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10/09/2013

Les coopératives maraîchères recherchent de nouveaux adhérents.

070819courgette.jpgVous serez peut-être surpris de l'apprendre: La plupart des coopératives maraîchères romandes sont à la recherche de coopérateurs. Après plusieurs années où les listes d'attente s'allongeaient monstrueusement, au point de décourager certains intéressés, le mouvement semble s'inverser. Le Jardin des Charrotons, par exemple, propose encore quelques paniers hebdomadaires pour l'année 2013, et commence à se faire du souci pour 2014... La situation est à peu près semblable dans les différentes initiatives ACP (agriculture contractuelle de proximité) de Romandie.

Pourquoi cela ?

1. Une incapacité à faire de la pub.

Foncièrement rétives au principe publicitaire et habituées à ne pas manquer de bonnes volontés, les ACP n'ont pas l'habitude, ni l'envie, de développer des trésors de séduction pour convaincre les consommateurs de leurs vertus. De ce fait, bien des gens renoncent encore à s'inscrire, croyant que les listes d'attente sont encore importantes, ce qui n'est plus le cas.

2. Une concurrence... plus ou moins loyale.

Le développement de nouvelles ACP a permis aux Romands de trouver un système d'approvisionnement qui leur convient... et c'est heureux !

Malheureusement, on constate que, le capitalisme se réappropriant systématiquement les bonnes idées pour les pervertir, de nombreux acteurs économiques ont bien compris que les termes "bio" et "local" pouvaient rapporter gros, par l'instrumentalisation du besoin de bonne conscience des consommateurs. C'est ainsi que la grande distribution n'hésite pas à vendre des produits "bio" ayant parcourus des milliers de kilomètres et produits dans des conditions sociales plus que douteuses.

La "vente directe" séduit également ceux qui ne réalisent pas que les agro-industriels concernés vendent bien souvent des fruits et légumes produits hors-sol dans des serres chauffées aux hydrocarbures...

La FRACP, qui fédère les ACP romandes commence à en prendre conscience et cherche à préciser sa charte, dans le but de distinguer les initiatives qui suivent ses principes de celles qui surfent sur la vague "local-bio". Ce travail semblait inutile, il est soudain devenu urgent.

3. La fin de la "mode verte" ?

Il y a quelques années encore, tout verdissait. Les animateurs TV, les marques de 4x4, et même les libéraux adoptaient une couleur résolument tendance. Nous avions d'ailleurs relevé la part d'hypocrisie de cette mode environnementaliste, dénuée de convictions et de programme politique. Aujourd'hui, Doris Leuthard diminue les subventions au solaire, Fukushima va accueillir les prochains JO et les opposants au gaz de schiste passent pour des réactionnaires.

 4. Un malentendu sur les principes fondant les coopératives maraîchères.

Certes, le caractère biologique et local de la production des coopératives est essentiel. Cependant, les ACP y ajoutent d'autres principes, tout aussi fondamentaux, qui ne sont pas toujours compris par certains coopérateurs.

Fondamentalement, les coopératives cherchent à redéfinir la relation producteurs-consommateurs. En effet, par leurs parts sociales, les coopérateurs sont de fait également producteur071819patates3.jpgs et donc responsables de ce qu'ils consomment. Cette responsabilité leur permet d'influer concrètement sur la conduite de l'entreprise, que ce soit lors de discussions à bâtons rompus sur le terrain ou lors des AG, qui permettent effectivement de prendre des décisions importantes concernant la production, son prix, les salaires versés, etc.

Cette responsabilité implique aussi que les consommateurs consacrent un peu de temps et d'énergie à la production, de part leur présence régulière sur le terrain (Les Charrotons et Les Jardins de Cocagne demandent par exemple 4 demi-journée de coups de main, nécessaires tant pour le travail effectué que pour les contacts établis avec les maraîchers et les autres coopérateurs) et leur implication dans les affaires de la coopérative.

Car il ne s'agit pas juste de produire mieux, moins cher, sans gaspillage. Il s'agit de faire vivre et évoluer un modèle économique alternatif visant à rompre avec l'idéologie de la concurrence et du profit.

Ça marche, c'est passionnant, c'est convivial et très souvent rigolo, mais c'est un chemin parfois difficile et parsemé de pièges inattendus. Si vous voulez le suivre en notre compagnie, n'hésitez pas à nous rejoindre !

24/08/2013

Affiches: La vraie faute du PS

PS.pngNe comptez pas sur moi pour me prononcer sur l'affaire du "plagiat" du Parti Socialiste soulevée par la presse hier... ni d'ailleurs sur le caractère esthétique ou électoralement porteur des affiches en question.

Non, le seul élément qui retient mon attention est une phrase de l'article de Cominmag, le site qui a soulevé le lièvre: "Aucune agence de communication n’a imaginé ou supervisé sa conception ou sa réalisation."

Lorsqu'on réalise que ce site est édité par Publicité Suisse, qui fédère les acteurs, on se rend compte que la vraie faute du PS, c'est d'avoir créé ses visuels en amateurs, à l'interne, sans gaspiller les cotisations des adhérents auprès des sous-Séguéla de la place...

Un bon point donc pour un parti qui a manifestement renoncé à engraisser les acteurs d'une activité qui contribue essentiellement à l'enlaidissement de nos rues, au parasitisme de notre économie, à la surconsommation et à la dévastation de notre environnement.

...et un regret amer envers tous les médias qui se sont bien gardés de relever le confit d'intérêt à la base de l'article de Cominmag. Il est vrai, que, par les temps qui courent, la presse, tout indépendante qu'elle clame être, ne cherche sans doute pas à se mettre les publicitaires à dos.

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27/06/2013

Mort aux PME !

38712775artisan-jpg.jpgRassurez-vous, mitonneurs de plats du jour, démêleurs de chignons, sarcleurs de parchets, soudeurs de cheneaux, ingénieurs civils, comptables, forgerons et artisans, ce n'est pas votre entreprise que je vise...

Bien au contraire, c'est leur défense que je prends en dénonçant l'abus de langage consistant à les regrouper dans un terme flou, "PME" dont l'usage permet surtout à d'autres entrepreneurs bien moins méritants que vous de bénéficier des faveurs et des louanges que la communauté devrait vous réserver.

Commençons par l'acronyme lui-même. Moi qui suis père de trois enfants, je réalise au quotidien qu'il n'y a aucune raison de jumuler les moyens avec les petits plutôt qu'avec les grands... Or là, il est incontestable que les "moyennes" entreprises (qui emploient tout de même jusqu'à 250 personnes, voire plus selon d'autres définitions...) profitent indûment du terme "petit" auquel elles se rattachent, alors que leur fonctionnement et leurs buts diffèrent complètement des vôtres.

Poursuivons en nous demandant l'intérêt qu'il y a à regrouper les entreprises par taille. Du point de vue politique, c'est évidemment une ficelle démagogique permettant aux candidats de se montrer sympathiques et soucieux du développement de l'économie locale. Qui d'ailleurs se permettrait de développer un discours critique sur les PME ?

Du point de vue économique, ce n'est pas si simple. Car, quand je dis "PME", vous imaginez aussitôt la menuiserie, le Café du Commerce ou l'horloger de votre quartier, mais vous oubliez le sous-traitant du fabricant d'armes, le pollueur de nappes phréatiques, l'évadeur fiscal et l'exploiteur de clandestins. Pour faire court, toutes les PME ne concourent pas également au bonheur des gens et à la qualité de leur environnement et les regrouper sous un même terme ne bénéfice en fait qu'aux brebis galeuses bien heureuses de se voir introduites ainsi dans la bergerie.

Un exemple manifeste de cet abus est l'engagement de l'USAM comme fer de lance du NON à l'initiative 1:12. Rappelons que l'USAM est précisément censée défendre les PME qui, dans leur immense majorité ne sont en rien concernées par la question des écarts salariaux, puisque leurs patrons, comme chacun le sait, ont plutôt de la peine à joindre les deux bouts. Comment peuvent-ils alors accepter que leurs cotisations partent pour mener un combat qui ne concerne que des méga-entreprises dont les valeurs et le fonctionnement sont inverses des leurs ?

Ce qu'il faudrait, une fois que chacun aura extirpé "PME" de son vocabulaire, c'est inventer un nouvel acronyme désignant les entreprises locales qui produisent de l'utilité sociale, qui respectent leurs employés et leurs clients, bref, font vivre notre ville et notre canton. Elles existent, elles sont nombreuses, et ne méritent pas qu'on les confonde avec les entreprises inutiles, nuisibles ou malhonnêtes qui, malheureusement, prolifèrent également sous nos cieux.

21/06/2013

Veyrier, les fonctionnaires et les économistes de comptoir...

Effet d'annonce: La commune de Veyrier vient de liquider le statut de son personnel. "Archaïque", tel est l'unique argument utilisé par les fossoyeurs du statut de fonctionnaire qui prétendent sans doute désengluer leur "ville" des affres bolchéviques du XXe siècle genevois.

fonctionnaires_charb.jpgOr, dès lors que l'on parvient à s'extraire des arguments purement émotionnels, on peut se demander quels sont les raisons d'être des particularités du statut de fonctionnaire, à savoir une certaine sécurité de l'emploi (dont l'interprétation excessive nuit d'ailleurs à son crédit) et surtout une grille salariale fixe, publique et transparente.

Il n'est pas question de ressortir ici les arguments syndicaux mettant en évidence les avantages sociaux, voire psychologiques, de la sécurité de l'emploi, mais de montrer en quoi ces particularités sont nécessaires à une saine gestion des deniers publics.

On relèvera pour commencer que cette décision est un manifeste aveu de faiblesse des autorités veyrites. En effet, de deux choses l'unes:

- soit la fonction publique communale fonctionne sans problème, et cette décision inutile et vexatoire n'aurait donc pour but que de flatter les bas instincts populisants de l'électorat,

- soit les employés ne fournissent pas un travail satisfaisant, et c'est donc le Conseil Administratif qui admet ainsi son incapacité à créer des conditions de travail corrects et motivantes, sans devoir user de l'arme salariale... pas très brillant dans une petite commune où tous les employés devraient se connaître et travailler collégialement...

Mais ce qui frappe surtout, c'est cette aveuglante myopie consistant à croire qu'une collectivité publique se gère comme une PME et que c'est donc au "patron" de déterminer le niveau des salaires selon son bon plaisir. Les différences qui rendent ce fonctionnement impossible sont pourtant évidentes:

- Le circuit économique public est complètement différent. La commune n'a pas pour vocation de vendre des biens ou des services et donc ses autorités n'ont pas pour mission de redistribuer des plus-values réalisées par le travail de leurs employés. Cela semble pourtant évident: les revenus de la commune ne sont pas générés par la gestion du Conseil Administratif. Il n'a donc aucune légitimité économique à les redistribuer à sa guise.

- Si l'on peut relativement facilement calculer le rendement d'un carrossier ou d'une secrétaire médicale, on ne peut faire ce calcul pour un employé public, dont la mission première est d'assurer une bonne qualité de vie et de service à la population. Va-t-on donner un bonus à celui qui aura ramassé toutes les feuilles en deux heures ou à celui qui aura préféré ne pas faire fonctionner sa souffleuse sous les fenêtres de l'EMS et de l'école, quitte à perdre un peu de temps ?

- L'existence d'une grille salariale publique et transparente est avant tout une garantie pour le contribuable que l'argent de ses impôts n'est pas utilisé de façon arbitraire. La disparition progressive de ces grilles ou l'apparition de bonus et de malus rend non seulement la planification budgétaire impossible (Que faire par exemple, lorsque le budget ne permet pas d'attribuer à tous des bonus, même s'ils le "mériteraient" ?), mais donne des pouvoirs indus à l'autorité exécutive. A l'heure où l'on crée partout des Cours des Comptes, voilà de micro-collectivités publiques qui veulent s'arroger le droit de distribuer la manne fiscale sans en référer à la population, pourtant souveraine... Comment l'accepter ?

En bref, plutôt que de surfer sur la vague anti-fonctionnaire qui submerge notre canton, les autorités de Veyrier auraient mieux fait de se rappeler que, lorsque nous élisons un Maire, nous souhaitons qu'il administre intelligemment et humainement notre patelin et non qu'il rêve de se transformer en Père Noël... ou en Père Fouettard...

 

25/04/2013

Budget 2013: Pile tu gagnes, face je perds

Désagréable impression au moment où les bien-pensants se réjouissent tous de voir le PLR et le PS "revenus à la raison". Car, au sortir du ring, on trouve un PLR qui a obtenu, à 30 petits millions près, tout ce qu'il a voulu et, de l'autre côté, un PS groggy qui a encaissé successivement:

- un refus d'entrée en matière sur un premier budget pas particulièrement social

- un budget 2.0 qui, selon les dires des députés concernés, mettait en péril les missions de l'État, en particuleir l'application de textes votés démocratiquement (qu'on pense aux initiatives sur les EMS, sur l'accueil continu ou les pistes cyclables, sans parler des textes défendus pourtant par le gouvernement comme le nouveau Cycle d'Orientation et le mercredi matin)

- un passage au rabot de la commission des finances qui a réduit encore aux entournures ce budget pour arriver au chiffre "magique" de 100 millions de déficit.

- un proposition de coupe linéaire de 2% complètement ahurissante et pour tout dire franchement insultante pour tous les services qui ont conscieusement limé tout ce qu'ils pouvaient quitte à toucher les nerfs plus que l'épiderme.

Bouquet final, en échange du renoncement à cette dernière extravagance, voilà les partis de gauche qui, au nom de la sempiternelle "politique du moindre mal" viennent de renoncer à discuter d'une proposition fiscale hautement symbolique, puisque précisément destinée à s'assurer que chacun contribue aux efforts nécessaires pour faire tourner l'État.

Dommage, car, sans nier les énormes difficultés qu'aurait engendrées la prolongation de l'absence de budget et sans méconnaître les douloureuses incertitudes vécues par les associations qui comptent sur les subventions de l'État, on aurait souhaité une vision à plus long terme car:

- Rappelons-nous que c'est sur la base de ce budget que seront envisagées les coupes du suivant. Celui de 2012 avait été déjà sévèrement amputé et l'on nous avait déjà promis qu'aucune aggravation ne serait acceptée. Il serait heureux que l'on nous dise quand se terminera ce jeu...

- Rappelons-nous qu'une des missions de l'État est de minimiser, tant que faire se peut, les inégalités les plus choquantes... et là, ce budget qui s'en prend aux plus faibles - la santé publique, l'aide sociale, les étudiants, les élèves en difficulté - et qui protège les plus forts, aurait dû être fermement refusé.

- Rappelons-nous également que la différence de déficit de 100 à 31 millions est uniquement due à des prévisions de recettes qui ne cessent de croître. C'est la preuve évidente que, malgré ce qu'annoncent les Cassandre du PLR, l'économie genevoise se porte bien. Plus précisément, les nantis et les grosses entreprises continuent à s'enrichir en hurlant à la crise dans le seul but d'assécher l'État et d'accroître encore leur opulence...

- Rappelons-nous aussi que le prochain budget sera voté par le nouveau Grand Conseil et que c'est n'est pas en se couchant que les partis de gauche obtiendront la victoire qu'ils devraient mériter...

03/03/2013

Votations: vers une guerre des générations ?

À bien observer les résultats de ce dimanche, au-delà des satisfactions et des déceptions, dans ce fatras a priori peu cohérent, on distingue un fil rouge un peu inquiétant...

Car de l'initiative sur les TPG à l'arrêté sur les familles, en passant par la LCPEG, tous ces résultats sont autant de victoires des générations majoritaires - celles nées entre 1950 et 1970, sur les suivantes, notamment celles nées après 1990.

Le cas des TPG est emblématique, où par "erreur", les initiants ont raccourci de 7 ans la période "junior" et renchéri ainsi les abonnements des 18-25 ans. Sans volonté de leur nuire, sans doute, mais avec un mépris assez troublant pour cette jeunesse que chacun prétend placer au centre de ses préoccupations politiques.

Idem pour la LCPEG où, dans un contexte de calendrier tendu et de négociations malmenées, nous avons fini par accepter une loi qui, au nom de la préservation des acquis, fait objectivement passer deux fois à la caisse les générations en début de carrière (et les futurs employés), tout cela pour assurer la retraite promise à ceux quien ont atteint l'âge ou en sont sur le point.

pyr âge CH.jpg

Quant à l'arrêté sur la politique familiale, nul besoin de préciser à quel point le mépris pour les jeunes couples sourd de ce rejet.

L'analyse classique affirme que les jeunes votent moins que les quinquagénaires et sexagénaires, ce qui explique le conservatisme trop souvent observé dans les votes. Certes, mais on omet souvent de rappeler que les tranches d'âge n'ont pas toutes le même effectif, et que, à participation égale, les jeunes seraient de toute façon défavorisés.

Or, il arrivera nécessairement un jour où ces générations se rendront compte que l'image d'Epinal des retraités nécessiteux, si elle n'a pas disparu, n'est plus généralisable, et que ce sont bien souvent ceux qui entrent sur le marché du travail ou les jeunes familles monoparentales qui connaissent les plus grandes difficultés financières.

Car, aujourd'hui, une part importante des nouveaux retraités bénéficie de revenus supérieurs à leurs enfants. Si la tendance observée ce week-end se confirme, l'on risque bientôt d'accuser les baby-boomers d'avoir cueilli les fruits d'une croissance aussi éphémère qu'addictive et d'avoir laissé un verger vide (d'argent comme de ressources naturelles) à leurs enfants.

Cette guerre des générations n'est à souhaiter ni aux uns ni aux autres (ni même à ceux qui, comme moi, sont entre deux âges...). Mais pour l'éviter, il est nécessaire que les plus de 40 ans, nourris au lait de l'individualisme psychologisant des années 60-70 et à celui de l'individualisme des requins des années 80, acceptent de partager, sans crainte, ce qui reste de l'opulence de notre pays, avec les générations suivantes.

Car, il ne faut pas s'y tromper, rares sont les électeurs (j'ai bien écrit "électeurs" et non "habitants") de ce pays qui craignent vraiment la misère. Non, ceux qui ont refusé l'article sur la famille ou exigé une baisse de 50 centimes de leur billet TPG sont pour la plupart plus effrayé par l'idée de devoir n'aller à Majorque ou à St-Domingue qu'une année sur deux ou de devoir renoncer à la peinture métallisée pour la voiture de madame, que de devoir finir leur mois sans rien dans le garde-manger.

19/02/2013

LCPEG: Palmarès des affiches

Plutôt que de revenir sur les arguments expliquant une énième fois les raisons pour lesquelles il semble opportun de voter "oui" à une loi pourtant mauvaise, contrainte par un carcan fédéral absurde, je vous propose un tour d'horizon des affiches proposées par les partis appelant à accepter le projet, qui sont presque toutes un témoignage alambiqué de la gêne de tous à défendre un mauvais projet, et surtout de leur mutisme sur la fondamentale remise en question des retraites par capitalisation que ce scrutin aurait dû générer...

L'affiche la plus niaise...

...est sans conteste celle des Verts, qui ont dû organiser à l'interne un concours des adjectifs les plus incongrus pour qualifier cette loi.Verts.jpg Car si l'on peut encore défendre le "réaliste", les autres termes ont une résonnance pour le moins surréaliste lorsque l'on connaît les sacrifices demandés aux contribuables et aux fonctionnaires dans cette affaire et lorsque "l'équilibre" vanté consiste à épargner en fait les plus âgés pour péjorer considérablement les conditions des plus jeunes et des futures générations. Est-ce vraiment compatible avec le développement durable tant vanté par le parti ?

La cause de cette avalanche de guimauve ne résiderait-elle pas en fait dans la délicate position d'un parti dont l'un des représentants à Berne, candidat au Conseil d'État genevois, a accepté, en 2010, la révision de la LPP qui a débouché sur une recapitalisation des caisses aussi coûteuse qu'inutile... ?

L'affiche la plus hypocrite

PLR.jpgSans surprise, il est impossible de départager là le PLR de son clone PDC. Rappelons que le PLR, suivi de près par le PDC, a été le fer de lance de la loi fédérale imposant une recapitalisation des caisses publiques. De ce fait, les cantons, les villes et leurs employés sont coPDC.jpgntraints d'injecter des sommes gigantesques et inutiles dans les circuits bancaires et immobiliers...

Et voilà que l'on prêche l'"efficacité", ou pire encore que l'on menace "d'amputation" un système qu'on s'est pourtant acharné à destabiliser et à démanteler à Berne...

C'est par ce genre de manipulation que ces partis perdent progressivement toute crédibilité auprès de leur électorat populaire qui se tourne peu à peu vers les formations populistes. Je le regrette, sincèrement...

L'affiche la plus absconse...

PS.jpgAprès de longues réflexions, je n'ai toujours pas compris le moindre élément de l'affiche du PS. Une salle d'attente désertée, un slogan hermétique...

Faut-il comprendre que si la CEH devait être liquidée, les infirmières cesseraient de travailler. Mais pourquoi ? Et dans ce cas, la salle d'attente ne devrait-elle pas déborder de patients impatients ?

Il est facile et tendancieux de critiquer la position d'un parti qui a lutté pour obtenir la meilleure loi, a refusé le projet en plénière et renonce à soutenir le référendum, par crainte des énormes risques qu'un "non" engendrerait. Mais là, le PS tend vraiment les verges pour qu'on le batte...


L'affiche la plus incohérente...

Le comité unitaire pour le "oui" plonge la tête la première dans un brComOUI.jpgouet sans rapport avec les positions que ses composantes, partis de gauche et syndicats, ont défendues jusque là. Rappelons que le message a toujours été de dire que la fusion en tant que telle n'était ni un problème, ni une solution, et que c'étaient les conditions de la fusion, à savoir la loi et le plan de prestations en découlant qui devait être négocié, accepté ou combattu.

Et voilà qu'au moment de présenter la loi à la population, le comité retourne sa veste et laisse entendre que c'est le principe de la fusion qu'il s'agit de défendre "pour protéger les retraites de demain"...

Sachant que "les retraites de demain" et plus encore "d'après-demain" vont être englouties par les hydres de la finance, on aurait apprécié un slogan plus sobre... et plus en phase avec les idéaux anti-capitalistes des groupements formant le comité...

Le meilleur slogan

UDC.jpgGardé pour la fin, il revient sans conteste à l'UDC qui, en cinq mots, ose résumer la pensée de la plupart des partisans du "oui". Evidemment, les raisons pour lesquelles l'UDC trouve la loi "mauvaise" ne sont pas les nôtres. Mais j'aurais mille fois préféré que les groupements progressistes annoncent clairement la couleur en affichant leur soutien à un "mauvais projet", pour la seule et simple raison qu'un refus ne pourrait que l'empirer. On aurait évité bien des contorsions, et l'électeur aurait sans doute moins l'impression d'être pris pour un crétin...

01/02/2013

Conseil d'État: L'oukaze des Verts

Ce soir, les Verts genevois fêtent leur 30 ans. Ce sera l'occasion pour les ancien-ne-s militant-e-s de se remémorer l'époque des premières campagnes, des JA-Verts.jpgaffiches en papier kraft et de la liberté de ton qui caractérisait le parti.

Souvenirs émus et un brin nostalgiques, car, si la plupart des militants conservent cette grinta un peu naïve, toujours véhémente et surtout amoureuse de la nature et de l'humain, on doit réaliser que les têtes dirigeantes se sont désormais converties à la realpolitik dans ce qu'elle a de moins ragoûtant.

Triste illustration de cela, le choix des candidats pour l'élection au Conseil d'État...

Lorsque, il y a deux semaines, la présidence du parti a fait savoir son désir de partir sur une liste à deux, de nombreuses voix se sont élevées pour regretter cela, au moment même où la nouvelle Constitution (dont les Verts nous promettent pourtant par leurs affiches de faire le "Service Après-Vente") change les règles du jeu électoral, imposant un deuxième tour aux élections majoritaires. C'est ainsi, que dans l'esprit du texte, le premier tour devrait être une sorte primaire, lors de laquelle la population choisit celles et ceux qu'elle souhaite voir au second tour.

Ce devait être la fin des calculs politiques et de la chasse au candidat le plus lisse.

Face aux nombreuses critiques, la direction du parti a assuré que, comme dans toute institution démocratique, ce serait le congrès qui trancherait la question... Certes, mais aujourd'hui nous avons la très désagréable surprise d'apprendre par un communiqué que seuls deux candidats à la candidature se présentent, annulant par là-même tout débat et faisant taire toute voix discordante.

En observateur naïf, j'explore donc quelques hypothèses:

- N'y a-t-il réellement pas plus de vocations à la candidature dans le parti ?

C'est désormais l'hypothèse servie à ceux qui posent des questions: La charge de Conseiller d'État est épuisante et ingrate. Personne n'en veut.

Admettons, mais pourquoi alors les candidatures se pressent-elles dans les autres partis ? Est-il vraiment concevable que, dans un des partis les plus influents du canton, on ne trouve pas plus de deux personnes intéressées par cette fonction ? Y a-t-il vraiment un pareil déficit d'ambition, ou alors compétences ? Allons donc...

On notera au passage que, si cette hypothèse devait être la bonne, la liste à deux ne serait plus un choix stratégique, mais une nécessité, faute de combattants. Le parti n'aurait donc aucune légitimité à demander à ses partenaires de réduire leur liste, s'ils devaient souhaitaient partir avec plus de candidat-e-s.

- A-t-on bloqué les velléités de candidatures ?

Sans doute pas de blocage actif, mais le communiqué précisant la volonté de la direction du parti de partir à deux a manifestement eu pour effet (et sans doute pour but) de brider les éventuelles bonnes volontés.

- Y a-t-il un vraiment risque à présenter plus de deux candidat-e-s ?

L'élection se déroulant en deux tours, ce risque est nul. De plus, dans la perspective d'une bonne mobilisation au second tour, il est même souhaitable qu'aucun candidat ne passe la barre des 50% au premier tour, ce qui est de toute façon peu probable.

On m'a rétorqué que le PS et les Verts vaudois étaient partis à quatre lors des dernières élections. Cela est vrai, mais il n'y a aucune raison de croire que, s'ils étaient partis à 6, ils n'auraient pas aussi obtenu 4 sièges (ou même plus !).

- Doit-on à ce point protéger Michèle Künzler ?

La raison de ce blocage peu respectueux des nouvelles institutions ne peut être autre. Il est vrai que Michèle Künzler a plus d'une fois été la cible d'attaques médiatiques et politiques aussi violentes qu'injustifiées. Le bizutage a commencé avec la répartition des dicastères et a continué régulièrement jusqu'au camouflet du Vélib'.

Elle ne le mérite pas. Mais mérite-t-elle d'être protégée d'une façon aussi grossière ? Plutôt que de défendre son bilan, son parti préfère lui créer un bouclier électoral, qui sonne comme un aveu de faiblesse. Ce qui ne pourra que la plomber en cas de réélection.

Non, je préférerais mille fois qu'elle se défende, qu'elle attaque, et que l'électeur tranche - si possible en sa faveur. Cela s'appelle la démocratie, c'est ce qui a permis, au cours des décennies précédentes, au parti de se créer une jolie place dans le paysage politique.

Un peu déçu de cette évolution, mais toujours enthousiasmé par les enjeux qui font que les militant-e-s vert-e-s ont plus que jamais raison de se manifester et de se battre, je souhaite au parti un excellent anniversaire en espérant qu'au cours de sa quatrième décennie, il retrouve un peu l'esprit de son enfance...