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22/11/2011

Droit des pauvres contre droite des kiosquiers

Le parent pauvre des 5 objets soumis le 27 novembre, est sans aucun doute le projet d'exécution définitive du Droit éponyme. Sans doute est-ce un travers lié à l'automaticité du référendum sur les questions fiscales, aucun groupe ne semble vouloir faire campagne sur cet objet. Il s'agit pourtant d'une loi tout sauf anodine, puisqu'elle prétend rafler d'un coup 15 millions à l'aide sociale, cela au seul bénéfice d'une corporation certes estimable, mais sans réel besoin de soutien étatique.

Résumons: Alors qu'il y a 11 ans la droite avait fini par obtenir l'abolition du droit des pauvres sur les spectacles, ce qui avait débouché sur une baisse provisoire de 2.- du billet de cinéma (qui était passé de... 16.- à 14.-! avant de remonter continûment jusqu'à aujourd'hui), les kiosquiers, et avant tout la multinationale quasi-monopolistique qui contrôle l'écrasante majorité des kiosques genevois, ont commandé aux partis bourgeois une loi achevant ce qui restait du droit des pauvres, à savoir une taxe de 13 % sur les loteries et tombolas.

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28/11/2010

Mieux vaut en rire...

Les électeurs suisses, incités par le matraquage de l'UDC et leurs bas instincts racistes de bourgeois auto-satisfaits, ont donc, une fois de plus, sapé un des fondements de l'Etat de Droit. Il suffit de rappeler en quels termes Talleyrand avait rédigé l'art. 6 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen en 1789:

[La loi] doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse

et le débat sur l'opportunité de cette intiative (sans évoquer même son utilité) est clos.


On peut aussi se réjouir du fier résultat de notre canton et brocarder nos compatriotes suisses-allemands pour leur crasse bêtise. Cela ne mange pas de pain et permet d'oublier que 43% des Genevois-es ont voté le texte, ce qui fait tout de même pas mal de monde dans la file de la caisse à la Migroop demain.


La Migroop, justement, s'est salement ramassée. Et toute la droite (et avec elle la soi-disant économie - pourquoi  d'ailleurs seuls les économistes de droite parlent-ils au nom de l'"économie"?). Et pourquoi cela, alors que le texte avait tout pour plaire au citoyen-consommateur tel qu'on croit le connaître ?

  • Petit à petit, la population comprend que, à terme, la consommation pour la consommation ne pourra plus suffire comme modèle de société. Cela est très important, car, depuis 1945, tout le discours politique a été axé sur la croissance de la qualité de vie, qui n'était conçue que comme dépendante de la croissance de la consommation et l'amélioration de la technologie. Mais, dans un monde physique, toute croissance finit par cesser et les citoyens commencent à comprendre que la qualité de vie dépend autant du niveau de convivialité, de temps libre et de partage que de la taille de son caddie. ET CA, C'EST BON POUR LA SOCIÉTÉ !


  • Les petits commerces ont sans doute joué un rôle important en montrant que cette loi ne pouvait que les affaiblir face aux grandes surfaces. Le volume de consommation n'augmentant pas proportionnellement à l'élargissement des heures d'ouverture, seuls les plus grands pouvaient s'adapter aux fluctuations de clientèle et tirer profit de la loi. Quand on connaît les ravages économiques et écologique71927_163846093644544_163844660311354_429621_3442992_n.jpgs de la grande distribution, on ne peut que se réjouir de ce refus. ET CA, C'EST BON POUR L'ÉCONOMIE !


  • La campagne a été menée avec un talent et un investissement hors du commun. Cela en particulier par la Jeunesse Socialiste et les Jeunes Verts. Elles et ils ont réussi à occuper le terrain avec des visuels efficaces et des actions audacieuses et originales,  qui ont habilement évité le piège de la gratuité ou de l'attaque personnelle (contrairement malheureusement aux affiches "Oskar F." des JS neuchâteloises). Les distributions de câlins, la superbe affiche "Faites l'amour, pas les magasins.-" ont marqué et fait réfléchir. Pour la première fois, la pompe des shadoks a été efficace ! ET CA, C'EST BON POUR LA POLITIQUE !

 

En conclusion, malgré le prévisible cataclysme de l'initiative UDC et la déroute de celle du PS (Quel gâchis, comment peut-on voter ainsi ?!), je termine ce 28 novembre, jour 1 de mon blog et jour 5 de ma fille cadette, avec un léger sourire et un optimisme plus que jamais chevillé à mes neurones.