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Finances

  • Lettre ouverte à la fondation Partage à propos de RFFA

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    Lettre ouverte à la Fondation Partage

    Madame, Monsieur,


    J'ai appris par la presse que votre fondation avait choisi de s'engager en faveur de la réforme de la fiscalité des entreprises (RFFA) dont l'objectif principal est de réduire l'impôt sur le bénéfice des personnes morales et, de ce fait, d'assécher les finances publiques.


    Comme vous le savez, la fiscalité est un instrument important de redistribution des richesses et je ne parviens pas à comprendre comment une organisation comme la vôtre décide de soutenir un projet qui aura inévitablement pour conséquence de renforcer les inégalités qu'elle prétend combattre.

    Comment pourrez-vous, après avoir soutenu de pareils avantages fiscaux à des entreprises florissantes, oser demander à des citoyen-ne-s de travailler bénévolement pour collecter des denrées offertes sans contrepartie par d'autres citoyen-ne-s ?

    Comment oserez-vous, après avoir contribué à assécher leurs recettes, demander le soutien des collectivités publiques, Etat, communes, qui ont jusqu'à maintenant contribué à la réussite de votre entreprise ?

    Ne percevez-vous pas l'immense incohérence qu'il y a à vouloir tout à la fois construire un monde où les valeurs cardinales seraient la générosité, la coopération et, c'est la cas de le dire, le partage tout en prenant partie dans un débat sur la fiscalité où la concurrence, l'avidité et le chantage sont les arguments principaux ?

    Je ne peux pas croire que, comme un entrepreneur avide de marchés, vous espérez le renforcement de la misère dans notre canton. Je ne peux pas croire que les prétendues compensations sociales - qui n'amélioreront nullement le sort des plus démunis - vous aient convaincus...

    Alors... alors... je ne vois pas... et j'attends votre réponse en réservant la mienne pour la prochaine occasion où l'un de vos généreux bénévoles viendrait faire appel à ma générosité.

    Bien à vous.

    Julien Nicolet

  • Lettre ouverte à Serge dal Busco exposant les conditions auxquelles je suis prêt à continuer à payer des impôts les prochaines années.

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    Monsieur le Conseiller d'État,

    Cher Serge,

    J'ai appris dans la presse d'hier qu'il était désormais possible et souhaitable que chaque contribuable expose publiquement les conditions fiscales auxquelles il exige d'être soumis.

    Aussi prends-je la plume pour vous faire part des miennes:

    Tout d'abord, j'annonce solennellement que je compte participer activement et généreusement aux œuvres qui cimentent la solidarité et irriguent le tissu économique genevois.

    Je m'engage donc à verser 500.- de la façon suivante:

    - 100.- pour Terre des Hommes

    - 100.- pour la Fondation le Lombric, qui défend et promeut l'agriculture locale

    - 180.- pour un panier de produits de l'Affaire Tournerêve

    - 100.- pour Solidar Suisse (payés en bons cumulus)

    - 20.- sous forme d'un bon Balexert offert à ma femme

    J'imagine que vous serez autant ébahi par cet accès de générosité qu'inquiet pour l'équilibre de mes finances. Ne vous en faites pas trop, je compte diminuer la taille des cadeaux de Noël des mes enfants et vais renoncer à augmenter le salaire de ma femme de ménage pour financer tout cela...

    En compensation de cette importante participation à la vie économique locale et globale, je ne demande qu'une réduction de mes impôts de 5000.- (cinq mille francs, zéro centime) comme préalable non négociable à toute discussion sur la répartition de la généreuse contribution exposée ci-dessus, que je suis, évidemment prêt à négocier avec vos services (la répartition de la contribution, pas la réduction d'impôts, cela va sans dire).

    En espérant que vous accueillerez ma proposition aussi favorablement que vous traitez celle - parfaitement identique - du représentant des entreprises dans le cadre de la réforme de leur imposition, je vous adresse, Monsieur le Ministre, mes cordiales salutations.

     

    PS: Le lecteur distrait estimera sans doute que ma proposition est exagérée et qu'elle relève du marché de dupes. Elle est pourtant parfaitement analogue à celle des entreprises genevoises qui exigent, dans le cadre de la RIE III, que l'Etat fasse passer de 24% à 13% leur taux d'imposition, en "échange" d'une contribution 10 fois moindre, qui plus est proportionnelle à leur masse salariale et non à leur bénéfice. Tout cela en annonçant qu'elles refusent tout débat sur ce fameux 13%. Un simple calcul montre pourtant qu'un modeste passage à 14% sans ristourne serait bien plus favorable à l'État... et qu'il serait souhaitable pour chacun de fixer ce taux entre 18% et 22%, ce qui représenterait d'ailleurs une baisse fiscale déjà considérable pour les entreprises.

     

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