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02/05/2017

La fin des Charrotons...

Aujourd'hui, la coopérative maraîchère "Le Jardin des Charrotons" quitte son terrain. Son bail a atteint son terme et, du fait du déclassement des Cherpines, il a fallu partir.

Contrairement aux assurances des promoteurs du déclassement, aucun terrain équivalent n'a pu être trouvé.

On trouvera ci-dessous quelques clichés, pris samedi dernier, lors de la fête des 10 ans de la coopérative (eh oui, même lorsqu'on disparaît, il ne faut pas manquer une occasion de faire la fête)...

Ils rappelleront aux milliers de gens qui ont arpenté ce terrain que les Charrotons, ce n'était pas que des légumes, mais une fourmilière de gens hétéroclites, d'idées saugrenues et d'objets récoltés çà et là. Cela a pu intriguer des journalistes, provoquer le courroux de certains magnats du propre en ordre, c'était en fait un lieu génial !

Merci à toutes celles qui ont fait vivre cette terre, qui y ont vécu, y ont travaillé. On se réjouit de la suite !

 

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15:24 Publié dans Cherpines | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

15/05/2014

Cherpines: 3 ans après...

Logo, Cherpines, Charrotons, Plaine de l'AireIl y a 3 ans jour pour jour, le peuple acceptait, à une courte majorité, le déclassement des Cherpines, contre lequel un groupe de défenseurs de l'agriculture de proximité (secondé par les Verts, Solidarités et quelques partis et associations de la place) avait lancé un référendum.

Commémorer une défaite, certes honorable, n'est pas chose facile. Mais plus de 1000 jours après le déclassement, il n'est peut-être pas inutile de tirer un bilan en trois volets:

Du côté du projet d'urbanisation

Un pessimiste commencerait par rappeler que, au cours des trois dernières années, la population genevoise a augmenté de 12'000 habitants alors que les 3'000 logements promis en 2011 sont encore loincherpines-mobilite_flyer_15mai_imagelarge.jpg d'être bâtis... et même dessinés. Mais cela était inévitable et largement assumé par les promoteurs du déclassement.

On s'étonnera par contre de l'abandon complet du terme "éco-quartier" qui, pourtant servait d'argument-massue sur les affiches des trois partis (PS, PDC et PLR) qui, alliés avec la CGI, avaient bétonné une campagne à plusieurs centaines de milliers de francs.


De fait, à part la récupération de la chaleur émise par la zone industrielle voisine, aucun objectif écologique ambitieux n'apparaît dans le PDQ présenté à la population le 4 mars, au point que les demandes du Conseil Municipal de Plan-les-Ouates de modération des places de stationnement n'ont pas été reprises dans le plan et que la motion 2031 fixant des objectifs de mobilité dignes d'un éco-quartier a été balayée en commission.

On notera également l'abandon du secteur des "terrasses de l'Aire" qui devait maintenir un peu de verdure entre l'autoroute et la zone industrielle, et l'on rPF_MG_3930.JPGelèvera l'insistance des présentateurs du projet à assurer à la population que la desserte routière du quartier et de l'autoroute sera améliorée.

Les Cherpines aujourd'hui

Trois ans après le déclassement, le promeneur sera prIMG_20140514_210530.jpgincipalement surpris par l'état de délabrement dans lequel le principal maraîcher industriel a laissé la zone. Satisfait d'avoir pu déménager sa production, il a laissé ses tunnels à l'abandon, les carreaux de ses serres sont brisés et son hangar ne sert plus qu'à entreposer des légumes provençaux transportés par des poids-lourds vantant l'agriculture "bio" et "locale" (sic !).

Au deux extrémités, d'un côtéPF_MG_3945.JPG un nouveau bâtiment est venu empiéter sur les terrains de sport pour offrir des vestiaires plus luxueux pour les footballeurs et des gradins pour leurs spectateurs. De l'autre, une pépinière et quelques maraîchers poursuivent leur activité, comme Damoclès sous son épée.




Du côté du Jardin des Charrotons

On se le rappelle, c'est cette coopérative qui avait initié la lutte pour la préservation des terres agricoles de la Plaine de l'Aire.

Contrairement à ce qui avait été affirmé lors des débats au Grand Conseil, aucune proposition concrète de relocalisation de ses activités ne lui a jamais été faite. Ses recherches demeurent vaines et il devient urgent pour elle de trouver 3 hectares de terres cultivables si elle entend poursuivre son activité.i_096.jpg

Malgré la résolution demandant au Conseil d'État de relocaliser tous les exploitants (et votée à la quasi-unanimité du Grand Conseil en parallèle au déclassement), ses deux rencontres avec les responsables du projet Cherpines n'ont pour l'instant rien donné, même si plusieurs  solutions ont été esquissées.

Le 28 avril dernier, le Conseiller d'État Luc Barthassat acceptait des recevoir des représentants des Charrotons. Dans un ambiance cordiale et détendue, il a témoigné de sa sympathie et de son respect pour le travail effectué par la coopérative, mais a reconnu que les terres agricoles, à Genève, "ça ne se trouve pas comme ça"...

Exactement ce que nous disions il y a trois ans...

 

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23/12/2013

Amère lettre ouverte à René Longet à propos de cohérence et de bons voeux

Cher René,

J'ai eu le douteux plaisir de recevoir tes bons vœux, hier, par courrier électronique. Plaisir, sans doute, car je garde un heureux souvenir de ton action politique, tant à la mairie d'Onex qu'à la tête du PS.

Douteux, car, en fait de vœux, il s'agissait surtout de faire la promotion de ton dernier ouvrage opportunément titré "Les bons choix", le document joint expliquant doctement qu'il est dédié "à toutes celles et ceux qui se battent pour une nouvelle donne agro-alimentaire"...

Or, puisqu'il s'agit de "bons choix", ce texte m'a brutalement renvoyé à la soirée du 23 février 2011, une des pires de ma vie militante. C'était l'AG du PS genevois, tu le présidais alors, et j'en étais encore membre. Il s'agissait de prendre position sur le déclassement des Cherpines. Un collectif de paysans alternatifs inexpérimentés en politique avait récolté près de 12'000 signatures qui s'ajoutaient aux 4'000 obtenues par les Verts et différents partis de gauche pour refuser l'urbanisation d'une plaine alluviale consacrée à la culture maraîchère. Il fallait donc que le PS donne son mot d'ordre en vue des votations.

Un débat avait été organisé, je défendais les paysans, Françoise Jolliat défendait la commune de Confignon. Comme souvent, l'aile productivisto-syndicalisto-asloquiste avait été plus rassembleuse que l'aile environnementaliste et l'attitude très hostile, voire franchement incorrecte de l'assistance, avait immédiatement scellé le sort de l'affaire, le reste du débat n'étant, pour les quelques défenseurs de l'agriculture de proximité, qu'un long pensum.

Et, surprise, à l'issue du débat, tu annonces que, vu le caractère exceptionnel de l'objet, tu entends te départir de ta neutralité présidentielle, et donner ton point de vue juste avant le vote. Sans illusion sur l'impact d'une prise de position de ta part favorable aux maraîchers, j'ai intérieurement loué ton courage... jusqu'à ce que tu expliques doctement que, compte tenu des circonstances (je ne me rappelle plus lesquelles te semblaient particulièrement éminentes), il fallait sacrifier ses principes et renoncer à défendre les paysans qui militaient pour l'accès à la terre.

La suite est connue, le PS a fait une campagne globalement alignée sur la CGI et le PLR (Les slogans affichés étant quasiment les mêmes) et, le 15 mai, tu répondais tranquillement à la presse que la position du PS, seul parti de gauche favorable au déclassement, avait été déterminante dans la courte victoire des bétonneurs, position censée rendre le parti incontournable dans les prises de décisions sur les modalités de cette urbanisation.

Chimère, évidemment, puisque, comme on le sait, le PS est resté à sa place, marginale, dans les processus qui, une fois les oppositions des riverains écartées à grands frais, vont détruire les terres agricoles de la plaine de l'Aire. Chimère, évidemment, lorsque l'on se rend compte que, même sur le dossier PAV, le Conseil d'État semble disposé à s'asseoir sur les engagements pris avec les milieux de défense des locataires...

Ce qui, en revanche, n'est pas chimérique, c'est l'avenir de la coopérative "Le Jardin des Charrotons", qui, 30 mois après le vote, n'a toujours pas trouvé de solution de relogement, malgré la résolution 611, présentée alors par le PS comme le meilleur outil pour pérenniser les activités agricoles des entreprises de la place. Il va sans dire que l'État ne lui a fait aucune proposition de relocalisation, ni le PS d'ailleurs, qui, manifestement, a de la peine à soutenir des associations dont le financement (et le salaire des cinq employés) repose sur la vente de ses produits et non sur les subventions votées par ses élus.

Alors oui, je suis amer, et depuis que je l'ai reçu, ton courriel me fait bouillir. Car, en matière de "bons choix", la plus élémentaire des courtoisies aurait été de ne me pas l'adresser. Mais, sur ce point également, je suppose que les impératifs de la realpolitik empêchent de jeter un œil à la liste des destinataires plus ou moins anonymes de tes vœux.

Il y a des jours où je regrette d'avoir quitté un parti où je garde de solides amitiés envers de remarquables personnes. Il y a des jours où je me rappelle pourquoi je l'ai fait et pourquoi j'ai eu raison de le faire.

Sur ce, accepte, ainsi que l'ensemble des lecteurs de cette note, mes vœux pour une excellente année 2014, qui, je l'espère, satisfera tous les militants et débatteurs qui se démènent, parfois dans une confusion aussi joyeuse qu'inaudible, pour améliorer notre république... et le monde.

Julien