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Genève - Page 8

  • Retraites: Les grandes fontaines abreuvent-elles mieux ?

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    Fontaine vide.JPGUne chaleur torride, un soleil de plomb et un chemin de randonnée poussiéreux...  Enfin, à l'horizon, une belle et grande fontaine. Las, en vous approchant, vous réalisez que l'eau s'échappe goutte à goutte du goulot et ne suffira jamais à désaltérer les assoiffés de votre groupe.

    Un peu plus loin heureusement, un vulgaire robinet sans aucun bassin étanchera vos soifs et vous évitera la dessication définitive.

    Vous l'aurez compris, ces images représentent le système de retraites par capitalisation (le bassin de la fontaine) et par répartition (où l'on s'abreuve directement au goulot) et, partant, vous conviendrez que ce qui compte, pour que le système fonctionne, ce n'est fontaine-Wallace1.JPGpas la taille du bassin, mais un débit d'eau proportionné à la soif des randonneurs.

    Les tenants de la capitalisation arguent que les grands bassins bénéficient d'apports supplémentaires sous forme de pluie (en l'occurence les rendements sur le capital), leurs adversaires leur rappellent que les bassins courent le risque de se fissurer et de voir leur contenu disparaître dans la nature (sous forme de pertes boursières ou d'inflation, la CIA a perdu ainsi la bagatelle de 1'000'000'000 de francs en 2008...).

    Quelle que soit votre position sur la question, la suite devrait vous troubler...

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  • Retraites: les députés sauront-ils sur quoi ils votent ?

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    Tombé de haut... Alors que Martine Brunschwig Graf a répondu de façon immédiate et argumentée à ma note du 16 août dernier, le député Luc Barthassat a cru bon de s'immiscer dans un débat, sur la page Facebook de Cyril Mizrahi qui relayait mon texte.

    Mal lui en prit, car ses propos pour le moins confus, pétris de clichés indignes d'un Conseiller Municipal MCG aviné, et surtout sans aucun rapport avec le sujet m'ont malheureusement fait réaliser que certains députés votent des textes sans les lire, voire sans les comprendre.

    Pour illustrer ce lamentable épisode, quelques-unes de ses répliques les plus déroutantes (telles quelles et non FB Barthassat.jpgtronquées...). Rappelons que la question était de savoir pourquoi les parlementaires genevois à Berne avaient voté une loi modifiant la LPP dont les conséquences sont désastreuses pour les finances cantonales:

    • Y ceux qui creuse des trous ? et ceux qui ne reboucherons pas indéfiniment ......


    • Carl Marx disait ..... Si vous voulez tuer le capitalisme ? Augmentez les impôts ..... Augmentez ..... Augmentez ! Et pendant ce temps la nomenclature faisait ripaille ? Vive la gauche ..... Les nantis de la gauche caviar en France ! N on pas fini de déchanté .


    • On a tous été cigale ou fourmis .... Peut être certain plus que d autre . Vous accusez la droite ? Je veux pas rentrer dans ce genre de gué guerre ? Désolé. Mais j apprécié pas toujours ceux qui pleure la bouche pleine !


    Encore remué par ce triste témoignage des charmes discutables des parlements de milice, je reçois aujourd'hui l'avis de publication du rapport sur la loi 10847, qui fixe les conditions de la fusion des caisses de pension de l'État... et réalise qu'il contient 816 pages résumant les auditions et les réflexions de la commission des finances et tous les documents utiles à la compréhension de cette loi.

    Et j'en conclus que nos 100 députés ont pour mission de prendre connaissance de ces 816 pages avant la session du 13-14 septembre consacrée essentiellement à ce projet, pour pouvoir se forger une opinion...

    Mission impossible évidemment.

    L'État risque donc de se retrouver avec une Caisse de Pension dont les fondements auront été votés par des députés qui ne les connaissaient pas.

    Démocratie, vous avez dit démocratie...?

  • Parlementaires genevois: des bons, des brutes ou des truands ?

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    Parmi les commentaires suscités par ma note de mardi, celui de Jean d'Hôtaux pose une question qui me tarabuste depuis sa publication. Pour rappel, les turbulences dans lesquelles se trouve la caisse de pension de l'État ont pour cause le soudain changement dbbt.jpege la législation fédérale, qui impose aux caisses publiques en capitalisation partielle de passer d'un taux de couverture de 50% à 80%.

    En français courant, cela signifie que le canton n'a plus le droit de garantir une éventuelle (et complètement inimaginable) faillite de sa propre fonction publique qu'à hauteur de 20%, ce qui implique l'injection de plusieurs milliards (quatre, cinq, plus ? - le montant dépend en effet des rendements sur ces actifs...) dans un délai de quarante ans, en commençant tout de suite par un « acompte » d'environ 1300 millions...

    Le commentaire demandait simplement pourquoi les parlementaires avaient voté, le 17 décembre 2010, une loi si dommageable pour nos finances (et celles d'autres cantons et villes, d'ailleurs), et en particulier, comment les député-e-s genevois-e-s pouvaient justifier un vote pareil.

    Une rapide recherche m'a confirmé que les parlementaires genevois-e-s avaient bien suivi leurs groupes sur cet objet. C'est ainsi que les trois socialistes (J.C. Rielle, M. Roth-Bernasconi et C. Sommaruga) l'avaient refusé alors que tous les autres (L. Barthassat, M. Brunschwig-Graf, H. Hiltpold, A. Hodgers, C. Luscher, Y. Nidegger et A. Reymond) l'ont accepté. A noter que U. Leuenberger s'est abstenu.

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  • Pourquoi je voterai Anne Émery-Torracinta...

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    Trop souvent, les élections à la majoritaire révèlent les pires aspects des partis, qui se transforment pour l'occasion en clubs de supporters décerébrés dont la tâche principale est de déifier leur candidat-e tout en soulignant les tares de ses adversaires. La récente élection présidentielle française en a été le parfait exemple, lorsque nous avons eu l'occasion de contempler des militants émus aux larmes émettre des borborygmes aussi laudatifs que primaires à l'occasion de l'élection banale d'un président sans doute meilleur que le précédent, mais dont l'action ne sera en rien révolutionnaire.

    C'est pourquoi les habitués de ce blog peineront à trouver des prises de position de ma part à l'occasion d'élections, et moins encore lorsqu'il s'agit d'une partielle où trop souvent les partis nous imposent des candidat-es que nous ne souhaitions pas et nous empêchent de voter pour ceux que nous aimerions...

    Et pourtant, là, je dois avouer que la personnalité d'Anne Émery-Torracinta me séduit suffisamment pour que je me réjouisse de participer à son élection et propose aux lecteurs de ce blog d'en faire de même.

    Qu'on s'entende, il ne s'agit pas d'affirmer mon adhésion à l'entier de son action politique - nous avons d'ailleurs eu l'occasion de discuter de nos désaccords, en particulier lors de la campagne sur les Cherpines.

    Non, il s'agit d'affirmer que, parmi tou-te-s les élu-e-s avec qui j'ai eu l'occasion de deviser, j'ai rarement perçu un pareil souci de précision, de rigueur, d'honnêteté intellectuelle et d'ouverture sincère et directe à la discussion. Ces qualités sont pour le moins précieuses dans un monde de la haute-politique fréquenté principalement par des orgueilleux dont l'essentiel du discours est de rappeler à qui veut l'entendre les importantes fonctions auxquelles ils ont été auparavant élus et par des incompétents qui profitent de n'importe quelle élection pour tester ad aeternam le principe de Peter.

    Et puis, il y a son discours sur le logement, auquel on ne peut qu'adhérer. Genève ne manque pas de logements, elle manque de logements abordables. Dans ce sens, l'État doit jouer son rôle en préemptant les terrains qu'il a la possibilité de préempter pour les sortir de l'infernal circuit des promoteurs et des régies et pour les attribuer à des collectifs d'habitants, seuls à même d'imaginer des solutions d'habitat à la fois écologiques et économiques.

    Et puis, il y a les attaques injustes qu'elle subit depuis sa désignation par des institutions auto-proclamées, que ce soit du côté de P. Décaillet ou de La Tribune du 30 mai. Attaques d'autant plus basses qu'elles visent des défauts imaginaires: Elle ne la ramène pas sur chaque sujet et n'a pas de profil Facebook, voilà qu'elle manquerait de charisme; elle défend ses convictions et refuse les mauvais projets, on la taxe automatiquement de dogmatisme; elle a deux chromosomes X et serait donc automatiquement une insupportable féministe...

    Allons donc! Prenons le temps d'apprécier son action politique, sa capacité de réunir une majorité sur des projets aussi utiles et rassembleurs que la revalorisation des allocations familiales, la précision sans fard de son discours, son refus de noyer le poisson sur les sujets qui fächent et réjouissons-nous de pouvoir bientôt compter sur une ministre aussi compétente !

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  • Qui casse paie ?

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    Quelques suggestions de sanctions pour les acteurs du drame burlesque de vendredi:

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    Eric STAUFFER: 100'000.- d'amende et 5 ans d'interdiction de se manifester, pour avoir unilatéralement aspergé son adversaire et ses voisins, geste indigne d'un député. On se doute bien que le duce d'Onex organisant son insolvabilité, seule la seconde partie de la sanction sera appliquée, ce qui satisfera d'ailleurs la majorité des citoyen-ne-s genevois-es.

    Pierre WEISS: 100'000.- d'amende et 5 ans d'interdiction de se manifester, pour avoir unilatéralement provoqué le cerveau reptilien de son adversaire dans le seul but de le faire disjoncter.

    Pierre LOSIO: 100'000.- d'amende et 5 ans d'interdiction d'organiser quoi que ce soit, pour avoir convoqué la manifestation incriminée sans avoir prévu un service d'ordre proportionné au potentiel de violence qu'il aurait dû imaginer qu'elle générerait.

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    Ces quelques exemples pour mettre en évidence la disproportion des mesures proposées par la loi anti-manifs mise aux voix le 11 mars, loi que soutiennent pourtant les deux belligérants de vendredi et loi qui, comme on le voit, pourrait punir sévèrement un organisateur, même sans aucune faute de sa part !

    Faut-il s'étonner que, depuis quelques temps, les seules manifestations de violence politique viennent des rangs du PLR et du MCG ? Faut-il leur rappeler que, dans ces circonstances, militer pour une répression disproportionnée est soit ridicule soit terrifiant ? Doit-on comprendre en effet que ces gens-là s'estiment au-dessus des lois et que leur loi anti-manifs ne saurait s'appliquer qu'aux gauchistes chevelus ?

    N''oublions pas de voter NON le 11 mars prochain à la loi anti-manifs !

     

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  • Si vous trouvez que les TPG, HUG et SIG fonctionnent à la perfection, ne signez pas le référendum !

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    Faut-il rendre la gestion des établissements de droit public (HUG, TPG, SIG, plusieurs EMS,...) encore plus opaque ? Faut-il retirer au pouvoir législatif et aux représentants du personnel le droit de siéger dans leur conseil d'administration ? C'est en substance les questions que posent le référendum lancé contre la loi 10679.

    Les délais référendaires étant très courts, et la période tout sauf favorable à la récolte de signatures, il n'est malheureusement pas impossible que le référendum n'atteigne pas le minimum de 7'000 signatures et que les citoyen-ne-s ne puissent pas voter sur ce texte pourtant capital.


    Un argumentaire ?
    - Ces établissements produisent un vrai service public. Ils ne doivent pas être administrés selon les canons des entreprises privées. Il est important que les représentants des élu-e-s et du personnel soient représentés dans leur conseil d'administration.


    - Ces services sont particulièrement stratégiques (énergie, santé, transports...) et il est nécessaire que l'Etat puisse décider de leurs orientations qui conditionnent le bien-être de tous les résidents du canton.


    - Bien que ces régies fonctionnent généralement bien, plusieurs dérives sont malheureusement constatées ces derniers temps (Faut-il rappeler les récentes crises aux TPG et aux HUG ? Nous reviendrons bientôt sur les acquisition des SIG). Ces dérives s'amplifieraient inéluctablement si les directions pouvaient s'affranchir du contrôle de l'Etat.


    - Les Genevois-e-s ont déjà refusé un projet très proche en 2008. Leur imposer cette loi en la votant à un moment aussi défavorable à la récolte de signatures est un geste anti-démocratique.


    - Pour les plus réticents: Signer un référendum, ce n'est que demander au peuple de se prononcer, sans présumer de sa position personnelle sur la question. C'est donc un acte hautement démocratique !


    - Pour ceux qui ont besoin d'autres arguments, l'excellente note de Pascal Holenweg.


    Bonne récolte de signatures et bon réveillon !

  • C'est vert, mais juste... n'importe quoi

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    Séance du Grand Conseil mémorable, vendredi soir.

    Les députés étaient saisis du PL 10679, qui, pour faire rapide, dans le but d'uniformiser (pouah...!) et d'autonomiser (re-pouah...!) la gouvernance des intitutions de droit public (SIG, AIG, HUG,...), consistait principalement à supprimer une part importante du contrôle politique sur celles-ci et à composer leurs conseils d'administration de technocrates cooptés plutôt que d'élus du peuple. (Plus de détails dans les 417 pages des rapports de la commision législative).

    Le cocktail était donc parfait que le show du MCG se déroulât et l'on ne fut pas déçu:


    Eric Stauffer a parfaitement tenu son rôle de bouffon en utilisant jusqu'à la corde toutes les astuces du règlement lui permettant de causer lorsque chacun souhaitait qu'il se tût et Mauro Poggia, en fin pince-sans-rire, alla jusqu'à proposer un bouleversement complet de l'ordre des articles pour qu'on traitât l'amendement qu'il jugeait le plus capital en premier. Comme il se doit, la tension monta, comme il se doit, quelques députés perdirent les nerfs (dont un PDC incapable de faire la différence entre le sens littéral et figuré qui alla jusqu'à demander du président qu'il fît arrêter le conducator du MCG), et diverses motions d'ordre aboutirent à un long monologue du président, ponctué de votes sans débat.

    Tout le monde rentra content: Le MCG avait pu démontrer qu'on le muselait et la majorité passer son texte tel quel et aller se coucher avant l'aube...

    Sauf que...

    ... pour une fois, une partie importante des amendements proposés par le MCG et leurs alliés de circonstance, le PS, auraient mérité un vrai débat. En effet, il est assez hallucinant de voir un parlement se démettre avec autant d'aveuglement de ses pouvoirs, surtout lorsque l'on connaît les abus auxquels peuvent conduire un trop forte autonomie des établissements de droit public (salaires indécents, hiérarchisation inutile, politique du personnel vexatoire,...).

    Si l'on pouvait s'attendre à ce que la majorité de droite refuse par principe et sans réfléchir tous les amendements proposés par le PS et le MCG, l'attitude de la députation verte m'a semblé choquante. Non seulement, elle a systématiquement voté contre tous les amendements, même les plus modérés et, au fond, les plus logiques, mais surtout, une part importante de ses députés se sont conduits comme de vrais gamins, interrompant et raillant bruyamment les orateurs qui défendaient, parfois avec des arguments plus que convaincants, leur amendements. En revanche aucun Vert n'a osé prendre la parole pour défendre clairement son point de vue.

    Décidément, il faut croire que se retrouver dans la majorité, quelles que soient ses idées, rend certains grossiers, intolérants et arrogants.

    On remarquera d'ailleurs que le seul à avoir sans contestation possible enfreint le règlement du Grand Conseil, n'est pas E. Stauffer, mais bien C. Bavarel qu'on a connu bien mieux inspiré, lorsqu'il s'est lancé dans un piètre numéro de cabotinage s'adressant explicitement aux téléspectateurs de Léman Bleu, ce qui est proscrit par l'article 70, al.2.

    Au milieu de ce marigot surnageaient vaillamment:
    - Loly Bolay et Roger Deneys qui ont calmement défendu leurs points de vue, sans démagogie, en ne s'éloignant jamais du sujet traité.
    - Pierre Losio, qui rêvait sans doute d'entamer sa présidence du Grand Conseil de façon plus sereine, mais qui a toujours compensé ses quelques lacunes techniques (juridiques et microphoniques...) par une volonté inflexible de traiter les députés de façon équitable, qui a osé remettre à l'ordre son propre groupe, qui a calmé son bureau qui devenait nerveux et a su, par une suspension de séance bien placée et une reprise ménageant un petit suspense, calmer le jeu.

    Hommage à ces trois qui ont déjà un place au chaud sur mon prochain bulletin de vote !

  • PLR: Avant de surveiller les frontières, il faudrait savoir où elles sont !

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    J'ai eu le douteux privilège d'assister au discours du 1er août de Pierre Weiss, invité de ma commune de domicile. Je dis bien « assister », car après quelques pontifiantes prémices, le brouhaha des indisciplinés et des indignés l'a progressivement rendu inaudible.

    Indignés ? En ce qui me concerne, dans un premier temps, j'ai simplement cru qu'il avait par mégarde échangé son discours avec un de ses nouveaux camarades UDC, et que, enhardi par l'excellent gamay local, il ne s'en était pas rendu compte.

    En effet, il était surtout question de criminels étrangers, de frontières qu'il fallait surveiller, de garde-frontière qu'il fallait multiplier et de caméras électroniques qu'il fallait installer. Aucune proposition, en revanche, pour juguler la criminalité des mafieux qui viennent blanchir leur sale trésor à l'ombre du jet d'eau.

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