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02/11/2016

Bientôt une ligne aérienne entre Cointrin et Annemasse ?

Aujourd'hui, pour la première fois, un avion de ligne a effectué la liaison entre Altenrhein (Saint-Gall) et Friedrichshafen (Allemagne), deux bourgades distantes d'une vingtaine de kilomètres.

Cette ligne paraît au premier abord complètement absurde. En effet, compte tenu du temps nécessaire pour les formalités aéroportuaire, il est bien plus rapide de parcourir le trajet en voiture ou en train.

Cette nouvelle est en fait assez révélaCapture du 2016-11-02 14-01-41.pngtrice de l'écart gigantesque entre les intentions affichées par les autorités et leurs décisions effectives :

- La compagnie en question semble trouver terriblement fun de communiquer sur sa nouvelle ligne, la plus courte du monde et compte bien engranger des clients sur cet absurde argument. La plupart des politiciens agissant exactement de la même manière, ils ne sauraient lui en tenir grief.

- L'Office fédéral de l'aviation civile n'a aucune compétence de décision, lorsqu'il s'agit de déterminer l'utilité sociale, économique et écologique d'une ligne aérienne. Il doit juste s'assurer que les conditions de sécurité sont remplies. De fait, aucun organisme ne semble pouvoir empêcher une compagnie de proposer des prestations dépourvues de sens...

- Les aéroports, loin de remplir leur mission de service public sont devenus des acteurs économiques dont le seul but est de faire augmenter le trafic et les recettes. Il est piquant de constater que la compagnie en question, toute autrichienne qu'elle soit, est un fait une création de l'aéroport d'Altenrhein, dans son rêve dément de tailler des croupières à Kloten. Il est en ce sens important de signer l'initiative en faveur d'un pilotage démocratique de Cointrin.

- Les efforts de diminution des émissions de CO2 sont sabrés en permanence par les compagnies aériennes qui, en tant qu'acteurs internationaux, ne sont pas soumises aux quotas... mais dont la pollution affecte pourtant bien le climat. Rappelons au passage que, sur les vols internationaux, le kérosène n'est pas taxé, ce qui constitue une scandaleuse distorsion de concurrence avec les autres moyens de transport. Rappelons également que c'est surtout le décollage qui consomme énormément de kérosène et que, dans le cas de notre vol, chaque passager gaspille entre 10 et 20 litres de kérosène... pour parcourir 20 kilomètres !

Alors que faire ? On entrevoit deux solutions:

- Proposer le lancement d'une ligne Annemasse-Cointrin, qui permettrait aux pendulaires fortunés d'éviter les embouteillages et de devancer le CEVA. Vu l'ambiance générale, il y a fort à parier que ce serait un succès commercial !

- Exiger de nos autorités qu'elles accordent enfin leur discours et leurs actes. Pour ce faire, on peut commencer par signer l'initiative sur le pilotage de Cointrin et voter OUI à l'initiative sur la sortie programmée du nucléaire.

08/10/2014

Ecopop et l'écotartufe de l'Allondon

Le comité de soutien d'"Ecopop" semble constitué d'individus qui n'ont rien d'autre en commun que leur envie désespérée de réacquérir un peu de leur notoriété passée en s'acoquinant avec un texte dont l'enduit vert ne masque guère les relents brunasses.

Du côté de Genève, on y trouve l'inénarrable Philippe Roch, qui confirme par sa présence là sa capacité à transformer n'importe quoi en promotion de sa propre personne agrémentée de vagues conceptions écolo-new age.

Monsieur est effectivement coutumier du fait. Alors même qu'il n'hésitait pas à démissionner de la Constituante, le dur labeur dans l'ombre de 79 pairs n'étant guère sa tasse de thé, il tentait de transformer ce pitoyable épisode en geste chevaleresque d'un homme dépité en quête d'absolu.

Car, quand il s'agit de spiritualité, il n'y va pas par quatre chemins pour convaincre le péquin de ses aspirations métaphysiques. On le trouve à la fois messie ressuscité llorsqu'il laisse la presse people tartiner complaisamment sur ses soucis de santé et Prométhée enchaîné lorsqu'il prétend souhaiter se faire dévorer par un ours au 19:30 de la RTS

Si le gloubi-boulga mystique en toc est une constante de ses discours*, ses convictions environnementalistes semblent elles très élastiques. En 2010, lorsqu'un collectif de producteurs de légumes locaux - j'en faisais partie - le contactait pour un éventuel soutien au référendum contre le déclassement des Cherpines, il répondait "ne pas avoir pas le temps" de se documenter pour répondre à la sollicitation. Étonnamment, quelques semaines plus tard, il avait tout de même trouvé une case dans son planning pour soutenir les milieux immobiliers dans le bétonnage des terres agricoles de la Plaine de l'Aire.

Il faut dire qu'en matière d'usage de terres agricoles, la nécessité de tempérance ne semble guère l'effleurer. Résidant, sans l'exploiter, sur un domaine de 10'000m2 de terres agricoles situé dans le vallon de l'Allondon, la question de la pression humaine sur l'environnement l'intéresse manifestement surtout lorsqu'il s'agit des autres.

Dans ce sens, son soutien à Ecopop, qui prétend limiter la quantité des résidents en Suisse pour s'économiser une réflexion sur la prédation environnementale de vous et moi (et lui, en particulier !) ne doit pas être compris comme une déchéance due à l'âge, mais participe d'un système de valeurs somme toute assez cohérent. On connaissait déjà l'aphorisme "Après moi le déluge !", notre écotartufe pourrait proposer "Autour de Moi, le déluge !".

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* On essaiera de parcourir sans s'esclaffer la liste d'aphorismes auto-collectés sur son site personnel - et tous signé de son auguste nom ! - dont la mièvrerie surpasse celle de son homonyme québécois

14/05/2014

Un océan de colza... pour nourrir nos voitures !

En déplacement dans la Beauce, je m'attendais à voir des milliers d'hectares de céréales. J'y ai trouvé des étendues jaunes presque à l'infini... comme chez nous où, depuis quelques années, les surfaces consacrées à la culture du colza ont fortement augmenté.

Colza, Chancy, Genève, SuisseLes photographes et les promeneurs s'en réjouissent, mais s'interrogent. Les Européens seraient-ils pris d'une frénésie d'huile à salade ?

La réalité est un peu plus inquiétante, puisqu'un rapport de l'IFPEN (ex-Institut Français du pétrole), nous révèle que près des deux tiers des surfaces de colza en Europe sont utilisées pour la production d'un agrocarburant mal nommé "biodiesel".

En croisant cette information avec les données de la FAO, on réalise rapidement que plus de 5 millions d'hectares de terres européennes sont consacrées au colza-carburant, soit environ 5 fois la surface agricole utile de la Suisse !

Et pourtant, cet usage massif du sol européen ne permet de fournir que 5% du diesel (à l'exclusion donc des autres carburants et combustibles) consommé en Europe.

On se trouve donc face à un exemple représentatif des désastres causés par une approche purement technique des problèmes environnementaux:


- Le pétrole est non renouvelable ?

Fabriquons du pétrole renouvelable !

- Ces agrocarburants nécessitent des intrants chimiques polluants entrent en concurrence avec l'alimentation ?

Développons des filières innovantes "de deuxième génération" basées sur les déchets agricoles ou des plantes robustes poussant là où il est impossible de cultiver des aliments.

Mais, loin de ces réflexions, les acteurs économiques ont vite réalisé qu'il était plus rentable de nourrir les réservoirs que les estomacs et qu'il est bien plus aisé et profitable de cultiver du colza sur des terres riches que du jatropha dans le désert. La "deuxième génération" se rencontre donc bien plus souvent dans des rapports ou des conférences que dans nos réservoirs !

En attendant, le cours du maïs (utilisé massivement aux États-Unis pour produire de l'éthanol-carburant) explose et affame les Mexicains les plus démunis, et une marée jaune inonde chaque année les terres européennes, entamant progressivement nos capacités de produire notre propre alimentation et justifiant l'importation de denrées agricoles provenant d'autres continents...

25/01/2014

Gastrovaud et le PLR, nouveaux apôtres de la malbouffe ?

Grand moment d'hypocrisie gatronomique samedi soir sur Forum, lorsque Gilles Meystre, président de Gastrovaud et conseiller communal lausannois PLR est venu s'attaquer à l'initiative sur l'alimentation que les Verts entendent lancer ce printemps.

1402-Ballamanchevaldossier.jpgCar, comme il semblait trop indécent que la tête pensante des marmitons vaudois s'indigne d'un texte qui n'a pour but que de protéger la qualité des aliments importés et d'assurer que leurs conditions de production soient analogues à celles rencontrées en Suisse, notre chef-taulier n'a pu broder que sur trois arguments... pour finir par s'y empêtrer complètement...

- L'initiative diminuerait l'offre et imposerait des normes non désirées par les Suisses. Certes, certains poulets industriels et haricots récoltés par des esclaves disparaîtraient des commerces. S'en désoler au nom du libre choix, c'est non seulement apporter son soutien implicite à ces pratiques, mais c'est aussi dénier à l'État son rôle de contrôleur du commerce. On se réjouit d'apprendre que, au nom de cette même liberté de choix, nos idéologues culinairo-PLR demanderont bientôt la réintroduction des isolations à l'amiante ou l'abolition de l'expertise périodique des automobiles...

- L'initiative renchérirait le coût de l'alimentation: Se lançant dans une périlleuse défense des sous-produits low-cost peu compatible avec la noble image de sa profession, il a surtout oublié de mentionner que si l'on veut se nourrir à bon marché, il faut surtout cuisiner soi-même de bons produits, plutôt que d'aller ingurgiter les indigestes plats du jour hors de prix de certains de ses collègues. Il a également oublié de rappeler que, contrairement aux idées reçues, l'alimentation n'a jamais pesé aussi peu dans le budget des ménages (6,8% en 2011) et que, lorsque l'on aura supprimé des étals les côtelettes et les bananes de la honte, l'éventuel surcoût alimentaire pourra facilement être absorbé par une diminution de notre consommation de produits carnés, par exemple. Non, ce qui fait exploser nos budgets, par les temps qui courent, ce sont nos assurances et nos logements, sujets sur lesquels le PLR n'est guère disert, si ce n'est pour soutenir ceux qui tiennent le couteau par le manche...

- Il y a déjà assez d'initiatives lancées sur la question alimentaire: Voilà, voilà... Nous avons donc affaire à un homme politique qui regrette que certains débats aient lieu, au prétexte que d'autres se tiennent également. Deux hypothèses: Soit il s'agit d'une étrange catégorie de politicien pour qui l'échange d'idées et la consultation populaire ne servent à rien dans la conduite d'une démocratie, soit il lui est soudainement apparu, que face à cette pertinente question, il se retrouvait coincé entre ses vraies valeurs et celles que sa profession est censée défendre... Et ce n'est pas à son honneur !

15/01/2014

Surdensité: Ne faisons pas mentir les chiffres !

Depuis quelques jours, d'inquiétantes affiches nous invitent à refuser la loi sur les zones de développement, au prétexte que Genève serait plus densément peuplée que d'autres villes suisses ou étrangères.

Les Genevois sont-ils plus entassés que les Zurichois ou même les Hong-Kongais ? Évidemment non, puisqu'il s'agit d'une manipulation statistique franchement malhonnête.

En effet, il se trouve que la commune de Genève est, suite aux aléas de l'histoire, particulièrement petite et que l'espace urbain déborde largement ses limites. Elle est en effedensités.pngt 5,5 fois plus petite que la commune de Zurich et même 2,6 fois plus petite que celle de Lausanne.

Les densités décroissant rapidement lorsqu'on s'éloigne du centre, il est dès lors évident que comparer la commune de Genève à d'autres communes de superficies singulièrement différentes n'a aucune valeur scientifique.

Ainsi, si l'on voulait sérieusement comparer Genève à Zurich, il faudrait prendre en compte dans le calcul les communes adjacentes à la ville. Si l'on inclut les communes contiguës et contiguës de contiguës* , on obtient une superficie comparable et une densité... légèrement plus faible ! (4209 hab/km2 contre 4333)

La manipulation est encore moins honnête en ce qui concerne les métropoles étrangères, puisqu'on habilement choisi des villes qui évoquent, par leurs gratte-ciel, de fortes densités, mais surtout dont la commune s'étend sur une superficie considérable. Londres est ainsi près de 100 fois plus étendue que Genève ! (New York 76, Hong Kong 70).

Ce sont d'ailleurs des communes qui se distinguent par un bâti très peu dense, à l'exception de leur quartier d'affaire, comme en témoignent les vues "Google street" suivantes: New York, Londres, Hong Kong. On pourrait leur opposer la ville de Paris, qui compte 21'000 hab/km2, soit le double de Genève... ou le Grand Genève, de superficie comparable à Londres, mais de densité 11 fois plus faible...

Cette erreur pourrait passer pour de l'inadvertance ou de la naïveté si la loi concernait principalement la commune de Genève. Or, comme les référendaires le reconnaissent par les exemples qu'ils présentent, les quartiers susceptibles d'être densifiés se trouvent presque tous dans les communes de la couronne suburbaine.

Alors, que faut-il faire de ce référendum qui reproche par ailleurs à raison l'emballement de la machine à croissance que les autorités continuent à alimenter ? Que faut-il faire de cette loi qui, en s'attaquant aux zones de développement, évite de poser la question qui fâche, à savoir celle de la densification de la zone villa ?

A titre personnel, je voterai la loi, sans grande conviction, persuadé que la voie de la densification est une des solutions aux pressions sur le logement évitant le grignotage des terres agricoles, mais regrettant que, une fois de plus, aucune politique raisonnable de développement économique n'accompagne ce qui est présenté comme une croissance inéluctable...

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* à savoir Pregny-Chambésy, Le Gd-Saconnex, Vernier, Lancy, Carouge, Veyrier, Chêne-Bougeries, Cologny, Bellevue, Meyrin, Onex, Plan-les-Ouates, Troinex, Thônex, Chêne-Bourg, Vandoeuvres, Collonges-Bellerive -  Satigny et Bernex ont été écartées vu leur très grande zone non bâtie.

23/12/2013

Amère lettre ouverte à René Longet à propos de cohérence et de bons voeux

Cher René,

J'ai eu le douteux plaisir de recevoir tes bons vœux, hier, par courrier électronique. Plaisir, sans doute, car je garde un heureux souvenir de ton action politique, tant à la mairie d'Onex qu'à la tête du PS.

Douteux, car, en fait de vœux, il s'agissait surtout de faire la promotion de ton dernier ouvrage opportunément titré "Les bons choix", le document joint expliquant doctement qu'il est dédié "à toutes celles et ceux qui se battent pour une nouvelle donne agro-alimentaire"...

Or, puisqu'il s'agit de "bons choix", ce texte m'a brutalement renvoyé à la soirée du 23 février 2011, une des pires de ma vie militante. C'était l'AG du PS genevois, tu le présidais alors, et j'en étais encore membre. Il s'agissait de prendre position sur le déclassement des Cherpines. Un collectif de paysans alternatifs inexpérimentés en politique avait récolté près de 12'000 signatures qui s'ajoutaient aux 4'000 obtenues par les Verts et différents partis de gauche pour refuser l'urbanisation d'une plaine alluviale consacrée à la culture maraîchère. Il fallait donc que le PS donne son mot d'ordre en vue des votations.

Un débat avait été organisé, je défendais les paysans, Françoise Jolliat défendait la commune de Confignon. Comme souvent, l'aile productivisto-syndicalisto-asloquiste avait été plus rassembleuse que l'aile environnementaliste et l'attitude très hostile, voire franchement incorrecte de l'assistance, avait immédiatement scellé le sort de l'affaire, le reste du débat n'étant, pour les quelques défenseurs de l'agriculture de proximité, qu'un long pensum.

Et, surprise, à l'issue du débat, tu annonces que, vu le caractère exceptionnel de l'objet, tu entends te départir de ta neutralité présidentielle, et donner ton point de vue juste avant le vote. Sans illusion sur l'impact d'une prise de position de ta part favorable aux maraîchers, j'ai intérieurement loué ton courage... jusqu'à ce que tu expliques doctement que, compte tenu des circonstances (je ne me rappelle plus lesquelles te semblaient particulièrement éminentes), il fallait sacrifier ses principes et renoncer à défendre les paysans qui militaient pour l'accès à la terre.

La suite est connue, le PS a fait une campagne globalement alignée sur la CGI et le PLR (Les slogans affichés étant quasiment les mêmes) et, le 15 mai, tu répondais tranquillement à la presse que la position du PS, seul parti de gauche favorable au déclassement, avait été déterminante dans la courte victoire des bétonneurs, position censée rendre le parti incontournable dans les prises de décisions sur les modalités de cette urbanisation.

Chimère, évidemment, puisque, comme on le sait, le PS est resté à sa place, marginale, dans les processus qui, une fois les oppositions des riverains écartées à grands frais, vont détruire les terres agricoles de la plaine de l'Aire. Chimère, évidemment, lorsque l'on se rend compte que, même sur le dossier PAV, le Conseil d'État semble disposé à s'asseoir sur les engagements pris avec les milieux de défense des locataires...

Ce qui, en revanche, n'est pas chimérique, c'est l'avenir de la coopérative "Le Jardin des Charrotons", qui, 30 mois après le vote, n'a toujours pas trouvé de solution de relogement, malgré la résolution 611, présentée alors par le PS comme le meilleur outil pour pérenniser les activités agricoles des entreprises de la place. Il va sans dire que l'État ne lui a fait aucune proposition de relocalisation, ni le PS d'ailleurs, qui, manifestement, a de la peine à soutenir des associations dont le financement (et le salaire des cinq employés) repose sur la vente de ses produits et non sur les subventions votées par ses élus.

Alors oui, je suis amer, et depuis que je l'ai reçu, ton courriel me fait bouillir. Car, en matière de "bons choix", la plus élémentaire des courtoisies aurait été de ne me pas l'adresser. Mais, sur ce point également, je suppose que les impératifs de la realpolitik empêchent de jeter un œil à la liste des destinataires plus ou moins anonymes de tes vœux.

Il y a des jours où je regrette d'avoir quitté un parti où je garde de solides amitiés envers de remarquables personnes. Il y a des jours où je me rappelle pourquoi je l'ai fait et pourquoi j'ai eu raison de le faire.

Sur ce, accepte, ainsi que l'ensemble des lecteurs de cette note, mes vœux pour une excellente année 2014, qui, je l'espère, satisfera tous les militants et débatteurs qui se démènent, parfois dans une confusion aussi joyeuse qu'inaudible, pour améliorer notre république... et le monde.

Julien

01/04/2013

Tarifs TPG: ... et un coup de théâtre de plus !

L'histoire prend un cours parfois étonnant. C'est ainsi que les trolleybus BERNA 1965 vendus en 1991 par les TPG aux transports publics de Valparaíso (Chili) s'apprêtent à revenir circuler sur nos lignes... et ce malgré la décision judiciaire du 28 mars.

602_dock.jpgDe source sûre, mais encore confidentielle, nous pouvons confirmer qu'un important accord entre la société Trolebuses de Chile et les TPG a été signé mercredi dernier. D'un côté, une entreprise chilienne désireuse d'investir les importants dividendes acquis grâce à la hausse des cours du cuivre dans du matériel roulant moderne et spacieux  et, d'un autre, une régie genevoise qui se croyait, jusqu'à la décision de justice de jeudi dernier, contrainte de trouver de l'argent suite à la votations du 3 mars.

Depuis un certain temps, les Chiliens lorgnaient  sur les trolleys à double-articulation utilisés depuis 2004 sur la ligne 10 et se désolaient à l'idée 800px-TPG721.jpgque l'entreprise HESS ne compte plus réaliser de prototypes supplémentaires de ce modèle hyper-spacieux, utilisé uniquement par les TPG. C'est pourquoi, dès le 4 mars, ils contactaient notre régie pour lui proposer le rachat de ses 21 véhicules bi-articulés. C'est alors qu'a germé l'idée d'un échange impliquant le retour à Genève des vénérables Berna 1965, qui circuleront dès septembre sur les lignes 2, 10 et 19, qui auraient dû être supprimées sans ce miraculeux arrangement.

Le contrat ayant été signé 7 heures avant l'annulation du scrutin, une dédite n'est plus envisageable, ce d'autant plus que, rappelle-t-on du côté du DIME, il n'y a aucune garantie que "les citoyens votent mieux lors de la seconde votation."

Quoi qu'il en soit, c'est donc le soulagement du côté de la régie, qui peut donc assurer un service équivalent - à quelques minutes près -  pour des tarifs moins élevés. Soulagement de courte durée, car les 18 millions mis dans la balance par les Chiliens  (099 avenue argentina 96.jpgLes Berna seront en fait offerts), ne permettront, si le oui est confirmé, de tenir que 9 mois. C'est pourquoi les TPG sont toujours en quête d'échanges de ce type pour assurer leur équilibre financier à long terme.

Soulagement aussi de pouvoir maintenir, du matériel moderne sur la ligne 3, car il aurait été inconvenant que les résidents de Champel, défavorables au texte, "dussent circuler dans des véhicules vétustes", alors que les Verniolans et les Onésiens sont "de toute façon plus habitués à l'inconfort", à en croire un cadre du DIME.

Du côté de l'AVIVO, les réactions sont également très favorables, puisque le représentant contacté se rappelle avec nostalgie ces véhicules "bien mieux tenus que maintenant" et leur "boutons d'ouverture des portes en bakélite bien plus visibles que les LED de science-fiction actuels". Pas de crainte d'inconfort non plus, les marches à gravir et les sièges en plastique simili-bois n'ayant "jamais posé de problèsalon carro principal-600 1 048.jpgme à l'époque". On se réjouit même à demi-mot de faire découvrir le matériel d'antan aux "enfants gâtés de 18-25 ans qui se sont plaints suite au vote et qui n'imaginent pas comment comment était la vie dans le temps".

Il est à noter que pour permettre d'ajouter les kilomètres transatlantiques aux totaux du contrat de prestation, l'échange se fera sur sol chilien et que les horaires TPG des lignes 2, 3, 7, 10 et 19 seront légèrement modifiés en juillet et août. C'est donc l'horaire "jours feriés petites vacances" qui se sera en vigueur les "jours ouvrables grandes vacances" alors que "les jours feriés grandes vacances", ce sera l'horaire "dimanche de pâques, ascension et avant-veille du lundi de pentecôte" qui sera appliqué.

Un BERNA 1965 repeint en vert, ancienne et future propriété des TPG, circule dans les rues de Valparaíso. A 1'19, on remarque le panneau latéral "Crêts-de-Champel".


Toutes les photos et la vidéo sont tirées de l'extaordinaire blog http://trolleybusvalparaiso.blogspot.ch/ consacré aux Trolleybus de Valparaíso et du monde entier

20/02/2013

M13, Hercule et la Grande-Ourse

M13.jpgJusqu'à récemment, M13 ne m'évoquait qu'un amas stellaire de la constellation d'Hercule, treizième objet céleste remarquable catalogué par l'astronome Messier au XVIIIe siècle.

L'homonymie avec le malheureux plantigrade insomniaque abattu ce mercredi m'a fait réaliser que si je préfère l'astronomie à la zoologie, c'est que peut-être les astres resteront à jamais hors de portée des sales pattes de certains humains et qu'ils seront toujours des objets de pure contemplation...

Misanthropie ? Refus d'accepter les dangers objectifs que faisait courir le trop sociable ursidé de Poschiavo ? Admettons... Mais apprendre que l'unique chef d'accusation réglant le sort de cet animal était son manque de crainte de l'homme est de nature à plomber le moral du plus joyeux des drilles... Le but de l'humanité est-il vraiment uniquement de dominer et effrayer ?

Car s'il fallait éliminer tous ceux qui non seulement font "courir des risques" à l'humanité, mais surtout tuent au quotidien, par la famine, la pollution, les guerres et les injustices qu'ils génèrent, je proposerais volontiers une liste à la Commission Intercantonale pour la Gestion des Grands Prédateurs. Mais alors, il lui faudrait embaucher du personnel, car la tâche serait... herculéenne.

Le grand astrophysicien et militant écologiste Hubert Reeves nous apprenait en 1984 que, sans aucun mysticisme, nous sommes tous des "poussières d'étoiles". Puissent les molécules de M13 se retrouver un jour dans la constellation d'Hercule... ou de la Grande-Ourse.

21:44 Publié dans Ecologie, Suisse | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |