile productivisto-syndicalisto-asloquiste avait été plus rassembleuse que l'aile environnementaliste et l'attitude très hostile, voire franchement incorrecte de l'assistance, avait immédiatement scellé le sort de l'affaire, le reste du débat n'étant, pour les quelques défenseurs de l'agriculture de proximité, qu'un long pensum.

    Et, surprise, à l'issue du débat, tu annonces que, vu le caractère exceptionnel de l'objet, tu entends te départir de ta neutralité présidentielle, et donner ton point de vue juste avant le vote. Sans illusion sur l'impact d'une prise de position de ta part favorable aux maraîchers, j'ai intérieurement loué ton courage... jusqu'à ce que tu expliques doctement que, compte tenu des circonstances (je ne me rappelle plus lesquelles te semblaient particulièrement éminentes), il fallait sacrifier ses principes et renoncer à défendre les paysans qui militaient pour l'accès à la terre.

    La suite est connue, le PS a fait une campagne globalement alignée sur la CGI et le PLR (Les slogans affichés étant quasiment les mêmes) et, le 15 mai, tu répondais tranquillement à la presse que la position du PS, seul parti de gauche favorable au déclassement, avait été déterminante dans la courte victoire des bétonneurs, position censée rendre le parti incontournable dans les prises de décisions sur les modalités de cette urbanisation.

    Chimère, évidemment, puisque, comme on le sait, le PS est resté à sa place, marginale, dans les processus qui, une fois les oppositions des riverains écartées à grands frais, vont détruire les terres agricoles de la plaine de l'Aire. Chimère, évidemment, lorsque l'on se rend compte que, même sur le dossier PAV, le Conseil d'État semble disposé à s'asseoir sur les engagements pris avec les milieux de défense des locataires...

    Ce qui, en revanche, n'est pas chimérique, c'est l'avenir de la coopérative "Le Jardin des Charrotons", qui, 30 mois après le vote, n'a toujours pas trouvé de solution de relogement, malgré la résolution 611, présentée alors par le PS comme le meilleur outil pour pérenniser les activités agricoles des entreprises de la place. Il va sans dire que l'État ne lui a fait aucune proposition de relocalisation, ni le PS d'ailleurs, qui, manifestement, a de la peine à soutenir des associations dont le financement (et le salaire des cinq employés) repose sur la vente de ses produits et non sur les subventions votées par ses élus.

    Alors oui, je suis amer, et depuis que je l'ai reçu, ton courriel me fait bouillir. Car, en matière de "bons choix", la plus élémentaire des courtoisies aurait été de ne me pas l'adresser. Mais, sur ce point également, je suppose que les impératifs de la realpolitik empêchent de jeter un œil à la liste des destinataires plus ou moins anonymes de tes vœux.

    Il y a des jours où je regrette d'avoir quitté un parti où je garde de solides amitiés envers de remarquables personnes. Il y a des jours où je me rappelle pourquoi je l'ai fait et pourquoi j'ai eu raison de le faire.

    Sur ce, accepte, ainsi que l'ensemble des lecteurs de cette note, mes vœux pour une excellente année 2014, qui, je l'espère, satisfera tous les militants et débatteurs qui se démènent, parfois dans une confusion aussi joyeuse qu'inaudible, pour améliorer notre république... et le monde.

    Julien

  • TPG : Toujours plus lents ?

    Imprimer

    Soyons justes: Les TPG ont considérablement amélioré leur offre au cours des dernières années, malgré quelques décisions parfois plus que discutables.

    C'est d'ailleurs avec une grande satisfaction que j'ai découvert il y a quelques semaines, que les lignes K et L, qui desservent la Champagne, seront prolongées dès le 15 décembre jusqu'au Stade de Genève, assurant ainsi la correspondance avec les CFF à Lancy-Pont-Rouge et la ligne 15 au Grand-Lancy. De même, le choix de contourner Bernex plutôt que de le traverser semblait judicieux, tant du point de vue de la rapidité que de la quiétude des Bernésiens.

    C'est donc avec impatience que j'attendais les nouveaux horaires, histoire de savoir combien de temps nous gagnerions pour nous rendre dans les différents points de l'agglomération. Pestant à plusieurs reprises contre le site Internet, toujours muet sur les nouveaux horaires à 6 jours du changement, on m'a fait remarquer que les fiches-horaire étaient en fait déjà en ligne.

    Et là, résultat consternant:

    - Perte de 3 minutes sur le trajet du L Champagne - Onex/Pt-Lancy. Aucun gain pour le K.
    - Perte de 5 minutes sur le trajet du L Champagne - Stade de Genève (il y avait une bonne correspondance avec le 22, par les Palettes).
    - Perte de 8 minutes sur le trajet du L Champagne - Lancy-Pt-Rouge (il y avait une correspondance avec le 21 qui s'arrêtait devant la gare contrairement au L qui s'arrêtera au P+R Etoile).
    - Et l'on peut ajouter la disparition de la liaison directe avec le centre de Bernex (avec la Poste par exemple, qui a presque disparu des campagnes...)...

    Certains argumenteront que sur un trajet aussi long, perdre 3 ou 8 minutes est insignifiant et que, de toute manière, ce sont de mauvais contribuables (principalement des jeunes, des vieux et des pauvres) qui sont captifs des TPG dans la campagne. On leur répondra que, sans un service nettement plus direct, il est illusoire d'envisager un transfert modal conséquent et de faire diminuer la pendularité automobile.

    Désormais, la gare Cornavin est plus proche de Palézieux ou d'Yverdon que d'Avusy et le temps de trajet Avusy-Stade de Genève est plus important que celui d'un Berne-Zurich...

    tpg.jpg


  • Le mystère de la manchette détournée...

    Imprimer

    Décidément, la gent journalistique* semble être bien procédurière, et pour tout dire, un tantinet soupe-au-lait face aux efforts méritoires des syndicalistes qui essaient de sortir des sempiternelles manifs-grèves pour faire entendre leurs revendications.

    C'est ainsi que, alors qu'un plaisant et talentueux anonyme sympathisant de la courageuse grève des employés de Gate Gourmet (le comité de soutien aux grévistes m'affirme en effet ignorer son identité) s'est permis d'afficher hier de fausses manchettes de La Tribune, le quotidien n'a pas d'autre réaction que de brandir la menace d'un dépôt de plaintetopelement.jpg.

    Nous n'affirmerons pas que cette action est complètement conforme au code pénal, mais on aurait préféré un coup de chapeau de la rédaction face à une action qui cumule l'absence de contrainte, de violence, de prise d'otage, bref de de tous ces poncifs de "vrais citoyens" excédés sur commande que la presse adore interroger lors de ce genre d'action.

    Bref, si j'osais le faire sans consulter mon avocat sur la légalité de cette louange, j'adresserais mes sincères félicitations à celle ou celui qui a imaginé, réalisé et affiché cette manchette...


    *Cette histoire me rappelle en effet la ridicule cacophonie médicatico-juridique orchestrée par un journaliste de la place et un Pierre Weiss bien mal inspiré, lorsqu'une députée-syndicaliste avait "révélé" que, dans une discussion à bâtons rompus sur les moyens originaux de réclamer de l'État qu'il tienne les promesses faites aux élèves et à leurs parents, un collègue avait proposé de "séquestrer" un Conseiller d'État.

  • Grand Conseil: Mon pronostic à J-4

    Imprimer

    Un petit dessin valant parfois mieux qu'on long discours, voici mon pronostic pour l'élection de dimanche...

    GC à J-4.jpg

    Lien permanent Catégories : Genève 9 commentaires 9 commentaires
  • Familles: Pour quelles listes ne pas voter ?

    Imprimer

    imagebot.jpgÀ l'approche des élections, on peut voter en se fiant à la tête des candidats et aux slogans de leurs affiches. On peut aussi se demander ce que les partis sortants ont discuté et voté au cours de la législature finissante. Cela prend un peu de temps, mais n'est pas complètement inutile si l'on veut remplir son bulletin de façon sensée.

    Partant du principe que les questions familiales (petite enfance, formation, aides aux familles) sont celles qui intéressent le plus largement, j'ai fouillé dans le mémorial de la législature finissante et repris quelques votes qui éclairent la position des partis sur les différentes façons de soutenir et protéger les familles.

    Les plus pressés trouveront ci-dessous un tableau récapitulatif (tous les détails et les liens se trouvent en-dessous) qui montre de façon éloquente:

    - l'inquiétant rapprochement PLR-UDC que certains observateurs relèvent depuis que les Libéraux ont phagocyté les Radicaux. Leur discours social ("On veut de la croissance pour financer l'État social") ne résiste pas à l'analyse, puisque bien qu'ayant pu faire passer toutes leurs propositions économiques et fiscales, ils s'obstinent à ne rien céder aux familles, qui, en bonne logique, devraient renoncer à les élire !

    - La rupture PDC-PLR, que je ne pressentais pas si nette. Certes, le sujet est clivant, mais on peut se demander ce que ces deux partis font encore ensemble, alors que leurs conceptions sont aussi différentes dans un domaine fondamental de la vie quotidienne.

    - Sans surprise, les partis de gauche ont tenu leurs engagements de soutien aux familles.

    - En revanche, le tableau ne révèle évidemment pas la position des listes non encore représentées (Ensemble à gauche, Parti Pirate, Vert'Libéraux, PBD). Si elles le souhaitent, elles peuvent me transmettre leur position sur ces questions, que je ne manquerai pas de publier.

     

    PS

    Verts

    PDC

    PLR

    UDC

    MCG

    1. Diminution du taux d'encadrement dans les crèches

    NON

    NON

    NON

    OUI

    OUI

    OUI

    2. Allocations familiales

    OUI

    OUI

    OUI

    NON

    NON

    OUI

    3. IN sur les crèches

    OUI

    OUI

    NON

    NON

    NON

    ABS ?

    4. Coupe linéraire de 2 % dans le budget de la formation

    NON

    NON

    NON

    OUI

    OUI

    OUI

    5. IN pour la mobilité douce

    OUI

    OUI

    OUI

    NON

    NON

    NON

     

     

    Plus de détails sur les objets retenus:


    1. Diminution du taux d'encadrement dans les crèches.

    Un projet de loi PDC visant à augmenter le nombre de places de crèches se fait modifier dans le but principal de diminuer le taux d'encadrement (nombre d'éducateurs-trices par enfant), sans impact sur le nombre de places... Le débat du 17.5.2013, houleux, s'est terminé par le refus du PDC de soutenir le texte modifié, qui a néanmoins été adopté. S'en est suivi un référendum qui a permis de récolter le nombre record de 27'741 signatures. Nous voterons donc sur la question, vraisemblablement le 9 février 2014.

    On trouve ici l'intégralité des débats et le vote final.


    2. Allocations familiales

    Le débat sur l'initiative socialiste visant à revaloriser ces allocations a eu lieu le 26 juin 2011. L'initiative ayant été acceptée par le parlement, toutes les familles ont vu les allocations augmenter de 1200.- par enfant et par année au 1er janvier 2012.

    On trouve dans le mémorial l'intégralité des débats et le vote final.

     

    3. Initiative sur les crèches

    Le débat sur l'initiative socialiste visant à adapter le nombre de places en crèche à la demande a eu lieu le 16 octobre 2010. Il s'est soldé par un refus du parlement qui lui a opposé un contreprojet.

    On trouve dans le mémorial l'intégralité des débats mais pas le vote nominal, d'où le flou sur l'attribution des 13 abstentions.


    4. Coupe linéaire de 2% dans le buget de la formation

    Dans le psychodrame ayant présidé aux débats sur le budget 2013, un épisode particulièrement inquiétant a eu lieu, puisque la droite a subitement proposé une coupe linéaire de 2% pour arriver à un équilibre irrationnel (le budget sous-évaluant systématiquement les recettes). La formation n'y a pas coupé et vous trouverez ici les pitoyables débats du 14 mars 2013, ainsi que le vote nominal sur cette coupe.

     

    5. Initiative pour la mobilité douce

    Le lien avec les questions familiale est plus ténu, mais tout de même évident lorsque l'on réalise que les cadets comme certains aînés sont à la fois les plus vulnérables dans le trafic et de faibles utilisateurs de leur voiture.

    L'initiative a été acceptée par le peuple le 15 mai 2011. Les débats parlementaires qui ont précédé ce vote ont à nouveau mis en évidence le même clivage.

    On trouve dans le mémorial l'intégralité des débats mais pas le vote nominal.


  • Les coopératives maraîchères recherchent de nouveaux adhérents.

    Imprimer

    070819courgette.jpgVous serez peut-être surpris de l'apprendre: La plupart des coopératives maraîchères romandes sont à la recherche de coopérateurs. Après plusieurs années où les listes d'attente s'allongeaient monstrueusement, au point de décourager certains intéressés, le mouvement semble s'inverser. Le Jardin des Charrotons, par exemple, propose encore quelques paniers hebdomadaires pour l'année 2013, et commence à se faire du souci pour 2014... La situation est à peu près semblable dans les différentes initiatives ACP (agriculture contractuelle de proximité) de Romandie.

    Pourquoi cela ?

    1. Une incapacité à faire de la pub.

    Foncièrement rétives au principe publicitaire et habituées à ne pas manquer de bonnes volontés, les ACP n'ont pas l'habitude, ni l'envie, de développer des trésors de séduction pour convaincre les consommateurs de leurs vertus. De ce fait, bien des gens renoncent encore à s'inscrire, croyant que les listes d'attente sont encore importantes, ce qui n'est plus le cas.

    2. Une concurrence... plus ou moins loyale.

    Le développement de nouvelles ACP a permis aux Romands de trouver un système d'approvisionnement qui leur convient... et c'est heureux !

    Malheureusement, on constate que, le capitalisme se réappropriant systématiquement les bonnes idées pour les pervertir, de nombreux acteurs économiques ont bien compris que les termes "bio" et "local" pouvaient rapporter gros, par l'instrumentalisation du besoin de bonne conscience des consommateurs. C'est ainsi que la grande distribution n'hésite pas à vendre des produits "bio" ayant parcourus des milliers de kilomètres et produits dans des conditions sociales plus que douteuses.

    La "vente directe" séduit également ceux qui ne réalisent pas que les agro-industriels concernés vendent bien souvent des fruits et légumes produits hors-sol dans des serres chauffées aux hydrocarbures...

    La FRACP, qui fédère les ACP romandes commence à en prendre conscience et cherche à préciser sa charte, dans le but de distinguer les initiatives qui suivent ses principes de celles qui surfent sur la vague "local-bio". Ce travail semblait inutile, il est soudain devenu urgent.

    3. La fin de la "mode verte" ?

    Il y a quelques années encore, tout verdissait. Les animateurs TV, les marques de 4x4, et même les libéraux adoptaient une couleur résolument tendance. Nous avions d'ailleurs relevé la part d'hypocrisie de cette mode environnementaliste, dénuée de convictions et de programme politique. Aujourd'hui, Doris Leuthard diminue les subventions au solaire, Fukushima va accueillir les prochains JO et les opposants au gaz de schiste passent pour des réactionnaires.

     4. Un malentendu sur les principes fondant les coopératives maraîchères.

    Certes, le caractère biologique et local de la production des coopératives est essentiel. Cependant, les ACP y ajoutent d'autres principes, tout aussi fondamentaux, qui ne sont pas toujours compris par certains coopérateurs.

    Fondamentalement, les coopératives cherchent à redéfinir la relation producteurs-consommateurs. En effet, par leurs parts sociales, les coopérateurs sont de fait également producteur071819patates3.jpgs et donc responsables de ce qu'ils consomment. Cette responsabilité leur permet d'influer concrètement sur la conduite de l'entreprise, que ce soit lors de discussions à bâtons rompus sur le terrain ou lors des AG, qui permettent effectivement de prendre des décisions importantes concernant la production, son prix, les salaires versés, etc.

    Cette responsabilité implique aussi que les consommateurs consacrent un peu de temps et d'énergie à la production, de part leur présence régulière sur le terrain (Les Charrotons et Les Jardins de Cocagne demandent par exemple 4 demi-journée de coups de main, nécessaires tant pour le travail effectué que pour les contacts établis avec les maraîchers et les autres coopérateurs) et leur implication dans les affaires de la coopérative.

    Car il ne s'agit pas juste de produire mieux, moins cher, sans gaspillage. Il s'agit de faire vivre et évoluer un modèle économique alternatif visant à rompre avec l'idéologie de la concurrence et du profit.

    Ça marche, c'est passionnant, c'est convivial et très souvent rigolo, mais c'est un chemin parfois difficile et parsemé de pièges inattendus. Si vous voulez le suivre en notre compagnie, n'hésitez pas à nous rejoindre !

  • Affiches: La vraie faute du PS

    Imprimer

    PS.pngNe comptez pas sur moi pour me prononcer sur l'affaire du "plagiat" du Parti Socialiste soulevée par la presse hier... ni d'ailleurs sur le caractère esthétique ou électoralement porteur des affiches en question.

    Non, le seul élément qui retient mon attention est une phrase de l'article de Cominmag, le site qui a soulevé le lièvre: "Aucune agence de communication n’a imaginé ou supervisé sa conception ou sa réalisation."

    Lorsqu'on réalise que ce site est édité par Publicité Suisse, qui fédère les acteurs, on se rend compte que la vraie faute du PS, c'est d'avoir créé ses visuels en amateurs, à l'interne, sans gaspiller les cotisations des adhérents auprès des sous-Séguéla de la place...

    Un bon point donc pour un parti qui a manifestement renoncé à engraisser les acteurs d'une activité qui contribue essentiellement à l'enlaidissement de nos rues, au parasitisme de notre économie, à la surconsommation et à la dévastation de notre environnement.

    ...et un regret amer envers tous les médias qui se sont bien gardés de relever le confit d'intérêt à la base de l'article de Cominmag. Il est vrai, que, par les temps qui courent, la presse, tout indépendante qu'elle clame être, ne cherche sans doute pas à se mettre les publicitaires à dos.

    Lien permanent Catégories : Genève 2 commentaires 2 commentaires
  • Mort aux PME !

    Imprimer

    38712775artisan-jpg.jpgRassurez-vous, mitonneurs de plats du jour, démêleurs de chignons, sarcleurs de parchets, soudeurs de cheneaux, ingénieurs civils, comptables, forgerons et artisans, ce n'est pas votre entreprise que je vise...

    Bien au contraire, c'est leur défense que je prends en dénonçant l'abus de langage consistant à les regrouper dans un terme flou, "PME" dont l'usage permet surtout à d'autres entrepreneurs bien moins méritants que vous de bénéficier des faveurs et des louanges que la communauté devrait vous réserver.

    Commençons par l'acronyme lui-même. Moi qui suis père de trois enfants, je réalise au quotidien qu'il n'y a aucune raison de jumuler les moyens avec les petits plutôt qu'avec les grands... Or là, il est incontestable que les "moyennes" entreprises (qui emploient tout de même jusqu'à 250 personnes, voire plus selon d'autres définitions...) profitent indûment du terme "petit" auquel elles se rattachent, alors que leur fonctionnement et leurs buts diffèrent complètement des vôtres.

    Poursuivons en nous demandant l'intérêt qu'il y a à regrouper les entreprises par taille. Du point de vue politique, c'est évidemment une ficelle démagogique permettant aux candidats de se montrer sympathiques et soucieux du développement de l'économie locale. Qui d'ailleurs se permettrait de développer un discours critique sur les PME ?

    Du point de vue économique, ce n'est pas si simple. Car, quand je dis "PME", vous imaginez aussitôt la menuiserie, le Café du Commerce ou l'horloger de votre quartier, mais vous oubliez le sous-traitant du fabricant d'armes, le pollueur de nappes phréatiques, l'évadeur fiscal et l'exploiteur de clandestins. Pour faire court, toutes les PME ne concourent pas également au bonheur des gens et à la qualité de leur environnement et les regrouper sous un même terme ne bénéfice en fait qu'aux brebis galeuses bien heureuses de se voir introduites ainsi dans la bergerie.

    Un exemple manifeste de cet abus est l'engagement de l'USAM comme fer de lance du NON à l'initiative 1:12. Rappelons que l'USAM est précisément censée défendre les PME qui, dans leur immense majorité ne sont en rien concernées par la question des écarts salariaux, puisque leurs patrons, comme chacun le sait, ont plutôt de la peine à joindre les deux bouts. Comment peuvent-ils alors accepter que leurs cotisations partent pour mener un combat qui ne concerne que des méga-entreprises dont les valeurs et le fonctionnement sont inverses des leurs ?

    Ce qu'il faudrait, une fois que chacun aura extirpé "PME" de son vocabulaire, c'est inventer un nouvel acronyme désignant les entreprises locales qui produisent de l'utilité sociale, qui respectent leurs employés et leurs clients, bref, font vivre notre ville et notre canton. Elles existent, elles sont nombreuses, et ne méritent pas qu'on les confonde avec les entreprises inutiles, nuisibles ou malhonnêtes qui, malheureusement, prolifèrent également sous nos cieux.