UA-74655322-1

11/03/2015

La jeunesse, ses écoles et le mépris de l'État...

Décidément, l'État méprise souverainement la jeunesse.

Nous l'avions déjà dit, les jeunes en formation, les frais diplômés, sont les victimes systématiques des politiques libérales de fiscalité allégée et de diminution des effectifs dans les entreprises, publiques comme privées... et ce ne sont pas les quelques gadgets aux couleurs criardes que l'État leur lance pour les apaiser (skate-parks, lieux de fête, spots de promotion ou de prévention divers, ) qui changeront grand chose à ce souverain mépris...

L'épisode des chaises musicales entre écoles n'est qu'une étape supplémentaire dans cette triste dérive.

Au-delà des options politiques, ce qui frappe, c'est l'unanimité du spectre politique dans ce positiMaster_STER_Nassar_Polytechnique.jpgonnement hostile à une politique de la jeunesse qui soit autre chose qu'un argument électoral.

La droite, évidemment, qui ne vote pas, année après année, les lignes budgétaires qui permettraient de créer des lieux d'apprentissage et d'émancipation. Mais la gauche également, qui, aux rênes du DIP n'a pas réussi à imposer l'urgence d'une planification scolaire qui tienne compte de la démographie. La gauche aussi, qui, au niveau de la Ville, n'a rien fait pour débloquer le projet de l'ECG de Frontenex sur un site occupé par un club d'automodélisme, hobby certainement plaisant, mais peu comparable avec la nécessité d'instruire notre jeunesse.

Le corps électoral n'est pas en reste, puisque, malgré tout, il continue à élire les mêmes et à voter au rebours du bon sens... et, lorsqu'il s'avise de changer d'avis, les nouveaux adoubés sont encore pires que les précédents. Rappelons en effet que le MCG, coqueluche autoproclamé des quartiers populaires est le seul parti se caractérisant par l'absence complète de programme culturel... si, si...

Aujourd'hui, la coupe semble déborder. On ne vide pas des milliers d'élèves sur un seule décision technocratique. Les enfants sont choqués, les parents outrés et les enseignants remontés.

Le cocktail est explosif et, de pétitions en arrêts de travail et de grèves en blocages, il y a fort à parier que l'État – et il ne s'agit en l'occurrence pas que du DIP* – soit contraint de revoir sa copie et de trouver des solutions d'urgence plus convaincantes à la pénurie, très réelle, de places pour les élèves de l'ECG. Il y a, on le disait déjà il y a trois ans, des terrains et des bâtiments disponibles dans notre canton, et les solutions existent pour qui accepterait de mettre l'éducation en tête des priorités...

Espérons donc que l'incroyable mouvement qui se crée en ce moment puisse permettre de trouver une solution plus ou moins pérenne à cette catastrophe démographico-scolaire.

Espérons surtout que, dès les prochaines élections, les bulletins permettent d'élire des candidats dont l'horizon politique ne soit pas borné par l'obsession de la fiscalité, des candidats qui, défendent sans ambiguïté des projets concrets pour l'instruction et l'émancipation des natifs des années 2000... Ils ne sont pas nombreux...

---

*Il faut tout de même rappeler que la gestion des bâtiments scolaires n'incombe pas au DIP, mais au DF de S. Dal Busco (et, précédemment, au DU de F. Longchamp et au DCTI de Mark Muller !)

22:05 Publié dans Ecole, Genève | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |

05/09/2014

Aux profs du primaire: Merci pour votre engagement !

Merci pour votre engagement, vous qui, sur votre temps libre, organisez et participez, année après année, au cortège de l'Escalade, à la soirée "Ciné-Pasta", au Défi Boscardin, à la fête du Feuillu, aux Promotions. Merci !

Dans ma commune, tous ces événements ont lieu le samedi et rien ne vous oblige à quitter votre famille ou vos amis pour rejoindre vos élèves. Vous le faites pourtant.feuillu.JPG Merci !

Dans ma commune, une des plus riches du canton, scrutin après scrutin, les électeurs votent pour des projets ou des personnes qui rognent, année après année, sur les budgets de l'éducation. Ils y gagnent quelques centaines francs d'impôts - Qu'en faire ? - et l'école fonctionne toujours, malgré l'érosion des moyens et l'augmentation des effectifs. Tout cela grâce à votre engagement. Merci !

Aujourd'hui, votre syndicat a décidé que la mesure était dépassée et vous invite à ne plus  participer - bénévolement, comme d'habitude -  au programme Sant"e"scalade. Les enfants adorent cette époque particulière de l'année où l'on s'entraîne tous les mardis sous le crachin ou dans la neige, où les parents - j'en fais parfois partie - viennent courir avec les élèves et les maîtresses. Vous l'avez fait, année après année, sans que la plupart des élèves ne songe à vous en remercier. Merci !

Et, dans la rue, dans la presse, sur les réseaux sociaux, dans la bouche même parfois de politiciens éminents, des torrents de mépris et d'insultes se sont abattus sur vous. "Preneurs d'otage", "profiteurs", "fainéants",... C'est honteux !

Je ne sais pas, dans ma commune, quelle décision vous avez prise, mais si Sant"e"scalade ne devait pas être organisé, je ne pourrais que le comprendre, vous soutenir et surtout, vous remercier pour votre engagement auprès de nos enfants !

01/02/2014

École: le scandale de la "théorie de la sécurité routière"

C'est dans le plus grand secret que le Département de l'Instruction Publique a récemment imposé à nos enfants, dès 6 ans, un cours dont le contenu devrait révolter la plupart des parents responsables. En effet, il semblerait  qu'un interverkehrssicherheit-securite-routiere-sicurezza-stradale.jpgvenant extérieur, en uniforme (et donc en position d'autorité), vient régulièrement dans les classes, sans demander l'avis des maîtresses, pour exposer les fondements d'une théorie sulfureuse : La "théorie de la sécurité routière".

Il s'agit d'une théorie développée dans les années 1990 par des automobilistes fanatiques aux États-Unis qui prétendent que la route serait le lieu le plus sûr du monde, pour autant qu'on suive quelques prescriptions comportementales.

Et ces prescriptions, aux lourds relents droitiers, font frémir tout parent épris un tant soit peu de liberté:

  • Elles imposent un code de couleurs qui vient parasiter gravement la construction psycho-abstraite de nos petits. Pour résumer: L'injonction "Au rouge, il faut s'arrêter !" vise ouvertement à déprécier cette couleur et à renier son importance historique, sociale et politique, de la toge de Jules César au drapeau de Lénine.

 

  • Elles induisent un ordre social basé sur des conventions abstraites et contraignantes, plutôt que sur la convivialité et l'échange. Lorsqu'il s'agit de déterminer qui peut passer en premier, ce sont des règles arbitraires plutôt qu'une discussion qui sont censées permettre de résoudre le problème. De même, les messages tels que "Ne circulez pas à contresens !", "Ne remontez pas les files !", "Ne dépassez pas sans visibilité !" sont des injonctions qui formatent à l'évidence nos enfants en petits soldats suiveurs plutôt qu'en individus libres de penser, de se construire et de se dépasser.

 

 

  • Elles entérinent un ordre politique scandaleux qui ne valorise que les tenants d'un néo-libéralisme oligarchique: "Circulez à droite !", "Avant de traverser, regardez deux fois à droite !", "Laissez la priorité à droite !"...

 

sec rout.jpgS'ensuit alors le cours pratique, où, sur des karts ou des vélos, les élèves sont contraints de se transformer en petits automobilistes et de parcourir un circuit sur lequel ils doivent suivre les règles arbitraires et liberticides énoncées plus haut.

Ceux qui respectent la "théorie de la sécurité routière" sont invités à insulter sauvagement ceux qui l'enfreignent, de façon à "mieux se préparer aux échanges verbaux habituels entre automobilistes" (sic !).

Parfois, ils sont même contraints d'écraser des poupées ou des doudous censés représenter des enfants qui ne se conformeraient pas à la "théorie de la sécurité routière". On imagine le traumatisme d'un petit devant rouler sur un objet transitionnel, si indispensable à son développement psycho-affectif.

Et tout cela pour satisfaire les délires de quelques élites qui, dans leur tour d'ivoire, n'ont pas perçu que "grâce" à leurs théories, les routes sont de plus en plus dangereuses (il suffit de lire les faits divers pour s'en rendre compte !) et qui empiètent de façon scandaleuse sur la liberté éducative des parents.

La sécurité routière est un affaire privée ! L'école n'a pas à s'en mêler !

25/09/2013

Familles: Pour quelles listes ne pas voter ?

imagebot.jpgÀ l'approche des élections, on peut voter en se fiant à la tête des candidats et aux slogans de leurs affiches. On peut aussi se demander ce que les partis sortants ont discuté et voté au cours de la législature finissante. Cela prend un peu de temps, mais n'est pas complètement inutile si l'on veut remplir son bulletin de façon sensée.

Partant du principe que les questions familiales (petite enfance, formation, aides aux familles) sont celles qui intéressent le plus largement, j'ai fouillé dans le mémorial de la législature finissante et repris quelques votes qui éclairent la position des partis sur les différentes façons de soutenir et protéger les familles.

Les plus pressés trouveront ci-dessous un tableau récapitulatif (tous les détails et les liens se trouvent en-dessous) qui montre de façon éloquente:

- l'inquiétant rapprochement PLR-UDC que certains observateurs relèvent depuis que les Libéraux ont phagocyté les Radicaux. Leur discours social ("On veut de la croissance pour financer l'État social") ne résiste pas à l'analyse, puisque bien qu'ayant pu faire passer toutes leurs propositions économiques et fiscales, ils s'obstinent à ne rien céder aux familles, qui, en bonne logique, devraient renoncer à les élire !

- La rupture PDC-PLR, que je ne pressentais pas si nette. Certes, le sujet est clivant, mais on peut se demander ce que ces deux partis font encore ensemble, alors que leurs conceptions sont aussi différentes dans un domaine fondamental de la vie quotidienne.

- Sans surprise, les partis de gauche ont tenu leurs engagements de soutien aux familles.

- En revanche, le tableau ne révèle évidemment pas la position des listes non encore représentées (Ensemble à gauche, Parti Pirate, Vert'Libéraux, PBD). Si elles le souhaitent, elles peuvent me transmettre leur position sur ces questions, que je ne manquerai pas de publier.

 

PS

Verts

PDC

PLR

UDC

MCG

1. Diminution du taux d'encadrement dans les crèches

NON

NON

NON

OUI

OUI

OUI

2. Allocations familiales

OUI

OUI

OUI

NON

NON

OUI

3. IN sur les crèches

OUI

OUI

NON

NON

NON

ABS ?

4. Coupe linéraire de 2 % dans le budget de la formation

NON

NON

NON

OUI

OUI

OUI

5. IN pour la mobilité douce

OUI

OUI

OUI

NON

NON

NON

 

 

Plus de détails sur les objets retenus:


1. Diminution du taux d'encadrement dans les crèches.

Un projet de loi PDC visant à augmenter le nombre de places de crèches se fait modifier dans le but principal de diminuer le taux d'encadrement (nombre d'éducateurs-trices par enfant), sans impact sur le nombre de places... Le débat du 17.5.2013, houleux, s'est terminé par le refus du PDC de soutenir le texte modifié, qui a néanmoins été adopté. S'en est suivi un référendum qui a permis de récolter le nombre record de 27'741 signatures. Nous voterons donc sur la question, vraisemblablement le 9 février 2014.

On trouve ici l'intégralité des débats et le vote final.


2. Allocations familiales

Le débat sur l'initiative socialiste visant à revaloriser ces allocations a eu lieu le 26 juin 2011. L'initiative ayant été acceptée par le parlement, toutes les familles ont vu les allocations augmenter de 1200.- par enfant et par année au 1er janvier 2012.

On trouve dans le mémorial l'intégralité des débats et le vote final.

 

3. Initiative sur les crèches

Le débat sur l'initiative socialiste visant à adapter le nombre de places en crèche à la demande a eu lieu le 16 octobre 2010. Il s'est soldé par un refus du parlement qui lui a opposé un contreprojet.

On trouve dans le mémorial l'intégralité des débats mais pas le vote nominal, d'où le flou sur l'attribution des 13 abstentions.


4. Coupe linéaire de 2% dans le buget de la formation

Dans le psychodrame ayant présidé aux débats sur le budget 2013, un épisode particulièrement inquiétant a eu lieu, puisque la droite a subitement proposé une coupe linéaire de 2% pour arriver à un équilibre irrationnel (le budget sous-évaluant systématiquement les recettes). La formation n'y a pas coupé et vous trouverez ici les pitoyables débats du 14 mars 2013, ainsi que le vote nominal sur cette coupe.

 

5. Initiative pour la mobilité douce

Le lien avec les questions familiale est plus ténu, mais tout de même évident lorsque l'on réalise que les cadets comme certains aînés sont à la fois les plus vulnérables dans le trafic et de faibles utilisateurs de leur voiture.

L'initiative a été acceptée par le peuple le 15 mai 2011. Les débats parlementaires qui ont précédé ce vote ont à nouveau mis en évidence le même clivage.

On trouve dans le mémorial l'intégralité des débats mais pas le vote nominal.


28/11/2012

Otages, ô désespoir ! (ou l'Escalade des réactions...)

"Vous prenez les élèves en otages", voilà l'argument désormais incontournable de ceux qui regrettent la décision des enseignants du CO Drize de boycotter les festivités de l'Escalade dans leur Cycle.

On peinera à qualifier l'argument d'original, vu qu'il est systématiquement resservi dès lors qu'un groupe quelconque se manifeste d'une manière quelconque. Ce qui choque surtout c'est l'emploi d'un terme aussi violent, dans un contexte aussi bénin. Pas même besoin de se référer à Hervé Ghesquière, Christian Chesnot ou Ingrid Betencourt, la seule évocation de Max Göldi et Rachid Hamdani suffira à nous représenter l'absurde indécence de l'usage de pareils termes.

Rappelons que le mouvement consiste en un boycott d'une activité de loisirs (deux heures de rallye, cinéma ou patinoire) suivie d'une disco. Rien à voir avec le sens historique, traditionnel ou même patriotique de l'Escalade, qui n'est plus évoqué depuis de longues décennies lors de cet après-midi.

Le mécontentement de certains élèves est compréhensible, celui de leurs parents également. Cette insatisfaction, nous l'assumons car nous n'imaginions pas que cette décision réjouirait plus les élèves que nous...

Cependant, il s'agit du moyen le meilleur que nous avons trouvé pour faire réaliser à la population la violence des attaques budgétaires contre l'école: augmentation du nombre d'élèves par classe, diminution du soutien scolaire, incapacité d'accueillir les élèves handicapés, personnel administratif surchargé, telles sont les solutions prônées par le nouveau projet de budget, que rêve d'empirer une partie des députés. Il faut à tout prix le faire savoir.

Mission accomplie donc, car le succès de notre mouvement ne se mesure pas à sa popularité (nous aurions été bien imprévoyants de croire que les élèves seraient ravis...), mais bien à la prise de conscience qu'il a suscité.

Honnêtement, je ne vois pas d'autre action qui aurait eu un pareil impact et s'il faut que je synthétise les réactions, personne ne nous a attaqués sur nos revendications, mais une part importante de la population, (et en particulier l'auteur d'une note particulièrement agressive à notre endroit), ignorait simplement les menaces pesant sur l'école et les a découvertes grâce à ce boycott.

Désormais, le débat qui s'ouvre n'est plus: "Êtes-vous pour ou contre le boycott ?" mais "Êtes-vous favorables aux diminutions de prestation de l'école et à la remise en question de la loi scolaire votée en 2009 ?"

Pour finir, on relèvera que jamais auparavant, le débat sur le sens de l'Escalade à l'école et sur le rôle de l'école comme pourvoyeuse de loisirs ne s'était tenu de façon aussi large et passionnée. Nos élèves ne sont manifestement pas des moutons dociles. Ils sont prêts à débattre. Tant qu'ils le font dans le respect des personnes et des biens, cela est réjouissant !

21:43 Publié dans Ecole, Genève | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : escalade, boycott, drize, otages |  Facebook | |

25/11/2012

Lettre ouverte à un député libéral (parmi d'autres) en délicatesse avec la démocratie

Monsieur le député,

Comme vous, je n'ai pas l'habitude de jeter des noms en pâture et contrairement à vous, je m'abstiendrai de renier cette habitude en citant le vôtre.

Car, s'il faut parler de reniements, j'arrive progressivement à la conclusion que les représentants de l'ex-groupe libéral au Grand Conseil, dont vous faites partie, sont globalement interchangeables. Les fins observateurs objecteront certes que vos mesquineries et lâchetés diverses s'opèrent dans des champs sensiblement différents, en fonction des lobbies que vous défendez, il n'en reste pas moins que, à travers votre personne, c'est en fait à l'ensemble de votre députation que je m'adresse.

Les derniers mois vous ont permis d'utiliser différents stratagèmes, dont le point commun a systématiquement été votre affligeante peur du débat public et le refus du respect de l'esprit démocratique. Votre désolant spectacle nous ainsi récemment infligé les numéros suivants:

  • Le libéral bétonneur retardant à dessein la remise d'un rapport de majorité dans le but de contrarier des référendaires.
  • Le libéral vélophobe reprenant le même procédé pour empêcher le vote sur les vélib avant le printemps.
  • Le libéral schizophrène (fonctionnaire qui rêve de démanteler la fonction publique) dévoyant le projet de budget 2013 de son cheminement démocratique,
  • Le libéral ami des multinationales mélangeant la forme et le fond pour faire honteusement invalider une initiative, de peur que le peuple ne donne son avis
  • Le libéral maître-chanteur, conditionnant la prise de position de son parti sur un objet capital (la fusion des caisses de pension) à la position d'autres acteurs sur d'autres objets...

Tous ces éléments (manipulations dilatoires, refus du fonctionnement démocratique, peur du vote populaire, chantage) sont à l'évidence autant de preuves que votre parti usurpe depuis de longues années l'adjectif dont vous l'affublez et salit par là-même la mémoire de tous les vrais Libéraux qui ont construit notre État de droit et notre démocratie.

Dernière démonstration de ce détestable état d'esprit, vous avez, dans votre blog, remis en cause le mouvement de boycott initié par les enseignants d'un Cycle d'Orientation. C'est votre droit, même si les arguments avancés et les attaques aussi frontales qu'injustes envers ma collègue Salima Moyard, masquent à l'évidence votre malaise face à une action irréprochable, puisque consistant à travailler plus que ce qui était demandé, non pour défendre des « privilèges », mais bien pour contrer les incessantes attaques envers l'école et la fonction publique que vous menez.

La règle du jeu explicite de ces blogs veut que les commentateurs se doivent d'être courtois, concis et qu'ils signent leur intervention. Or il se trouve que, alors que vous n'avez manifestement pas hésité à publier un commentaire aussi anonyme qu'agressif, vous avez refusé de publier le mien et celui de ma collègue Salima Moyard qui respectaient pourtant scrupuleusement les règles énoncées plus haut.

Mesquinerie ? Sans doute ! Lâcheté ? Vraisemblablement ! Peur du débat ? Assurément ! Étrange, pour qui se voudrait être un élu du peuple, mais somme toute assez attendu de la part d'un membre d'un parti dont la dérive populiste et démocratophobe inquiète même certains de ses membres historiques, parmi lesquels son ancien président.

Pour nourrir le débat et permettre au lecteur de se forger une opinion, on trouvera ci-dessous une reconstitution de mon commentaire (je n'ai malheureusement pas gardé une copie exacte de l'original...) et de celui de Salima Moyard. Commentaires auxquels j'aurai le plaisir d'ajouter le votre, si toutefois vous daignez entrer dans le débat.

Veuillez recevoir, Monsieur le député, mes militantes salutations.

 

Mon commentaire censuré par vos soins

Votre texte attaque frontalement notre décision de boycotter la fête de l'Escalade et tente maladroitement de retourner l'adjectif « sournois » contre ma collègue Salima Moyard, dont vous semblez découvrir qu'elle cumule une vie professionnelle d'enseignante et une vie politique de députée.

Plus que jamais pourtant, j'assume l'emploi de cet adjectif :

Sournois, votre parti l'a été lorsqu'il a dévoyé le projet de budget 2013, en empêchant les autres groupes politiques de se prononcer dessus,

Sournois également, lorsque vous avez émis vos propositions ultra-libérales par voie de presse, hors de tout débat démocratique,

Sournois plus encore, lorsque vous suggérez que l'État renfloue trop sa caisse de pension, alors qu'il demande surtout aux générations futures de rembourser les parts patronales que l'État a économisées sur les générations passées.

Sournois, enfin, lorsque vous vous livrez à un odieux chantage sur une prise de position politique, que seules vos convictions politiques devraient dicter.

Je pourrais continuer, mais doutant de votre courage à publier ce commentaire, je me contente de renvoyer les hypothétiques lecteurs à une note plus complète à ce sujet : http://bit.ly/SXnbWO

Avec mes cordiales salutations militantes.

Julien Nicolet

 

Le commentaire de Salima Moyard, que vous avez également censuré.

Monsieur Cuendet,

Heureusement que vous n’êtes pas enseignant car vous semblez accorder bien plus d’importance au fait que les élèves puissent faire la fête une après-midi que de péjorer durablement et considérablement les conditions de travail de ces mêmes élèves.

Vous vous étonnez que soient lus par d’autres vos propositions et autres remèdes faciles à la dette cantonale que votre propre parti a créée, en étant systématiquement majoritaire au gouvernement et au parlement à deux exceptions près dans l’histoire récente ? Vous devriez plutôt vous en réjouir.

Rétablissons ensuite une contre-vérité : vous confondez porte-parole et assemblée décisionnaire. Les trois signataires dont je fais partie sont des membres du bureau de l’association des maîtres du CO Drize qui ont rédigé le communiqué de presse annonçant une position, elle, prise démocratiquement par l’assemblée des maîtres. J’ai, contrairement à d’autres, l’humilité de me placer là où est ma fonction, celle de représentation et non de dictatrice.

Que dire ensuite de votre conception de la démocratie, celle où la majorité de droite se croit toute-puissante et où les employés des services publics sont privés du droit d’expression, sinon que la satisfaction de ne vous savoir « que » député ? Et si le fait de servir par son travail la population (car les services publics, c’est bien cela, au cas où vous l’auriez oublié) devait ôter toute liberté de pensée, de parole et de critique, comment se fait-il que votre collègue de parti, Pierre Weiss, n’ait pas déjà renoncé à sa fonction à l’Université, à son salaire ou à sa caisse de pension provenant d’un Etat à vous entendre si mal gouverné, dispendieux et incapable ?

Votre parti tente par ailleurs constamment de corréler le budget 2013 au vote populaire du 3 mars prochain sur la fusion des caisses de pension CIA et CEH pour tenter au passage de couper encore dans les suppressions de prestations à la population. Ce lien est excessif, mais je vais vous faire une confidence : j’aurais voté la loi si les principaux amendements socialistes avaient été votés, ce qui n’a pas été le cas. Cette loi est mauvaise et j’ai voté contre pour indiquer ma conviction profonde. Je voterai par contre oui le 3 mars car je considère que cette loi, même mauvaise, est moins pire que le risque de liquidation et cette position est aussi celle de la FAMCO que je préside ainsi que du Cartel intersyndical de la fonction publique, notre faîtière. Vous pouvez bien dès lors gesticuler et menacer de ne pas voter pour la loi le 3 mars ; vous ne bernez personne car vous ne voulez pas non plus, et cela sera certainement notre seul point commun, la mise en liquidation des caisses de pension publiques car ce serait, outre la risée de la Suisse, une catastrophe pour les finances du canton avec les prestations légales de libre-passage à verser par l’Etat.

Pour terminer, revenons aux élèves qui sont chaque jour l’objet de toute mon action professionnelle. Priver nos élèves d’une séance de cinéma ou d’un moment de patinoire et - quelle horreur, à vous entendre ! - leur donner nos cours, seul métier qui est en définitive le nôtre ; voilà « le châtiment » dont vous parlez, alors que les seules choses « lamentables » dans cette affaire sont bien les propositions que vous et votre parti, majoritaire au parlement, avez faites avec 2 élèves de plus par classe et surtout le non-remplacement d’un fonctionnaire sur 2 partant à la retraite. Alors un enseignant pour une classe de 48 élèves au lieu de 24 ? C’est pour dénoncer cette attaque en règle contre les conditions de formation des élèves que les enseignants du CO Drize ont, modestement, à leur manière et sans nuire à l’enseignement de leurs élèves, décidé cette action symbolique. Si par contre vous pensez qu’il est possible d’enseigner avec qualité à 48 élèves en même temps, je vous invite à venir tenter l’expérience un matin au CO Drize… Vous serez ainsi confrontés aux réalités que vous semblez si mal connaître.

21/11/2012

Les maîtres du CO Drize décident de boycotter l'Escalade

genève,budget,école,boycott,escalade

Longtemps après la fin des cours, les maîtres du Cycle de Drize se demandaient, mardi soir, quelle action leur permettrait au mieux de compléter les mouvements de manifestation du 29 novembre et de grève du 6 décembre.

En effet, face à la violence sournoise des attaques budgétaires du PLR et de ses alliés, la réaction de la fonction publique se devait d'aller au-delà de la manifestation et de la grève, malheureusement devenues habituelles en décembre...

Comment manifester notre écoeurement face aux sinistres manoeuvres visant à assécher l'État ? Comment montrer aux citoyens que les propositions du PLR sont en grave contradiction avec les engagements de leurs Conseillers d'État de plafonner le nombre d'élèves par classe et de respecter les termes de l'accord entre l'État et ses employés ? Comment le faire sans nuire à notre enseignement et à nos élèves ? Comment le faire de façon visible et différente ?

Après avoir envisagé et évalué plusieurs idées d'actions, l'AMDRIZE (Association des Maîtres de Drize) s'est mise d'accord sur un boycott des festivités de l'Escalade. Concrètement, il s'agit de refuser de participer à la demi-journée d'activités récréatives organisée par la direction, et de dispenser nos cours normalement. Il s'agit également de refuser de venir surveiller bénévolement - comme nous le faisons depuis de nombreuses années -  la disco du soir.

Évidemment, l'association entend faire connaître son action et a publié le communiqué de presse suivant:

FACE AUX PROVOCATIONS BUDGÉTAIRES, LES MAÎTRES DÉCIDENT LE BOYCOTT DES FESTIVITÉS DE L'ESCALADE AU CO DRIZE

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

 

Carouge, le 21 novembre 2012

 

Dans la nuit du 11 au 12 décembre 1602, les troupes du duc de Savoie, assistées de mercenaires félons, attaquaient sournoisement la République de Genève.

410 ans plus tard, les troupes PLR, assistées de quelques soudards opportunistes, s'en prennent à Genève en tentant d'asphyxier la République par des propositions budgétaires qui sont autant d'attaques envers les Genevois, avant tout les plus modestes d'entre eux. La manoeuvre est en tout cas aussi sournoise que celle du comte d'Albigny, puisque la Commission des finances a été littéralement dessaisie du projet de budget, alors que le PLR et l'UDC publiaient leurs desseins par voie de presse, sans oser prendre le risque du débat démocratique.

Comme en 1602, seules la vaillance et l'union nous permettront de mettre fin aux funestes espoirs des sinistres fossoyeurs de notre fonction publique. Et c'est l'AMDRIZE qui se propose de jouer les Isaac Mercier en faisant tomber la herse ce qui, l'espère-t-on, donnera le signal de la révolte.

L'heure n'est donc plus aux réjouissances et c'est pour cela que l'AMDRIZE a décidé de demander à tous les enseignants de refuser de participer aux activités festives organisées dans le cadre de la commémoration de l'Escalade, le 11 décembre prochain. Concrètement, les enseignants n'accompagneront pas les élèves dans les activités prévues par la direction de l'école, mais donneront leurs cours selon l'horaire habituel. Le soir, ils refuseront de participer à la surveillance de la disco.

Par ce geste fort, qui s'ajoutera évidemment à sa participation massive aux mouvements de manifestation et de grève des 29 novembre et 6 décembre, l'AMDRIZE entend manifester son profond écoeurement face aux attaques budgétaires et verbales dont est perpétuellement victime la fonction publique et, à travers elle, la population du canton.

Elle tient à rappeler que les partis concernés, largement représentés au Conseil d'État, entendent revenir sur des accords fondamentaux pour la qualité de l'enseignement, à commencer par le plafonnement du nombre d'élèves par classe, partie intégrante de la loi sur le Cycle d'Orientation largement votée en 2009,et maintenant remis en cause par les propositions du PLR et de l'UDC.

Par cette action, elle entend également limiter les nuisances pédagogiques causées par les actions syndicales, en proposant précisément de dispenser des heures d'enseignement qui avaient été supprimées pour cause d'activités annexes. Elle espère aussi porter le débat auprès de ceux qui font et feront notre République, à savoir les familles de nos élèves, qui ne manqueront pas de commenter cette action et d'en apprécier les raisons.

Nous sommes évidemment à votre disposition pour tout complément d'information.

 

Contacts:

Julien NICOLET, membre du bureau

Gabriel MOTA, membre du bureau

Salima MOYARD, membre du bureau


 


05/07/2012

À échanger: élèves contre bosons

Présents partout mais de masse quasi-nulle, presque indétectables, mais bénéficiant de crédits publics somptuaires, les bosons de Higgs doivent faire rêver Charles BEER et François LONGCHAMP qui ont, pour devoir de vacances, la lourde tâche de trouver une solution pour caser des élèves de l'ECG dont les particularités sont à peu près inverses de celles de la désormais célèbre particule.

Rappelons que, à la faveur de réformes pédagogiques ambitieuses et de la croissance de la population, le nombre d'élèves du post-obligatoire, en particulier celui de l'ECG (École de Culture Générale) croît vertigineusement depuis une décennie. Nulle surprise donc, l'afflux d'élèves était prévisible...

Et pourtant, rien - ou presque - n'a été fait au cours des dernières années pour accueillir décemment ces nouveaux étudiants. Certes, on a "ouvert" une troisième ECG, qui, depuis 4 ans occupe deux pavillons provisoires distants de 3 kilomètres et squatte des salles de gym et de cours dans 3 bâtiments voisins... Des conditions tellement pénibles que les maîtres des lieux ont déposé jeudi dernier une pétition réclamant légitimement de travailler sur un site unique.

C'est dans ce contexte que le DIP a proposé aussi abruptement que sibyllinement de tranvaser 750 élèves dUbu-Jarry.pngu PO dans deux cycles d'orientation (Drize et Seymaz) dès la rentrée 2013. Sibyllinement, car, aucune modalité pratique n'ayant été annoncée, ni même imaginée, les acteurs malgré eux de ce drame à la Jarry se voient contraints d'imaginer la cohabitation d'enfants de 12 ans avec des adultes de plus de 20 ans, dans les préaux (quel règlement appliquer ?), dans les couloirs (qui aura droit à la casquette ?), à la cafétéria (pause café ou cigarette ?) et dans les vestiaires de gym (...?).

A l'évidence, en prenant cette décision, le chef du DIP s'est pris pour un directeur de la logistique d'une boîte d'import-export, qui bourre ses hangars sans considération pour la marchandise entassée. Las, les élèves n'étant pas des briques de Tetris, il aurait sans doute fallu songer aux conséquences pédagogiques désastreuses d'un pareil choix.

Car, au-delà de l'improvoyance des différents acteurs, il apparaît de plus en plus clair que c'est surtout le refus de dépenser le moindre sou qui est à la base des sureffectifs au post-obligatoire. Il faut donc rappeler que, si c'est bien le DIP qui formule les demandes, c'est le DU (ex-DCTI) qui les fait voter et les met en oeuvre. Et là, Mark MULLER semble s'être distingué par son refus de toute opération un tant soit peu coûteuse, au point même de ne pas desserrer les cordons de la bourse pour rénover des bâtiments dont les plafonds et les corniches menacent de s'effondrer sur leurs occupants, comme le révèle Le Courrier d'aujourd'hui.

Aujourd'hui, face à l'uIMG_20120704_130036.jpgrgence, le Conseil d'État répond qu'il n'a plus le temps de construire. Pourtant, les associations de maîtres ont présenté nombre de terrains et de bâtiments qui permettraient, s'y l'on acceptait d'investir et d'utiliser des procédures administratives d'urgence, de construire rapidement des pavillons pour une nouvelle ECG.

Le succès inouï de la pétition remise hier aux autorités (5128 signatures récoltées en 3 semaines et demi), et son soutien unitaire (fait rare !) de toutes les associations de parents d'élèves et de toutes les associations faîtières d'enseignants témoigne du refus massif d'une solution qui, sans résoudre les problèmes du PO, amplifierait ceux connus par le CO. Ce soutien doit conforter le DIP dans sa volonté maintes fois affichée, mais rarement exaucée, de construire de nouveaux bâtiments scolaires et mettre le nouveau maître du DU devant ses responsabilités. La population et le corps politique exigent des solutions rapides et durables, quitte à ce que l'une des républiques les plus riches du monde doive dépenser quelques millions.

15:47 Publié dans Ecole | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : co, po, drize, seymaz, école, beer, longchamp |  Facebook | |